Les décodeurs ou le journalisme à échelle communautaire

J’aime beaucoup le positionnement de cette nouvelle (lancement fin novembre 2009) expérience journalistique nommée les Décodeurs :

Ce blog du Monde.fr se propose de passer au crible les propos des hommes et femmes publiques pour y démêler le vrai du faux. Envoyez-moi vos interrogations sur les propos tenus dans les médias à l’adresse lesdecodeurs@gmail.com ou sur le compte Twitter du blog. Nous vérifierons ensemble la véracité des déclarations, à partir de sources fiables et transparentes et d’interlocuteurs de référence. Nabil Wakim, journaliste au Monde.fr

Voilà une expérience qui a le mérite de donner du sens au rôle de décryptage des journalistes, en rendant un peu de légitimité à ce terme tellement galvaudé. J’aime bien l’idée de prendre un peu de recul sur l’actualité chaude et bien entendu d’utiliser la force du réseau pour trouver de l’information et la valider. Le journaliste dans ce cas est bien dans un rôle de médiateur de l’information, non pas un prescripteur qui met en forme un/son point de vue, mais dans un rôle de co-construction d’une information citoyenne validée par des sources :

Comment faire ? Pour vous, comme pour moi, les règles sont les mêmes : pour chaque information, il faut une source identifiable, avec un lien, s’il existe. Vous êtes bien sûr invités à réagir pour contribuer à l’enquête dans les commentaires, souligner ses manques et apporter des éléments nouveaux. Tout propos diffamatoire est évidemment proscrit : les informations de ce blog doivent être rigoureusement contrôlées.

Quelles sources utiliser ? Pour vous comme pour nous, les sources utilisées doivent être transparentes et fiables : rapports de l’Assemblée ou du Sénat, statistiques de l’Insee,d’Eurostat, de l’OCDE ou de l’ONU, experts indépendants et chercheurs reconnus. L’utilisation de Wikipedia ne peut être acceptée que si les données sont ensuite vérifiées par une autre source fiable. Les témoignages doivent être identifiables (nom, prénom, contact direct). Toutes les critiques sur les sources utilisées sont évidemment les bienvenues. Je reste à votre disposition pour plus de précisions.

D’après le premier bilan, ça fonctionne !

Et je dois dire que je suis surpris de l’efficacité du processus : je reçois, selon les sujets, entre 5 et 20 mails qui apportent des informations intéressantes ou des pistes sérieuses. Autrement dit : il y a parmi les internautes de nombreuses compétences qui peuvent appuyer le travail journalistique. L’expert en fiscalité ou le professeur de lettres retrouve en quelques minutes un document qu’un journaliste mettra un certain temps à trouver. Mais le travail du journaliste reste le même : il doit de son côté mener l’enquête, recouper et vérifier les infos, bien entendu.

voilà une expérience à suivre !

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