Cet article a été publié il y a 3 ans 6 mois 19 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.
J’entendais l’autre jour le directeur du journal Le monde, Eric Fottorino, questionné par Frédéric Martel dans l’excellente émission Masses critiques. Interrogé sur le plan social les mutations en cours au Monde, il disait en gros que les journalistes vont de moins en moins avoir à couvrir tous les sujets pour aider à la compréhension du Monde, (nan pas le journal, le globe!) mais de plus en plus à sélectionner les sujets et à aider les lecteurs à s’orienter dans la masse d’informations à laquelle ils peuvent accéder…
Cette idée me semble tout à fait typique de la montée en valeur (surtout valeur économique) de la notion de Trouvabilité.
La trouvabilité. C’est-à-dire la capacité à rendre visible une copie, une oeuvre… Dans un océan de données, nous paierons pour les outils où les personnes qui vont rendre visible ou trouvable ce que l’on cherche. Les éditeurs, critiques, labels ont encore un rôle à jouer.
En tout cas, sans développer ici, (j’approfondirai la question dans un autre billet) on peut quand même prendre la mesure du rapprochement des deux métiers que sont celui de journaliste et de bibliothécaire, surtout si nous n’avons d’autres choix que de produire et/ou de permettre de produire des contenus. Car au fond, la médiation numérique est d’essence journalistique… Sans bien sûr confondre les deux métiers (demandez donc à un journaliste de cataloguer construire une politique documentaire
Il est frappant de noter la similarité des enjeux, notamment du fait de la position “d’intermédiaire” qui est inhérente à ces deux activités.
Rappelons cependant à ceux qui l’ignorent que le métier de bibliothécaire à tous ses grades d’exercice, contrairement à celui de journaliste, fait l’objet de définitions officielles très précises mises à jour en mars 2008, dans le référentiel des métiers édité par le CNFPT.
Si la question du journalisme aujourd’hui vous intéresse, j’ai découvert récemment un excellent blog (je pèse mes mots) qui se nomme Novovision et qui est consacré uniquement aux thèmes d‘internet des médias et du journalisme en ligne. Le débat est très actif en ce moment sur les rapports entre les blogueurs et les journalistes, sur fond de nocivité de la figure du “blogueur influent” après la fermeture du blog de Versac et sur fond de crise du journalisme, certains prônent une information comme un bien public. Novovision vient d’ailleurs de prendre une décision radicale en choisissant de dé-réfenrencer son blog et se justifiant comme suit :
Une nouvelle blogosphère s’impose aujourd’hui, basée sur une audience de masse drainée par des noms devenus des marques, des marques dont la notoriété a été établie hors du web, à la radio et à la télé, des Morandini, Aphatie, Birenbaum, etc., et se trouve aujourd’hui importée sur le net. Cette blogosphère joue l’audience, et rien d’autre, à tout prix. Et tous les moyens sont bons, même les plus vils. Elle n’entretient aucune relation réelle avec son lectorat : pas d’interactivité, pas d’échange, pas de dialogue… Cette blogosphère-là me déplaît. Profondément. Viscéralement.
Ce choix radical et symbolique l’honore ce qui n’empêche pas de s’abonner à son fil RSS car Novovision à TOUT : clarté du sujet, ligne éditoriale passionnante, fréquence de mise à jour et qualité du site! Bref, à mettre d’urgence dans vos agrégateurs, bande bibliothécaires et assimilés.









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