Lire en fête 2009 n’aura pas lieu, tant mieux !

arton48-152a9dfgdfgNous avons appris il y a quelques jours une bonne nouvelle, entre autre sur le site de l’ADBDP :

Le Ministère de la Culture et le Centre National du Livre suspendent l’édition 2009 de « Lire en Fête » et réfléchissent à un nouveau concept qui devrait voir le jour en 2010. Un communiqué de presse, disponible sur le site de « Lire en Fête » souligne notamment que « (…) Un rapprochement avec L’Education nationale est souhaité ainsi qu’une implication plus forte de la part de la presse écrite et de l’audiovisuel public (…) » et que « (…) la parole donnée aux écrivains et l’ouverture exceptionnelle de lieux symboliques et représentatifs du livre et de la lecture sont d’ores et déjà des pistes privilégiées (…) ».

Personnellement j’ai toujours détesté Lire en Fête : cette concentration phénoménale d’actions culturelles organisées par les bibliothèques sur trois jours, faisant l’objet d’un programme, d’un site et d’une campagne d’affichage nationale. Résultat : une illisibilité quasi-totale pour attirer, au mieux, un public local… et surtout une image des bibliothèques qui n’est plus à jour.

Car ce qui pose problème, pour moi c’est à la fois la forme (trop concentrée, on cherche un impact national et je ne suis pas sûr que le résultat soit là) mais surtout le positionnement. On peut lire par exemple dans  l’édito de l’édition l’édition 2008, sous la plume du Ministre de la Culture :

Le plus souvent cantonnées dans le secret recueilli d’une chambre, l’atmosphère studieuse d’un bureau ou l’intimité d’un trajet quotidien, la lecture et l’écriture investiront l’espace public les 10, 11 et 12 octobre prochains. Les livres, les mots et les histoires pénétreront dans les cafés, les cinémas, les théâtres, les écoles mais aussi les hôpitaux et les maisons d’arrêt, en plus des lieux traditionnels du livre que sont les librairies et les bibliothèques.

« Lire en fête » donc : une fête de la lecture, sous entendue lecture plaisir, de détente, sous entendue portée par les bibliothèques et les librairies. Premier problème : la « lecture plaisir » est trop souvent assimilée à  « la littérature », alors qu’il s’agit, me semble-t-il, d’une certaine forme d’appréciation d’une certaine forme de littérature Et puis, second problème, pourquoi vouloir rendre public  l’acte éminemment intime et privé qu’est la lecture, pourquoi si manifestation il y a ne pas parler de soutien à la vie artistique et littéraire au lieu de la « lecture » ?.

Tout ça fait beaucoup de sous-entendus, à l’heure où les bibliothèques n’ont jamais été EXCLUSIVEMENT des lieux du livre-littéraire-de-détente. En réalité, tous ces sous-entendus sont exactement ceux qui dressent l’image politique traditionnelle de la bibliothèque pour toute une partie de la population et, plus grave,  pour bon nombre d’élus.

Trop souvent (en exagérant à peine) une bibliothèque territoriale = un équipement de la politique culturelle littéraire et artistique (comme un théâtre pour le spectacle vivant) + un lieu de convivialité + des services à destination des scolaires et des centres de loisirs et assimilé. On voit bien que la bibliothèque est niée dans les autres rôles qu’elle cherche à développer, à savoir :

  • Contribution à la formation initiale Adéquation des fonds de la bibliothèque aux programmes scolaires, bien au delà des classique de la littérature, mais pour toutes les matières… et pour toutes les filières présentes dans la population qu’elle dessert, y compris pour la formation pour adultes souhaitant s’initier à des savoirs ou perfectionner des connaissances, pas uniquement lire des livres de littérature… Par exemple, ça commence à faire pas mal d’années que l’auto-formation est fortement présente dans les bibliothèques.
  • Contribution à la formation continue : Développement économique du bassin d’emploi dans lequel elle s’inscrit. Exemple : je suis salarié et je trouve à la bibliothèque des informations me permettant de mettre à jour mes connaissances en droit du travail… Là encore on est loin de la lecture littéraire.

