La médiathèque de Monnaie améliore son dispositif de médiation grâce à des étiquettes !

srgrgJe suis très fier de vous présenter en avant-première une nouveauté qui me fait particulièrement plaisir. La médiathèque de Monnaie dans la Drôme où officie Lionel Dujol (co-fondateur de Calendoc, avec le bibliobsédé) vient de mettre en place un système d’étiquettes imprimées collées sur les documents et destinées à faciliter ce qui est au cœur de tout projet de bibliothèque : la médiation culturelle et pédagogique. Je ne vais pas plus loin en vous présentant les dispositif puisque Lionel le fera sur son blog dans les prochains jours. Merci à lui de me laisser l’exclusivité de vous les présenter !

A mon arrivée au sein des médiathèques du Val d’Europe j’avais mis en place un système similaire d’étiquettes qui sont imprimées à l’issue d’une chaîne de publication dont l’outil principal est un wiki. Le système fonctionne très bien et nous avons collé plus de 450 étiquettes en 12 mois, avec une équipe d’une trentaine de rédacteurs. Je suis particulièrement heureux que cette initiative se soit développée ailleurs que dans  les médiathèques du Val d’Europe. Voici les étiquettes : Il vous suffit de cliquer sur les images ci-dessous pour les voir en plus grand.

[nggallery id=7]

Je trouve en effet formidable de pouvoir contribuer au repérage et à la mise en œuvre d’initiatives innovantes. Songez d’ailleurs que c’est l’une des caractéristiques du secteur public que d’être libre de repérer et promouvoir ce qui marche, sans risque d’espionnage industriel, de brevet ou de concurrence acharnée, juste dans le but de rendre un meilleur service et d’entretenir une saine émulation…

D’ailleurs, j’avais rencontré il y a quelques temps la responsable de l’association Livralire dont le site comporte une rubrique boite à idées qui se veut un répertoire de bonnes pratiques de médiations. Bonnes pioches ! 😉


Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

11 réponses

  1. Lionel dit :

    Merci pour le clin d’œil ! D’autres expériences du même type ?

  2. dbourrion dit :

    La question que je me pose est la suivante : est-il plus facile d’obtenir la participation des collègues bibs. sur une opération (que je trouve très intéressante) de ce genre ou sur une implication dans des opérations « similaires » sur web (participation à un blog, etc…)
    Dit autrement : le fait que l’on soit sur un support connu et physique augmente-t-il l’adhésion des collègues à l’opération ?

  3. Thomas dit :

    L’idée est intéressante, je trouve, même si elle me laisse un peu plus perplexe : autant j’aime bien le « on vous recommande aussi », autant je suis moins emballé par les avis proposés même si je suis content qu’il n’y ait pas que des avis laudatifs, fort heureusement. Mais après tout pourquoi pas…

    Du coup, puisque le système existe depuis un an au Val d’Europe, est-ce que tu peux nous en dire plus sur la réception qui en a été faite par les lecteurs et les usagers. Ont-ils réagi aux commentaires (je suis d’accord / pas d’accord) ? Ont-ils suivi les prescriptions ?

  4. @dbourrion: la réponse est clairement positive. La démarche est bien de lier la rédaction de contenus à une médiation in situ, quitte à diffuser les contenus ensuite sur le web, c’est à mon avis très important pour impliquer les collègues.
    @Thomas : très peu de retours des lecteurs en direct; évaluation empirique : les documents ainsi marqués sont repérés et plus empruntés que les autres. J’ai pas encore de chiffres, mais j’en aurait bientôt.

  5. ecompiegne dit :

    Je me sens proche de l'avis de Thomas. La suggestion de livres "amis" est intéressante.
    Les avis de bibliothécaires me gênent :
    – Chaque livre peut mériter un débat : comment faire état de la diversité des avis, positifs et négatifs, à propos d'un livre ?
    – L'avis du bibliothécaire oriente trop le choix. La critique est le territoire du journaliste. Le bibliothécaire, lui, se doit de développer le conseil. C'est avant tout un rapport humain. On pourrait le comparer à l'avis du poissonnier de supermarché, dont le rôle est de faire soit de l'oeil, soit la grimace, en fonction de la fraîcheur des poissons qu'il est obligé de vendre.
    – Internet permet au lecteur d'accéder à une sorte de débat, en confrontant plusieurs avis de lecteurs, quand ils existent. Le lecteur a un esprit critique et sait faire la part des choses. Trois avis de type : "c'est bien, ce livre, lisez-le" ne le convaincront pas forcément. Un seul avis orientera son choix modérément. Là, le bibliothécaire, s'il s'identifie en tant que tel, peut décider d'éditorialiser ses contenus quand il le peut.
    – L'étiquette est chargée d'un côté définitif, figé qui mine le choix du lecteur et ne rend pas véritablement compte de l'élan qui porte le bibliothécaire à aimer un livre jusqu'à le conseiller, ou à le détester jusqu'à orienter le lecteur vers d'autre livres, plus essentiels à son goût.
    – De plus, le collage pose une question que les post-it, appliqués parfois sur les livres (en librairie ou en bibliothèque), éludent partiellement : pourquoi asséner un commentaire à un lecteur qui n'a rien demandé ?

