En finir avec la mystique du livre

etincelleDeux informations contrastées sont arrivées dans mon agrégateur et sont passée dans le Bouillon ces derniers temps. En voici la confrontation, histoire de bien appréhender la portée des étincelles qui se produisent…


A ma droite, l’initiative relayée par Bibliofrance :

L’association des éditeurs de la région Centre Text’OCentre vient de rédiger la Déclaration des droits du livre, « plus que jamais d’actualité » : en huit articles, le texte se propose de balayer les droits du livre comme autant de droits ou liberté fondamentale qui risqueraient de se voir remis en cause.

declaration-droits-du-livre

A ma gauche, cité par Hubert, le billet de Marin Dacos qui publie depuis TOC 2009, qui cite lui même Bob Stein que je cite à mon tour (oui oui, la vie n’est qu’une longue citation pas toujours tranquille…) :

Désormais, le livre n’est pas la fin du processus. Le livre ne procède plus seulement des réflexions, discussions et échanges qui précèdent son impression et le figent. Il y a désormais un processus après, qui relève de l’écrit, et qui est notoire, public. Et la boucle peut être bouclée. Le potentiel de rétroactivité est important, puisque la conversation post-publication peut donner naissance à une évolution du livre, voire à une véritable réédition de celui-ci.

Et Marin Dacos d’ajouter :

Le livre, par certains aspects, est parfois devenu l’objet d’une vénération quasi-mystique, qui me paraît négative, parce qu’elle en fige la dynamique, la forme et les modalités. Le livre n’est pas sacré, il est précieux. L’annoter, c’est entrer en relation avec lui. C’est lui marquer la plus grande marque de respect, puisqu’il s’agit de commencer à penser ou à ressentir avec lui.

Bon n’y voyez rien de politique, mais je penche plutôt du côté gauche… Et vous ?

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

6 réponses

  1. B. Majour dit :

    Salutations

    Pour le contenu de la déclaration et une image plus large
    http://www.bibliofrance.org/index.php?option=com_

    :-))

    Ben oui, quoi, moi je suis curieux de "lire".
    Lire et réfléchir sur les "a priori" de cette déclaration.

    Article 1
    "Les livres, tous les livres ont le droit d’exister. "

    Même ceux contraire à la loi ?
    Même ceux contraire aux bonnes moeurs ?

    Quelle loi, quelle époque, quelles bonnes moeurs ?
    Dans quel pays ?

    Article 4
    Tous sont égaux devant la loi qui les met à égalité de prix pour tous en
    quelques lieux qu’ils soient proposés.

    En France ??? (Depuis la loi Lang, 1981… Gutenberg 1400)
    Mais ailleurs, où règne encore la jungle de la liberté tarifaire ?
    Une exception devient force de déclaration ?

    Tous sont égaux devant la loi… même ceux qui sont censurés ? (Conformément à mes interrogations sur l'article premier.)
    Soit ! les livres ne sont pas forcément tous censurés, mais leurs auteurs si… par l'éditeur qui choisit ou pas de mettre au monde l'enfant livre. Dans la forme choisie par lui, et non par l'auteur.

    Article 8
    Le livre, […] comme un bien indispensable à la culture, à la promotion sociale et spirituelle, à l’information, et ne peut être traité comme un vulgaire objet de profit.

    Pourquoi seulement la culture […] l'information
    Pourquoi pas à la vie (des individus) ?
    Qui n'a pas rencontré, un jour, un livre capable de bouleverser sa vie ?
    Au point qu'il y a eu un avant et un après !

    Mais bon, je crois que cette déclaration atteint son but : faire réfléchir. 😉

    Bien cordialement
    Bernard Majour

  2. Oui, bien sûr, la déclaration des droits du livre est fétichiste et réductionniste. Fétichiste car elle manifeste un attachement a priori au livre (qui n'est d'ailleurs pas défini). Réductionniste car elle réduit le livre à une partie des livres. On ne veut pas de mal à ceux qui l'ont publié, mais on ne peut pas s'empêcher de le penser.

    Le livre est divers, infâme, banal ou magnifique, on y trouve tout et n'importe quoi. Et il est oeuvre immatérielle indépendamment de ses avatars matériels, électroniques ou de papier.

    Alors, oui au côté gauche. Le livre dans son jus, dans sa relativité. Les droits sont pour les hommes. Qui font, qui lisent des livres, ou pas.

  3. Lionel_Dujol dit :

    Dans bibliothèque, il y a bible ….

  4. Oui mais ça veut seulement dire "livre" en grec, et au départ écorce, comme le latin "liber" d'où vient l'anglais "library".
    Et le texte, c'est du tissu… Tous nos mots naissent de la matérialité puis s'en échappent.
    Les bibliothèques, lieux des livres, en débordent et c'est heureux. Sans les abandonner, bien sûr.

    Lisons "Après l'ordre du livre" par Patrick Bazin (ce n'est pas en ligne mais des extraits là : http://lafeuille.homo-numericus.net/2005/09/aprs-

  5. Luc Jodoin dit :

    Bonjour,

    Je cite :

    “Et de proposer une nouvelle définition : un livre est un endroit où les lecteurs, et parfois les auteurs, se retrouvent”

    Il n’y a rien de neuf dans cette définition, on peut, entre autres, relire Umberto Eco(Lector in fabula) sur la question.

    Par ailleurs, pour une analyse assez fine des mutations apportées par les lectures numériques, je porte à votre attention un texte de Susan Bertrand Gastaldy, 2002, mais ça n’a pas vieilli :

    Des lectures sur papier aux lectures numériques : quelles mutations?
    http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00000256.html

  6. kamagra dit :

    This is very attention-grabbing, You are a
    very professional blogger. I have joined your feed and sit up for in quest of extra of your fantastic post.
    Also, I’ve shared your site in my social networks

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.