(notez bien le « contribution » qui montre que nous ne sommes qu’un rouage parmi d’autres)

Pour tous les bibliothécaires qui liront ce billet, ce qui précède est une évidence. Alors pourquoi continuer, au niveau national, à célébrer la lecture, ou pire le livre avec tous ces sous-entendus, alors que les bibliothèques ne sont plus depuis longtemps les lieux exclusifs du livre (Et les autres supports ? A quand un « Voir en fête « ? ou un « Écouter en fête ») et qu’elles sont très loin de répondre EXCLUSIVEMENT à des enjeux de diffusion de la littérature et de soutien à la vie artistique littéraire, ce qu’elles font très bien par ailleurs, sans avoir forcément besoin d’un amplificateur national.

Je me sens professionnellement de moins en moins engagé dans des enjeux de promotion de « la lecture » que dans ceux liés à l’information-documentation. Il me semble que les politiques publiques du livre et de la lecture, dont « Lire en fête » entend être un symbole sont à revoir en profondeur, à l’heure où il s’agit moins de « donner accès au livre » que d’orienter des publics dans la masse d’information et lutter contre l’infobésité…

Les conséquences de 15 ans de « Lire en fête » c’est une image des bibliothèques qui est partielle et obsolète. Enfonçons le clou : Les bibliothèques sont des lieux dédiés à la formation, à l’information et à la culture, en tant que telles, elles cherchent à contribuer à la diffusion des savoirs en général dont la littérature et les arts ne sont qu’une composante parmi d’autres.

Ce qu’il peut arriver de mieux aux bibliothèques s’il s’agit de célébrer leur rôle, c’est de mettre en évidence leur utilité sociale et leur rôle de médiation vers des savoirs, à la manière par exemple de la campagne de communication de la bibliothèque de  Limoges, mettant en valeur la réponse à des besoins documentaires lui même répondant à un enjeu social :

zfzf

J’ai bien peur hélas qu’à lire attentivement le texte du communiqué de presse précité on ne sorte pas pour les prochaines éditions de la célébration nationale de la lecture ou du livre artistique et littéraire. Les premières pistes évoquent en effet : la parole donnée aux écrivains et l’ouverture exceptionnelle de lieux symboliques et représentatifs du livre et de la lecture sont d’ores et déjà des pistes privilégiées (…) ».

Autrement dit  : c’est pas gagné ! :roll:



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Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

38 Responses

  1. Chouette billet où l’on voit bien aujourd’hui à quel point le métier de bibliothécaire est proche de celui de professeur-documentaliste : ne pas se limiter à une incitation à la lecture dite « -plaisir », mais également à la formation, via la recherche documentaire et l’orientation, et l’acquisition d’une culture informationnelle et multimédia.

  2. Lionel Dujol dit :

    150 % d’accord avec toi !! tout est dit dans ton affirmation : « Je me sens professionnellement de moins en moins engagé dans des enjeux de promotion de “la lecture” que dans ceux liés à l’information-documentation. « 

  3. J’ai eu cours vendredi avec un/e directeur du livre et de la lecture (travaillant donc à la DRAC).
    Du coup, autre son de cloche. Il/elle n’avait comme vous pas l’air de s’émouvoir outre mesure de la disparition (au moins cette année) de cette manifestation (ce sur quoi je vous rejoins également) mais avançait pour la justifier (pas lui/elle mais les hautes instances) des mesures essentiellement budgétaires.
    Les sousous se font rares et apparemment ne pas faire un Lire en fête c’est économiser un million d’euros (je crois que c’est ça, j’espère que je ne me trompe pas), qu’on peut réinjecter dans d’autres postes de dépenses.
    Est-ce une des explications ? La principale ou juste une des nombreuses possibles ? Cela reste à voir.

  4. En même temps, une fête est ce qu’on en fait. On pourrait tout à fait imaginer utiliser Lire en fête pour faire la promotion de la recherche d’information, comme on peut utiliser la fête de la science, de la musique ou de l’internet pour lui donner un angle internet.

    Le vrai problème de ces fêtes, est de savoir si elles arrivent à toucher des publics au-delà des convaincus. Mais là aussi, ça dépend des animations que l’on met en place. J’ai un peu tendance à croire qu’il vaut mieux une fête que pas de fête du tout.

