Abolir les COUPS DE COEURS et mettre des CRITIQUES dans les bibliothèques!


ouais elle est un peu gore cette image, mais ceci est un billet d’humeur…

Voilà une idée qui me tient à coeur (humm facile). Dans beaucoup de  bibliothèques, on se targue d’esprit critique et de médiation culturelle à tout crin. Bon. Mais que produisent les bibliothèques comme éléments de médiation sur les collections en ligne ou imprimé?


Réponse dans 97% des cas : (j’ai dit 97% hein, pas 100% ya des exceptions) 

et…c’est en général à peu près tout!



Mais bon sang de bonsoir, si on peut comprendre
(et encore) que les librairies donnent des avis toujours positifs sur les livres (l’objectif reste de les vendre) pourquoi est-ce que nous on se sent toujours obligés de donner des COUPS DE COEUR? Pourquoi pas tout simplement des CRITIQUES? (positives ou négatives et argumentées hein, des vraies critiques quoi!)



L’argument qui revient est
(avec la bouche en coeur 😉 : « Mais il faut donner envie de lire les livres! On est là pour promouvoir la lectuuuure! » ou encore: « Si on l’a acheté c’est qu’on l’aiiiime ce livre, sinon on l’aurait pas acheté! »

En fait la plupart du temps, « la lecture » veut juste dire : « la littérature-qui-représente-10%-de-nos-fonds » (et j’exagère à peine, à la louche 20% avec la littérature jeunesse)

Bon admettons, si c’est bien là l’objectif, alors pourquoi ne pas se dire que ce qui la fait vivre, la littérature c’est les débats qu’elle suscite, les idées qu’elle dérange, les envies, les rejets qu’elle crée! (Ironie du sort : quel bibliothécaire n’écoute pas le Masque et la plume ou ne lit pas religieusement les critiques des Inrocks ou de Télérama?). Lionel Dujol, créateur et animateur du blog Everitouthèque qui intervenait dans une journée d’étude la semaine dernière et racontait qu’une critique négative sur une BD publiée sur le blog de la bibliothèque avait suscité de nombreux débats avec les usagers! (comme quoi quand on le fait ça marche!)



Et puis, quand même, c’est paradoxal la plupart du temps, les bibliothécaires sont des très bons lecteurs, qui discutent des livres entre eux…qui ne sont pas d’accord…qui débattent (les réunions d’offices)! Mais qui laissent des miettes COUPS DE COEURS aux usagers!

Quelle est l’image qui ressort de notre institution? Ben Bibliothécaire = béni oui-oui-qui-a-beaucoup-de-coeur(s) et si moi en tant qu’usager je veux trouver des critiques de livres, ben je vais ailleurs que dans les bibliothèques.


A l’heure où nous parlons de plus en plus de nous impliquer dans les contenus, n’est-il pas temps d’abolir nos COUPS DE COEURS et de passer à des CRITIQUES ou des avis?



Aaaah ça va mieux en le disant. 🙂



Tiens tant qu’on y est un autre truc que j’ai envie de dire : Le premier à avoir milité pour l’abolition des coups de coeurs n’est autre que Thierry Giappiconi, directeur bien conu de la bibliothèque de Fresnes, dont on pense ce que l’on veut mais qui pour moi est un véritable précurseur, dans bien des domaines. Par exemple, c’est en grande partie grâce à lui que la Bnf met à disposition des notices gratos pour nous, pour qu’on arrête de cataloguer tous la même chose à la chaîne et qu’on puisse avoir le temps de les écrire et de les transmettre ces CRITIQUES! Même si c’est pas gagné encore, les progrès ont été énormes notamment grâce à Quentin Chevillon et son MOCCAM-en-ligne devenu indispensable! ça fait du bien aussi des fois de le dire, ça. Non mais. MERCI A EUX!



Allez un dernier lien vers la chouette idée de Librarything qui a crée un champs UNSUGGESTER destiné à vous conseiller non pas à partir de ce que vous aimez mais à partir de ce que vous n’aimez pas!

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