Licences creative commons et bibliothèques

Bon souvent quand je fais des formations j’hésite à mettre dans le dernier Slide que le powerpoint est sous Licence creative commons. Pourquoi? parce que je viens de passer en général au moins une heure à parler de web 2.0 et de bibliothèques et quand ma concentration retombe un peu et que je m’apprête à prendre un verre de vin d’eau, je réalise que je viens d’afficher en grand « cette présentation est sous licence creative commons by-nc-sa » et que les gens regardent le slide avec curiosité… Là du coup je pose le verre d’eau et c’est re-concentration et reparti pour quelques minutes d’explications!

Bon vous me direz que j’ai qu’à faire autrement, ben c’est pas si facile : si on le met au début on rentre dans des questions de droit d’auteur trop tôt et à la fin ben voilà c’est pas pratique!

Ce que je peux déjà faire ici c’est vous présenter ce que sont ces licences avec les très bons outils d’explications qui existent déjà, notamment sur le site officiel. En fait le mieux je trouve c’est cette BD! Sinon vous trouverez d’autres pistes dans cet article de Figoblog. (Bon je vous rappelle aussi que l’ensemble du contenu de Bibliobsession est sous creative commons by-nc-sa)

Sinon vous pouvez utilement lire l’article de Lionel Maurel dans le BBF qui propose de nombreuses pistes d’utilisation en bibliothèques. Extrait de sa conclusion en forme d’appel :

Dans un pays comme le Royaume-Uni, il n’est pas abusif de dire qu’un véritable mouvement s’est créé autour des Creative Commons, réunissant un grand nombre d’acteurs privés et d’institutions culturelles autour d’un projet commun, avec le soutien du gouvernement . Au niveau européen, les Creative Commons ont également fait une percée lors de la consultation lancée auprès des bibliothèques nationales par la Commission européenne : i2010 Digital Libraries. La fondation Creative Commons a d’ailleurs participé activement à cette consultation en remettant à la Commission un très intéressant rapport.

Les relations entre les Creative Commons et les bibliothèques doivent selon nous être comprises sur le mode de la symbiose. En utilisant plus largement ces licences, les bibliothèques les feraient en effet bénéficier de leur crédibilité et de leur poids institutionnel, ce qui pourrait contribuer à attirer l’attention des pouvoirs publics et à favoriser leur reconnaissance. Il nous semble en particulier que si la loi du 1er août 2006 devait être remise en discussion, comme ce sera sans doute le cas, les bibliothèques françaises devraient se ranger du côté des représentants de Creative Commons France pour faire en sorte que la loi évolue dans un sens favorable au développement des licences libres. Un tel résultat peut être atteint simplement en permettant aux auteurs de renoncer valablement à l’exercice de leurs droits par contrat, comme c’est déjà le cas dans un certain nombre de pays.

Pour une bibliothèque, recourir aux Creative Commons, ce n’est pas seulement une solution technique, utile pour lever certaines difficultés. Il s’agit d’un choix symbolique fort, tout comme peut l’être l’adoption d’un logiciel libre pour le SIGB de l’établissement. Un choix en faveur d’une certaine idée de la création et de la culture, pour qu’un jour peut-être, en matière de droits d’auteur, la liberté devienne la règle et l’interdiction l’exception.

J’ajouterai pour ma part que l’adoption de licences creative commons n’est pas non plus une fin en soi puisque ces licences ne sont qu’un système d’attribution de droits, encore faut-il que les droits proposés par défaut soient ouverts, ce qui n’est pas toujours le cas!

En passant une astuce : vous pouvez  cibler vos recherches dans Google par type de licences grâce à la recherche avancée.

En attendant, l’ENSSIB montre l’exemple puisque AM. Bertrand annonce dans un Editorial de Mars 2008 que l’école a ouvert tout récemment un dépôt d’archives ouvertes, sous licence Creative Commons. Mais qu’en est-il des articles du BBF? Pourquoi faut-il que les auteurs d’articles fassent eux-mêmes la démarche d’insérer leur articles dans un dépôt d’archives ouvertes comme E-lis sans que ce soit proposé dès la rédaction de l’article? A l’heure où les bibliothèques sont de plus en plus productrices de contenus, et à l’heure où elles diffusent de plus en plus des documents numériques qui ne verront peut-être jamais le jour sur support imprimé ça me semble essentiel d’aborder cette question.

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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