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Bibliothèques 2.0


On parle souvent de Web 2.0, et de toutes les usages sociaux qui l’accompagnent. Fred Cazzava fait d’ailleurs le point sur ce sujet en prenant pas mal d’exemples et surtout en recentrant le débat sur les usages.
 Ce qu’il y a peut-être de plus important à comprendre peut se résumer dans ce qui était cité par Hubert Guillaut qui citait lui-même Cyberlibris blog.

En Substance: 

"On oublie trop souvent l’utilisateur et on ne ne se préoccupe que du livre, de ses ayants-droit (les maisons d’édition) et de ceux qui aimeraient accéder (par des moyens pas toujours orthodoxes) au copyright des ayants-droit (Google et les autres). Mais, où est donc passé l’utilisateur. Est-il si peu important qu’il n’y a rien à en dire? Je pense qu’il y a là une erreur de perspective fondamentale. La bataille de l’émancipation de la musique et de l’image a été gagnée par les utilisateurs (et les pressions plus ou moins hardies qu’ils ont exercées). Il en va de même du livre. Lorsque l’on interroge les utilisateurs (ce que nous avons fait), que souhaitent-ils vraiment à propos du livre? Trois choses principales:

– Pertinence: L’utilisateur veut pouvoir accéder aux livres dont il a besoin. Malheureusement, cette demande est loin d’être satisfaite par les circuits existants. Une librairie, si vaste soit-elle, ne peut stocker tous les livres. Très souvent, elle ne stocke que ce qui se vend. Pour passer des journées entières dans les catalogues d’éditeurs, je suis tout à la fois admiratif de la richesse de l’esprit humain et consterné que si peu en soit visible.

– Immédiateté: L’utilisateur a besoin du contenu "maintenant", c’est-à-dire au moment où son besoin d’information s’exprime. Il ne s’agit pas d’avoir une réponse demain. L’utilisateur est prêt à payer cette instantanéité de réponse.

– Ubiquité: L’utilisateur souhaite obtenir une réponse à ses besoins d’information où qu’il se trouve. Il est prêt à payer cette ubiquité documentaire.

Si l’on rassemble ces trois exigences à l’instar d’un portrait chinois, on découvre le format approprié à les satisfaire: il s’agit d’une bibliothèque digitale."

A quoi peut donc ressembler cette bibliothèque digitale?

Et bien cet article cité par l’excellent blog Librarian in Black explique que suite à l’Internet Librarian Conférence qui s’est tenue récemment aux Etats-Unis, un groupe d’une centaine de bibliothécaires à souhaité se réunir pour réflechir à la prise en compte des usages permis par le Web 2.0 dans les bibliothèques. Ce groupe s’est désigné tout logiquement library 2.0

They hope that the Library 2.0 "movement" will break librarians out of brick-and-mortar establishments and get them to interact with patrons through blog comments, IM and Wiki entries.

Alors qu’est-ce que ça donne?

Un des exemples est le site de la bibliothèque de la Thomas Ford Memorial library qui se veut "orienté usager" et qui n’a rien de spectaculaire si ce n’est sa grande clarté et l’intégration d’un blog ainsi que la possibilité d’agrandir les caractères. Plus de détails ici et .

Il est également intéressant de voir combien les bibliothécaires américains commencent à intégrer les logiciels de messageries instantannées comme moyen de communication avec leur usagers.

D’autres innovations plus spectaculaires permettent d’utiliser des Tags pour visualiser des collections de bibliothèques. Ces tags ne relèvent pas  du chaos de l’indexation "incontrôlée"  (l’absence d’autorités-matières comme sur del.icio.us et bien d’autres).

Non ces Tags là sont une manière nouvelle de porter un regard sur la collection et sont reliés à une indexation matière tout ce qu’il y a de plus traditionnel. L’idée a été reprise à partir du travail fait par Jenny Levine et son "prototype" Mock up

L’auteur de cette expérimentation propose même le script pour tout ceux qui ont le SIGB Horizon/HIP.

Coté innovations toujours, cet exemple d’interface d’interrogation du catalogue réalisé par Casey Bisson de l’université de Plymouth (son blog ici) qui fonctionne comme google suggest

Toutes ces expérimentations préfigurent ce que pourront proposer les futurs bibliothèques digitales, à condition que tout cela soit accompagné d’une réflexion sur les pratiques et les usages, avant les prouesses technologiques.

Pour finir, ne manquez pas cet article de Tim O’Reilly et celui de Paul Miller cité sur le blog Culture et TIC et jetez donc un oeil à cette carte qui résume de manière tout à fait intéressante les concept du Web 2.0

 

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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