Pour une médiation numérique contextuelle

Les bibliothèques publiques proposent en général plusieurs types d’ordinateurs dans les espaces publics. Parmi eux on trouve des postes de consultation du catalogue, qui sont en général connectés exclusivement à l’Opac de la bibliothèque.

Ces postes sont historiquement envisagés comme des moyens d’accès à ce que propose la bibliothèque. Suivant l’adage (un peu passé de mode) de « rendre autonome le lecteur », l’idée est de lui offrir un outil de repérage d’un livre ou d’un document. Autrement dit, l’usager est sensé utiliser le catalogue pour en vérifier la disponibilité et en identifier la cote.

A l’heure de la médiation numérique, il me semble que nous pouvons enrichir les usages possibles de ces postes. Et ce n’est pas juste une lubie bibliobsessionnnelle puisque je me demandais il y a quelques mois dans ce billet, à la suite d’une grande enquête menée par Livres-hebdo sur les comportements d’achat en librairie, dans quelle mesure qualifier nos ressources documentaires était une attente des usagers.

En fait, aujourd’hui je ne poserai plus la question, j’affirmerai. Il est clair qu’en 2008, la question n’est plus de savoir comment accéder aux livres, mais comment se repérer dans l’offre pléthorique des livres. Il me semble que c’est valable d’ailleurs aussi bien pour les bibliothèques que pour les librairies pour tous les supports, y compris en territoire rural.

Car quoi qu’on en pense pour les libraires français (et c’est un problème plus bien plus complexe qu’une domination du grand capital), Amazon et consorts proposent un accès de chez soi à la longue traîne des titres de l’ensemble de la production éditoriale française, alors que le nombre de foyers connectés à internet est en augmentation constante et que la vente en ligne de biens culturels augmente très vite. Attention, je ne dis pas non plus qu’une fracture numérique n’existe pas.

Il n’a jamais été aussi facile de se procurer un livre. Parallèlement, il n’a jamais été aussi difficile de faire des choix dans l’abondance des titres. Attention, cela ne veut pas dire que les bibliothèques n’ont plus pour fonction de donner accès, mais juste que ça ne doit plus être notre raison principale d’exister.

Conséquence directe et concrète : je suis usager : j’arrive dans une bibliothèque, deux cas se présentent. Je sais ce que je cherche, je m’adresse à un bibliothécaire OU BIEN j’utilise des outils de repérage à ma disposition : le catalogue de la bibliothèque. Second cas : je ne sais pas ce que je cherche je peux évidemment m’adresser à un bibliothécaire, mais je dois AUSSI pouvoir trouver un outil que l’on pourrait appeler d’assistance au choix. Dans l’enquête de Livres-Hebdo, j’évoquais le résultat suivant qui me semble très significatif :

Il y apparaît que 29% du panel interrogé souhaite pouvoir consulter une base bibliographique de référence à l’intérieur même de la librairie et que ce résultat monte à 39% pour les gros acheteurs de livres.

Songez que dans les supermarchés est souvent présente une borne permettant très simplement de scanner un article pour en connaître le prix… Par ailleurs, cet article de 01.net nous apprend qu’une simple photo du code-barre d’un article permet d’accéder sur son mobile à un site de comparaison des prix…

Pourquoi dans la librairie de mon quartier, seul le libraire a accès à la base de donnée Tite-Live ? Pourquoi il n’y a pas une borne sur laquelle je peux trouver des critiques sur un titre ?

Pourquoi alors ne pas proposer d’utiliser des postes informatiques comme des outils de médiation permettant d’accéder à des informations (critiques, biographies de l’auteur, etc.) sur un livre que l’on tient dans la main à l’intérieur même de la bibliothèque ?

Dans les bibliothèques, pour garantir un accès fiable et rapide on peut imaginer d’un dispositif assez simple : une douchette à code-barre positionnée à côté d’un poste OPAC, accompagné d’une signalétique adaptée ET d’un catalogue enrichi (bon ok là c’est souvent pas encore trop enrichi, mais bon) pour accéder à des éléments de médiation contextuelle. Vous avez ça dans vos bibliothèques ?


Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

3 réponses

  1. Damien dit :

    S’il y a douchette, c’est qu’il y a déjà livre entre les mains… Or, ce qui serait intéressant, c’est d’offrir à l’usager le moyen de trouver ce qu’il ne cherche pas forcément.

    Soyons fous : créons une base bibliographique où chacun pourrait donner sa critique de l’ouvrage, avec possibilité, comme sur Amazon, de créer sa propre bibliographie de référence, et une fonction « si vous avez aimé, vous adorerez… ». Et enfin possibilité de questionner sur la disponibilité de l’ouvrage en question.

    J’ai faux ?

  2. @ Damien : Cette base existe aux USA : Worldcat… effectivement il nous faut un catalogue commun enrichi et francophone… qui n’existe pas à l’heure actuelle : inventons le ! 😉

  3. sqopbtbcgb dit :

    Pour une médiation numérique contextuelle –
    asqopbtbcgb
    [url=http://www.g75685nt56vg316dvc8g5u06fa41wkurs.org/]usqopbtbcgb[/url]
    sqopbtbcgb http://www.g75685nt56vg316dvc8g5u06fa41wkurs.org/

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