    Le fait que beaucoup de bibliothécaires se considèrent plus comme des professeurs documentalistes que comme des promoteurs de la lecture, n’est pas une mauvaise chose en soi. Encore faut-il arriver à en faire la promotion dans les espaces de la bibliothèque et pas seulement comme une des animations de la bibliothèque, mais comme quelque chose de central (sans que cela s’oppose non plus au livre). On voit bien combien les passerelles sont nombreuses et essentielles.

  5. F dit :

    dans la corporation des grands provocs, Silvae, tu te poses là, mais ça fait du bien aux os – j’étais dans la même « détestation » que toi pour la momie Lire en Fête – reste que perso rien ne me plaît autant que de venir brailler ma littérature (ou celle des autres) avec micro et vidéo projo et ordis, dans l’espace accueillant d’une bib et celles et ceux qu’elle réunit – c’est pas forcément une grand messe de la lecture, mais merde, ne nous fichez pas dehors…

  6. marie-helene dit :

    Coïncidence amusante. Sur le site du wall street journal, il y avait il y a quelques jours l’image d’une femme avec la légende « elle cherche son travail à la bibliothèque » pour illustrer la richesse documentaire d’un tel lieu.

  7. @Hubert : Oui, c’est bien le problème, celui de toucher de convaincus, mais je ne suis pas du tout sûr qu’une fête soit la bonne formule (mais 15 ans de lire en quel bilan ?). Par contre des campagnes de publicité ciblée sur les bibliothèques…

    @Fbon : Ah ben s’il y a une catégorie qui n’est pas exclue des bibliothèques c’est bien les écrivains… et je crois comme toi bien plus à l’efficacité de projet de résidences bien pensées qu’à une fête de la lecture avec Marc Lévy en guest star…;-)

  8. mercure dit :

    Les bibliothèques qui ont accueilli Marc Levy apprécieront, surtout quand elles ont accueilli aussi François Bon ;-)
    Lire en Fête, c’est aussi un coup de projecteur sur les bibliothèques, des élus qui doivent faire un peu attention à ce moment-là à ce qu’ils font et disent, autrement dit un vrai moment de discussion sur les projets en cours. Et une campagne gratis pour une petite bibliothèque.

  9. F dit :

    @Mercure : ne pas prendre à mal les errances de commentaires – pour moi non plus, pas de distinguo a priori en fonction du nb de ventes – voir par exemple agenda de librairies comme Mollat, Ombres Blanches, Sauramps : on est cap de coexister, se croiser etc… la question de fond posée par Silvae, c’est qu’est-ce qu’on fait et pourquoi on le fait : à La Roche/Yon, avoir des dessins de Michaux exposés au milieu de la bib, et lire à Gueffier juste en face des vieux textes de Michaux, ça a du sens – à Lorient, avoir inséré petit auditorium tout rond au milieu de la bib et venir y lire du Kafka un samedi aprem avec un copain musicien, qui prolongera le soir chez les jazzeux d’à côté, ça a du sens – et cette présence des auteurs dans les bibs a encore une autre implication : c’est le cas dès à présent, mais encore plus avec la mise à dispo de nos contenus sur le web, la lecture (j’aime pas trop le mot performance, mais il dit bien que c’est pas seulement une table avec nappe verte, pot de fleur, carafe et Shure 58) c’est une part vive de notre activité, d’ailleurs on vous invite http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1548

  10. Luc Jodoin dit :

    Bonjour du Québec,

    Je connais très mal votre réalité, mais j’ai a priori tendance à penser que toutes implications de nos différentes instances gouvernementales (municipales, provinciales et fédéral) pour faire la promotion de la lecture sont toujours les bienvenus. La lecture sous toutes ses formes est à promouvoir et les bibliothèques doivent contaminer l’espace publique avec leurs missions, leurs projets et leurs actions.

    D’accord cependant pour mieux faire connaître la bibliothèque comme :

    * lieu d’intégration sociale et communautaire (pour les communautés culturelles notamment).
    * lieu pour développer son employabilité.
    * lieu pour développer des compétences.
    * lieu pour l’alphabétisation (y compris numérique)
    * lieu physique et virtuelle pour la formation tout au long de la vie…

    De ce côté de l’Atlantique nous persistons à faire la défense des bibliothèques au sein de ministères qui a priori n’ont rien à voir avec la lecture : immmigration, éducation, développement économique.

