Conséquences de la longue traîne pour l’audiovisuel dans les bibliothèques…

closeCet article a été publié il y a 8 ans 1 mois 13 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour, ou pas !


Glowria est  un service de location de DVD à domicile. Cette société existe de puis 2002, elle est leader en France sur le marché. Plus de 20 000 abonnés piochent allègrement dans plus de 8000 titres! Peut-être même faites-vous partie des heureux abonnés qui se gavent de dvd en tous genres sans jamais mettre les pieds en bibliothèque…(mais on a le droit hein on est pas sectaires dans les bibliothèques, on est juste désabusés à un taux de 17%…)

En tout cas, voilà comment ça marche:

 


Ce système est en tout cas très efficace et tourné vers l’utilisateur, si l’on admet que le but du jeu est de donner accès à des contenus. Il va sans dire que notre chignon commun de bibliothécaire se dresse d’effroi quand on réalise qu’un tel service entre en conccurence directe avec nos offres de service public. Evidemment ça existait avant; et le développement des vidéos-clubs ne date pas d’aujourd’hui…mais il s’agit de mesurer les conséquences que met en évidence la longue traîne:

L’entreprise à un triple avantage sur nous:

  • Un intérêt financier direct à avoir une offre la plus large possible. "Ils" ont les moyens de la constituer puisque le principe c’est que plus l’offre est large plus les clients sont susceptibles de trouver ce qui les intéressent et donc plus les profits augmentent.
  • L’absence de la contrainte du stockage en libre accès: un large entrepot avec des armées de caristes et des tonnes de galettes en plastocs et hop le tour est joué!
  • Un catalogue efficace et clair (classement par "thémas") et les avis d’internautes aident à naviguer dans la longue traîne…

D’un point de vue Poldoc, on ne peut donc plus aussi facilement dire que d’un coté y a le secteur privé avec les best-sellers et de l’autre les bibliothèques bardées de cohortes d’art et d’essais (encore que…c’était loin d’être aussi clair je vous l’accorde).

Quoi qu’il en soit de grandes entreprises se saisisent de marchés de diffusion de contenus payants (et bourrés de DRM comme c’est parti) et ont des catalogues gigantesques parce que sans ça elles n’existent pas.
La question est donc finalement : comment définir des offres et des services spécifiquement "publics" dans ce contexte?

De plus, avec l’arrivée de la vidéo à la demande, sur lequel de plus en plus d’acteurs se postionnent, le coût de l’entrepôt passe à la trappe…

Alors à quand les premières offres d’accès en ligne à des bases de données de Vidéo à la demande pour les bibliothèques publiques? Ce marché est-il potentiellement rentable pour le privé ? Comment les bibliothèques pourront-elles se positionner sur des contenus? ne ferons nous à l’avenir que donner accès à des tétraoctets de contenus ?

Voilà des questions qui seront d’ailleurs débattues lors de cette journée d’étude de l’ACIM :
"Image et son en bibliothèques : à l’heure du virtuel"

sans dramatiser hein, on évolue c’est tout.

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Auteur : Silvae (1100 Posts)

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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About Silvère Mercier

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.