Que font les gens sur internet?




C’est la question simple que ce sondage d’un institut de marketing (comScore) a posé à un échantillon représentatif de la population du Royaume-uni. J’ai trouvé ces données sur
un site conseillé par Outils froids (un site en anglais) qui publie très régulièrement des résultats d’enquêtes marketing pour comprendre les comportement des internautes.

Que constate-t-on dans ce sondage?

D’abord qu’il y a 3 catégories d’internautes: les "Heavy" (une moyenne de 99.4 heures au mois de juillet 2007 passés devant internet, soit 20% de l’échantillon) et les "médiums" (30% de l’échantillon) les "Light" (les 50% restant)

Ce qui est intéressant c’est de voir les différences très marquées entre les deux groupes extrêmes : les light et les heavy. Comme vous pouvez le voir dans le tableau, les gens qui passent le moins de temps sur internet y vont d’abord pour les services pratiques : banque en ligne, services publics, organisation de voyages, etc. Notons que ces données portent sur les connexions à la maison et non dans des lieux publics comme les cybercafés ou les bibliothèques.



Alors que les Heavy sont ceux qui utilisent beaucoup plus les fonctions sociales de l’internet

Pourtant le défaut de telles études est bien le fait que les usages sont très difficiles à "interpréter concrètement", même si on a des tendances certaines, comme le montre par exemple via Kotkot cet article du monde sur les comportement des jeunes sur le web.

A l’heure où j’ai écrit cet article, je ne connaissais d’ailleurs pas l’existence du rapport d’OCLC dont j’ai parlé dans ce billet. C’est une excellente source pour avoir un panorama des usages en 2007 sur 6 pays dont la france, et le rapport est clair et bien illustré ce qui ne gâte rien! Je vous invite vivement à le consulter!

Enfin, dans ce passionnant article publié sur Internet Actu, on comprend mieux qu’au delà des enquêtes, l’observation et la définition même des usages est complexe tant il est vrai que les connexions sont permanentes et que la conscience d’être en réseau tend à s’effacer…

On a du mal à cerner le temps, à isoler un “usage” parmi de nombreux autres. Ce qui change dans nos habitudes d’achat, dans nos comportements, dans le temps et l’argent du quotidien, est parfois très lent, invisible, indicible, difficile à qualifier et à quantifier. Poser la question de notre quotidien numérique en termes de modes de vie et de consommation, et l’aborder délibérément sous les angles les plus ordinaires, c’est entrer au coeur des modifications sociétales, anthropologiques, que nous avons commencé à vivre : nos façons d’habiter et de nous transporter, nos achats et nos désirs, nos relations de voisinage et de famille, nos souvenirs et notre imaginaire se déplacent. Dès lors, à côté de l’observation des “usages”, des pratiques des usagers, il devient nécessaire d’entreprendre l’observation et la compréhension des “petites choses” que l’on ne peut pas toujours appeler usages et dont certaines s’apparentent à des habitudes, d’autres à des contraintes discrètes, d’autres encore à des améliorations insensibles, voire à de petites aliénations (on pourrait les nommer usages implicites, enfouis, omniprésents, invisibles, nano-usages).


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Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

1 Response

  1. Tartine dit :

    Merci , pour l’article qui me permet de voir plus clair dans les catégories d’internautes , notamment dans le cadre de mon exposé pour ma fac ^^

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