Webpass, un dispositif exemplaire sur le numérique territorial

closeCet article a été publié il y a 3 ans 7 mois 1 jour, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

emotionheaderTrès intéressant dispositif efficacement mis en œuvre, et très bel exemple de mutualisation au bénéfice de tous par le Conseil Régional d’Ile-de-France. Le dispositif s’appelle Webpass, il est géré par Loïc Hay. Notons que ce dernier est un militant de l’internet citoyen, partisan de la libération des données publiques. (Il a participé au Bookcamp2 en septembre dernier.)

Je trouve intéressant à la fois la démarche mais aussi la manière dont est mis en œuvre le dispositif, à destination des collectivités. Voilà qui est essentiel à l’heure où  devient incontournable le partage d’expériences. Olivier Ertzscheid a complètement raison d’appeler à des cahiers des charges-types et des contrats-types.

Voilà donc un dispositif qui devrait intéresser beaucoup de professionnels à une échelle nationale, et tout particulièrement les Bibliothèques Départementales de Prêt qui s’orientent nécessairement vers le conseil et la formation auprès des bibliothèques des intercommunalités et/ou des communes.

Quels objectifs ?

  • Favoriser la mutualisation des moyens en s’appuyant sur le levier de l’intercommunalité. Rapprocher les usagers de l’administration et les citoyens des élus via les sites du web public territorial francilien;
  • Renforcer et améliorer la qualité de l’offre publique de contenus et de services en ligne à destination des usagers-citoyens sur le territoire francilien;
  • Faire évoluer cette offre vers un stade de développement de type transactionnel (téléservices locaux);

Au delà de l’aide financière, la démarche est celle de l’assistance à la mise en œuvre de projet.

Concrètement, on trouvera donc pour ce dispositif  :

  • un cahier des charges type pour un site web de collectivité territoriale très complet, téléchargeable sous plusieurs formats, dont une version à compléter, on peut même le disséminer via twitter ou facebook. Bien sûr il ne s’agit pas de livrer du clé-en-mains mais bien de proposer une trame convergente élaborée par des spécialistes et garantissant surtout un degré d’homogénéité là où on se pose tous les mêmes questions.

La procédure de qualification consiste à évaluer la conformité de cette solution par rapport aux besoins exprimés dans le cahier des charges type. Elle repose sur un entretien-démonstration durant lequel des points de contrôle (l’ensemble des éléments marqués par la mention « obligatoire » dans le cahier des charges) sont passés en revue. La qualification porte sur la solution technique et non sur le prestataire qui la soumet. Ainsi une solution qualifiée peut être proposée par différents prestataires sans qu’il soit nécessaire d’effectuer une nouvelle demande de qualification.

Elle respecte une stricte égalité de traitement : toutes les demandes de qualification sont examinées et évaluées, selon des critères identiques, dans l’ordre et au fil de leur arrivée. Pour soumettre une solution technique à la qualification webpass, vous devez envoyer votre demande via un formulaire électronique.

    Vous trouverez ci-dessous l’ensemble des solutions techniques qui ont été déclarées conformes aux besoins du cahier des charges type suite à un entretien-démonstration.

  • Une FAQ et des contacts

On mesurera l’écart, soit dit en passant avec la coûteuse tentative de mutualisation dans le nouveau site très léché AFNOR BIVI documentation qui est une filiale du groupe AFNOR qui propose à grand coups de marketing très « fun » des :

Trucs, astuces, articles ou actualités concernant les métiers de la fonction documentaire

Et pour cause : on peut gagner des licences gratuites dans un biblio-jeu (ahh les community manager à la sauce 2.0 ils commencent déjà, à me sortir par les yeux) tout ça pour un site qui selon Maureen, biblioblogueuse qui a testé :

Sur Bivi, on trouve bien entendu des normes (on parle de l’AFNOR, difficile de les éviter :p), des textes réglementaires et des articles en lien avec 3 grandes principales thématiques : autour du document, des données et de l’usager. Concernant ces articles, j’ai trouvé que le contenu rappelle un peu ce que l’on peut trouver (gratuitement !) sur le site du BBF.

C’est intéressant de voir comment un site qui se réclame du 2.0 verrouille l’accès à une documentation professionnelle utile (les normes) ce qui est l’exact contraire de ce que proposent généralement les sites 2.0 : ouvrir au maximum pour essayer ensuite de monétiser une audience. Et qu’on ne me parle pas de modèle économique dans ce cas, puisque faut-il le rappeler, l’AFNOR est un organisme public qui produit des documents destinés à des organismes publics, financés sur fonds publics. Ici, ils proposent un accès payant (350€ par an) à des collectivités publiques et des organismes, dans un domaine où tout le monde s’accorde à dire que le partage d’expériences et la normalisation est en enjeu essentiel. Allez comprendre !. :evil: Peut-être est-ce la seule manière qu’a trouvé l’AFNOR pour se financer alors qu’il lui a été publiquement demandé de faciliter l’accès à ses normes, comme l’explique Emmanuel Barthe dans ce billet. Et pour cause : l’activité de normalisation a été en juin dernier reconnue d’intérêt général et il a été demander à l’organisme de rendre faciliter l’accès aux normes. Je trouve que la situation est ubuesque alors que partout les normes sont d’indispensables supports d’un des principaux enjeux actuel : l’interopérabilité.

Bref, rien à voir donc avec l’exemplaire dispositif de la région Ile-de-France. Sur le fond, il est très satisfaisant de constater que le cahier des charges incite fortement à l’utilisation de CMS open source, et cherche à favoriser le développement de sites vraiment utiles et non de vitrines. Ainsi, le  dispositif impose 5 « téléservices » et propose une liste indicative dans différents domaines, dont le domaine culturel :

CULTURE/SPORT

  • Demande de réservation d’un ouvrage en bibliothèque
  • Demande de réservation d’une place ou d’un document en salle de lecture

Pour ce qui est des bibliothèques, il serait bon, à mon avis, d’indiquer plutôt « inscription ou pré-inscription en ligne à la bibliothèque ou encore mieux : « obtention d’une carte d’adhérent et/ou d’un acccès en ligne aux ressources payantes proposée par la bibliothèque ». Vu que ces sites sont mis en oeuvre par des équipes municipales, il me semble important que ces télé-services puissent instaurer, dans le meilleur des cas, une requête, voire un dialogue, avec les équipes des bibliothèques…

Voilà en tout cas une initiative encourageante et ambitieuse, qui pourrait tout à fait être reproduite dans le domaine propre des bibliothèques, tant il est vrai que nous manquons d’une mise en commun d’une sorte de cahier des charges-type en informatique documentaire, accompagné d’une mise à l’épreuve des prestataires, sur des critères proposés en premier lieu par les professionnels et non imposés par des solutions commerciales.

On peut rêver, mais est-ce si utopique que ça ? La preuve que non : le Webpass !



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