  11. @ Luc Jodoin : Ah oui c’est intéressant ! Effectivement, nous avons en général deux interlocuteurs : les ministères de l’éducation et la recherche et celui de la culture…

  12. biblioroots dit :

    A fond d’accord avec ça … et surtout avec ton analyse.

    La littérature n’est qu’une composante de ce qu’on diffuser

  13. biblioroots dit :

    com incomplet
    suite : l’autoformation, la diffusion de l’info, de la culture et l’autonomisation des citoyens sont nos vraies mission !!!! AMEN !!!!

    La littérature c’est super mais ce n’est qu’un bout du savoir et surtout… CA Ne PLAIT PAS A TOUT LE MONDE …
    Voire ca ne correspond pas aux attentes et aux usages de tout les types de publics…

    A bientôt

  14. Poisson Radieux dit :

    Un chiffre intéressant, cité par Livres Hebdo: le budget de Lire en Fête (900.000 roros, c’est exact) représente à lui tout seul celui de cent autres manifestations « régionales » de promotion de la lecture. Ca fait effectivement réfléchir, pour des sacs plastiques et des cartes postales.

    CELA DIT

    Cette manifestation avait tout de même l’intérêt, outre d’être inscrite dans le paysage, d’être suffisamment souple pour que chaque collectivité territoriale, notamment, ait été capable d’en faire ce qu’elle voulait. Je rejoins totalement F sur ce point: les manifestations qu’il cite, dont on espère vivement qu’elles touchent un autre public que de convaincus (et j’en suis pour ma part persuadé si elles sont menées correctement, en impliquant des partenaires notamment dans l’action sociale, en créant une dynamique locale réelle et forte) restent indispensables pour faire vivre nos structures et promouvoir leur rôle.

    Autre chose. Ce n’est pas parce qu’on défend le rôle de la bibliothèque comme lieu contribuant à la formation initiale et continue qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain. Tout se tient, et la défense des littératures et de la lecture-plaisir conduit à d’autres usages (et réciproquement). Je sais que personne ici ne dit ça, mais la phrase sur bibliothécaire professeur-documentaliste tend à m’écorcher les ouïes.

  15. @ Poisson Radieux : Complètement d’accord sur l’intérêt d’actions culturelles bien menées, mais vous le dites vous-mêmes : la forme d’une concentration nationale sur 3 jours est-elles la bonne ? (pour moi non, au contraire !). Encore une fois, il me semble que je jette pas le bébé avec l’eau du bain dans le billet en mentionnant que ce qui pose problème c’est que lire en fête c’est la SEULE et unique manifestation nationale dans laquelle sont impliquée officiellement et explicitement les bibliothèques en tant que telles ! Depuis des années et avec d’autres je pense qu’il est nécessaire de valoriser AUSSI le côté formation continue et initiale; d’autant à l’heure du numérique… sans pour autant abandonner les nombreuses actions culturelles de qualité autour de la littérature qui se déroulent partout en France !

  16. Poisson Radieux dit :

    Oui… OK… mais non.

    On aborde plusieurs questions ici, et ce n’est peut-être pas la place (dans des commentaires) de les développer outre mesure.

    1. Celle du positionnement professionnel: le vôtre, dites vous, tend vers l’information-documentation, par opposition, semble-t-il, à la promotion de la lecture. Je n’irais pas quant à moi jusqu’à me positionner d’un côté ou de l’autre. La spécificité de notre boulot me semble-t-il, c’est bien qu’il touche aux deux.

    2. Celle du positionnement et de l’image de nos structures. OK pour dire que l’aspect formation initiale/continue doit être développé (en fait nous sommes d’accord, ce qui me donne l’impression d’ergoter; mais encore une fois ce qui me dérange dans le billet et les débats tient davantage à des questions de forme). Lire en fête, dites-vous (comme les manifestations régionales mentionnées par LH) privilégiAIT (je pense qu’on peut en parler au passé, maintenant) un aspect au détriment de l’autre. C’était aussi une dynamique créée autour de nos structures, et précisément comme vous le soulignez vous-même la seule manifestation nationale qui les implique. Et quoiqu’on puisse dire sur les modalités de sa mise en oeuvre, sa disparition laisse un blanc dont on n’est pas vraiment sûr (moi le dernier en tout cas) qu’il sera rempli.

