Le problème de l’article 12 à l’Alcazar de Marseille

Comme tout bibliobsédé qui se respecte, je visite des bibliothèques dans les villes où je passe pendant mes vacances. Ok ça peut paraître étrange, voir tordu, aux non initiés mais croyez moi c’est très instructif et souvent très agréable ! J’avais même parlé il y a quelques temps de Bibliotourisme… mais cette fois je ne diffuserai pas de photos, vous allez savoir pourquoi.

J’ai donc eu l’occasion de visiter (en une heure) la Bibliothèque municipale à vocation régionale, l’Alcazar, à Marseille. Autant l’annoncer, je vais faire un petit récit volontairement subjectif… qui ne remet bien sûr pas en cause les qualités professionnelles de l’équipe de cette bibliothèque.

L’impression générale est celle d’un bâtiment un peu (trop?) sobre avec pas mal de recoins qui doit donc être très gourmand en personnel. Le hall central est bien lisible et les ascenseurs en verre permettent de rapidement de repérer les espaces documentaires… En bon touriste, j’avais sur moi un appareil photo que j’ai utilisé… en essayant, il est vrai, d’éviter de prendre en photo des gens ou pire, des vigils, très actifs en ronde permanente…

Bref tout allait bien et je constatais avec satisfaction que tous les documents sont équipés en RFID et que toutes les cotes sont validées, ce qui rend très lisibles les rayonnages malgré une signalétique rafistolée à la main, comme dans 98% des bibliothèques françaises… soupir.

Tout allait bien jusqu’à ce que j’entre dans la discothèque; elle aussi assez moche sobre. J’arrive à la banque de renseignement. Là que vois-je ? En gros, scotché l’article suivant du règlement intérieur, in extenso :

Article 12 : Les appareils de télécommunication ( téléphones por tables) doivent être déconnectés dès l’entrée dans la BMVR. L’écoute ou le visionnage de CD et de DVD sur du matériel personnel sont interdits dans l’enceinte de la BMVR.

Oui vous avez bien lu : A Marseille on a pas le droit d’utiliser un baladeur CD ni de regarder un film sur son ordinateur portable, DANS la bibliothèque. C’est interdit par le règlement. On a le droit d’emprunter chez soi le même CD ou DVD mais pas de le lire sur place… C’est pas comme chez Macdo, à Marseille : entre sur place et à emporter, ben on a pas le choix ! Que ça figure dans le règlement est déjà étrange, mais qu’en plus, ça soit scotché sur la banque de prêt…

Bon, je m’approche et demande gentiment (si, si) au discothécaire la raison de cette interdiction. Celui-ci me répond aimablement qu’il s’agit de « protéger la collection des dégradations liées à leur usage sur place »… ! Mais comment peut-on opposer à ce point la collection au public auquel on la propose ?

Bref, je ressors de la discothèque un peu secoué (oui je sais, je prend les choses trop à cœur…) et je recommence à prendre des photos en me disant qu’écrire ce billet allait me calmer sur l’histoire de l’article 12. Enfin je descend dans le hall pour achever ma visite, quand un Monsieur de la sécurité vient me voir et me demande si j’ai une autorisation pour prendre des photos… je lui dis que non… et je pâlis en l’imaginant piétiner rageusement ma carte mémoire avec mes photos de vacances….

En fait le type m’explique très gentiment qu’il faut juste signer un papier. Il m’invite à le suivre dans le PC sécurité. Je m’exécute, finalement curieux de visiter cet espace… très impressionnant. L’article 12 doit être bien respecté, parce qu’à voir la quantité de caméra de vidéo surveillance, les documents peuvent dormir circuler sur leurs deux oreilles…! (bon c’est vrai aussi que la bibliothèque est dans un quartier réputé « difficile »)

Les photos que j’ai prises ne seront donc pas diffusées ici parce que je n’ai pas pris le temps de contacter les 4 architectes pour leur demander l’autorisation de diffuser les photos… Par contre, je repars assez satisfait de n’avoir pas été traité comme un délinquant… mais furieux de ce réglement complètement obsolète ! Et vous vous avez un article 12 dans vos bibliothèques ?

