Cet article a été publié il y a 2 ans 3 mois 22 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.
J’ai ouvert des grands yeux ronds en lisant cette info qui est passée dans le Bouillon d’hier proposée par Jdalat. Le psychologue devient communautaire ! On connaissait déjà les community manager (in english pleaaaase) on a maintenant des community psychologists ! L’info provient d’un site spécialisé dans “toutes les psychologies” (hum) elle est publiée à l’occasion du 7e congrès de psychologie communautaire, à Paris fin octobre 2009. (7e congrès, 1er en France)
Bon, soyons ouverts, lisons l’article qui est une interview de Thomas Saias, président de l’AFPC (Association française de psychologie communautaire).
Qu’est-ce que la psychologie communautaire ?
C’est une discipline qui s’intéresse à la psychologie au sens territorial du terme. C’est-à-dire qu’elle s’intéresse à la fois au territoire et aux individus dans leur environnement, avec une perspective écologique et environnementale. objectif est de promouvoir des conditions de vie favorables, avec des conditions sociales qui permettent de lutter contre les inégalités en terme d’accès aux soins et de droits. C’est une psychologie du quartier, de la communauté, du territoire. (…)
Jusque là, je sais pas vous, mais moi j’ai toujours pas compris ce que c’est “la psychologie au sens territorial du terme”, sans compter le vernis écologiste (à quand la psychologie durable ?). En tout cas, ça présente bien, la psychologie communautaire (tiens ça me fait penser à un autre concept fumeux : l’intelligence territoriale). L’ébauche d’article de wikipédia nous apprend que cette branche de la psychologie a été crée en 1965, mais l’association française a été crée en 2006 et on en est au 7e congrès en 44 ans, autant dire que l’intérêt est récent. Soit. La suite essaie d’être plus concrète :
Quels sont les champs d’action de la psychologie communautaire ?
Le psychologue intervient à la demande des territoires, des collectivités locales, municipalités, conseils généraux et structures d’intérêts collectifs qui embauchent des psychologues en tant qu’ingénieurs et directeurs. Par exemple, un psychologue peut intervenir dans un système de santé territorial comme une PMI (Protection maternelle et infantile), pour adapter des services avec les besoins du territoire en faisant participer les habitants.
Ah ok ! Jusque là on avait l’impression d’un psychologue du travail spécialisé dans les collectivités, mais que nenni, tout ça est très 2.0 : il fait participer les habitants, parce que c’est bien ça le problème, évidemment !
Notez que ça déconne pas : ils sont embauchés en tant que “directeur ou ingénieur” !
Bon alors qu’est-ce qu’il peut bien fabriquer ce nouveau psy ?
Le psychologue communautaire est aussi concerné par les milieux associatifs qui luttent contre les inégalités, pour l’accès au droit et la prévention de la santé. Il peut intervenir auprès de populations précarisées, sans domicile fixe, exclues, et travailler avec elles leur réinsertion sociale, en agissant directement dans leur environnement (auprès d’employeurs ou d’associations…). Il peut aussi travailler auprès des habitants d’un quartier pour les accompagner dans leur démarche relative à un projet santé, ou un projet social. Ou encore, il peut travailler auprès des élus et institutions pour promouvoir la participation des habitants, des citoyens, des usagers, aux prises de décisions.
Psychologie communautaire, démocratie participative, web 2.0, même combat, tout est communautaire. Sur le site on trouve ce dessin qui en dit long :
(j’aime bien la tête dubitative de l’élu sur le dessin, au moins ils ont de l’humour)
Quel vaste champ de compétence ! En fait, le psychologue communautaire est un PGM (un Psychologue Génétiquement Modifié), entre l’assistante sociale, le chargé de mission “démocratie participative” (si si ça existe j’en ai croisé), voire le consultant ! Le psychologue communautaire parle à l’oreille des élus, il est partout, non seulement il vous observe, il vous comprend, mais en plus il vous veut du bien !
D’ailleurs ce sont tous des Messieurs Jourdain :
L’ensemble des psychologues qui ont un esprit militant dans leur pratique, sont susceptibles de s’intéresser à cette démarche. (…) En fait, de nombreux psychologues font de la psychologie communautaire sans le savoir !
De ce qu’est une communauté on ne saura rien, des modes concrets d’action, on ne saura rien non plus, ni dans l’interview ni sur le site de l’association française, mais ce n’est pas grave puisque TOUT est communauté et ça tombe bien puisque TOUT est psychologie ! Je vous passe la fin de l’article, tout aussi incompréhensible/floue que le début, qui cache mal une tentative désespérante désespérée de trouver des débouchés aux cohortes d’étudiants qui sortent des filières de psycho sans pouvoir s’insérer, d’où ce nouveau concept…
Ce qui ne veut pas dire pour autant que nous n’avons pas besoin de psychologues du travail pour aider à gérer des organisations, ni d’ailleurs de personnes capables de nous aider à avoir des démarches centrées sur les usagers, les deux fonctions n’ayant à peu près rien à voir…
Cette mode du communautaire à tous vents me laisse vraiment perplexe. Et vous, vous connaissez des bibliothécaires-psychologues-communautaires ?