    A voir, par exemple, ce que devient ce budget important maintenant qu’il n’est plus affecté à LEF. Car bien souvent, quand on parle de repositionnement budgétaire, c’est une fausse étiquette qui cache une vraie coupe.

    Enfin concernant l’image des bibliothèques comme lieu de lecture-plaisir, de détente. Rappelez-vous qu’il n’y a pas si longtemps (encore aujourd’hui dans certains média, d’ailleurs) l’on déplorait l’image donnée des bibliothèques, poussiéreuses et élitistes. Si on a déjà réussi à évoluer de cette représentation-ci vers cette autre-là, et je ne suis pas certain que ce soit vraiment le cas pour tout le monde, quel progrès, déjà, réalisé. Et le chemin vers la promotion de nos outils d’aide aux citoyens dans leur vie quotidienne me paraît en comparaison bien moins ardu à parcourir.

    Bien cordialement,

    PR

  17. @ Poisson Radieux : d’accord sur le point 1, il me semble que je l’ai assez répété : oui aux deux, à égalité, c’est bien le déséquilibre que je pointe. Pour le point 2, vous avez raison, la disparition de LEF laisse un vide, maintenant, il est clairement annoncé la volonté de repenser la manifestation. Bon on verra bien…

    Pour l’image des bibliothèques la question est d’importance et compliquée. La promotion du modèle des « médiathèques de lecture publique » a été belle et bien fait sur la notion de loisirs, de libre accès et de multi-support (un peu moins de multimédia). C’est vrai que cela a positionné les bibliothèques comme des équipements d’abord culturels, au sens de « culture plaisir », avec toutes les ambiguïtés que cela comporte… Cela s’est pourtant fait au détriment du modèle de la médiathèque comme « learning center » que l’on voit revenir en force aujourd’hui. C’est précisément ce qui accentue le déséquilibre que j’évoque. Au fond on est au coeur des problèmes que posent la séparation artificielle du monde de l’université et de celui de la culture, l’éducation d’un côté et de la culture de l’autre…(comme si c’était fondamentalement différent) d’ailleurs nous avons deux ministères (attention je ne dis pas qu’il faut les fusionner hein).

    Il me semble qu’à partir de l’image de la médiathèque, il est possible de promouvoir les bibliothèques comme des lieux de formation, à l’heure par exemple où les « seniors » sont de plus en plus demandeurs de savoirs (pour aller vite, je développe pas) et où l’on évoque sans cesse la formation tout au long de la vie.

    Au final, mon propos était surtout de pointer le déséquilibre, et de saisir l’occasion de reposer ces questions, pas de me réjouir de la coupe budgétaire.

    (bien cordialement aussi :-)

  18. Yvonnic dit :

    Entièrement d’accord avec toi. Une petite question qui n’est pas évoquée, c’est celle de l’impact financier de l’operation dans les milieux de l’édition: le lobby de l’édition n’a plus aucun intérêt à soutenir cette manifestation. De même que les salons et festivals ne font plus recette. Il faut se souvenir qu’à l’époque de la « Fureur de lire » certains avaient dénoncé cette opération comme essentiellement marchande. Et ça avait effectivement fonctionné un certain temps. Alors un million d’euros sans retour sur investissement, ça ne vaut plus le coup.
    Autre aspect des choses, que j’ai pu remarquer par chez moué : pour certains collègues c’était devenu LE grand moment, l’unique, le seul. Et certains étalaient ça sur une bonne quinzaine voire davantage, et pas seulement sur trois jours. Le Grand Alibi pas cher et le désert le reste du temps. « C’est le Ministère qui l’a dit, m’sieur le Maire ». Lire en fête a eu AUSSI un effet démobilisateur.
    Ceci dit attention : les propos de la Ministre laissent entrevoir une dérive utilitariste (appel à l’Education nationale, ses publics captifs et ses objectifs très particuliers en matière de lecture-plaisir). Mais bon, mieux vaut encore ça que la promo des lieux symboliques… »Ce qu’il peut arriver de mieux aux bibliothèques s’il s’agit de célébrer leur rôle, c’est de mettre en évidence leur utilité sociale et leur rôle de médiation vers des savoirs ». Bravo ! Enfin le mot culture est absent d’une phrase-clé !

