Le livre augmenté est un projet éditorial

Très chouette expérience autour d’un texte de Doris Lessing en anglais trouvé au détour d’un lien chez La Feuille. L’idée est la suivante : sur un temps limité (5 à 6 semaines), 6 écrivains commentent The golden notebook de Doris Lessing dans une interface dédiée. Seuls les commentaires de ces 6 personnes apparaissent dans l’interface en regard du texte, mais chaque commentaire peut faire à son tour l’objet d’une discussion dans un forum associé. Le dispositif est fait pour ne pas surcharger le texte et vise au développement d’une discussion de bonne qualité. J’aime beaucoup ce dispositif assez visionnaire : conçu en 2008 sur une interface pas très convaincante sur un PC, on l’imagine très aisément en 2010 prendre place sur un écran d’Ipad de tablette interactive…;-)

En tout cas, il me semble qu’il y a une voie intéressante pour la fameuse idée du livre augmenté… Ici l’augmentation n’est pas une fin en soi et/ou un argument marketing, mais déplace l’opération critique au cœur du texte en utilisant intelligemment une interface agréable. De mon point de vue, la possibilité de commenter et d’annoter un texte n’a d’intérêt que dans trois cas :

  • Mes propres commentaires sont facilement inscriptibles et je peux les retrouver dans mon nuage de données personnelles (interopérabilité)
  • Les commentaires viennent de mes amis, ajoutés depuis un réseau social (sociabilité)
  • Les commentaires viennent de bons connaisseurs du texte et ou de l’auteur, identifiés et sélectionnés par l’éditeur (projet éditorial)

Tout ça n’est pas exclusif et dans les deux derniers cas le travail de l’éditeur ne se limite plus à l’édition du texte mais propose un habillage communautaire, qui n’est pas si éloigné, au fond, de l’habillage critique dont certains éditeurs sont spécialistes… et si le livre augmenté était beaucoup moins une question de formats et de formes hybrides (textes et vidéos) qu’une question d’interface et de pertinence de l’habillage critique d’un projet éditorial ?


Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

2 réponses

  1. 1 décembre 2010

    […] sociale, je ne suis pas loin de partager le point de vue de René Audet et d’affirmer que l’on est là encore dans la nécessité d’un projet éditorial même si je suis loin d&#…. Quoi qu’il en soit, elle n’est presque pas apparue dans le groupe à […]

  2. 12 décembre 2010

    […] lecture sociale, je ne suis pas loin de partager le point de vue de René Audet et d’affirmer que l’on est là encore dans la nécessité d’un projet éditorial même si je suis loin d’ignorer…. Quoi qu’il en soit, elle n’est presque pas apparue dans le groupe à l’évocation de cette […]

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