    • Je comprends votre position, mais je ne la partage pas. Reprenons point par point :
      "Chaque livre peut mériter un débat": oui bien sûr, c'est précisément pour d'une part faire émerger ce débat : un lecteur pas d'accord avec une critique a la liberté de répondre sur le site, et nous pouvons tout à fait publier cette critique sur le site et/ou sur une étiquette, il faut voir dans ces étiquettes une invitation au débat. Les notre portent toute le mention "vous aussi laissez votre avis sur notre site". La "critique est le territoire du journaliste" ah bon ? j'ai pas ma carte, je peux pas donner mon avis ? Ce que je vois derrière cette phrase c'est le retranchement derrière des spécialisations qui ne veulent plus rien dire, surtout à l'heure où il est si facile de s'exprimer sur le web, et où les amateurs n'hésitent pas à le faire. C'est incroyable comme des questions se posent alors qu'il ne s'agit que rien de plus que de faire ce qu'on fait à la banque de prêt, mais par écrit…. Il ne s'agit pas dire que tout se vaut et que tout le monde est journaliste où critique, mais quand même, les bibliothécaires passent leur temps à sélectionner des titres, il sont à même de bien connaître un secteur éditorial et d'émettre un avis et/ou des recommandations non ? Je ne dis pas qu'il faut qu'on devienne tous des critique littéraires, mais juste qu'on essaie de concrétiser ce dont on se targue depuis des années : le fameux rôle de passeur, de médiateurs, etc. Et puis les critiques dont on parle ne sont que quelques lignes qui visent à donner un avis subjectif et à pointer tel ou tel point du document dont il est question, on parle d'avis subjectifs, pas de jugements de valeur ou de condamnation à la va vite. Les bibliothécaires du Val d'Europe l'ont très bien compris et nous avons rédigé plus de 500 critiques en moins d'un an… Et c'est d'ailleurs très différent ce rôle de médiateur de celui du poissonnier (?!) ou même de celui du libraire. Nous n'avons rien à vendre, alors pourquoi constituons nous des collections ? Pour répondre à des besoins documentaires et proposer une offre de qualité, mais dans laquelle tout ne se vaut pas. Je dis qu'on s'arrête à mi-chemin si l'on ne fait pas l'effort de s'impliquer un minimum dans ces contenus. J'ai déjà eu l'occasion de la dire ici, mais le problème sera de moins en moins de "donner accès à" mais "d'orienter dans" et c'est pas la même chose… Je ne dis pas non plus qu'il ne nous faut pas travailler la formule et essayer de diffuser des avis "numériques" à l'intérieur même de la bibliothèque, pour aider au choix. Par exemple il serait possible de transformer des OPAC postes de recherche en outils d'aide au choix connectés à des catalogues enrichis, afin effectivement de donner à voir plusieurs avis sur un même document à l'issue d'un coup de douchette sur le code-barre, pourquoi pas. "Asséner un commentaire à un lecteur qui n'a rien demandé" c'est peut être ce qui me frappe le plus dans vos propos. J'y vois le refus de mettre en avant que le livre que le lecteur trouve, il ne le trouve pas à la FNAC, mais bien dans une bibliothèque. J'y vois aussi ce que Bertrand Calenge constate : "une révérence inconsciente aux documents proposés. Le bibliothécaire ne serait qu’un orienteur au sein de la collection qu’il a patiemment et savamment sélectionnée, actualisée et mise en ordre." Nous sommes toujours partis du principe implicite que le lecteur comprend et partage le travail de constitution des collections des bibliothécaires. Il n'en est rien, et la majeure partie des gens voient dans les bibliothèques des lieux et des stocks de livres avec des gens derrière. Alors au moment où il s'agit d'essayer de se mettre en avant en tant que lecteur, avec sa subjectivité et de faire des recommandations, de rendre lisible le travail intellectuel effectué dans la constitution des collections, on "assène" notre avis ? Oui, quelque part on estampille le livre ou le CD d'une autre manière, d'une manière subjective, et alors ?

