La Burn station, un outil de diffusion des contenus libres dans les médiathèques?

closeCet article a été publié il y a 6 ans 6 mois 1 jour, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.



Voici ce à quoi ressemble une station libre-service de gravage de cd! Même si sur le dessin ça ressemble plus à une pompe à essence ;-) , je vous invite à aller voir de plus prêt ce dispositif qui, une fois installé, par exemple dans une médiathèque, permettrait de diffuser des contenus sous licences libres comme les creatives commons, sur des cd traditionnels. Il s’agit d’un système client-serveur qui fonctionne sous GNU/Linux et est publié (évidemment) sous la licence GPL. Il doit exister également des bornes USB peut-être plus adaptées à la diffusion de contenus sur baladeurs mp3.

En tout cas, la Burn Station est l’une des propositions relayée par le commentaire de Claude-Marin Herbert (que je remercie! :-) ) dans mon précédent billet sur les questions de musique en ligne, où je posais la question des alternatives à des offres DRMisées comme Ithèque et consorts…

Ce commentaire m’a fait découvir l’article très intéressant de Dana Hilliot (musicien, philosophe, fondateur du label another-record.com) dont voici un extrait qui me semble tout à fait pertinent et pose les bonnes questions.

 "Les médiathèques (…) ont-elles vocation à proposer des services en ligne, à l’image des plates formes de téléchargements qui se développent sur internet ? Mais ne risquent-elles pas en s’engageant dans cette voie faire simplement double emploi avec les outils existant déjà sur le web ? L’investissement nécessaire en vaut-il la peine ?
La médiathèque n’est-elle pas d’abord un "lieu", un certain espace au sein de la cité, propice aux découvertes et aux rencontres ? En se dédoublant en quelque sorte, sous la forme d’une entité immatérielle, sur internet, ne risque-elle pas de perdre cette qualité spécifique : la création de liens sociaux autour des oeuvres ?
Il existe déjà des outils qui seraient bien adaptés à l’organisation des médiathèques : ainsi la borne de diffusion usb pour les baladeurs numériques et autres cléf usb a déjà été expérimentée dans certains lieux. La burn station qui permet de graver son propre cd est utilisée ponctuellement à l’occasion de manifestations. Par le biais d’une connexion internet, la mise à jour des catalogues pourrait se faire en temps réel et donc permettre un accès quasi instantané à toutes les musiques sous licence libre.
Il n’en reste pas moins que la raréfaction probable des supports tangibles dans les années à venir (disques, cds, vinyls etc…) ainsi que la croissance des connexions haut débit, met en question la nature même de l’offre des médiathèques. (Il ne faudrait pas que les bacs des salles de consultation deviennent à terme des "musées" pour nostalgiques du support tangibles)."



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  • http://docteur.net.free.fr/dc/ DocteurNet

    Je me souviens avoir lu dans Libération, cet article : "La machine à audiocopier" en février dernier. Il était question de cette Burnstation qui est passée par São Paulo, Madrid, Bogotá, Mexico, Zurich, Berlin…

    Plus d’infos @ artszone.net/content/view…

    La Burn Station est un projet non commercial entièrement développé en open source dans l’objectif de faire «descendre la culture du Net dans la rue». Je serais aussi d’avis qu’elle pourrait faire venir la culture de la musique libre dans les bibliothèques.

    Le fait qu’elle soit totalement "automatisée" est d’autant plus simple qu’il n’y a pas à graver ou transférer des contenus libres à la demande même les discothécaires et bibliothécaires pourraient commencer par là, comme c’est le cas avec les podcasts à emporter sur clé USB à la Médiathèque de Dole.

    PS : il y a une ) de trop dans ton lien vers le mediatheque.pdf d’another record et aussi dans le commentaire de Claude-Marin Herbert -> copié/collé ?

  • Seb

    Quelque chose m’échappe : pourquoi restreindre l’usage de ce genre d’équipement uniquement à la musique sous licence libre ? Même question d’ailleurs pour les baladeurs MP3 ou les clés USB…

    Si l’usager emprunte le CD, il peut le copier légalement sur son matériel. Pourquoi ne pourrait-il pas faire la même chose à la bibliothèque ?

