Construction de l’autorité dans les médias sociaux par Martin Lessard

Excellente présentation par Martin Lessard :

Avec la montée de l’Internet comme fabuleux réservoir de savoir, on apprend à devenir autonome comme « demandeur de connaissance ». Mais émerge alors la question: comment avoir confiance en une information sur le web en dehors des institutions «légitimantes»?


Voilà une grande et très belle question que je trouve essentielle à examiner, par exemple le fait que les moteurs de recherche fusionnent popularité et autorité. Intéressant aussi de rendre lisibles les critères permettant de qualifier quelqu’un de crédible. Appliqué à Martin ça donne ça :


Il me semble par exemple qu’un chercheur en sciences humaines comme il est indiqué dans le manifeste des digital humanities aujourd’hui ne doit plus seulement répondre au critère 2 et 3 (qualité de sa production et reconnaissance par la communauté des pairs) mais également aux critères 1 et 4 (confiance et lisibilité) afin de gagner non seulement en crédibilité mais aussi en influence.

Je me suis souvent posé la question suivante : à quoi sert d’être chercheur (en sciences humaines) si c’est pour ne s’adresser qu’à une toute petite communauté de pairs et fantasmer une « vulgarisation » (quel terme!) de ses idées en publiant un livre de temps en temps, comme activité accessoire ? Les chercheurs ne sont-ils pas les mieux placés pour diffuser leurs idées dans les médias sociaux, au delà des publications académiques et de l’édition légitime ? C’est le sens des carnets de recherche du Cléo qui ne sont pourtant qu’une centaine…

La fusion entre popularité et autorité n’est pas un phénomène réversible, les journalistes, les amateurs l’ont très bien compris. S’ils veulent que le temps passé au nom de l’intérêt général à décrypter et comprendre le monde ne soit pas inutile et invisible au plus grand nombre, les chercheurs ont-ils encore le choix de construire leur identité numérique, de s’adresser au plus grand nombre et de gagner en lisibilité ? Je ne crois pas. Les bibliothécaires peuvent-ils les accompagner ? Ils sont là pour ça aussi.


Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris.

Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance.

Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel

Les billets que j’écris et ma veille n’engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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