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Electre, Amazon ou Librarything pour des données enrichies dans nos OPAC?



On a souvent parlé ici de la nécessité de plus en plus impérieuse d’enrichir nos catalogues. Les
web services le permettent très facilement aujourd’hui. L’obstacle technique est donc de moins en moins présent, ce qui ne règle en rien la question de la source des données. Les fournisseurs ont bien compris d’ailleurs l’enjeu économique des web services et commencent à construire des modèles économiques autour de la diffusion de données dans des catalogues commerciaux. Pour les livres on pourrait lister
de manière non exhaustive les données enrichies qui pourraient être accessibles à partir de l’OPAC comme suit:

  • Image de la première de couverture
  • Résumé "officiel" du livre
  • Commentaires et critiques sur le livre
  • Table des matières, sommaire
  • Tags
  • Sélections auxquelles appartient le livre
  • Communautés dans lesquelles le livre a eu du succès
  • Évaluation du livre sur une échelle (avec des étoiles par exemples)
  • Liens vers d’autres livres du même auteur, du même thème, de la même édition, etc.
  • Recherche à l’intérieur du fichier numérique texte intégral du livre (amazon search inside)
  • Géolocaliser les lieux d’achat du livre (google recherche de livres)

Et pourquoi pas demain dans l’Opac: (petit exercice de brain-storming bibliothécofictionnel)

  • Télécharger le livre en intégral et en format ouvert pour faire des recherches dedans (sans DRM hein!)
  • Trouver la biographie de l’auteur (à partir de wikipédia par exemple)
  • les sites sur lesquels le livre a été critiqué (à la allociné comme la partie "critiques presse" voir cet exemple pour le film Control)
  • Ajouter le livre à sa bibliothèque librarything ou mylibrary (google)
  • Géolocaliser les lieux présents dans le livre (pour une fiction)

et d’autres sont à imaginer…

Ceci dit, pour revenir à une réalité plus pragmatique aujourd’hui trois fournisseurs principaux de données s’offrent à nous. Alors un petit exercice de comparaison s’impose : (je n’ai pas fait une étude approfondie hein, merci de signaler si vous voyez des erreurs et/ou des compléments.)

Comparatif des web services utilisables par des bibliothèques en novembre 2007
  Amazon Electre Librarything
Coût Gratos! (mais pour combien de temps encore?)
 5% du prix de l’ensemble des licences de la collectivité
 Gratuit pendant 60 jours, et après…: pas d’information officielle

Données
Premières de couvertures, résumés, commentaires, extraits musicaux (situation juridique peu claire sur ce dernier point)
voire la licence Amazon
(en anglais)

Premières de couvertures et résumés pour toute la base. Tables des matières pour les sciences et techniques, la médecine le droit et management.
 
extrait du site:

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Langue
 Français Français
Anglais à 90% (mais les données françaises sont en augmentation constante)

Obligations contractuelles
Pour les premières de couvertures : mettre un lien derrière l’image de couverture pointant vers l’item correspondant sur le catalogue  Amazon; voir la licence Amazon
(en anglais)
 Pas d’obligation autre que d’indiquer la provenance des notices, les données fournies sont sous copyright Electre
Les infos envoyées restent sur les serveurs de Librarything, aucune info n’est stockée directement dans l’OPAC.

compléments d’informations ici 


Valeur ajoutée que les autres n’ont pas
Gratuité (pour combien de temps?) taux de recouvrement très bon et inclusion d’autres supports que le livre.
Tables des matières pour certaines disciplines
Aspect communautaire très fort, base de données non commerciale, fiabilité des recommandations plus importante.

Inconvénient(s)

Les liens systématiques vers Amazon peuvent poser problème si on les considère comme de la publicité vers un site marchand, depuis un site public…  Oblige à avoir des liens commerciaux avec Electre alors que le monopole sur la récupération des notices est de plus en plus contesté, depuis Moccam-en-ligne et la Bnf…
Base anglophone pour l’instant;
Quel coûts?
 
OPAC avec ces web services en action Bibliothèque de Saint-Herblain 



 

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

14 réponses

  1. Lully dit :

    Merci pour cette synthèse bien commode.
    j’ai découvert récemment l’offre de Bowker (Syndetic Solutions : http://www.syndetics.com/) sur des titres uniquement anglophones, avec comme exemples d’applications en OPAC (plus ou moins intégrés) : 209.212.22.39/uhtbin/cgis… [en] et http://www.bib.fsagx.ac.be/cgi-b... [fr]

  2. Pablog dit :

    J’ai écrit un billet pour expliquer la méthode d’intégration des images de couverture d’Amazon dans le catalogue SAPHIR (http://www.saphirdoc.ch) en utilisant les services web coté client :

    http://www.bium.ch/blog/?p=106

    D’autre part, suivant l’exemple du Drailënderkatalog (suchen.hbz-nrw.de/dreilae… le réseau suisse romand RERO (opac.rero.ch) vient aussi d’ajouter les images en provenance d’Amazon dans l’OPAC du catalogue collectif

  3. Risu dit :

    A propos de "Trouver la biographie de l’auteur (à partir de wikipédia par exemple)" c’est déjà possible, comme le montre le catalogue de la bibliothèque D’Yerres (http://www.bibliothequeyerres.ne... réalisé avec l’OPAC 2.0 de AFI.

