Médiation numérique : une définition

proposition-de-loiJe me rends compte qu’il est nécessaire de clarifier et de faire évoluer ma définition de médiation numérique. Je vous propose donc celle-ci, elle porte sur le domaine de l’information-documentation, elle est expérimentale et s’incarne dans une démarche globale et un projet. Elle renouvelle les notions plus traditionnelles de mise en valeur et celle d’aide à la recherche documentaire. J’espère que vous la trouverez claire, n’hésitez pas à réagir en commentaire et à proposer votre définition le cas échéant ! Merci à Daniel pour son coup de main !

 

La médiation numérique est une démarche visant à mettre en œuvre des dispositifs de flux, des dispositifs passerelles et des dispositifs ponctuels pour favoriser l’accès organisé ou fortuit, l’appropriation et la dissémination de contenus à des fins de diffusion des savoirs et des savoir-faire.


Pour moi la médiation numérique n’est donc ni de la communication ni du marketing public au sens strict, mais se situe au cœur des métiers de l’information-documentation, quelque part entre l’accompagnement à la recherche documentaire, la gestion/diffusion de contenus et l’animation de communautés.

Pour compléter ce point de vue :

Enfin, last but not least, nous sommes (nous = quelques bibliothécaires engagés dans des actions de formations et d’autres talentueux apprentis formateurs ;-) en train de préparer un cycle de formation autour du numérique dans les bibliothèques dans lequel la médiation aura toute sa place (3 modules de 3 jours pour un cycle ou alors à usage indépendant) qui sera proposé par le CNFPT (qui nous a sollicité, de très belle manière, comme quoi on critique pas mal mais y a des gens très bien au CNFPT !) et dont le contenu sera entièrement réutilisable par d’autres organismes de formation. Plus d’infos à ce sujet ici-même dans les mois qui viennent, suspens ! (2731)

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Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

32 Responses

  1. bcalenge dit :

    A mon avis, Silvère, il manque à cette définition – très réussie – le détail qui lui permettrait d’entrer dans un dictionnaire : « [...] mis en oeuvre SELON UN MODE NUMERIQUE par des professionnels [...] »  ;-))

  2. amarois dit :

    Merci Silvère.
    Si je comprends bien, la (ta ?) médiation numérique se définit avant tout non par son contenu mais par l’objectif à atteindre vis à vis du public. Dans ce sens, j’aurai amené « l’appropriation » en dernier, puisque : on organise…on dissémine…pour une appropriation par le public (qui lui aussi pourra organiser et disséminer dans une perspective 2.0; d’ailleurs comment peut-il en être autrement s’il – le public – s’approprie vraiment les contenus).
    J’aurai aimé (je sais, j’abuse) une définition de la (place de la) communication en bibliothèque et/ou du marketing en bibliothèque car, j’avoue, je n’ai pas les idées claires de ce côté là.
    A mon sens, le marketing se distingue(rait) par son rôle « en amont » dans la création d’un service/produit documentaire.  La communication « bête et méchante » (ou est-ce simplement que le terme est francophone ?! ;-)) jouant un rôle en aval (c’est il me semble ce qui se passe la plupart du temps, du moins d’après mon expérience). Cette dernière serait plus tournée « évènementiel » (?). Une raison de plus pour replonger dans le Documentaliste Sciences de l’Information (dossier « Marketing stratégique ») de février 2008 que je stocke sur mon bureau depuis 2 ans.
     

    • Oui, merci, voilà deux très bonnes remarques ! Alors ce que j’entends par appropriation n’est pas intellectuel, au sens d’assimiler un contenu, mais plutôt comment favoriser l’entrée d’un contenu de la bibliothèque dans l’environnement numérique de l’usager, par exemple en rendant les données zotero-compatibles ou avec des boutons « sociaux » liés à un document permettant par exemple de le faire entrer dans le compte delicious ou tout simplement de s’approprier un contenu via un tag laissé sur un catalogue. Mais c’est vrai que l’on pourrait, avec ce sens là, placer cet élément après l’accès organisé, plus traditionnel.

