Interview exclusive de Bernard Majour!

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Voici une interview de Bernard Majour, vous savez, le célèbre Bernard Majour qui intervient très souvent sur Biblio-fr! Merci à lui de s’être prêté au jeu!

Bernard Majour est-il votre vrai nom?

Oui, c’est mon vrai nom. Et pourtant j’ai un homonyme, même si mon nom ne court pas les rues, sauf celles
de Brive La Gaillarde. La faute à un de mes ancêtres. Souvent écrit de manière folklorique, je suis obligé de dire : non, Majour comme « Ma journée a bien commencé. »

Il me semble que vous êtes assez à l’aise avec les
chiffres….n’auriez vous pas une formation ou un passé scientifique?
:-)

Oui. J’ai bien une formation et un passé scientifique. En informatique, Analyste programmeur, avec de nombreuses missions dans les bases de données. Ce qui explique sans doute pourquoi, j’aime bien aller au fond
des choses.

Pour le reste, je suis autodidacte à 100 %

Dans quelle bibliothèque travaillez vous et de quoi êtes vous chargé?

Je travaille à la bibliothèque de Marcheprime.

Et je suis chargé de tout… du port des livres à l’acquisition, en passant par la couverture et le catalogage, et même le démontage remontage des étagères pour modifier l’intérieur de la bibliothèque.
Informatisation, récolage des 9000 documents de notre fonds par 35°C , pilonnage, petites réparations, recherches Internet, formation des bénévoles… Je suis polyvalent. Et passionné. Quand je ne sais pas, j’apprends. Je fouille, je cherche…

Ceci dit, j’ai une équipe de bénévoles formidables pour m’épauler à la couverture et au prêt.
Bénévoles réunies au sein de l’association « Quoi de neuf ? » gérant, entre autres, la bibliothèque. (Non, le « e » de réunies n’est pas une erreur :-), l’autre homme de l’équipe est parti en 2005 pour poursuivre d’autres activités)

Je suis membre et secrétaire de cette association depuis 1995, et l’actuelle présidente de l’association est l’autre pilier stable de la bibliothèque. Malgré le renouvellement des bénévoles au cours des années, nous avons tenu la barre…en attendant que la mairie dégage des crédits pour permettre un développement de
la bibliothèque. C’est chose faite depuis 2004, date de notre informatisation.

Ça reste à pérenniser. J’en saurai plus en avril 2008. :-)


Dans quels autres types de postes avez vous travaillé?

Essentiellement informatique, au développement de bases de données et à la formation pour adultes, toujours en informatique, pour différentes sociétés. Plus deux mois de numérisation de microfilms et journaux anciens. Le tout en CDD, parce que j’ai toujours souhaité conservé mon jour de contact avec les écoles, à la bibliothèque.

Depuis combien de temps exercez vous dans le monde des bibliothèques? Pensez vous y rester? :-)

Disons que j’y exerce depuis 1995, et de manière plus professionnelle depuis 2003. Mais j’ai fréquenté les bibliothèques bien plus tôt ! De manière assidue. Y rester : certainement !

Que pensez vous de l’avenir des bibliothèques en quelques mots? (oui je sais c’est pas facile en quelques mots…)

En quelques mots. Soit. Les bibliothèques sont éternelles !

Peu importe le support du document, il y aura toujours des gens pour collecter l’information et la mettre à disposition des autres. De manière impartiale. Toujours. :-)

De là découle tout le reste : les collections, le public, et l’impartialité des bibliothécaires. Impartialité qui est la seule apte à préserver la liberté de tous. Parce que les bibliothèques mettent tous les auteurs au même niveau, à égalité, sans aucune recherche de compensation financière.

Tant que les bibliothèques s’afficheront, d’une manière ou d’une autre, la démocratie pourra continuer.

Le monde marchand, politique a-t-il envie de cette démocratie ? C’est une autre question.

Le support livre est-il obsolète ? En voie d’extinction ? Non, parce qu’une fois imprimé, on ne peut retoucher le livre, le mettre au « goût du jour », sans que la manipulation apparaisse. Le livre imprimé porte avec lui cette garantie d’authenticité que n’auront jamais les documents électroniques, sauf si on les clôture électroniquement…et encore, les retouches informatiques demeurent toujours possibles : il suffit d’y mettre du temps et des moyens pour « corriger » ce que l’on souhaite.

Tant que des livres seront conservés, authentifiés, on ne pourra pas manipuler les gens.

L’avenir des bibliothèques c’est aussi de permettre cette conservation, et donc de distribuer gratuitement à la population mondiale les copies virtuelles des livres pour éviter une brusque disparition « opportune » dans un incendie. On peut museler les bibliothèques d’un pays, on ne peut museler celles du monde, et
encore moins la population mondiale. Tout ce qui est conservé par la population perdure à travers les siècles.

La bibliothèque de l’avenir, c’est une bibliothèque détenue par la population et entretenue par des bibliothécaires. Ces hommes et ces femmes impartiaux, qui suivent un code déontologique et rétablissent la neutralité de l’information quand c’est nécessaire. Des gens toujours curieux, et plus souvent passionnés par leur métier qu’on ne le dit. Des gens irremplaçables.

Comme les bibliothèques.

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Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

4 Responses

  1. Sébastien Thébault dit :

    Oui, moi aussi j’ai remarqué ses interventions sur biblio-fr. Je l’ai aussi un peu connu comme hotliner (au téléphone et par mail) quand je travaillai chez le fournisseur de son SIGB, et j’avais remarqué son implication et sa méthode, comme son contact agréable. Alors coup de chapeau à M. Majour !

  2. Excellente et sympathiquie idée que cette interview ! Je me souviens de ce stupide message sur biblio-fr "Mais qui est Bernard Majour ?" comme si on ne pouvait prendre la parole si on n’était pas patenté. Les idées sont de libres parcours et c’est d’abord elles qui sont à débattre sans se soucier de l’émetteur. mais les idées sont aussi incarnés par des hommes et des femmes, et il était bienvenu de faire connaissance avec Bernard majour, dont les interventions ne laissent jamais indifférents.

  3. B&C dit :

    –> j’avais (laudativement) lancé cette question sur Biblioforum en déc 2005 biblioforum.ouvaton.org/f…

    Mais qqun d’autre l’avait posée sur bibliofr en oct 2006 – en employant maladroitement le mot "légitimité" listes.cru.fr/sympa/arc/b… (Et réponse listes.cru.fr/sympa/arc/b…

    En tout cas il est sûr que les réponses argumentées concernant les questions pratique sur biblio-fr , tranchent sur les débatscconcernant Finkielkraut, Wikipedia et l’âge de la bibliothécaire. ^^

  1. 5 février 2008

    […] propos, j’en profite pour dire que j’ai remis en ligne l‘interview d’un autre Bernard, Bernard Majour qui avait disparue suite à la migration de mon blog sous WordPress. Désolé pour […]

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