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Automazic : la première borne d’écoute de MUSIQUE LIBRE en bibliothèque!

vu sur la liste Discothécaire, info envoyée par le très bien informé Xavier Galaup, voici une innovation très intéressante dans le domaine de la musique numérique libre en bibliothèque. Voici  le communiqué annonçant cette première en France sur le site dédié à Automazic:

La médiathèque et la commune de Gradignan nous ont fait l’honneur de miser sur le projet Automazic. Cette médiathèque, précurseur dans le domaine, a commandé notre premier prototype et nous a fait confiance, nous les en remercions chaleureusement. De nombreux échanges et discussions avec l’équipe de la médiathèque ont permis de le développer en l’adaptant aux besoins spécifiques de ce type de structure. Il sera conforme au modèle de série si ce n’est quelques éléments internes et l’absence de la fonction de dépôt de morceau, qui sera programmée par la suite et intégrée au prototype : la synchronisation de la borne à notre serveur de développement permettra de mettre à jour régulièrement son logiciel d’exploitation.
Automazic sera présentée pour la première fois au public le 3 novembre 2007 à 14H à la médiathèque de Gradignan, 32 route de Léognan – 33170 Gradignan

Programme de la journée “découverte borne automazic” :

14h00 : présentation et démonstration de la borne
16h00 : Concert acoustique d’Egon
17h00 : table ronde autour de la musique en ligne

On connait les déboires d’ithèque et l’impasse des DRM en bibliothèques, et j’ai toujours pensé (avec d’autres) qu’une alternative essentielle est la musique libre en bibliothèque. Cette borne (qui tourne sous linux!) est justement destinée à promouvoir la musique libre puisqu’elle émane de dogmazic, site géré par l’association "musique libre".



Comme précisé sur le billet d’annonce sur Dogmazine elle met en oeuvre concrètement l’interopérabilité et la libre circulation de la musique, tout en rémunérant les artistes!

Elle sera installée dans les lieux publics de telle sorte que les visiteurs puissent écouter, télécharger ou déposer gratuitement des musiques en licence ouverte sur tout type de périphériques USB 2.0 (en fonction des drivers constructeurs bien sûr) et aussi sur CD/DVD RW.

Comme dit Xavier on serait curieux d’en savoir plus sur cette initiative! (Quels contenus? Quelles sélections musicales? Comment se procurer cette borne? Quel est son coût?). Bravo en tout cas aux bibliothécaires de la très belle bibliothèque de Gadignan! (dont j’adore le slogan ci-dessous!)

Voici à quoi ressemble cette borne sur le site dédié à Automazic, vous pouvez aussi consulter le dossier pdf de présentation de la borne.


(424)

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Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

16 Responses

  1. Archeos dit :

    Heu, les écouteurs noirs de chaque coté de la borne ne sont pas un peu grands ? ;-)

  2. B. Majour dit :

    Oui, la médiathèque de Gradignan est effectivement une très belle médiathèque, très claire, très aérée et moderne (ouverte aux handicapés visuels et aux autres)

    Pour le libre, j’avoue m’interroger sur le : Pourquoi les médiathèques/bibliothèques ne s’y mettent pas toutes ???

    Avec la bibliothèque de Gradignan, on voit se dessiner ce qui sera une des probabilités des médiathèques du futur : "ou déposer gratuitement des musiques en licence ouverte "

    Pourquoi seulement de la musique, pourquoi pas d’autres types d’œuvres d’art (virtuelles ? pour la commodité de stockage, de classement, de tags, etc.)

    La bibliothèque, centre de ressources, centre de dépôt des oeuvres d’art de sa propre communauté. Un vrai lieu d’échange, pour les petits et pour les grands.

    Un centre d’accueil pour les orientations de sa communauté, et ceux qui le souhaitent.

    Les gens ont soif de cette reconnaissance, et quand on voit les demandes sur la vie locale… il est nécessaire de se questionner sur ce problème, que nous pourrions résoudre à l’ère du virtuel informatique.

    Bien cordialement
    Bernard Majour

  3. Quentin CHEVILLON dit :

    En même temps, la question est : quelle est la légitimité de la bibliothèque (en tant qu’acteur essentiellement local) dans ce genre de pratique ?

    Les sites qui peuvent recevoir et diffuser des oeuvres libres (musique ou autre) ont plutôt, me semble-t-il , une voctaion nationale voire internationale.