      Pour ce qui est de la communication ta remarque est très pertinente aussi. Il faut pour moi distinguer vraiment la communication et le marketing de la médiation. ça demande plus de développement, mais pour ma part, la communication d’une bibliothèque est par nature institutionnelle ou évènementielle, elle est à la fois en amont dans le positionnement général et en aval pour les supports de communication. Dès qu’on entre dans le domaine de l’accompagnement à la recherche ou de la valorisation, on est dans la médiation, on a plus rien à communiquer, on oriente, on suggère on est dans le service. La communication implique (pour moi là encore) un positionnement global « identitaire » (en particulier pour les identités numériques) qui fixe un cadre assez concret dans lequel un travail de médiation peut prendre place.

      La détermination d’objectifs de service publique ne relèvent pas de la communication, mais d’un positionnement politique (au sens noble de politique). Le positionnement en termes de communication implique la définition de formes « identitaires » à utiliser : cadre général, logo, avatar, pseudo, politique générale d’interactivité, etc. pour ensuite pouvoir le mettre en oeuvre avec des bibliothécaires de manière opérationnelle et faire de la médiation.

      Bon c’est vrai aussi que certains, Thierry Giappiconi pour ne pas le nommer, ont insisté sur la « mercatique publique » avec le sens stratégique de la notion du privé appliqué au secteur public,  en lien avec les politiques documentaires. Mon approche se veut plus opérationnelle, une fois les objectifs déterminés, les dispositifs de médiation permettant la poursuite d’objectifs par domaines documentaires.

      En tout cas la différence est importante, j’ai d’ailleurs récemment refuser d’écrire sur la médiation dans un livre de l’Enssib consacré à « mieux communiquer en bibliothèques » précisément pour ces raisons.

      J’espère que ça clarifie un peu Je reviendrai sur ces points, en tout cas, merci pour ces remarques ! :-)

  3. odile godefroy dit :

     Dans une autre configuration (CDId’établissement scolaire), la recherche de médiation numérique donne aussi lieu à des tentatives sous plusieurs formes que j’ai essayé de formaliser ci-après. Merci pour votre « défrichage ».
    http://lewebpedagogique.com/cdrcarpentras/bilandu-cdr-2009-2010/mediation-numerique-au-cdr-en-2010-2011/

  4. odile godefroy dit :

     Dans une autre configuration (CDId’établissement scolaire), la recherche de médiation numérique donne aussi lieu à des tentatives sous plusieurs formes que j’ai essayé de formaliser ci-après. Merci pour votre « défrichage ».
    http://lewebpedagogique.com/cdrcarpentras/bilandu-cdr-2009-2010/mediation-numerique-au-cdr-en-2010-2011/

  5. Anne dit :

    Bonjour, 

    « La médiation numérique est une démarche visant à mettre en œuvre des dispositifs de nature techniques, éditoriaux ou interactifs pour favoriser l’accès organisé ou fortuit, l’appropriation ou la dissémination de contenus à des fins dediffusion des savoirs et des savoir-faire. »
    Je suis face à une incompréhension en ce qui concerne la composition de la phrase.
    Nature est au singulier, techniques au pluriel. 

  1. 4 mars 2010

    [...] en avez rêvé, les médiathèques d’Ouest-Provence l’ont fait… Je ne suis apparemment pas le seul à être resté comme deux ronds de flan devant les premières « fiches [...]

  2. 15 mars 2010

    [...] dans les bibliothèques, elle intègre mes dernières réflexions sur le sujet, y compris la définition proposée ici, de nouveaux exemples et une nouvelle typologie proposée par Lirographe. Tous vos retours sont les [...]

  3. 16 mars 2010

    [...] lisant ce texte je me rends compte que la médiation numérique est en vérité une propulsion numérique faite par des [...]

  4. 20 mars 2010

    [...] dans les bibliothèques, elle intègre mes dernières réflexions sur le sujet, y compris la définition proposée ici, de nouveaux exemples et une nouvelle typologie proposée par Lirographe. Tous vos retours sont les [...]

  5. 18 mai 2010

    [...] au service du patrimoine et des visites culturelles.  Très heureux de voir que ce concept de médiation numérique est repris et utilisé en dehors des bibliothèques ! Ne manquez pas le schéma en slide [...]

  6. 2 juin 2010

    [...] de l’information (recouvre la médiation numérique telle que j’avais essayé de la définir, intéressant de la concevoir comme une composante [...]

  7. 1 octobre 2010

    [...] mon sens, tout comme on peut parler de médiation numérique pour la promotion de contenus en ligne, c’est par le biais d’une médiation juridique [...]

