Qualifier nos ressources documentaires, une attente des usagers?


Comme je le mentionnais dans mon intervention sur la démarche "Bibliothèques 2.0"; 
Il semble bel et bien exister une attente pour la qualification de nos ressources (avec toutes les précautions d’usage, sans généraliser facilement un résultat d’enquête). Il peut s’agir de coups de coeurs, de critiques, de résumés, de premières de couv, de recommandations, etc. C’est en tout cas de que suggèrent les répondants à l’enquête menée par le réseau des Bibliothèques municipales de Lyon et dont le compte rendu de Delphine Coudrin est disponible dans cet article du BBF.

En substance:

"Les suggestions des répondants permettent également d’envisager des pistes pour améliorer ou accroître les autres services proposés sur le site. Les internautes souhaitent ainsi trouver sur le site des conseils de lecture, la liste des dernières acquisitions, une rubrique suggestion d’achat, une rubrique dédiée aux professionnels, une newsletter personnalisée, « des choses pour les enfants », la possibilité de flâner dans des rayons thématiques virtuels, un forum des lecteurs."

J’en profite pour exprimer toute mon admiration au positionnement de Point d’actus qui me semble contribuer à répondre de belle manière à cette trendance ! J’attend d’ailleurs avec impatience le rendu de l’enquête réalisée actuellement…

On peut peut-être relier cette volonté de "qualification" à ce qu’expriment les répondants de l’étude Ipsos/Livres Hebdo sur les comportement d’achats en librairies, et notamment à ce résultat (pdf)

Il y apparaît que 29% du panel interrogé souhaite pouvoir consulter une base bibliographique de référence à l’intérieur même de la librairie et que ce résultat monte à 39% pour les gros acheteurs de livres, paralèllement, on peut observer que 58% des personnes interrogées rentrent dans la librarie avec l’idée d’acheter un titre précis. C’est donc qu’une bonne part du public est allé cherché l’information ailleurs que dans la boutique, mais que les clients souhaitent malgré tout retrouver une base d’information dans la librairie.

La question aurait pu être approfondie en demandant à ces 58% où ils ont trouvé la référence qu’ils souhaitent acheter? Cela permettrait de mesurer le rôle prescripteur des sites web (et lesquels) sur les achats en librairies….Malheureusement, l’enquête ne le dit pas

On peut aussi se demander pourquoi l’information sur les titres est considérée comme nécessaire au sein même de la librairie (volonté d’autonomie du client par rapport aux conseils du libraire?, mauvaise lisibilité de l’offre?, volonté de rechercher les titres et d’avoir des informations sur leur contenu, puis de les voir physiquement en magasin? les trois? d’autres raisons?) 

En tout état de cause, le succès de sites communautaires comme Librarything ou de l’Agora des Livres 😉 ou encore de zazieweb montre pour une large part l’appétence "des internautes" (mais desquels, de qui? et pourquoi? et comment?) à des échanges sur leurs lectures…

Bref, encore de nombreuses pistes restent à explorer pour comprendre les attentes et les comportements des usagers dans nos établissements, en adoptant le salutaire  double point vue assumé de l’équipe des Bml et exprimé par Bertrand Calenge  
:

Nous nous positionnons délibérément sur un double point de vue : une approche marketing qui conduit l’étude hors la bibliothèque pour mettre au jour les pratiques des publics concernés dans la vie et la ville, et un point de vue complémentaire, peut-être plus « bibliothécaire », qui apporte en contrepoint l’analyse des pratiques et usages constatés au sein de la bibliothèque. L’objectif étant bien sûr de s’interroger sur les décalages entre les deux et sur les perspectives possibles à imaginer.

(double point de vue qui devrait être adopté pour réfléchir à l’offre musicale des bibliothèques…)

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

8 réponses

  1. Burle Louis dit :

    Bonsoir, je lis avec intérêt vos analyses. Mais enfin, arrêtez d’insinuer et proposez des développements concrets.
    Pensez-vous que nous ne partageons pas votre avis ? Il est partagé, mais l’on tente.
    Et il est clair que notre réflexion évolue au gré de vos critiques quand elles sont constructives.
    L’interactivité et la dimension communautaire sont des élements de poids et nous y réflechissons.
    Toutefois, je pense qu’il va nous fallor devenir propriétaire de contenus numérisés assortis des droits ; cela se fera pour la musique comme pour les vidéos.
    Il faudra que la négocaition soit sans doute portée par les associations de bibliothécaires, des groupements de collectivités pour leurs bibliothèques ou l’Etat ou encore un meixe des trois.
    J’en ai déjà parlé à un producteur cela lui semblait être un point d’évolutuion et de développement viable.
    Cela reposera sur des contenus de niche.
    Voilà quelques élements de reflexion que nous cherchons à mettre en pratique !

  2. bibliobsession dit :

    Plusieurs éléments en réaction en réponse à M. Burle

    Des développements concrets? Il me semble que je ne me limite pas à des réflexions abstraites dans ce blog. J’ai proposé de nombreux exemples au fur et à mesure de l’evolution de ce blog.

    Il ne s’agit pas d’un blog de suivi d’un projet concret qui cherche à montrer la sainte onction du « terrain », ce n’est pas mon projet ici mais il s’agit d’un blog privessionnel de prospectives, de réflexions, d’opinion parfois (tout comme votre blog d’ailleurs).