    • Natalie dit :

      Depuis quand « culture » est-il un mot grossier ? ce n’est pas en supprimant les mots qui font peur qu’on  apprivoise les publics dits « empêchés ». Et pour faire venir ces publics au théâtre ou à l’opéra , quelle terminologie faudra t-il inventer, sous quel masque faudra t-il avancer ? je trouve assez épuisant et démoralisant cet abandon de la part des professionnels de toute volonté de promouvoir la lecture comme une pratique culturelle (encore un gros mot !), quelque soit son objet. Il me semble au contraire que tous les objets de lecture que vous défendez (en les opposant hélas) constituent justement la culture, c’est à dire le développement de soi, l’ouverture sur le monde.

      • Yvonnic dit :

        « Apprivoiser les publics empêchés ». Voilà donc notre mission ! Le choix du mot « apprivoiser démontre bien qu’il y a une crainte à la base. Oui, le mot culture fait peur. Et cela fait quarante ans que la profession essaie de sortir de ce carcan, en lui donnant une assise plus large!
        Quant aux publics empêchés c’est un fantasme de la profession. En dehors des handicapés d’une part et d’autre part de la simple inexistence de structure dans une ville, il n’y a pas de publics empêchés. Des publics craintifs, mal informés, effrayés, dépassés, dégoutés, oui. Empêchés, non.
        Bibliothèques, operas, musées, théatre…vos temples de la culture ont laissé longtemps beaucoup trop de fidèles sur le parvis. Faites place !

  19. Mathieu Nicaud dit :

    Bonjour, bien que ce texte comporte une vision interessante des bibliotheques francaises actuelles… combien de pays dans le monde participent à lire en Fete et combien de villes et villages? Faites une fete pour la france et l’europe,… heureux pays ou il n’y a plus besoin de faire de promotion de la lecture? est-ce si certain… Etes vous de ces bibliothecaires blazes de ce qu’ils savent trop bien… Lire en Fete n’est pas un evenement francais sinon INTERNATIONAL. Et c’est toujours pareil…seulement pour qu’un groupe d’idiots puisse se glorifier de changement on regarde son nombril et on dresse le drapeau. Les pretextes on finit toujours par en trouver et s’en convaincre… mais les realites et les repercussions pour ceux qui à l’etranger mettent en avant les valeurs de lire en Fete! A croire que la culture francaise c’est comme la politique americaine… on ne pense pas qu’il y a plusieurs vitesses au niveau mondiale, on impose et c’est tout. Votre texte est une misere d’exemples, on lit la colere d’une personne qui se preoccupe de ceux qui n’ont pas de boulot et qui maintenant trainent d’avantage dans les bibliotheques pour croire encore en quelque chose! Bon, devenez politique alors et laissez travaillez les autres… je reste tres NRV… de toujours voir le meme schema idiocentrique non humaniste.

  20. Ile en fête dit :

    Bonjour,merci M. Nicaud!!! Lorsqu’on travaille dans une toute petite île française au milieu de l’océan indien où la politique de lecture publique n’en est qu’à ses balbutiements, que le français n’est pas la langue maternelle, que la BDP (qui vient de fêter ses 10 ans…) fait office de BM et que la notion d’art et de littérature ne parle qu’a une minorité … Et ben oui autre pays autre culture, on se bat pour la lecture plaisir, l’expression artistique et la littérature et pour faire passer le message que la bibliothèque n’est pas qu’un lieu de ressources et de travail (ça c’est bon c’est bien assimilé!) pt’être ça a un rapport avec le fait que quand on habite une case en tôle ou une maison de deux pièces où on cohabite avec 6 ou 7 personnes, y pt’être pas la place pour l’intégral Universalis?? Ou pt’être parce qu’on parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… ces mêmes moins de 20 ans qui composent l’île à 60%…Je pourrais continuer la liste est encore longue, mais j’espère que l’idée est passée??? Alors quand on peut profiter d’un évènement national, ça nous donne d’une part de la crédibilité (et dans crédibilité il y a crédit…), auprès des élus (qui n’ont pas tous compris l’importance de notre rôle dans le développement de l’île…) et de la DAC (DRAC de chez nous)qui participe activement aux évènements NAtionaux… Ben là d’un coup on a des sous… Alors pour nous lire en fête c’est effectivement la grosse manifestation de l’année. On fait venir des auteurs ( à 1500€ le billet ça fait vite exploser le budget), c’est 3 semaines d’animations dans les 18 bibliothèque du réseau (qui a dit qu’on devait se limiter à 3 jours?) On ne colle pas forcément au thème parce que il est vrai que les thèmes choisis ne sont pas toujours en adéquation avec la singularité de l’île…, en bref c’est juste vital pour nous! Alors effectivement j’entends bien votre discours, mais faut pt’être regarder un pti peu la pomme sous d’autres angles. En vous remerciant.