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

28 réponses

  1. johann dit :

    on est dans la science fiction presque……….

    @sylvère au fait j’avais posté un message sur ton espace slideshare car un de tes diapo n’est pas récupérable … est ce volontaire???

    c’est un de ceux qui m’intéresserait le plus !!!

    merci

  2. Philippe Diaz dit :

    C’est vrai qu’on ose pas trop sortir son appareil photo dans cette bibliothèque (dont la richesse des fonds est à noter), en plus, à part l’entrée, le reste des espaces est très sombre. Pour l’article n°12, il en a été question à l’Astrolabe de Melun, je crois que la raison invoquée était le vol, car ainsi dissimulé le CD ou le DVD passe inaperçu et n’est pas signalé (bip !!!!!!!!) par l’antivol. Personnellement je me suis opposé à cette mesure. Donc cela ne figure pas dans notre règlement, mais je soupçonne certains de mes collègues, d’interdire l’écoute de CD et le visionnage de DVD dans l’enceinte de la médiathèque.

    Une photo volée depuis le secteur poésie de la bibliothèque, dans le lien ci-dessus.

  3. @ Phillipe : c’est donc bien ce que je pensais, ça existe ailleurs. (soupir). Pourtant les antivols dans beaucoup de bibliothèques sont placés sur les cd et dvd et non dans les boitiers (ce qui n’est pas un système idéal, puisque souvent ça gêne la lecture pour certain lecteurs). Pourtant à Marseille, les documents sont équipés en RFID me semble-t-il…ça n’est pas sensé régler le pb?

  4. Philippe Diaz dit :

    Une fois dans l’ordinateur portable ou le lecteur multimédia, l’objet antivolé n’est plus détecté par certaines machines antivol, car il est protégé par la coque métallique du lecteur. L’usager peut donc passer ni vu ni connu les portillons antivol sans déclencher d’alarme. Voilà la crainte des bilbiothécaires, je pense.

  5. Bakelith dit :

    Pour l’ordinateur portable, je pense qu’il s’agit d’éviter que des personnes n’extraient des CD en mp3 avant de les remettre en rayon. J’ai déjà vu un lecteur qui chargeait en salle des piles de CD dans son portable sans se poser la question des droits et du piratage, bien sûr c’est une caricature. Mais un(e) discothécaire sera certainement mieux placé(e) pour nous expliquer tout cela.

    Pour les DVD, notamment la fiction, je ne suis pas spécialiste mais il y a peut-être des problèmes de droits de consultation sur place. Sujet très sensible que la diffusion de films au public en projection individuelle sur un écran dans une bibliothèque ou en projection publique non commerciale parfois remises en cause.

    Mais bon sensibiliser les usagers à ces aspects parfois complexes n’est pas inutile loin de là

  6. @ Bakelith : il est complètement abusif de mon point de vue d’interdire la copie privée dans le espaces de la bibliothèque, je m’en étais expliqué ici : http://www.bibliobsession.net/2007/08/30/les-usagers-copient-les-cd-des-bibliothequesincertitudes-juridiques-mais-pratiques-tellement-banales/

  7. Bakelith dit :

    Oui, oui j’avais lu ton billet, je pensais juste à cette possibilité pour expliquer cet article 12.

    Après tout nous mettons également à disposition des ordinateurs en bibliothèques. C’est également un gros débat de concilier l’accès au contenu (podcast et téléchargement de fichiers libres par exemple) et le bridage sécurisé des postes (virus, téléchargement illégal …) qui peut amener à tout interdire pour éviter tout risque (sic). Convaincre, toujours convaincre …

  8. laurent dit :

    Ohlalalala, le règlement c’est le règlement et puis c’est tout non mais qu’est-ce-que tu veux à la fin, hein? 😉
    « pas de pire usager qu’un collègue en congès »
    ça me rappelle certaines anecdotes de http://biblioforum.ouvaton.org/forum/viewforum.php?f=12

    -> le bibliotourisme, moi aussi je pratique, bien sûr. On devrait ouvrir un blog de bibliotouristes et y poster nos photos/expériences, qu’en dis-tu?

