sept
10
2009

Gestion de communautés 1/3 – Qu’est-ce qu’une communauté ?

9782100511914Premier billet de cette série inspirée par le livre Manuel du Knowledge Management de Jean-Yves Prax. (reproduction ci-dessous autorisée par l’auteur, merci à lui)

Qu’est-ce qu’une communauté ? Jean-Yves Prax propose de partir d’une notion Japonaise  : le BA.

le Ba dans la pyramide de la connaissance p88

J’ai trouvé ici plus de précisions dans ce mémoire de DEA signé par Alexandre Perrin, Nonaka est également cité dans wikipédia pour la définition de “communauté de connaissance

Pour Nonaka et Konno (1998), ces conversions de connaissances peuvent uniquement se réaliser au sein d’un espace partagé : le ba. Cet espace est une place commune de transfert, une « base d’apprentissage » à part entière, lieu d’interactions interindividuelles créatrices de nouvelles connaissances que l’on peut traduire littéralement par le « lieu » (place en anglais). C’est à la fois un lieu de réflexion, d’apprentissage et de constitution de la mémoire organisationnelle. C’est le cadre dans lequel se déroule la création de connaissances. Inspiré par un philosophe japonais, Kitaro Nishida, le ba est un espace partagé dont lequel se déroulent les échanges d’information et les relations entre les personnes, les groupes et l’organisation.

Le ba peut être :
- physique : bureaux, usines, open space
- virtuel : e-mail, messenger, intranets, groupwares
- mental : expériences partagées, idées, concepts

Ce qui différencie le ba des interactions humaines quotidiennes c’est la notion de création de connaissances (Créplet, 2001). Le ba en est la fondation même puisque la connaissance fait partie de cet espace partagé : « knowledge resides in ba » (Nonaka & Konno, 1998). Si la connaissance est séparée du ba alors elle devient de la simple information tangible qui peut être transmissible en dehors de l’espace partagé. Nous l’avons vu dans notre définition de la connaissance, pour appréhender la notion de connaissances il est nécessaire d’étudier les relations humaines et les flux d’information dans un contexte donné. Pour Nonaka & Konno (1998), ce contexte est le ba. L’existence de ce contexte permet le passage de la connaissance à l’information et la création de valeur. Ainsi, si la connaissance n’est pas utilisée pendant une durée spécifique et dans un espace donné, elle ne détient plus de valeur. La création d’un espace commun permettra de « manager l’émergence de la connaissance, […], avec des propositions visionnaires et un engagement personnel » (Nonaka & Konno, 1998).
Nonaka & Konno (1998) distinguent alors quatre types d’espace :
    • le ba originel, point de départ de la création de connaissance grâce à la proximité physique de l’échange d’information
    • le ba d’interaction, lieu d’échange d’information entre les individus voire les experts via des moyens de communication one-to-one. La localisation des experts à travers un annuaire est alors primordial.
    • le ba cybernétique, représenté par les intranets, groupwares et forums permettant de combiner les informations de plusieurs individus. La proximité physique est alors impossible.
    • le ba d’exercice, lieu physique qui permet d’apprendre en observant et en réalisant ce que l’on a assimilé dans les espaces précédents.

Jean-Yves Prax va plus loin en ajoutant le Chi au Ba, mais comme il prévient lui-même, je sens bien aussi que ça va faire trop mystique pour la bande d’occidentaux dont je fais partie !

Quoi qu’il en soit, il est intéressant je trouve de noter que si la connaissance se distingue de l’information et de la donnée, elle est également incarnée dans un espace-temps. On sait donc que ce qu’on va gérer est profondément humain, c’est bien d’ailleurs ce qui distingue une communauté d’un réseau social, et c’est toute la difficulté. :roll:

J’aime aussi beaucoup ce schéma (qu’il faut méditer) sur les différents types de connaissances, car il montre que les connaissances dépendent aussi beaucoup du support de mémoire dans lequel elle s’inscrivent et que c’est bien dans l’interaction que s’élaborent non seulement les savoirs mais aussi les savoir-faire.

D’ailleurs il faudrait intégrer les médias sociaux au niveau du “document interne” et du “travail collaboratif”. Un outil comme twitter est finalement assez proche du “mode oral” évoqué. On voit bien ici que l’écrit web communautaire est un écrit dont le statut est proche d’une forme “d’oralité fonctionnelle”…

les différents types de connaissance p93

to be continued…


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Written by bibliobsession in: Bibliothèques et cie | Tags :

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