Une nouvelle offre de musique en ligne pour les bibliothèques…mais restons prudents

closeCet article a été publié il y a 6 ans 1 mois 3 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.


Je vous invite bien sûr à lire l’excellent article intitulé : De l’usage des médiathèques pour les musiques actuelles déjà signalé sur toutes les listes de diffusion de la profession. On y apprend des choses vraiment intéressantes, on accède à un guide pratique pour réaliser une "démothèque"’ et en plus on peut le transférer l’article à ceux qui croient qu’on fait un métier totalement has been

A cet égard, une petite remarque en passant : ça me gêne toujours lire "le métier de discothécaire" (ou encore pire: de vidéothécaire)…pourquoi pas tout simplement le métier de bibliothécaire? (bon à la limite "bibliothécaire musical" ou plutôt "bibliothécaire spécialisé musique"…mais c’est plus long) Pour moi, il n’y a qu’un seul métier et des spécialisations par domaines du savoir(ou pour la jeunesse, et encore, ça peut se discuter…) et puis "disco" c’est le disque alors que fait-on de la musique imprimée (partitions) et de la musique assistée par ordinateur…? Le terme Bibliothécaire à l’avantage, contre son étymologie, d’être universel…déjà qu’on parle pas souvent des bibliothécaires en dehors des bibliothèques alors si quand on en parle on les spécialise…on s’en sort pas non?

Bref, cette petite remarque effectuée, je vous invite à ne pas rater l’annonce suivante: (d’ailleurs vous pouvez pas la rater puisque la voici!)

Le label indépendant Prikosnovénie existe depuis 15 ans maintenant, et nous travaillons depuis une dizaine d’années avec les discothécaires de France. Nous allons proposer un nouveau service aux discothécaires à partir de janvier 2008 : il s’agit d’une plateforme numérique Prikosnovénie, avec une page personnalisée pour toutes les médiathèques et bibliothèques adhérentes. Tous les abonnés des structures adhérentes pourront venir y écouter et/ou télécharger gratuitement quelques titres de nos albums. L’adhérent pourra se connecter sur notre plateforme et entrer sur la page personnalisée de sa médiathèque avec les conseils et chroniques de ses discothécaires, la liste des disques du label Prikosnovénie qui sont disponibles à la médiathèque… C’est l’occasion pour le discothécaire de se proposer en tant que prescripteur des nouveaux médias musicaux, en offrant un outil facile d’accès et d’utilisation, avec un catalogue original et varié, sur lequel il peut être conseillé. C’est un outil supplémentaire pour lui, pour faire connaître les disques de son fonds musical indé et de mettre en avant la créativité musicale actuelle.

Personellement je me félicite que ce marché existe enfin pour les labels, surtout les indépendants…mais je suis réservé sur cette annonce…Quid des DRM sur une telle "plateforme"? S’agit-il vraiment d’une "plateforme" si elle n’a qu’un seul label? Quel intérêt pour la bibliothèque si le catalogue est juste celui du Label?

Présenté comme cela, je me dis que c’est une sorte de page de publicité pour Prikosnovénie alors que la notion de collection transcende bien évidemment tout label particulier…D’autant que je vous rapelle que, selon l’excellentissime billet de Xavier Galaup sur son blog, il est possible a priori de diffuser de la musique non-libre et de la proposer en téléchargement, moyennant finance, et avec un extrait maxi de 45 secondes ou 20% du titre…aux conditions suivantes proposées par la SACEM:


Une redevance proportionnelle aux recettes réalisées, avec un taux de 12% ramené, à titre provisoire, à 8 % du prix HT payé par le consommateur. Elle est assortie d’un minimum garanti de : 0,07 € par téléchargement et/ou écoute à la demande à l’unité 0,70 € par téléchargement et/ou écoute à la demande d’un album dans la limite de 15 titres. Lorsque le service permet aussi un accès aux oeuvres sous forme de pré-écoute d’extraits, la rémunération mensuelle est de 100 € HT.

[Commentaire de Xavier Galaup] : Je suppose que les extraits sont aussi limités à 45 secondes. Ce qui veut dire qu’en l’absence de recettes réalisées, nous sommes dans le minimum garanti. Pour 1000 téléchargements à l’unité, cela revient à 70 Euros et idem pour 100 albums téléchargés… Cela ne me paraît pas exorbitant.

On le voit les conditions sont quand même super contraignantes!

Pour résumer, dans l’état actuel, il est donc faisable de proposer de manière systématique la pré-écoute de titres d’artistes dont les droits sont gérés via la SESAM (sous réserve des accords des droits voisins détenus par les éditeurs phonographiques : démarche à chaque fois nécessaire auprès de la SPP, hors SESAM!).

Cela permet, au conditions tarifaires énoncées ci-dessus, d’effectuer un lien, par exemple via le champ 856$u vers un fichier numérique proposant un maximum de 45 secondes de chaque titre de notre catalogue…(l’usine à gaz est très proche là…)

Pour les artistes libres, rien n’oblige la bibliothèque à rémunérer ni à prévenir les artistes de leur diffusion, sauf bien entendu une politique de soutien aux artistes qui font ce choix. Ce dernier point est une vraie question. A ce sujet, je vous renvoie aux commentaires du billet de Xavier Galaup.

Pour conclure provisoirement on peut se permettre de pousser un gros : "pfffff pas gagné tout ça"…avant de s’y remettre.



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  • http://lavoux.eu Florian Lavoux

    pas mal l’image ! :)

  • http://lavoux.com mister bark

    merc a Bibliobsession pour l’img ;)

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