  9. sylvain dit :

    Je crois me souvenir que la BM de Lyon avait également ce genre de pratique à l’époque où j’y sévissais (mais cela remonte maintenant à quelques années). Le but était effectivement de « lutter » contre la copie illégale des contenus. Quelqu’un peut-il nous dire si c’est toujours le cas ?

  10. johann dit :

    Lorsque j’étais responsable d’un espace multimédia; je me suis « positionné » ainsi :

    La bibliothèque n’a pas à encourager ou permettre des pratiques illégales. Nous sommes d’accord. Elle a le devoir d’informer de prévenir de renseigner sur ces sujets.

    Mais pour moi il ne faut pas tomber dans l’absurde… il ne sert à rien d’interdire à la bibliothèque ce qui est interdit tout court, et ce partout sur le territoire !!!!

    Pourquoi se donner des responsabilités que l’on a pas et qui ne me paraissent pas légitime.

    Il me semble, si je me rappelle bien les cours de droit lors de ma formation, (et aussi les contrôles abusifs des gendarmes dans ma jeunesse lol)

    Que : nul n’est censé ignorer la loi (c’est volontairement ironique).

    Inutile d’écrire à nouveau ce qui est illégal ou de décréter interdit quelque chose qui n’a pas de raison OBJECTIVE de l’être.

    Je crois que pour lutter contre la copie illégale des œuvres de l’esprit il y a bien des gens qui sont déjà au travail !!!

    Pour moi, on peut facilement donner accès pleinement aux ressources sans devoir « tout boucler ». Les logiques de sécurité informatique et d’accès aux ressources documentaires semblent s’affronter par exemple.

    Mais il convient de bien faire comprendre qu’avec des accès bien sécurisés (je parle avec une réelle maitrise de la chose quitte à faire appel à quelqu’un) le risque pour le réseau informatique est infinitésimal. Il faut être raisonné et raisonnable pour concilier offre et réalité technique.

    Dans mon travail, j’ai autorité pour dire si oui ou non un site doit être interdit, je contrôle le paramétrage des postes, les logiciels utilisés les droits de chacun dans une optique d’offre documentaire. Ces politiques sont souples et évolutives car les offres, les usages, les techniques et les besoins évoluent vite.

    Concrètement les sites interdits sont bloqués pour raisons légales et non pas morales…. car chacun a sa propre morale mais les lois sont les même pour tous. Et les particularités liées au personnes mineures sont inscrites dans le règlement et intégrées à la politique de sécurité informatique. Pour le reste (meetic, msn, monopolisation des pc…) rien ne vaudra jamais l’agent présent compétent et qualifié pour se poser en médiateur et pédagogue, de la même façon que même le meilleur contrôle parental ne peut remplacer la vigilance, la pédagogie et l’accompagnement des parents…

    après je comprends mal que des gens « rippent » des cd de la bibli dans la bibliothèque alors qu’ils peuvent le faire chez eux en les empruntant et en revenant tout les deux jours (euuuuu non non !!! je ne faisais pas ça quand j’étais ado !!!) ou tout simplement les télécharger (légalement ou pas) chez eux si ils disposent du net à la maison (ce qui est fort possible pour des gens qui se déplacent même à la bibliothèque avec leur portable adoré).

    Pour ma part les jeunes qui me parlaient d’emule à l’espace multimédia ba je leur montrai lastfm deezer myspace ou youtube et je leur disais de télécharger ailleurs car ce n’était pas légal…

    comment faire comprendre à un jeune de treize ans qui n’a pas ou peu de notion de droit qu’il n’a pas le droit de télécharger le dernier tube de sinik ou zaho sur emule mais qu’il peut l’écouter sur deezer sans problème ???!!!!