  21. @ Mathieu Nicaud @ Ile en fête Message reçu. C’est mon avis et je le partage, comme on dit. Très conscient de ces situations spécifiques, aussi.

  22. Les billets dit :

    cette concentration phénoménale d’actions culturelles chaussure air jordan organisées par les bibliothèques sur trois jours

  23. implication plus dit :

    ca nous donne d’une part de la crédibilité Je n’irais nike shox pas quant à moi jusqu’à me positionner d’un côté ou de l’autre.

  24. documentalistes que comme des promoteurs de la lecture,Nike Air Max Homme. Et une campagne gratis pour une petite bibliothèque.

  25. politique documentaire dit :

    Le plus souvent cantonnées dans le secret Timberland pas cher recueilli d’une chambre

  26. souligne notamment dit :

    Le problème éventuel avec nos fournisseurs de sigb nike requin pas cher puisqu’en procédent petit à petit,

  27. livre-littéraire-de-détente dit :

    Cependant l’une utilise toutes les fonctionnalités c’est qu’ils n’ont aucun intérêt à implémenter nike blazer femme toutes ces nouveautés d’un seul coup dans leurs produits

  28. Si tu es triste c’est que les gars de la Blender Foundation ont réussi leurs projet,Chaussures Gucci Homme, sauf précision explicite.

  29. thehorde dit :

    Le fait que beaucoup de bibliothécaires se considèrent plus comme des professeurs documentalistes que comme des promoteurs de la lecture, http://www.thehorde.fr n’est pas une mauvaise chose en soi.

  30. dadicar dit :

    On voit bien combien les passerelles sont http://www.dadicar.fr/Nike-Tn-Requin-Pas-Cher-s1959.html nombreuses et essentielles.

  31. dadicar dit :

    Most people who used the gel to completely get rid of the fungus reported in the Zetaclear reviews they submitted, that by http://www.dadicar.fr/Nike-Tn-Requin-Pas-Cher-s1959.html the 4th week of use, they started to notice a big improvement in the color and texture of their nails.

  32. dadicar dit :

    Mais là aussi, ça dépend des animations que http://www.dadicar.fr/Nike-Tn-Requin-Pas-Cher-s1959.html l’on met en place. J’ai un peu tendance à croire qu’il vaut mieux une fête que pas de fête du tout.

  33. Mais là aussi, ça dépend des animations que http://www.lagarenne-dulac.fr/timberland-pas-cher-soldes-timberland-rouge.html l’on met en place. J’ai un peu tendance à croire qu’il vaut mieux une fête que pas de fête du tout.

  34. Your contact information should be simple and concise. http://www.lavilledesamoureux.fr/jordanpascher/nike-air-max-pas-cher-chine/ Your name, address, ONE phone number with a professional voicemail message, email address and a link to your LinkedIn profile.

  1. 24 avril 2009

    [...] A chaque fois que je vois ces guides, je me dis que des bibliothécaires bien organisés pourraient largement créer, et diffuser de tels outils de recommandation de manière nationale…à condition de s’unir, histoire d’éviter d’être perçus médiatiquement à travers Lire en fête… [...]

  2. 5 mai 2009

    [...] propos”. L’avantage est d’éviter que ce j’ai bien envie d’appeler l’effet “lire en fête” au sens d’une déformation globale des bibliothèques du type la bibliothèque = lecture. Ici [...]

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