  6. ecompiegne dit :

    Oh ! Mais vous ne prenez que ce qui vous arrange dans mon commentaire ! Je vous rejoins sur de nombreux points. Mais je maintiens ma critique qui se porte sur l’expérience relatée plus haut et sur les illustrations disponibles.

    Les étiquettes que je vois sur votre billet sont collées sur le livre. L’adresse d’Everytouthèque apparaît sans plus d’explication. Cette formule me paraît difficilement compréhensible pour les usagers qui ne s’impliquent pas dans la vie de la bibliothèque, et qui ne pratiquent pas forcément le site internet. Elle peut facilement dissuader un lecteur d’emprunter un livre assorti d’une critique négative. Une forte communication sur place ou un ajout sur l’étiquette, de type « vous aussi, vous pouvez exprimer votre avis » permettent certainement d’atténuer, voire d’assumer complètement cet effet. Dans le cas contraire, le bibliothécaire, qui a pris soin de sélectionner le document, peut se trouver dans une position contradictoire. Il peut décourager le lecteur de s’emparer d’un livre qu’il avait pourtant choisi de sortir de son étagère. Ici, je suis touours dans le cas où un seul avis est collé sur le livre. La multiplication des étiquettes sur un même livre me paraît difficilement réalisable (C’est peut-être ici que je suis rétrograde). Et c’est à ce moment précis que je parle de conseil plutôt que de critique. Le bibliothécaire n’a pas pour mission de faire la publicité de tous les livres qu’il achète, mais il peut guider le lecteur à travers ceux qu’il a lu et vers les découvertes qui l’ont fait avancer. Dans ce cas, il accompagne le lecteur.

    La discussion dans la bibliothèque (en face à face ou lors de clubs de lecture, etc.), internet, les Opac modernes mis à jour régulièrement, permettent le partage de plusieurs avis, souvent contradictoires, au milieu desquels le lecteur, s’il le souhaite, pourra différencier les commentaires des professionnels et ceux des autres lecteurs. Internet permet aussi l’éditorialisation des collections la mise en valeur de genres, d’auteurs, la création de parcours littéraires, etc.

    Oui, à mon sens, le collage d’un seul commentaire, signé du bibliothécaire, peut asséner inutilement une opinion au lecteur qui n’a rien demandé. Pour contrebalancer ce propos, je signalais les papillons qu’on trouve maintenant sur certains livres, en librairie ou en bibliothèque, plus légers, moins définitifs. Là aussi, je suis peut-être dans l’illusion.

    Pour finir, je souhaitais souligner la différence entre la possibilité, hautement légitime, d’exprimer son opinion sur un livre (en la confrontant à l’opinion des autres lecteurs), et l’exercice de la critique littéraire, plus exigeant. Le numéro 100 du Matricule des anges permet de prendre la mesure de cette question. Pardonnez mes raccourcis sur le journalisme.

    Et pour finir encore une fois, j’ai envie d’ajouter que l’expérimentation, du moment qu’elle supporte la critique, est bien entendu vitale pour les bibliothèques. On ne peut pas avancer sans prendre de risques.

  7. Bon mea culpa alors, j'ai surement été un peu défensif dans ma réponse, on est d'accord sur le positionnement pas si simple de critiques et sur le commentaire unique. Reste à améliorer le dispositif c'est vrai. M'est avis que les puces RFID pourraient nous être utiles à l'avenir, mais j'en reparlerai. 🙂

  8. Lionel Dujol dit :

    "Les étiquettes que je vois sur votre billet sont collées sur le livre. L’adresse d’Everytouthèque apparaît sans plus d’explication."

    Chaque emprunteur reçoit dans son lot de documents empruntés un signet sur lequel il est indiqué qu'il peut lire des avis sur notre blog everitouthèque et qu'il peut aussi en laisser via les commentaires et même en publier sur le blog. Nos usagers sont aussi contributeurs , comme nos libraires. Et tous ont droit à leur étiquette ….
    Notre travail de médiation s'inscrit dans une communauté, celle de la bibliothèque .. ou chacun des acteurs a sa place, à sa place !

    Je vous encourage à lire mon billet sur ce travail : http://labibapprivoisee.wordpress.com/2009/02/19/

  9. ecompiegne dit :

    Merci pour ces précisions et pour ce billet, qui raconte en détail un projet très complet et passionnant.

  1. 31 octobre 2009

    […] du Credoc montrait pour les publics interrogés l’importance de la recommandation et de la découverte.  Cela passe bien sûr par la sélection de textes susceptibles de répondre […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.