    En gros, pourquoi le public viendrait-il écouter en bibliothèque ce qu’il peut écouter/enregistrer/graver chez lui ? Bien sûr, il y a encore pas mal de monde qui n’a pas Internet, donc ça peut se justifier dans le court terme.

    Mais plus l’usage d’internet se généralisera (ce qui me paraît quand même inévitable assez rapidement), moins ce genre de choses se justifiera.

  4. bibliobsession dit :

    Tu as raison; mais une borne est tout autant un service qu’une action de communication. Il est important pour la bibliothèque d’afficher son soutien à ce genre d’initiatives et de faire connaître la musique libre. Et puis au fond, les gens peuvent imprimer en ligne ou chez eux leurs photos…supprime-t-on pour autant les bornes de développement automatique et les photomatons? ;-)

  5. n. blondeau dit :

    Excellente initiative. La borne paraît attractive, ce qui semble important pour que ce nouveau service remporte d’adhésion du public. Je pense comme B. Majour, que les médiathèques doivent comprendre qu’il faut proposer des contenus libres, sous licence de partage, dans le domaine publique, etc.
    Non un tel service n’est pas redondant, ou alors ce sont les bibliothèques qui sont superfétatoires lorsqu’elles offrent dans leurs murs des accès Internet.
    Je suis également d’accord qu’il ne faut pas proposer seulement de la musique enregistrée mais d’autres types de ressources audiovisuelles : films, documentaires, conférences, livres audio, etc.
    En tout cas bravo pour cette première qui on l’espère vraiment fera école !

  6. Th. Bokhobza dit :

    Diffuser de la musique libre ne me semble pas le plus compliqué.
    Mais diffuser de la musique libre en rémunérant les artistes ? J’avais déjà posé la question à Dogmazic, puis sur le site d’Automazik, où l’on me répond que "pour la question de la rémunération, nous y songeons, mais les modalités sont à inventer".

    Je suis un chaud (bouillant) partisan du libre (effectivement, pas uniquement en musique) et partant pour faire sa promotion – d’autant que la borne a un de ces petits airs qui devrait donner au public une assurance de sérieux.
    Cependant cette question de la rémunération, surtout de la part d’établissements publics, me parait devoir être étudiée attentivement.
    Impossible évidemment d’envisager un paiement à l’acte, mais un forfait, qui ne transformerait pas Dogmazic en SACEM bis, pourrait être envisageable.

    Pour info, l’association a créé une liste de diffusion pour les bibliothécaires (biblio at dogmazic.net). Pour y prendre part, il faut envoyer un email avec la ou les adresses mail à inscrire sur la liste.

  7. Risu dit :

    J’adhère totalement à cette idée de développer la musique libre en bibliothèque, ça me semble un bon moyen de développer un "fonds" particulier.
    J’irai avec plaisir à la présentation le 3 novembre.
    A propos de la médiathèque de Gradignan, je confirme qu’elle est très belle et très agréable (j’ai eu l’occasion d’y faire un stage cet été).

  8. B. Majour dit :

    Pour répondre à Quentin Chevillon.

    La légitimité est maximale :

    – d’abord, personne ne le fait… et les bibliothèques ont la vocation de conserver des collections. (Etablissement public, ils sont aussi moins susceptibles de s’évanouir du jour au lendemain. Une mairie est quasi immortelle, ce qui lui est attaché a de grandes chances de l’être)

    "En gros, pourquoi le public viendrait-il écouter en bibliothèque ce qu’il peut écouter/enregistrer/graver chez lui ? Bien sûr, il y a encore pas mal de monde qui n’a pas Internet, donc ça peut se justifier dans le court terme."

    Question de sélection locale !
    J’ai beaucoup de lecteurs qui sont friands de patrimoine local, du passé de notre commune… mais qui ne trouveront jamais cette friandise, parce que le marché n’est pas assez porteur.

    Et puis des chanteurs, auteurs locaux, ça peut donner des idées à d’autres citoyens.

    Pourquoi en bibliothèque ?
    – d’abord pour les raisons de pérennité que j’ai déjà évoquées
    – pour des raisons de classement (dans une moindre mesure, mais dans un monde de référencement, ce n’est pas anodin)
    – pour des raisons de promotion, de découverte, de culture locale…
    – et peut-être de fierté !

