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Critéo est un moteur de recommandation prédictif…mais rassurez vous rien à voir avec l’astrologie!
Comme tout service web 2.0 qui se respecte, il s’appuie sur les données envoyées par les utilisateurs. Ceux-ci ont la possibilité d’évaluer des films et de les commenter. Les profils des utilisateurs enregistrés sont ensuite comparés et "algorythmés" pour indiquer à l’utilisateur la "probabilité" qu’il apprécie d’autres films, en fonction de ses choix précédents, du parcours de l’usager et des parcours des autres utilisateurs. En gros plus le pourcentage annoncé est fort et plus vous devez aimer! Si vous aimez pas, ben c’est pas grave vous le dites au moteur qui revoie sa copie…
Critéo est donc plus qu’un moteur collaboratif, il s’agit d’un moteur "prédictif" dont le modèle économique est basé sur l’exploitation de la longue traîne. Dans cet article de Zdnet on peut voir qu’Allociné en fait un des axes de sa stratégie commerciale…
Ce service ne ressemble pas à un 2.0 comme on en voit tant éclore sur la toile, ses fondateurs sont des entrepreneurs chevronnés, un partenariat avec Youtube a été annoncé et à l’heure où j’écris ce billet il existe tout de même 1 517 212 évaluations sur criteo et 183 750 membres!
Je ne résiste pas à vous livrer une bonne partie d’un billet qui précise le modèle économique (publié sur le blog de l’entreprise) :
Le paradoxe de cette stratégie d’exhaustivité est que cela tue l’achat d’impulsion. Pour naviguer dans ces catalogues géants, il faut taper des mots clés très précis. De fait, le client final n’achètera que ce qu’il est venu chercher. Au final, le Long Tail se fait au détriment de l’achat d’impulsion. Pour avoir (enfin !) le beurre (le Long Tail) et l’argent du beurre (l’achat d’impulsion), les sites cherchent donc à mettre en avant des produits auxquels l’internaute n’aurait pas pensé spontanément. L’ennui est que dans la majorité des cas, ces mises en avant ne sont pas pertinentes. D’où des taux d’achat d’impulsion très faibles (moins de 2% des visiteurs en moyenne). L’enjeu de demain consiste donc à savoir personnaliser ces mises en avant. En collant aux attentes spécifiques de chaque client, on arrive à démultiplier la taille du caddie. Voilà ça à le mérite d’être clair! Le modèle de la longue traîne se voit ici traduit économiquement. Et de constater que pour la première fois dans l’histoire des bibliothèques (et dans l’histoire tout court); le modèle de diffusion et de conservation historique qui est le nôtre fait l’objet d’un marché économiquement exploitable et exploité. Nous avons surement à trouver des convergences avec ces méthodes pour les appliquer à nos politiques publiques. Critéo est le premier moteur de ce type en france mais il en existe d’autres aux USA. A ce rythme là d’innovations il faudra peut-être un jour se poser (et répondre à) la question des "partenariats" à mettre en oeuvre entre les bibliothèques
On peut proposer une quantité quasi infinie de produits (puisque le coût des linéaires virtuels est presque nul pour le commerçant). Avec un bon moteur de recherche pour indexer son catalogue, le cyber marchant arrive à des résultats spectaculaires. Ainsi, plus de 60% des livres vendus par Amazon sont des tirages très faibles, introuvables dans les librairies traditionnelles.
S’en effrayer? Je crois que c’est inutile. Se poser des questions sur notre futur positionnement? c’est notre métier! (que l’on soit bibliothécaire 2.0 ou pas!).
Cela pose en réalité la question de la manière dont nous pourrons utiliser des web services et/ou les données de nos catalogues (voire de nos usagers), une fois libérées comme le rapelle très justement Bernard Strainchamps dans biblio-fr.
En effet, sur ce marché des biens culturels ces mêmes données vont devenir la première source de rentabilité.
Lors de la consultation ministérielle Livre 2010, Olivier Ertzscheid a récemment pointé la nécessité absolue et urgentissime de « servicialiser le catalogue » (= y mettre du RSS, l’ouvrir aux utilisateurs, donner des extraits et non simplement des notices catalographiques, etc.).
Ce à quoi Denis Bruckmann de la BnF lui a répondu qu’un chantier de réflexion était en cours et que de tels services étaient effectivement à l’étude.
Je serai curieux d’en savoir plus! En même temps je me dis que ce qu’il nous faudrait en fait c’est un service qui ait l’ambition de Worldcat. On peut rêver non? Je renvendique quant à moi le fait d’être un rêveur professionnel.
En attendant, c’est bien OCLC via Openworld Cat qui prend des positions en Europe…bon ben en attendant je vais aller consulter mes prédictions culturelles moi!
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