Bibliothèques universitaires et action culturelle, vers une convergence avec les bibliothèques publiques ?

Le titre de ce billet est inspiré de la lecture du mémoire de DCB d’Anne-Laure Briet intitulé : Les partenariats dans le cadre de l’action culturelle en bibliothèque universitaire : enjeux et spécificités (pdf). Elle y propose le chiffre suivant : 1/3 des BU ont une activité d’action culturelle !

Si l’on s’en tient à celles qui mettent réellement en valeur leurs manifestations culturelles sur leur site web, par le biais d’une rubrique dédiée, d’archives en ligne ou d’une présentation du programme annuel, on arrive à un taux de 32%, soit 1/3 des BU. Dans la plupart des cas, les BU qui mettent en valeur leur action sont également celles qui font un réel effort pour animerleur établissement.

Ce chiffre est néanmoins nuancé par l’auteur :

Mais même parmi ces 32%, il est difficile de distinguer un ensemble de manifestations, variées mais hétéroclites, d’une entreprise cohérente, suivant une stratégie culturelle définie à l’avance. (…) Les questionnaires reçus par Isabelle Dimondo sont plutôt encourageants. En effet, sur 31 réponses, 23 bibliothèques affirment avoir une stratégie culturelle, et Isabelle Dimondo estime qu’en réalité, seules 6 d’entre elles n’ont aucun axe directeur.
Si les BU sont encore nombreuses à percevoir comme illégitimes des politiques d’actions culturelles, l’auteur constate que la situation évolue :

D’autres observations nous permettent d’être optimiste, et en particulier la diversification des animations. En effet, si en 1998 Benoît Lecoq déplorait que les expositions soient pratiquement la seule forme d’animation en BU, le sondage de l’ADBU dix ans plus tard a montré que les BU s’étaient ouvertes à d’autres types de manifestations, y compris des animations moins académiques. On peut ainsi noter des festivals de cinéma (BCIU de Clermont-Ferrand), des concours littéraires (BU d’Artois et de la Réunion), des cinéclubs (BU d’Avignon, BIU de Montpellier), des visites de classe du secondaire (BU d’Aix-Marseille 3), des spectacles (BU de Besançon, de Lyon 1, d’Évry), des concerts (BIU LSH de Lyon) ou encore des expositions d’art contemporain (BU d’Angers et de. Ainsi, à la BU d’Angers, un grand espace d’exposition de 400m² est dédié à l’art contemporain. Cinq expositions sont présentées chaque année, et très bien mises en valeur sur le site internet, où l’on trouve également des documentaires, des extraits de films, mais aussi des interviews, chansons et recueils de textes associés à l’exposition. Une rubrique spécifique accessible depuis la page d’accueil de la BU, mais aussi depuis celle de l’université, a été créée pour cet espace, dénommé Galerie 5. Celui-ci a rencontré un vif succès, aussi bien auprès des étudiants que de l’ensemble des habitants d’Angers. Selon la personne qui en est chargée, cette galerie contribue beaucoup à l’ouverture de la BU sur la ville et à son rayonnement.

Ce développement récent de l’action culturelle en BU témoigne d’une évolution des mentalités dans le monde des BU. Les manifestations n’y sont plus considérées comme inutiles, tandis que de plus en plus de BU commencent à se tourner vers le modèle des bibliothèques publiques.


Voilà qui s’inscrit dans le rapprochement à l’oeuvre depuis bien longtemps entre BU et Bm, tant il est vrai, comme le montre très bien Thierry Giappiconi dans cet article du BBF que les étudiants pratiquent les deux types d’établissements et que les BU ont un rôle important à jouer dans la formation tout au long de la vie. (ce qui est loin d’être facilité par les conditions d’inscription à nombre de BU qui ne prennent en compte que les étudiants, à l’exclusion de tout autre public…)

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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