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Mais quel est l’abruti qui a dit qu’une étagère, c’est débile?

Je rentre dans ma bibliothèque et je me rends au rayon à l’espace science-fiction. Au moment de saisir Babylon Babies, l’étagère prend la parole et me dit avec une voix suave…(probablement conçue par un designer sonore)

"Bonjour Bibliobsession, très bon choix, je vous recommande aussi celui-là et celui-ci". A chaque fois que l’étagère cite un titre, le livre s’avance de 5 centimètres sur le rayonnnage pour en faciliter l’accès.

"Mais où suis-je? ou courge?, dans quel étagère?" m’écriais-je alors, affolé par tant d’intelligence. Et la voix suave de me répondre : "vous êtres ici dans le Système intelligent de Recommandation Bibliothéconomique Automatisé de la ville de Nouille-orc, [ jingle débile] Nouille-orc, la ville où il fait bon lire, mais pas n’importe quoi" [fin du jingle débile]

Vous venez d’assister à une démonstration d’étagère intelligente. Cette démonstration intègre l’option "marketing territorial" qui place habilement le slogan de votre collectivité partout où les capteurs neuronaux détèctent les mots clés adsense (ici le mot clé "étagère") Avec cette option vous pouvez tagguer n’importe quel mot prononcé dans un rayon de 10 mètres autour des capteurs RFID de notre étagère intelligente.

Très sérieusement, Nedap Library propose une étagère intelligente permettant de suivre les emprunts et retours des livres équipés de puces RFID dont les ondes sont captées par les capteurs situés dans le bois de l’étagère. Il est alors possible de monitorer précisémment ce qui est mis en valeur ou pas au sein même de nos espaces physiques…au moyen du SIGB. Mais si l’intelligence de l’étagère, c’est juste des capteurs, à ce compte là ma cafetière programmable est intelligente aussi…

Je parie 10 000 € de budget d’acquisition avec n’importe quel bibliothécaire qui se déclarera dans les commentaires ci-dessous (10 000 € à la charge des collectivités des parieurs car nous sommes dans un espace professionnels ne n’oublions pas) que les ouvrages placés dessous sortent moins que ceux placés au milieu, à hauteur d’homme. Si, si, vous le préssentiez, vous avez rêvez de le démonter : maintenant on peut le faire!

A l’attaque des 17 % !

Ps: quant aux obsédés de la protection à tout crin des données personelles, je me permet de vous renvoyer ici.


Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

2 réponses

  1. Bruitetchuchotements dit :

    En fait avec un sigb traditionnel on peut déjà mesurer le taux de rotation étagère par étagère, si on détermine une surcote par étagère. La Rfid ajoute la possibilité de mesurer aussi la consultation sur place.

    Bon, au fait, où est-ce qu’on peut trouver de la doc sur la classification Coda ?

  2. bibliobsession dit :

    ah ben alors t’as gagné les 10 000 euros alors? on sit que c’est pour la petite enfance? ;-)))

    pour coda, j’attend des infos de mon mystérieux informateur et les lecteurs de bibliobsession auront l’exclusivité!

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