    A la lecture de ton billet je me suis dit que puisque l’accès à des données enrichis est l’avenir du développement des catalogues de bibliothèques et que les sources actuelles nous obligent à recourir à des sites privés payants où qui vont sans doute le devenir, pourquoi ne pas créer un site communautaire de partage de collections de livres (de CD et de DVD aussi), un lybrarything ou agora des livres-like, piloté par des bibliothécaires. Le site permettrait à n’importe quel internaute de signaler, partager et surtout commenter sa collection. Les bibliothèques pourraient importer les données du site (critiques, couvertures, statistiques) dans leurs OPAC (cette mutualisation éviterait le syndrome des OPAC ayant tout au plus une centaines d’avis sur l’ensemble de leur catalogue). Les recommandations statistiques qu’on pourrait tirer du sites s’en trouveraient elles aussi bien plus perspicaces.
    Les bibliothécaires pourraient apporter une valeur ajoutée non négligeable au site et montrer qu’ils ont leur place sur internet en produisant et classant de l’information (critiques, dossiers, mises en avant de documents…).
    On pourrait aussi y inclure un mode de géo-localisation des documents ("La bibliothèque la plus proche qui possède ce document est…") ou des liens vers une version numérisée de l’œuvre.
    Le plus dur serait de trouver la bibliothèque qui se lancerait dans la construction du site (BPI ? BNF ?) et de convaincre les constructeurs d’OPAC de permettre l’importation de ces données (et ensuite de convaincre les internautes d’utiliser ce site plutôt qu’un autre).

  4. bibliobsession dit :

    Tu as complètement raison, ce serait un super projet! en réalité, il est cours d’élaboration à la BPI…! Car une telle plateforme pourrait être vraiment nationale et appelée à être piloté par un grand établissement, avec des moyens techniques adaptés…pour ma part, je rêve depuis longtemps de mutualiser les avis des bibliothécaires, ne serait-ce que ceux produits et discutés lors des réunions d’offices…y a un vrai potentiel!

  5. Laurent dit :

    Eh bien voilà, un 2e projet motivant qui pourrait nous réunir à plusieurs , après celui-là : bibliobsession.free.fr/do…

    En fait, ce n’est quasiment pas un 2e projet mais une partie du premier (à inclure dans le type de recommandation "ceux qui ont lu ça vous conseillent ça").

  6. Aurélie dit :

    Je me suis heurtée pour ma part à un refus d’Amazon d’utiliser leurs webservices car selon l’article 5.1.3 des conditions d’utilisation :

    5.1.3. You are not permitted to use Amazon ECS with any Application or for any use that does not have, AS ITS PRINCIPAL PURPOSE, driving traffic to the Amazon Website and driving sales of products and services on the Amazon Website.

    Ce n’est quand même pas le but principal de la bibliothèque que de générer du trafic vers Amazon, d’où ma question : comment avez-vous fait ???

    Sinon excellent billet et salutations des mutantes de Lille (l’auteur comprendra…) !

  7. Stéphan dit :

    Bonjour,

    Merci pour cette synthèse !

    Précision concernant le webservice Electre.
    L’intégration a été développée avec SirsiDynix pour l’opac du SIGB Horizon (activation du websercie coté SirsiDynix aussi payant). Et le développement de ce SIGB est terminé, donc seules les sites actuels avec Horizon peuvent en bénéficier…
    Electre a t-il développer ce webservice avec d’autres opac ?
    mediatheques.beauvaisis.f…

  8. Merci de cette synthèse ! Sur bibliotheques.valdoise.fr… probablement à partir de janvier, la première tranche du catalogue collectif du Val d’Oise, RéVOdoc, avec les enrichissements Electre. Décision a été prise ne ne pas utiliser Amazon pour des raisons de politique du livre. Ce sera un catalogue collectif MoCCAM.

  9. Bonjour,

    Il me semble évident qu’il ne faut pas que les collectivités utilisent les services d’Amazon et cie. Je crains toutefois que la défense des librairies ne soient pas la priorité des bibliothécaires… Et ils ne sont les seuls http://www.bibliobernt.net/Bibli...

    Aussi, il existe des fournisseurs de SIGB qui utilisent ces services sans créer un lien sur l’image qui pointe ensuite la notice d’amazon. Ces fournisseurs mettent en situation de recèle les établissements qui utilisent ces modules sans doute vendus au prix fort ! Je connais des noms !

    Cette mutualisation n’est pas le fort des bibliothèques. Que font les agences de coopération ? Que fait la bnf, la bpi ? Pourquoi des projets comme Zazieweb (contenu) et l’Agora des livres (réseau social) ne sont pas soutenus ? Pourquoi faut-il toujours des projets centralisateurs ? Internet ne s’adaptera pas à l’administration. C’est l’inverse qui doit se produire. C’est le réseau contre la pyramide !

    A bon entendeur !

  1. 8 avril 2008

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  2. 11 juin 2008

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