  • bibliobsession

    réponse à Seb:

    C’est tout à fait vrai (la question a déjà été posée sur la liste discothécaire mais aucune réponse juridique claire n’a été apportée, je suis pas spécialiste, mais voilà comment je vois les choses) et il faut rappeler que même avec DADVSI, jusqu’à aujourd’hui, si les DRM ont été rendues légales, l’exception pour copie privée existe encore! Il est autorisé de copier les cd de la bibliothèque pour une utilisation personelle, et à usage du cercle privé et familial, sans usage commercial. (d’ailleurs, je me demande s’il existe une jurisprudence sur le sujet…)

    Le problème est que les cd achetés par les bibliothèques sont les mêmes que ceux du commerce et comportent donc des dipositifs techniques destinés à restreindre ce droit à quelques copies (voire pas du tout, le nombre est indéterminé encore) autorisées par les ayants droits, ce qui pose problème !

    Dans l’absolu pourrait donc proposer une burn station pour tous les cd de la bibiothèque, mais cela mettrait en avant une pratique de copie privée qui fait débat aujourd’hui. Et puis je ne suis pas sur que juridiquement ça passe…une copie effectuée par un établissement ouvert à tous publics et pas par un usager relève-telle de la copie privée même si l’usage est desitné à une personne privée?

    Les bibliothèques sont aujourd’hui dans une sorte de vide juridique puisque les ayants droit ne touchent rien sur la diffusion des oeuvres, le problème est exactement le même que pour le p2p; une licence légale comme celle existant sur les livres reste à construire. Je doute cependant que le moment soit bien choisi pour les bibliothèques, étant donné les enjeux actuels et les tensions…Si les bibliothèques n’ont pas été rattrapées par ce débat c’est bien parce que leur impact économique supposé est bien moins fort que celui du p2p pour la musique.

    Voilà encore un paradoxe pour ceux qui prônent des solutions comme ithèque.

    Une possibilité disons pas trop risquée reste est pour l’instant celle de la diffusion sans contraintes des oeuvres sous licences libres qui « pré-autorisent » explicitement des usages. l’avenir devrait régler cette question….

  • Seb

    D’après mes observations, la plupart des CDs sont dépourvus de mesure technique de protection. Rien en tout cas sur les 5 derniers Cd que j’ai achetés (diterzi, delerm, arkana, sinclair, murat). J’en arrive à me demander si les MTP ne seraient pas en régression… on peut toujours rêver.

    Pour ces Cds non protégés, pourquoi le lecteur ne pourrait-il pas recharger son baladeur directement à la bibliothèque ?

    Je trouve très curieux que les meilleurs spécialistes du domaine n’aient pas de réponse claire et nette sur ce sujet. Ce n’est pas une critique, j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit d’un sujet tabou. Mais la politique de l’autruche est-elle une bonne solution ?

    L’écart se creuse entre les pratiques quotidiennes des gens (baladeur, p2p, podcast) et la maîtrise très imparfaite des aspects juridiques (jurisprudence floue, DADVSI quasi-inapplicable, etc).

    Cela dit, il est faux de dire que les ayant-droits ne toucheraient rien dans le cas de la Burn Station installée en France : une taxe importante est prélevée sur la vente des CDs vierges et sur les baladeurs de type iPod. Cette taxe est redistribuée aux ayant-droits affiliés aux organismes de type SORECOP, Copie France, etc. On pourrait même s’étonner, à juste titre, que cette taxe ne soit pas répartie de la même manière à ceux qui diffusent de la musique sous licence libre…

  • bibliobsession

    « Mais la politique de l’autruche est-elle une bonne solution ? »

    Je crois effectivement que beaucoup de monde (usagers comme bibliothécaires) connait et pratique la copie privée, mais qu’on en parle pas trop dans les bibliothèques (voire on interdit la copie privée dans les règmlments je l’ai déjà vu, par principe de précaution, ou plutôt principe de suivisme!).