    Et on le sait c’est vieux comme herode, le vol est imparable !!!!! et c’est pas la rfid qui me fera mentir !!!!!!!!!!

    des logiques pareilles font que dans certaines bibliothèques le fonds de disque de « rap » est derrière le comptoir en prêt indirect………..

    à méditer

  11. B. Majour dit :

    Bonjour,

    « Article 12 : Les appareils de télécommunication ( téléphones portables) doivent être déconnectés dès l’entrée dans la BMVR. L’écoute ou le visionnage de CD et de DVD sur du matériel personnel sont interdits dans l’enceinte de la BMVR. »

    Est-ce illogique ?

    Sans doute non, puisque les CD et DVD prêtés doivent l’être dans un cadre familial. Et que les détenteurs des droits pourraient trouver à sourciller si l’écoute était effective dans la bibliothèque, sans l’intervention d’un bibliothécaire.

    Tu remarqueras aussi que « l’écoute » et le « visionnage » sont interdits, mais pas la copie à usage privé. 🙂
    (l’argument de « la dégradation sur site » me semble un raccourci facile à comprendre pour l’usager, mais qui demanderait à être approfondi)

    Et derrière les mots « matériel personnel », on peut sans doute obtenir du matériel de la BMVR ? A moins que l’écoute sur place ne soit également impossible.

    Problème d’antivol ?
    Oui, bon. Le vol, on en fait souvent tout un plat, mais c’est comme le reste, ce serait à comparer aux documents non rendus, au coût des relances, au coût de l’investissement en matériel anti-vol et gardiennage, etc.

    Sans compter les atteintes à la vie privée dans le simple fait de filmer les gens, regarder les gens et de conserver la preuve de leur passage (?), de leurs choix de lecture (!), et ça pendant combien de temps ? (?)
    Parce que tu as parlé des caméras, mais n’y avait-il pas encore quelques magnétoscopes, ou des cassettes sur des étagères ? 😉 (Cassettes bien utiles pour faire la preuve d’un larcin ou d’une dégradation, à moins que ce ne soit plus discret et plus décentralisé, via réseau et disques durs)

    Maintenant, on parle du droit des architectes, mais peut-être faut-il aussi parler du droit d’auteur des bibliothécaires : organisation des collections, signalétiques manuelles ;), apparence visuelle des lieux… qui sont l’équivalent des droits des architectes, leur image, notre image de marque, ni plus ni moins.

    Délinquant, as-tu dit pour finir ?
    Eh bien non, c’était la mission des gardiens de te faire signer ce document pour t’informer de tes droits vis-à-vis des architectes. Mais à cela aurait dû être rajoutée la clause suivante : je m’engage, avec mes photos, à ne pas nuire à l’image de marque de la BMVR Alcazar.

    Bien sûr, signant, tu as reçu une copie de ce que tu as signé. Sinon comment t’y reporter au moment de l’utilisation « publique » de tes photos ?

    Enfin, qui a dit que les bibliothèques n’étaient pas un lieu d’émotions. 🙂

    Et des émotions, tu en as éprouvé plus d’une :-)))

    Bien cordialement
    Bernard Majour

  12. A Limoges on a acheté 10 discman bas de gamme, qu’on a catalogué (si, si, 😉 avec un beau code barres), équipé de 3M non démagnétisables.

    On les prête sur place aux lecteurs pour qu’ils puissent déambuler avec en écoutant nos cds ou leurs cds. On n’a jamais eu de pb en un an.

  13. @ Laurent : Pourquoi pas? un groupe Flickr? 😉
    @ Bernard : l’argument juridique est valable pour les DVD mais pas pour les CD…(encore faut-il être certain que « le cadre de famille » exclu la bibliothèque, y a t-il une jurisprudence?).