  8. 4 octobre 2010

    [...] une vision panoramique de l’offre actuelle de ses enjeux et contexte et celle de la médiation numérique. Si vous n’êtes pas bibliothécaire, vous allez vous demander de quoi on parle. Voici la [...]

  9. 4 novembre 2010

    [...] les clarifier. Il me semble qu’on pourrait tout à fait adapter cette représentation pour la médiation numérique en bibliothèque. J’avais il y a un an proposé quelques critères pour évaluer la manière dont une [...]

  10. 7 décembre 2010

    [...] [29] Mercier, S., 2010. Médiation numérique en bibliothèque : une définition. EN Ligne : http://www.bibliobsession.net/2010/03/03/mediation-numerique-en-bibliotheque-une-definition/ [...]

  11. 20 janvier 2011

    [...] documentaire pour des publics. C’est la même chose sur le web si l’on veut faire de la médiation numérique et utiliser les médias sociaux pour porter des contenus et/ou des évènements vers des gens que [...]

  12. 8 avril 2011

    [...] schéma doit se comprendre en lien avec la définition de la médiation numérique à laquelle je me tiens toujours (cliquez sur l’image pour l’agrandir). Qu’en [...]

  13. 27 avril 2011

    [...] Pour les bibliothèques, la partie jaune de la longue traîne est la richesse de nos collections, reste à trouver les moyens d’y faciliter la navigation, ce qui ouvre le champ à des dispositifs de médiation à la fois techniques et éditoriaux. [...]

  14. 9 mai 2011

    [...] déjà 2 ans j’avais proposé un diaporama sur la médiation numérique. Ce support de formation à considérablement évolué au fil des formations. Il était temps [...]

  15. 7 juin 2011

    [...] ♣ Blog Bibliobsession (2 articles): « La pyramide d’un projet de médiation numérique » ;Médiation numérique en bibliothèque : une définition. [...]

  16. 25 juin 2011

    [...] dont l’axe principal est l’examen des rapports entre communication publique et médiation numérique, merci à l’ABF pour l’invitation [...]

  17. 22 septembre 2012

    [...] Le web est foisonnant. L’enjeu est : comment contribuer à enrichir l’expérience de navigation des internautes ? Comment recommander ses trouvailles efficacement, éclairer des choix, devenir un médiateur identifié sur un thème, concrètement ? Comment identifier rapidement et efficacement une communauté d’intérêt pour y entrer ? La carte ci-dessous propose une méthode circulaire pour répondre à ces questions. Il s’agit d’aller au delà de la veille et de la recherche documentaire qui ne doivent plus, comme c’est trop souvent le cas, être distinguées du partage de l’information et donc de l’élaboration d’une présence numérique, d’une identité thématique lisible. C’est pourquoi une approche thématique s’impose. Que l’on soit chercheur, étudiant, enseignant, éditeur, bibliothécaire, professionnel ou amateur il faut cibler un centre d’intérêt, trouver des usages et partager ses trouvailles pour se faire connaître et développer une expérience communautaire active. En un mot, devenir médiateur numérique. [...]

  18. 14 novembre 2012

    [...] La carte ci-dessus propose une méthode circulaire pour répondre à ces questions. Il s’agit d’aller au delà de la veille et de la recherche documentaire qui ne doivent plus, comme c’est trop souvent le cas, être distinguées du partage de l’information et donc de l’élaboration d’une présence numérique, d’une identité thématique lisible. C’est pourquoi une approche thématique s’impose. Que l’on soit chercheur, étudiant, enseignant, éditeur, bibliothécaire, professionnel ou amateur il faut cibler un centre d’intérêt, trouver des usages et partager ses trouvailles pour se faire connaître et développer une expérience communautaire active. En un mot, devenir médiateur numérique. [...]

  19. 18 février 2013

    [...] en bibliothèque. Cette expression se conjugue à toutes les sauces, il est vrai. Retravaillant la définition de la médiation de Silvère Mercier,  il replace au coeur du dispositif de médiation la bibliothèque comme [...]

  20. 29 mai 2013

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  21. 13 mai 2014

    […] réflexions m’amènent à retoucher un peu la définition de médiation numérique que j’avais proposées par l’ajout de savoir-faire […]

  22. 12 juillet 2014

    […] dédié BiblioBox.net. Je suis convaincu de l’intérêt de ce type de dispositif de médiation numérique en bibliothèque. Mais ça, vous vous en doutez […]

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