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La CNIL et Big bibliothécaire ont parfois bon dos…

Extrait d’un post de Biblioacid intitulé Big bibliothécaire is watching you ??

Dans la série "pourquoi les bibliothèques ne s’inspirent-elles pas plus des librairies en ligne ?", on a souvent suggéré l’implémentation dans les OPACs d’une fonctionnalité d’aide au choix des ouvrages, du type "les clients qui ont acheté ce bouquin ont aussi acheté…"
C’est utile, mais ça ne se fait pas dans les bibliothèques. Pourquoi ?
D’abord il y a la question de la confidentialité des prêts : en principe aucune bibliothèque ne garde l’historique des transactions effectuées sur son système de prêt ; on peut faire des stats sur les documents, mais pas sur les emprunteurs. Donc impossible de proposer des choix aux lecteurs en fonction des emprunts précédents si l’on n’en a pas gardé la trace.

Effectivement, la CNIL dans sa NORME SIMPLIFIEE, DELIBERATION N° 99-27 du 22 avril 1999:

Article 2

Finalité des traitements
Les traitements doivent avoir pour seules fonctions :
– de fournir des informations individuelles pour la gestion financière des prêts et la récupération des ouvrages ou supports prêtés ;
– d’éditer des états statistiques dépersonnalisés pour les besoins de gestion et d’amélioration des services rendus (nature des ouvrages les plus souvent consultés, nom des oeuvres et des auteurs ou références des documents d’archives, etc.)


Or ce que je proposais (parmi d’autres) en m’appuyant sur la théorie de la longue traîne était d’uliliser le système de recommandation du type de celui d’Amazon pour permettre des recommandations pertinentes à partir de l’OPAC. Rien n’oblige à conserver des traces personnalisées des emprunts ce qui est effectivement interdit. Il est donc possible de conserver des archives des requêtes et des "trajectoires d’emprunts’ à condition qu’elles soient dépersonnalisées.

En outre, rien n’oblige les bibliothécaires à mettre en place un système basé sur des statistiques. Pourquoi ne pas assumer par exemple le rôle toujours tant mis en avant de médiateur (ou de guide vers de l’information pertinente) que se donne le bibliothécaire par des recommandations effectuées par les professionnels?

Par exemple:
je sélectionne un titre:
on me propose: "les bibliothécaires vous conseillent" et cela me permet de dévouvrir d’autres titres. Une simple fonction de bibliographie dynamique pourrait-on dire.

Et l’acquéreur a préalablement complété  au moment de l’indexation-matière un ensemble de  titres qui lui semblent liés et qui correspondent aux  objectifs qu’il poursuit dans le développement de sa collection.

La réaction de Biblioacid (Marlène) me rapelle le type de réaction agaçante de ceux à qui on présente un Système d’information géographique pour les bibliothèques et qui ouvrent des yeux grands comme ça en s’écriant "ah mon dieu mais ils vont bientôt pouvoir me suivre à la trace!"…en oubliant que la géolocalisation se fait sur les adresses des inscrits, données dépersonnalisées.

La problématique pourrait sembler anecdotique, elle n’en révèle pas moins une pénible persistance de beaucoup de professionnels à ne pas comprendre que les techniques de marketing appliquées au secteur public n’ont pas les même objectifs que dans le secteurs privé.

Ceci dit, je l’ai signalé moi-même les enjeux liés aux historiques nominatifs des prêts sont réels…et je prend en général beaucoup de plaisir à lire les articles de Biblioacid!

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

1 réponse

  1. De toute façon avant l’informatique, il y avait ces cartes où l’on pouvait lire le nom de l’emprunteur. L’informatique a parfois bien plus préservé l’anonymat.

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