    Sinon pour les droits d’auteurs des arrchitectes, la procédure peut sembler normale, elle n’en est pas moins lourde…demande-t-on dans tous les lieux construits par les architectes des autorisations? A beaubourg? dans les théâtres? au Louvre? dans les musées régionaux? (je ne parle pas de photographier les oeuvres, mais le bâtiment). On ne m’a jamais em… pour prendre des photos QUE dans les bibliothèques….La question est les bibliothécaires sont-il plus royalistes que le roi sur ces questions?

    @ Daniel : nous avons aussi des platines cd en libre accès et pas de pb depuis un an de fonctionnement. Les discman c’est une bonne idée!

  14. B. Majour dit :

    Salut Bibliobsédé.

    Pour les DVD, c’est cadre familial.
    Pour l’écoute de musique en bibliothèque, c’est la Sacem qui tique et réclame rémunération : borne d’écoute, fond sonore. (mais pas pour le prêt actuellement)

    Pour les photos, tu as raison, c’est plus que lourd.
    Les personnes, les réalisations des architectes, en attendant que tout le monde dépose un droit d’auteur sur ses conceptions 😮
    Après les gens, (à ne pas prendre sans leur accord), on devra effacer les livres des rayonnages, pour cause de couverture ou dos de couverture copyrighté ?

    Lourd, parce que nous le savons ? Et ne pouvons nous en défausser.
    Ou parce que les architectes l’ont exigé ?

    Par chance, la plupart des musées sont dans des bâtiments anciens dont les architectes sont décédés.

    Encore que, pour le Louvre, je te rappelle juste
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Traroth/Photographier_librement_au_Mus%C3%A9e_du_Louvre

    « 26 juillet 2005 : Nouvelle réponse de la part de la représentante de la RMN plutot menaçante cette fois. Visiblement, la problématique concernant la publication de photos sur Wikipeda ne l’interesse pas du tout. Ce qui l’interesse, c’est plutot de faire respecter les droits des musées et de l’architecte Pei (qui a créé la pyramide du Louvre) »

    Ou comment tuer le droit d’informer 🙁

    Pire, d’encyclopédiser.

    Maintenant, tu dois savoir que ce qui est interdit c’est de photographier l’objet (le bâtiment) en tant que tel…
    Avec un personnage en avant plan, tu as tous les droits. Puisque le sujet principal n’est pas l’objet en tant que tel, mais le personnage central de l’image.

    Conclusion : n’oublie pas ton nounours (*) ou ton nain de jardin, voire ta figurine de bibliobsédé. 🙂 avant de déclencher.

    Bien Amicalement
    L’Amibe_R Nard

    (*) Mister Bean !

  15. DLH dit :

    En lisant l’article 13, cela m’a fait pensé que l’article 12 visait plutôt les personnes qui écouteraient les CD sur baladeurs à un niveau sonore génant pour les autres usagers. Encore pire pour des DVD sur Portable où toute une salle peut bénéficier ainsi d’un son déguelasse et très génant.
    Je vois dans les autres commentaires que les raisons peuvent être variées. Finalement, c’est plutôt la méconnaissance de la politique documentaire du personnel qui ne va pas.

  16. Pas d’article 12 à la BU d’Angers, mais bientôt un article 1 interdisant la lecture des livres dans l’enceinte de la bibliothèque, c’est vrai que ça fait mal au coeur de voir toutes ces reliures ouvertes et ses pages tournées sans ménagement ! Pour ce qui est du bruit parasite, c’est bien connu, les casques et autres oteillettes n’existent pas… ouf, c’est le personnel qui n’y a rien compris : l’honneur est sauf.

