Réinventer la classification dewey

classificationDécouvert récemment, le blog Paralaxe propose quelques billets très complets qui entendent rien de moins que réinventer la Dewey, jugée comme « un véritable cauchemar pour le chercheur ».

Concrètement ?

Le projet du Nouveau Jardin n’est pas de développer une bibliothèque universelle. Il s’agira d’une bibliothèque thématique, rassemblant essentiellement des ouvrages de sciences humaines et sciences sociales. Le code couvrira donc un nombre de domaines relativement limité, et ne sera pas confronté aux problèmes des codes visant à classer la totalité du savoir humain. C’est ce qui permet de travailler à son aspect « intuitif », en se recentrant sur quelques modèles simples d’assemblages de chiffres et de lettres, sans ajouter davantage de caractères tels que des signes de ponctuation, des slashs ou des points, ou encore des lettres d’alphabets autres que l’alphabet latin, voire aller jusqu’à jouer sur les différences entre lettres majuscules et minuscules… Comme nous l’avons déjà suggéré, le lettrage peut être utilisé en fonction des courants représentés dans les collections d’ouvrages. Par exemple, le code de tous les ouvrages sur le libéralisme peut partir de la racine « LIB » ; sur le socialisme, « SOC » ; sur le communisme, « COM » ou « COMM » ; etc. C’est ce que nous considérons comme un code intuitif. Voici en guise d’exemple les bribes imaginaires d’un code encore inexistant :

LIB : ouvrages traitant du libéralisme ;

LIB 001 POL : ouvrages traitant du libéralisme principalement sous son angle politique ;

LIB 011 POL : ouvrages de doctrine libérale ;

LIB 021 POL : ouvrages de personnalités politiques libérales ;

LIB 031 POL : ouvrages formulant explicitement des mesures libérales à prendre dans un certain contexte politique ;

Je vous invite à lire l’intégralité de cette intéressante tentative qui rejoint celle de Librarything qui comporte une ambition  universelle et collaborative en plus. Alors bandes de bibliothécaires, convaincus par l’approche ?

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

4 réponses

  1. Chaps dit :

    Bof bof bof…
    On connait les faiblesses de Dewey (ethno-centrisme, approche par discipline et pas par sujet, construction longue d'indice possible, sujet présent dans plusieurs disciplines, manque de notes de contexte, restructuration des indices tous les 5 ans pour suivre l'actualité – ce qui est aussi une force),…mais il ne faut pas exagérer. C'est commun à tous les classements.

    Dewey n'utilise qu'un signe de ponctuation, le point. Et on est libre de limiter la profondeur des indices en fonctions de la taille de sa collection.

    Il n'y a pas de difficulté à créer un classement local "intuitif" pour une collection de 5000 livres sur des thématiques grand public. Cela a déjà été fait des centaines de fois et cela a aussi ses faiblesses (à chaque changement de personnel; trop grande dépendance par rapport au language naturel, …).

    Se limiter à des thématiques sciences humaines et sociales montre déjà les limites du projet. Malheureusement, ces deux matières sont les plus "casse-gueule" pour un classement, car les sujets se développent vite, avec des effets de modes et les approches/point de vue d'un même sujet sont variées. De plus, il y a énormément de travaux multi-disciplinaires. Je me demande comment va perdurer l'aspect "intuitif" du classement face à la réalité des sujets.

    A propos d'intuitivité , je ne vois pas en quoi LIB 021 POL représente intuitivement "ouvrages de personnalités politiques libérales". Et bonjour les problèmes pour les mots proches orthographiquement mais différent sémantiquement (communication, commerce, communisme, communautés, communes, commission,…).

    J'attends de voir comment ces nouveaux classements vont résister au progrès de la connaissance humaine pendant 10 ou 20 ans.

    Avoir un classement plus précis, ce n'est pas non plus un mal si vous avez plusieurs dizaines de milliers de livres en accès direct.

    Quant à la satisfaction des usagers, c'est assez simple: si tous les livres qui l'intéressent sont regroupés , il est content, Si sa thématique l'oblige à se déplacer dans la bibliothèque, il n'est pas content.

  2. MxSz dit :

    J'ai jeté un oeil. Je me suis dit que j'allais leur mettre un p'tit commentaire, pour leur écrire que bon, heu… enfin, comment vous dire… qu'on puisse penser de nouvelles classifications en partant d'outils collaboratifs, de tags, ok, mais là…

    Et finalement, après avoir jeté un coup d'oeil sur le reste du blog, j'ai préféré ne rien dire. Exactement comme le héros de Blacktown (L. Trondheim) – désolé, je suis un peu prétentieux, mes oreilles ne sont pas aussi grandes que celles de Lapinot – qui préfère ne pas prévenir le (méchant) maire, parti chercher dans la sierra un filon d'or qui n'existe pas…

  3. biblioroots dit :

    Je comprends toujours pas à qui sert la Dewey à part au bibliothécaire qui veut se faire plaisir. Je persiste à croire que son usage est détourné de l'indexation vers la localisation (cotes qui se suivent) et qu'avec les nouvelles tech d'indexation on pourrait largement s en passer .

    Encore faudrait il inventer (pour de vrai cette fois ci) un nouveau système de localisation plus pertinent et parlant pour l'usager et développer encore et encore la signalétique entre autres …….

  1. 8 mars 2009

    […] Réinventer la classification Dewey, sur Bibliobsession 2.0 […]

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