For sex, see librarian!

J’ai découvert ce chouette article dans le BBF 1994 – Paris, t. 39, n° 6, il est signé François Lapèlerie.

L’introduction suggère habilement que si les Bibliothécaires ont constitué des Enfers, c’était pour mieux les consulter tranquillement! En substance:

Que l’on ne se méprenne pas : ce renvoi – For sex, see librarian -, qui a figuré longtemps au fichier matière de nombreuses bibliothèques publiques américaines, ne signifiait pas que le lecteur pouvait trouver auprès du (ou de la) bibliothécaire – selon ses goûts – un service que la morale réprouverait. Non, il signifiait plus prosaïquement que les livres concernant le sexe, au lieu d’être en accès libre comme tous les autres, se trouvaient soigneusement regroupés, voire cachés dans le bureau du bibliothécaire. Soit que le bibliothécaire s’en réservât l’usage, soit plus probablement que, ne voulant pas corrompre ses lecteurs, seul ledit bibliothécaire s’arrogeât le droit d’en autoriser la consultation ou le prêt.

Je vous invite à lire le reste de l’article dans ce numéro du BBF sur la Censure, qui rappelle l’ampleur (outre atlantique) des débats entre bibliothécaires à l’occasion de la parution du livre SEX de Madonna.


Y a-t-il encore ce genre de débat à l’heure actuelle? Vous avez mis en évidence le traditionnel numéro "SEXE" des Inrocks cette année et/ou le supplément érotique de Marie Claire? 😉 (non vous vous l’êtes gardé pour le lire discrètement comme certaines? 🙂




Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

3 réponses

  1. Louise Books dit :

    ça me rappelle ce petit mot vu dans le magasin d’une bibliothèque, accessible uniquement au personnel donc : la personne ayant emprunté le kamasutra est priée de le remettre en rayon…

  2. Aldus dit :

    Oui, en effet, cette histoire de réserves dans les enfers des bibliothèques, réservés, on sait pour qui. Je crois que c’est Pascal Pia qui faisait la même remarque. A signaler aussi en cette année 1994 décidément riche (si vous refaites le coup de 1969, on voit tout de suite!) l’excellent livre de Pauvert, Nouveaux (et moins nouveaux) visages de la censure qui éclaire bien des consciences ! merci pour l’article.

  3. Archeos dit :

    Une censure existe bien sur toujours dans les petites bibliothèques (celles que je connais), tenues par des bénévoles souvent âgées. L’encadrement administratif est lui aussi tout à fait rétif vis à vis d’un des trois P (Politique, poésie, pornographie) qui devraient être présents dans chaque bibliothèque.