  17. Laurent dit :

    Salut,

    j’ai trouvé ce billet amusant et le débat intéressant. Je veux signaler que la bibliothèque Carré d’art à Nîmes autorise non seulement la lecture sur place de CD, de DVD sur des bornes vidéos avec casque, mais aussi l’utilisation libre du portable (quand on connait l’environnement sonore de la bibliothèque y a de quoi flipper!), le droit d’utiliser les chauffeuses comme l’on veut…etc.
    Est-ce que le problème de l’article 12 ne serait pas lié simplement à un état d’esprit et à l’interprétation des droits d’auteurs d’autant plus que les bibliothèques, concernant le droit d’auteur et la propriété intellectuelle, ont un droit d’exception…

  18. Philippe Diaz dit :

    Réflexion sur le droit à l’image dans les lieux culturels par Dominique Hasselman sur son blog « Du regard : qui parle ? » :

    http://desormiere.blog.lemonde.fr/2008/08/31/du-regard/

  19. Discobloguons dit :

    Comme dit plus haut : m’est avis que cela vient principalement des problèmes de droits pour les DVD et de rémunération SACEM pour les CD (encore que dans ce dernier cas on note une tolérance plus grande). Sans compter bien évidemment la question des copies de CD réalisées au sein de la bibliothèque ; je ne me prononcerais pas sur l’aspect légal, mais question pragmatisme il est tout à fait logique d’encourager les usagers à emprunter pour graver/ripper à domicile à l’heure où statistiques de prêts et taux de rotation sont la préoccupation n°1 de bon nombre d’élus (et de bibliothécaires du coup).
    Donc non, rien de choquant à mes yeux.

    Mais si cela peut vous rassurer faites un petit tour à la superbe bibliothèque nationale de Montreal, pratiquement la seule du Québec à disposer d’une véritable collection musicale : il est impossible d’y écouter le disque de son choix en raison de l’absence de platine « libre ». Seuls des postes d’écoutes avec pré-sélections sont présents, et il me semble que l’utilisation de baladeurs personnels y est proscrite.

  20. @ discobloguons : « à l’heure où statistiques de prêts et taux de rotation sont la préoccupation n°1 de bon nombre d’élus (et de bibliothécaires du coup). » c’est bien le problème. En favorisant les usages à distance, à long terme on se tire une balle dans le pied en s’interdisant de voir que nos bibliothèques sont des lieux de vie, et qu’à l’heure ou l’accès aux biens culturels et informationnels n’est plus un problème, ça deviendra probablement une des manière de justifier leur existence… donc pas du tout d’accord avec vous, je continue à trouver l’article 12 choquant.

  21. Discobloguons dit :

    Il vaut mieux à mon sens un article 12 clairement spécifié que des recommandations diverses variant d’un employé et d’un jour à l’autre… Quant aux usages à distance, m’est avis qu’ils n’ont pas encore trouvé leur public. Consulter le catalogue à domicile, réserver, prolonger : pas de soucis, c’est pratique et ça plait. Suivre le blog de sa bibliothèque et réagir, utiliser l’interactivité quand elle existe : je n’ai pas encore vu de réaction à la hauteur des moyens mis en oeuvre (notamment sur le superbe site des bibliothèques musicales de Grenoble). Quant à une offre documentaire en ligne, je n’ai jamais vu le moindre usager demander si nous proposions des mp3 ; en revanche, on me demande parfois des vinyles. Une piste à envisager qui sait…

  22. Euuuuh, je vois pas le rapport avec les activités sur place et les commentaires d’un blog… ce ne sont ni les mêmes dispositifs ni les mêmes publics qui sont visés. Par contre, je vois que dans le réseau où je travaille, on a des CD et des platines CD en libre accès et qu’elles sont très utilisées.

    Quant à la volonté de voir des réactions « à la hauteur des moyens mis en oeuvre », comme vous dites, sur nos sites, d’abord il faut savoir ce qu’on évalue…(je connais pas le cas de grenoble pour me prononcer hein) et puis au fond : a-t-on abandonné les actions culturelles dans les bibliothèques alors que bon nombre d’entre elles sont des bides ou des échecs en terme de diversification des publics?

  23. Discobloguons dit :

    Je parlais des usages à distance, parmi lesquels les sites de bibliothèques sont souvent mis en avant (notons au passage le bide retentissant de la VOD dans certaines bibliothèques, dont le succès est parfois inversement proportionnel à la publicité qui en a été faite).
    Quant aux platines CD elles sont très utilisées partout, et c’est tant mieux. Reste à régler le détail de la durée de vie des casques (particulièrement éphémère selon mon expérience).

