Cet article a été publié il y a 6 ans 2 mois 6 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.
Je laisse à votre sagacité la lecture de ce texte de Ignazio Lo Faro intitulé "L’homme, un visible" et publié sur Ratiatum. L’article est à mon avis visionnaire quant au concept de "visibilité".
La visibilité selon l’auteur c’est en fait c’est la recommandation, le bouche à oreille, la prescription, choses que nous connaissons bien nous autres médiateurs ou se considérant comme tels.
L’auteur pointe les modifications de ce concept sur la toile en posant la question : Qu’est-ce qui crée de la valeur sur le web pour l’artiste à l’heure où la visibilité réside dans le temps d’attention (ou de cerveau
) que peut accorder à ses oeuvres un public d’internautes?
En effet, si l’information est abondante et les oeuvres sont infiniment reproductibles, ce qui devient essentiel c’est la manière d’accéder à ces oeuvres, car elle conditionne directement leur visibilité. Walter Benjamin, bien avant le web, avait déjà pointé cette question… en analysant la perte de "l’Aura" de l’oeuvre d’art (cf. ouvrage ci-dessus)
L’enjeu est donc : Qui initie le bouche à oreille, qui crée l’effet de réseau? Comment se développent les communautés d’intérêts? de pratiques? Et son corrollaire évident: qui en profite? Aurement dit la participation à la visibilité d’oeuvre ("l’implication" selon l’auteur de l’article) est susceptible d’être monétisée. Le marché de la recommandation, en somme.
Il existe donc selon lui une visibilité à deux niveaux: celle qui rend visible l’oeuvre (1er niveau) et celle qui rend visible celui qui rend visible l’oeuvre (2e niveau que nous autres blogueurs nous connaissons bien). D’ailleurs, l’auteur de l’article a crée un site entièrement basé sur ce principe dans le domaine de la musique : BnFlower.
Observons qu’encore une fois on retrouve les systèmes de recommandation qui permettent la navigation dans la longue traîne. Observons également que la fonction de prescripteur, clef de voute de leur métier pour beaucoup de bibliothécaires est un élément essentiel de ce contexte.
D’où le danger suivant: le fait de ne considérer la bibliothèque 2.0 sur le web que comme une orientation vers l’usager (ex: compte lecteur, interface spécifiques, etc.), alors qu’il s’agit d’aller plus loin en créant des catalogues qui permettent l’organisation de systèmes de recommandation pour l’usager.
Autrement dit, nous devons organiser la création de visibilité (ex: wiki avec commentaires sur les oeuvres, interaction du catalogue vers d’autres systèmes comme amazon ou Library thing via des API, etc.)
Une des difficultés sera de trouver l’équilibre entre la fonction de prescripteur, structurante de l’identité professionnelle des bibliothécaires, et sa généralisation ou son partage avec le public le plus large.










