Cactus Acide : un nouveau site dédié à la culture de l’information et l’éducation aux médias Contre le projet d’extension de la durée des droits d’auteurs à 95 ans!
mar 06
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D’abord, deux enjeux illustrant les enjeux d’aujourd’hui, à l’occasion du prochain Salon du Livre. Puis un contraste entre le l’importance des enjeux ci-dessous et….le thème de la 3e conférence organisée par l’ENSSIB cette année :

1er enjeu :

J’ai lu un très intéressant article sur la question des contrats pour les versions numériques que les éditeurs proposent aux auteurs en France. ça se passe sur le Blog de François Bon et ça rappelle très directement les récentes grèves des scénaristes à Hollywood. Quelques extraits pour poser le débat, mais je vous conseille de lire tout le billet chez François Bon, et de le poursuivre dans les tables rondes sur le sujet, notamment celles de l’espace lectures de dem@in lors du prochain Salon du Livre.

Extrait du Préambule de FB :

On sait que, dans les contrats d’édition standards, les droits d’auteur sont fixés à 10 ou 11% du prix hors taxe, évoluant jusque vers 14% à mesure des tirages. Nous touchons un pourcentage de 5% sur les livres de poche. Les droits d’adaptation cinématographique font l’objet d’un contrat à part, que l’auteur n’est pas contraint de signer. Mais les droits dérivés, les droits « non livre », adaptation théâtrale, et surtout traductions, sont toujours fixés moitié moitié.

Enfin, les PDF qui servent à cette numérisation ne demandent pas (depuis au moins 2001/2002) de préparation spéciale : ce sont ceux qui servent à l’impression… Et on sait que le gouvernement a débloqué 400 000 euros pour la numérisation de 9 000 ouvrages, sans concertation pour le contenu et l’orientation de ce qui aurait dû être une mission de service public et non une simple opération commerciale.

Ceci parce que nos éditeurs nous proposent, ces jours-ci, massivement, des contrats pour « diffusion numérique de
l’ouvrage », où bien sûr le mot livre n’est jamais prononcé, mais qui tente de faire passer l’idée de droits d’auteur à 10/11% comme le livre, et non pas 50% comme la traduction.

2e enjeu:

Je vous conseille aussi du côté des librairies, via LaFeuille la lecture du livre de Eric Hazan : Le livre que Faire? dont l’introduction pose une nécessité que je partage entièrement:

Face aux géants du commerce en ligne, la librairie doit être capable de se structurer en réseaux, en rhizomes, qui peuvent naître d’affinités sélectives, d’une organisation territoriale, ou d’autres critères. Cette mise en réseau doit représenter un choix politique fort, revendiqué, et ne doit pas être vécue comme une nécessité à laquelle il faudrait se plier de mauvais gré. Dans un monde de la librairie française particulièrement atomisé, peuplée de singularités, cette proposition de « travailler ensemble » peut être singulièrement mal vécue. Elle n’en demeure pas moins une nécessité pour la survie de l’ensemble.”

Et enfin le contraste : je vous laisse juger de l’importance essentielle pour l’avenir des bibliothèques de ce débat organisé par l’ENSSIB(soupir)

« Bibliothèques : le bel aujourd’hui » (17 mars, 17h-18h30)

Alors que les bibliothèques connaissent un essor sans précédent, que les bâtiments poussent comme des champignons, que la fréquentation augmente, les bibliothécaires continuent, moroses, à s’interroger, s’inquiéter et se dénigrer. Une approche positive n’est-elle pas possible ? Légitime ? Nécessaire ?

( soupir, mais on assistera en revanche avec intérêt à la table ronde sur les bibliothèques européennes organisée par Yves Alix)



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5 Responses to “Le monde du livre est en pleine mutation : deux enjeux et…un contraste!”

  1. Bakelith Says:

    “Les bibliothécaires continuent, moroses, à s’interroger, s’inquiéter …” On dirait un roman d’anticipation dîtes donc ! Une approche positive de (par) l’Enssib n’est-elle pas possible ?

    Olala positivons le 10 mars à Blois (http://biblio.ville-blois.fr/article.php3?id_article=431) pour la très intéressante table ronde sur “Dématérialisation et désintégration de la culture : quel avenir pour les bibliothèques ?” Brrrr ….

    Bonne continuation à toutes et tous :)

  2. mediamus Says:

    Au sujet de la conférence de l’Enssib du 17 mars, il semble qu’il soit fait usage de la méthode Coué (non pas l’animateur de TF1, l’autre) je cite : “Alors que les bibliothèques connaissent un essor sans précédent…. que la fréquentation augmente”. Ah bon ? Grâce aux conclusions en jeux de miroir de l’enquête du CREDOC ? Comment se fait-il alors que les dernières statistiques pulbiées sur le site du Ministère de la Culture remontent à 2004 ? Pour pouvoir garder une approche positive ? Tout celà sonne un peu comme le grand orchestre Ray Ventura. :-) NB

  3. Sophie Says:

    C’est desesperant ! Ces images qui nous collent comme un rideau de douche mouillé ! J’ai pourtant le sentiment contraire, d’ailleurs les prochaines biblioblogades en sont une illustration exemplaire puisqu’elles ne reposent que sur des bonnes volontés, en dehors de toute animosité.

  4. bibliobsession Says:

    oui ce qui désespérant c’est cette manière de poser le problème. La question n’est pas de déprimer ou d’être un optimiste béat, mais de comprendre les enjeux pour essayer d’y répondre…c’est quand même pas pareil!

  5. Mireille Says:

    “Alors que les bibliothèques connaissent un essor sans précédent, que les bâtiments poussent comme des champignons, que la fréquentation augmente..” ? Ces propos ne sont pas seulement ridicules, comme le monttre très bien l’excellente réponse de mediamus, ils sont dangereux , manipulateurs, et culpabilisateurs. J’ignore qui les a tenus, mais ils rejoignent effectivement pas mal de discours d’auto-satisfaction vus et entendus depuis le trop célèbre rapport du Credoc. Qui a intérêt , y compris et surtout parmi les professionnels, à nier la réalité, à dorer la pilule aux décideurs, finalement à diviser et démobiliser ? Il faudrait peut-être se décider à cesser de ricaner et à dénoncer plus sérieusement cette scandaleuse manipulation !
    En général, quand on te dit “faut positiver, mon vieux” alors que t’as les deux pieds dans la m…, ça veut dire je ne peux rien faire pour toi, met des lunettes roses, prend tes pilules et bouge-toi un peu.

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