  24. Ah là d’accord pour la Vod… je le disais déjà pour la musique avec feu ithèque… mais là c’est carrément évident avec la VOD, ya pas de modèle économique pour le grand public, alors pour les bibliothèques, c’est pas demain la veille…sauf peut-être sur des segments spécifiques comme pour les courts métrages.

  25. Johann Brun dit :

    ……

    j’ai l’impression qu’on tourne un peu autour du fonds du problème….

    le fonds de problème pour moi est celui là : LA LÉGISLATION !!!!

    on sait par qui et pour qui elle est faite et quels intérêts elle protège …..

    du coup on voit des gens qui vous disent « ithèque » ou « artevod » ………..

    pas des « gens » des « professionnels » !!!!!

    toute personne au courant des « réalités numériques » et notamment des usages et des pratiques culturelles des « digital natives », sait que ces solutions sont couteuses contraignantes et éloignés des pratiques et de la « consommation culturelle » de ces publics.

    tant que les lois sur la propriété intellectuelle seront ce qu’elles sont on ne pourra pas réellement avancer…..

    la bibliothèque 2.0 doit s’engager pour défendre d’abord une exception ou une « place à l’expérimentation dans le domaine du numérique » pour elle….

    aujourd’hui les conceptions traditionnelles du droit d’auteur sont dépassées et on constate bien à quelles difficultés et absurdités cela peut mener d’y croire encore… et ce, sur différents terrains : arts , culture architecture ou protection intellectuelle (droit des brevets qui protège notamment la trithérapie de la copie…..)

    comme dit un commentaire on va finir par marcher sur la tête et devoir cacher la marque de son t shirt quand on bosse en bibli !!!!!

    lol c’est absurde…. tu as bien raison on a pas à être plus royaliste que le roi mais au contraire on est bien placé pour pouvoir remettre en question ces acquis au lieu d’abonder dans le sens du sacro-saint « créateur »…….

    quand silvère crée un contenu, il est sous creative commons………

    moi je le récupère je le modifie et je m’en sers en formation interne par exemple….

    ca c’est l’esprit 2.0………. EN QUOI LA COPIE ET LA DIFFUSION DES OEUVRES DE L ESPRIT est elle Immorale ?????????? (je n’ai pas dit illégale)

    elle sert l’intérêt collectif, elle est d’intérêt public…

    Richard Stallman (fondateur de la free software foundation et coredacteur des licence GNU GPL) que j’ai pu voir en conférence, dit ceci : si tout les enseignants réécrivaient les programmes scolaires en Creative Commons et bien il n’y aurait plus besoin d’acheter des livres scolaires,et tout le monde y aurait accès. (je connais des éditeurs qui n’aimeraient pas voir ce genre de choses se faire………….)

    l’intelligence collective sert l’intérêt collectif…. la propriété intellectuelle étendue sert des intérêts particuliers, c’est un pur produit du système et de son absurdité intrinsèque.

    nous sommes responsables car c’est l’argent des citoyens qui nous fait vivre et exister professionnellement, il nous appartient de soutenir les lois favorables à un « meilleur exercice de nos missions » et non l’inverse.

    Après on pourra tourner autour du pot comme on voudra……. mais si on ne remet jamais en cause les fondamentaux des problèmes……… dites moi à quoi sert le bibliothécaire ????????

    voilà c’est un peu décousu comme souvent mais bon….

  26. @Johann : je suis complètement d’accord avec toi, et ça me semble clair! merci pour ces longs et intéressants commentaires 🙂

  1. 1 septembre 2008

    […] prendre des photos à l’intérieur de l’établissement ! Mais il me semble qu’un autre collègue bibliotouriste a également subi cette mésaventure, dans une autre établissement, pas très loin […]

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