La nouvelle version de la norme AFNOR 11620 « Indicateurs de performance des bibliothèques » est parue!

Je l’ai annoncé ici à plusieurs reprises et elle est enfin parue! La norme AFNOR ISO 11620, référence pour la mesure de la performance de toutes les bibliothèques a enfin été mise à jour! La précédente version datait de 1998… la préhistoire quoi. Il est possible de se procurer la nouvelle norme ici.

Bon a quoi ça sert? Hé bien il s’agit de se donner un cadre commun très officiel (donc permettant des comparaisons) pour rendre compte de notre activité, et sortir du sacro-saint et sacro-trompeur nombre d’usagers inscrits actifs. Cette norme est d’autant plus intéressante qu’elle prend en compte l’aspect numérique de notre activité, qui est comme chacun sait de plus en plus importante mais très peu évaluée et valorisée. Pierre-Yves Renard (merci à lui pour l’info) présente très bien la démarche dans l’article du BBF intitulé, La normalisation des statistiques et des indicateurs : De l’inventaire à l’évaluation

En voici l’introduction, en substance :

Il fut un temps, je crois, où l’on ne se demandait pas à quoi servaient les bibliothèques, car c’était évident. Il n’était donc pas nécessaire de se pencher en détail sur les conditions statistiques de leur exercice ou, dirait-on aujourd’hui, de les évaluer.

Mais elles sont devenues, quasiment du jour au lendemain à l’échelle de leur longue existence, d’étranges objets auxquels il faut désormais régulièrement et précisément faire dire leur rôle éducatif, culturel et social. En cela les bibliothèques n’échappent pas à un mouvement qui touche toute activité publique. Elles sont également, on le sait, à un moment-clé de leur évolution car internet porte un coup sévère à leur légitimité fondamentale.

Dans un monde où le livre était rare et où les hommes circulaient lentement, le travail intellectuel nécessitait l’accumulation locale des ouvrages. Le critère de prestige de la bibliothèque, publique ou privée, était sa taille ou bien sa richesse dans un domaine donné. Or les bibliothèques n’ont plus, ou plus seules, l’atout de l’agrégation locale d’information. Confrontées à ce défi, elles sont contraintes (par elles-mêmes, ou par leurs tutelles) à un travail d’explicitation de leurs missions. Et précisément, ce passage de l’implicite à l’explicite, outre qu’il est un des piliers du management, est la première étape du cercle vertueux de l’évaluation publique. Aussi, dans une certaine mesure, l’évaluation peut-elle être vue comme une réponse à la crise de confiance ouverte par internet.

Je suis convaincu qu’il est essentiel d’étudier ce document et je suis bien curieux de savoir ce qu’il contient et j’y reviendrai.

Reste un obstacle très agaçant : POURQUOI LES NORMES AFNOR SONT-ELLES AUSSI CHÈRES?! Il faut débourser 165 € pour acheter la norme en version imprimée et… 165 € aussi pour la version numérique ! Comment peut-on proposer un prix identique alors que les coûts de production de l’imprimé et du numérique n’ont rien à voir ?! C’est précisément ce que dénonçe Francis Pisani pour Amazon

Beaucoup de petites bibliothèques n’ont pas les moyens de s’acheter ce genre de document, sans parler des organismes de formation ! A ce prix là on sait très bien ce qui va arriver : cette norme va se diffuser de manière illicite, entre collègues… Comment promouvoir un cadre commun d’action quand sa diffusion est entravée par son prix ? Je trouve cette politique de tarification lamentable et surtout complètement contradictoire avec l’objectif de la norme, d’autant plus que ce sont des collectivités qui sont en majorité clientes et que l’AFNOR c’est un organisme sur fonds publics ! Aaaah ça va mieux en le disant. 😉

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