    Je suis bibliothécaire par ailleurs, et je mène des projets concrets dans le cadre de mon activité professionnelle, mais vous comprendrez bien que je n’en parle pas ici, c’est une ligne de conduite indispensable à ce type de blog.

    une bonne fois pour toutes:

    Je ne cherche pas à me situer au dessus de tout le monde, je n’en ai ni la prétention, ni l’envie.

    Je ne cherche pas à donner des leçons, mais à me poser des questions sur notre métier complexe et son évolution dans un monde de plus en plus complexe (pas toujours compliqué mais je dis bien complexe).

    Sur le fond: propriétaires des contenus? ça je ne sais pas, mais diffuseurs d’accès avec des droits négociés des contenus audiovisuels dématérialisés, surement. J’espère toujours quant à moi que cette charge ne sera pas portée par les seules groupements ou associations de bibliothécaires mais que le débat aura de vrai débouchés politiques (à voir lors de DADVSI 2 le retour dans les prochaines années)

  3. Burle louis dit :

    Sur le fond : dans ce cas, nous sommes donc d’accord ; mais là où le bas blesse, c’est que vous présenter iThèque comme une solution avec DRM ; cle fonctionne avec les deux principes et l’une des solutions que nous cherchons, c’est de développer du prêt numérique et cela passe non pas par une DRM mais par un contrôle d’accès.
    Voilà tout ; c’est vrai que cela limite le partage.
    Sur le P2P, je pense que notre mission est de rester sur le terrain de la légalité.
    Concernant, la Burn station, c’est une option à retenir parmi d’autres en effet.
    je n’ai pas qeulement l’onction du terrain ; comme vous je m’interroge.
    Et, je suis assez effrayé de la vitesse à laquelle les choses changent.
    Il ne faut sans doute pas réagir systématiquement.
    La prise de recul est nécessaire ; toutefois, je pense que nous avons le pouvoir nécessaire en nous organisant, en sollicitant des regourpements des collectivités pour négocier des droits d’accès sur les contenus.
    Bien cordialement

    Louis Burle

  4. bibliobsession dit :

    Sur le P2P, je pense que notre mission est de rester sur le terrain de la légalité

    Ah ça ménerve ça. Ce n’est pas la question, vous déformez ce que je dis, en sous entendant que je prône des solutions illégales, ce qui devient vraiment irritant à la longue. Encore une fois, mais vous faites semblant de ne pas le comprendre, je ne prône pas le p2p pour le p2p mais j’ai mis en évidence les pratiques d’un nombre énorme d’usagers, et j’ai constaté le décalage énorme avec des offres comme ithèque, qui utilise bel et bien des DRM!!

    Il ne faut sans doute pas réagir systématiquement.

    Réagir systématiquement c’est ne pas être d’accord avec vous? On peut prendre une position même si le sujet est compliqué ? Vous l’avez fait en adoptant ithèque, on peut réagir non? on peut ne pas être d’accord ? vous m’y autorisez? oui ? ah bon je suis rassuré, merci M. Burle.

    développer du prêt numérique et cela passe non pas par une DRM mais par un contrôle d’accès

    Contrairement à ce que vous dites, nous ne sommes pas d’accord! c’est bien la notion de « prêt numérique » (ou de ventes du « support » numérique) qui oblige à des DRM et c’est la base de la stratégie des groupes qui l’ont imposé d’abord via la commission européenne (directive EUCD) pui via la transposition française. Du prêt numérique sans DRM c’est de la pure contradiction, quand oin donne accès on ne prête plus, mais on diffuse, on ouvre la porte quoi. Une licence légale négociée pour les bibliothèques pourrait très bien ne pas prévoir de DRM, mais un simple accès à une base de données, comme le proposent de plus en plus de sites, tels Emusic.

  5. B&C dit :

    Je ne vois pas pourquoi une major vendrait un forfait bibliothèque sans DRM, pour elle ce serait se tirer une balle dans le pied.

    L’offre libre ne peut se développer que s’il y a des contenus libres, la solution passe peut-être par le développement de réseaux d’artistes amateurs renonçant à leurs droits sur les oeuvres ?

    Peut-être que l’avenir des bibliothèques c’est de former les gens à créer/accéder à des contenus libres et collaboratifs ?

  6. Louis Burle dit :

    La solution de Vivacode n’est pas à proprement parler une DRM ; il s’agit plutôt d’une DRM.
    Mais contactez-moi donc qu’on en parle !
    Ne soyez pas si ironique je cherche simplement à faire évoluer le schmilblik !

  7. srsemfej dit :

    Qualifier nos ressources documentaires, une attente des usagers? –
    srsemfej http://www.g6m7bqrbt1aj9l4s61823n33j88c4k7ss.org/
    [url=http://www.g6m7bqrbt1aj9l4s61823n33j88c4k7ss.org/]usrsemfej[/url]
    asrsemfej

  1. 30 septembre 2008

    […] pas juste une lubie bibliobsessionnnelle puisque je me demandais il y a quelques mois dans ce billet, à la suite d’une grande enquête menée par Livres-hebdo sur les comportements […]

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