    Une mairie n’hésite pas à investir dans une équipe sportive, qui joue sur le terrain communal.
    Qui sait si elle n’hésiterait pas à investir dans une équipe artistique sur le terrain culturel communal (soit la bibliothèque/médiathèque).

    Ça peut paraître idiot à première vue, mais ce qui ne se voit pas n’existe pas !

    En bibliothèque, on atteint une visibilité.

    Ce qui m’amène à répondre à Th. Bokhobza, sur la rémunération des artistes.
    La rémunération des artistes libres est nulle.

    Normal, encore plus normal s’ils mettent leurs oeuvres en téléchargement libre.

    Nulle dans un premier temps.
    Car, comme pour la chanteuse Lorie, c’est le nombre de téléchargements qui est vendeur.
    Et la bibliothèque assure la publicité des artistes (auteurs, compositeurs, etc.) d’une manière durable et visible, pour son public mais aussi pour le reste de l’Internet (si les artistes le souhaitent).

    Avec effet boule de neige. Un auteur local qui marche, ça attire l’oeil sur tous les autres.

    Un auteur qui est bon, se partagera entre bibliothécaires, attirant encore plus l’attention sur lui, augmentant le nombre de téléchargements.

    Et ça, le nombre de téléchargements, c’est vendeur pour une maison de disque… parce que, même divisé par 10, ce nombre donne une idée d’un marché potentiel. Sans que l’on puisse soupçonner un copinage dans une bibliothèque, ou de téléchargements de copinage.

    Si on demande tout de suite à la bibliothèque de rémunérer l’auteur libre, alors on se trompe de cible. Un auteur débutant doit donner, beaucoup, gratuitement, dans ses débuts… parce que c’est de la pub. Et sans pub, il n’y a pas d’existence auprès du public.

    Autant, il est facile à un bibliothécaire de défendre un auteur local (ou autre :-) ) quand il est gratuit, autant il lui faut justifier des fonds publics investis dès que l’on parle d’achat.

    L’équation est simple.
    Si je dois payer, j’affecte un budget. Un budget forcément limité pour le meilleur. Un meilleur forcément fourni par les professionnels qui ont les moyens voulus pour obtenir ce meilleur. (studio & Cie)
    Bilan des courses : je n’investirai pas dans un auteur débutant payant. Ni dans du "libre" qui veut être rémunéré par des fonds publics, sauf s’il égale les meilleurs !

    Dans le cas de la gratuité, je peux passer sous silence le temps investi par le bibliothécaire, l’espace disque consommé, etc. Parce que le décompte n’apparaît pas dans un budget, ou dans une facture. C’est englobé dans les "frais de fonctionnement" et je peux toujours me rabattre sur une terminologie porteuse : "Oui, mais c’est gratuit !"

    En réalité, rien n’est gratuit. Jamais.
    L’argent est prélevée par la pub, ou par l’investissement en "pub" des auteurs débutants.
    Dans tous les cas, quelqu’un paye.
    Mais au niveau comptable, une ligne à zéro, c’est important pour un budget limité. On offre plus, pour rien. (presque rien, en tout cas, rien de quantifiable dans des proportions raisonnables… et lorsqu’elles deviennent déraisonnables, on devient expert ;-) )

    En conclusion de cette idée de rémunération, il faut arrêter de penser que les fonds publics pourraient servir à rémunérer du libre. C’est contre productif, et ça va à l’encontre de l’esprit "libre".

    Plus on donne à des structures égalitaires (comme les bibliothèques qui mettent tous les auteurs au même niveau, celui qui publie à 1 million côtoie celui qui publie à 100 exemplaires), plus on s’assure de la liberté culturelle, de l’ouverture pour tous.
    Plus on s’assure de toucher un public important, et plus le bas mercantile est obligé de s’élever. Parce que le libre est là et que, à quoi bon payer pour avoir mieux et "gratuit" !

    Ce qui nous ramène à la question de Quentin Chevillon.

    Pourquoi en bibliothèque ?

    – parce que c’est le meilleur endroit pour découvrir ce qui existe en libre
    – parce que tous les auteurs sont au même niveau et bénéficient du même traitement (contrairement au Net et à sa vitrine marchande, et à ceux qui, en libre ou non, ont les moyens d’investir dans le référencement ou dans les bons emplacements du Net, les plus visités)

    Et parce que la bibliothèque (2.0 ?) devrait aussi accueillir les commentaires de ses usagers, sans tri marchand, sans compromission, ni besoin de plaire à quiconque. Dans le respect des lois et de la courtoisie.