    Ceci dit, c’est vrai que les ayants droits sont rémunérés via les taxes sur les supports versés par les usagers, que ce soit sur les cd vierges ou les lecteurs mp3 pour la musique ou sur les droits versé directement par les bibliothécaires à l’adav par exemple, pour les DVD. C’est une forme de licence légale! Quant à savoir si les mêmes ayants droit vont se contenter de cela dans l’avenir, en sachant qu’ils ont déjà obtenu des DRM alors que ces taxes sur les supports sont sensées garantir une répartition, et que les offres comme ithèque se développent dans les bibliothèques….j’en doute!

    Tout dépendra peut-être du modèle économique qui dominera (licences privées, abonnement sans drm? etc.) et des offres commerciales qui seront faites aux bibliothèques dans ces conditions. (car le marché est réel). Bref, ce que je crois que nous devons être très vigilants sur ces questions en commençant par ne pas favoriser certaines offres actuelles qui creusent le décalage entre pratiques et restrictions juridiques que tu mentionnes très justement.

  • bibliobsession

    @ DocteurNet: merci! j’ai fait la modification.

  • Ott Arsène

    Bonjour,

    Cette offre montre une fois de plus la capacité d’adaptation et le dynamisme de l’Internet communautaire.
    Une remarque, je crois que le nom "burn station" est plutôt mal choisi, car il s’agirait de moins en moins de graver des données musicales dans le futur, que de les transférer via des clefs USB (en attendant d’autres types de transferts). Service qui est ou sera d’ailleurs inclus dans l’offre de la "burn station".

    Pourquoi le public viendrait-il en bibliothèque pour télécharger ces données, alors qu’elles sont largement disponibles sur Internet ? Afin de toucher les usagers qui ne bénéficient pas chez eux de connexion ADSL ? Dans une moindre mesure il me semble, cela m’étonnerait fort que ce soient précisément ces personnes (à priori peu familiarisées avec la diffusion d’information en réseau) qui souhaiteraient se tourner vers les contenus libres. Sans doute un préjugé de ma part, je ne dis pas que cette demande n’existe pas, mais il me semble qu’elle n’est pas (ou pas encore) assez significative en terme de service public. Cela dit même si je ne doute pas du travail de médiation qui pourrait être mené en bibliothèque.

    Débat :

    A mon sens la limite principale de la "burn station", quant à son exploitation dans le monde des bibliothèques, tient précisément à ce qui fait son originalité et sa force sur la toile : son fonctionnement communautaire. L’offre (bien sûr évolutive) n’est à ce jour pas assez représentative ou diversifiée, du moins par rapport à celle qui est disponible sur Internet. Surtout il ne semble pas que les professionnels des bibliothèques puissent agir, en tant que tels, sur cette offre. C’est-à-dire la faire évoluer, la construire en fonction des besoins de leurs usagers, d’une politique documentaire, à moins justement de rejoindre la communauté, mais cela ne relèverait plus de la sphère publique.
    Je ne crois donc pas (en dehors d’un champ d’action qui relèverait plus de l’expérimentation que du service public, et je suis bien conscient que nous nous situons tous dans ce périmètre de la tentative et du risque) qu’il soit dans notre mission de relayer le strict point de vue d’une communauté aussi bien informée ou intentionnée soit-elle. Il nous appartiendra donc de bien différencier ce qui relève du communautaire et ce qui relève du public. Comment ? Soit en multipliant et diversifiant les offres d’abonnement à des contenus musicaux, ou mieux encore en construisant une offre qui pourrait être celle des bibliothèques. De façon que l’offre proposée par la "burn station" apparaîtrait comme une offre de contenu parmi d’autres, de la même façon que nous intégrons aujourd’hui dans nos collections physiques les références d’un label ou d’un distributeur. Alors qui sait dans le futur une plate-forme "publicspace" qui existerait à côté de "myspace" ?

    Cordialement
    Arsène Ott
    BM Strasbourg
    Président de l’ACIM

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