De l’importance du Personal Knowledge Management

ScreenShot001Christophe Deschamps, auteur de l’excellent Outils Froids, bien connu des biblioblogueurs (entre autres) vient de proposer en complément à son prochain livre un document de 67 pages qui constitue 28 fiches pratiques répondant au constat suivant :

Aussi intéressantes et utile qu’elles soient, les technologies 2.0 d’entreprise présentées dans l’ouvrage vous aident jusqu’à un certain point à faire votre travail. C’est à dire jusqu’au moment où vous êtes seul devant votre traitement de texte/tableur,… et qu’il vous faut produire.. Toute la phase rédactionnelle et les compétences qu’elle suppose en termes de gestion du temps, d’utilisation des informations récoltées et d’écriture reste ainsi à votre seule charge.

Bibliothécaires ! N’hésitez pas à consulter ces fiches qui répondent de manière concrète à pas mal de questions sur COMMENT gérer son temps, ses infos, sa veille, en un mot, comment être efficace au quotidien !

Fiches Pratiques PKM – C. Deschamps

Il me semble essentiel que les professionnels de l’information-documentation soient avant tout de bons gestionnaires de leurs informations personnelles, c’est à dire qu’ils utilisent des outils du web d’abord pour eux-mêmes et dans un contexte professionnel.

En effet, avant même de parler de Knowledge Management dans une organisation (donc de communautés, de systèmes d’information, de collaboratif, etc.), encore faut-il que les personnes développent des pratiques dont ils perçoivent l’intérêt pour eux-mêmes. Il est donc nécessaire de repartir de l’individu, comme le propose Olivier Le Deuff dans cet article dont je vous recommande la lecture. C’est alors qu’on parlera de Personal Knowledge Management.

Paradoxalement, le succès du knowledge management ne peut résider sur totalement sur le collectif mais au contraire davantage sur l’échelon individuel. Pendant plusieurs années, c’est bien évidemment la position inverse qui prédominait notamment avec l’influence des travaux des japonais Takeuchi et Nonaka.

Il faut pourtant se méfier de l’appellation puisqu’il s’agit moins de jouer l’individu contre le collectif que de favoriser l’investissement de l’individu dans une communauté de pratique distincte de son organisation, pour mieux y revenir…

Concrètement, cela signifie que l’individu va travailler au sein de communautés de pratiques et de réseaux qui ne sont pas restreints à l’entreprise. C’est l’individu qui apprend donc des stratégies de partage de connaissances et de savoirs au sein de réseaux, notamment professionnels de type communautés de pratiques mais également de plus en plus interprofessionnelles. Ces pratiques acquises personnellement peuvent être plus aisément réinvesties au sein de l’entreprise ou de l’organisme du fait d’une aisance d’usage avec des outils collaboratifs. Mais le gain principal pour l’individu, c’est qu’il garde son indépendance vis-à-vis de l’entreprise. Le partage des connaissances s’effectue d’ailleurs principalement en dehors. L’individu peut gagner de par sa participation à ces réseaux une forme de légitimité et de compétences qu’il pourra éventuellement utiliser comme argument de négociation si cette dernière est reconnue au sein de l’entreprise ce qui n’est pas toujours le cas.

C’est d’ailleurs pourquoi dans toutes les formations que je propose, j’intègre une partie « entrez dans la communauté de l’information documentation » afin de faire comprendre aux bibliothécaires qu’il s’agit d’une première étape pour investir des médias sociaux. Le cas des bibliothèques est d’ailleurs particulièrement intéressant puisqu’au delà de la communauté de pratique des pros de l’info-doc, les bibliothécaires ont l’occasion inestimable (au regard de l’ensemble du monde du travail) de pouvoir enrichir leur culture personnelle dans une communauté d’intérêt (les amateurs de musique, etc.), tout en restant en pleine cohérence avec leur organisation… Cela implique bien entendu que les responsables de ces organisations y perçoivent leurs propres intérêts…

Je me rends compte d’ailleurs que dans mon cas c’est bien l’articulation entre une démarche « privessionnelle » c’est à dire distincte de mon activité de tous les jours, mais élargie à des enjeux, débats et veille plus large qui me permet de mieux y revenir…

A juste titre, Olivier Le Deuff  pointe dans son article le TEMPS nécessaire à ce type de démarche. C’est une des raisons pour lesquelles le Bouillon et le nectar du bouillon existe… Si vous « n’avez pas le temps », aucune autre raison ne sera plus efficace que de percevoir l’intérêt de le PRENDRE et de le GÉRER pour vous-même, ce temps !

Je disais à quelqu’un l’autre jour que si j’avais un nouveau blog privessionnel à créer je l’appellerai « Le nez en dehors du guidon » ! Quelqu’un est intéressé ? 😉


Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

6 réponses

  1. merci pour ton article qui rappelle la nécessité de ne jamais perdre de vue les besoins individuels.

  2. On constate que nos démarches et nos conclusions se rejoignent en effet.
    Et c’est que je tentais de démontrer ce matin même à mes étudiants.
    Félicitations une nouvelle fois à Christophe pour son livre et ses fiches dont je recommande la lecture…et la mise en application à mes étudiants
     

  1. 26 novembre 2009

    […] Bibliobsession » De l’importance du Personal Knowledge Management […]

  2. 15 janvier 2010

    […] En réalité, l’oiseau de twitter est intrinsèquement obèse : twitter est un média de flux, dans lequel on s’immerge : vouloir tout y lire est impossible, les solutions sont homéopathiques. C’est peut-être toute la différence avec un agrégateur qui a vocation à être dimensionné en fonction de thèmes de veille et du temps disponible… (ok pas facile non plus c’est un vrai travail de PKM). […]

  3. 1 juin 2010

    […] la lutte contre l’infobésité, la gestion de ses données et la construction de pratiques de PKM (personal knowledge management) commence par une gestion efficace des […]

  4. 15 juillet 2010

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