    La bibliothèque, c’est la garantie même de l’expression démocratique libre.

    Voilà pourquoi la bibliothèque.

    Bien cordialement
    Bernard Majour

  9. Burle Louis dit :

    Reste à connaître le coût de l’acquisition de la borne !
    Un service de plus en BM est toujours bon à prendre, mais ce ne sera pas non plus la panacée.

  10. Pitseleh dit :

    Très belle réponse de M. Majour, merci.

  11. bibliobsession dit :

    Oui, excellents commentaires, merciii je suis très fier d’avoir des contibutions aussi intéressantes! Sur la question de la rémunération de la musique libre, j’y reviendrai tant le sujet est important.

  12. Bonjour à tous,
    Après quelques jours de présence de la borne dans nos locaux, nous souhaitons faire part à tous d’un premier retour d’expérience :
    -la borne fonctionne parfaitement : le son est de très bonne qualité, la recherche est ergonomique et le téléchargement des documents est simple
    -la borne possède un beau design. Visuellement elle est très attrayante ce qui lui permet d’attirer l’attention des usagers. Elle a été très favorablement accueillie par le public et a fait l’objet d’une couverture médiatique locale intéressante qui doit faciliter son appropriation.
    Pour ce qui concerne le pourquoi de la présence de cette borne dans notre Médiathèque de GRADIGNAN (33), il nous semble important de préciser nos motivations :
    Ce projet s’inscrit dans un contexte local porteur puisque la Municipalité a fait depuis longtemps du développement du Libre une priorité. Ainsi, la commune a- t-elle été la première à accueillir une école élémentaire « libre ».
    Les services municipaux ont complètement basculé dans les logiciels libres (openoffice notamment) et l’Espace Multimédia de la Médiathèque propose des initiations et des ateliers d’information autour du Libre.
    Par ailleurs, en tant que bibliothécaires, ce projet recoupe un certain nombre de nos missions, à savoir :
    -faire découvrir au plus grand nombre des artistes ou des créateurs culturels qui ont du mal à accéder aux chaînes de TV ou radio généralistes. Ce travail, nous le menons depuis très longtemps pour l’Imprimé, lorsque nous achetons des "livres longs" édités par de petites maisons d’édition. Il nous semble indispensable de généraliser cette ambition à tous les moyens d’expression actuels.
    -accompagner le public dans ce nouvel usage culturel que représente le téléchargement en jouant pleinement notre rôle de médiateur culturel : personne ressource sur le monde du libre et par extension sur le respect des droits d’auteurs, "découvreur" d’artistes par l’organisation de playlist ou d’animations…
    Enfin, la visibilité que nous leur offrons dans nos structures où nous sommes, nous l’avons tous constaté, de véritables prescripteurs culturels doit permettre à ces artistes d’y trouver une compensation financière (vente de places de concerts ou de supports physiques). Nous pouvons d’autant plus parler de ce sujet que nous avons fait l’effort volontaire d’acheter, pour le prêt, un certain nombre de CD sur le site pragmazic (http://www.pragmazic.net/bin/acc... et que nous avons accueilli et que nous accueillerons des artistes Libres pour des concerts, tables rondes et sessions de formation.
    En espérant que notre expérience puisse vous convaincre, l’Equipe de la Médiathèque de GRADIGNAN reste à votre disposition pour tous futurs retours d’expérience.

    Médiathèque de GRADIGNAN
    Accueil Général : 05.57.12.18.90
    email :lamediatheque@ville-gradignan.fr
    Association de la section multimédia et
    de la section musique

  13. bibliobsession dit :

    Yesss!!! merci toute l’équipe pour ce retour d’expérience! c’est un très beau projet et innovant, n’hésitez pas à nous faire d’autres retours ici; même des négatifs s’il y en a à l’usage…on est entre professionnels ;-)

  14. Quelles pourraient être les sources allant dans le meme sens que ce billet? Je ne suis pas certaine de partager votre avis sur tous les points ecposés ici…

  1. 9 janvier 2008

    [...] Automazic : la première borne d’écoute de MUSIQUE LIBRE en bibliothèque! [...]

  2. 16 septembre 2008

    [...] Automazic : la première borne d’écoute de MUSIQUE LIBRE en bibliothèque! [...]

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