L’intelligence économique marche après marche

L’intelligence économique j’aime bien en parler parce que ça donne toujours l’air intelligent ! Alors parlons en avec ce très intéressant (et intelligent) modèle proposé par Jacques Breillat qui présente la thèse de Franck Bulinge (cf. sa biographie et son blog). Voilà comment J. Breillat présente la démarche :

La démarche incrémentale de F. Bulinge propose une adaptation « par petits pas » des pratiques d’IE, via un phénomène d’appropriation collective. Concrètement, l’IE est envisagée comme une réponse aux besoins informationnels de chaque organisation au fil de son adaptation à l’environnement interne et externe. L’auteur va définir trois paliers qui correspondent à l’évolution du plan individuel vers le plan synergique. On distingue ainsi l’intelligence informationnelle, l’intelligence opérationnelle ou compétitive et l’intelligence stratégique. Chaque palier comporte un certain nombre d’unités incrémentales (unités de formation) qui viennent enrichir les précédentes et qui peuvent être transférées dans le cadre d’un enseignement universitaire ou au sein même de l’organisation.

J’aime beaucoup ce schéma parce qu’il propose une évolution progressive, qualifiée et chronologique. Il permet en outre de mettre des items clairs et précis derrière des concepts dont on aime se targuer de l’intelligence… sans jamais les clarifier. Il me semble qu’on pourrait tout à fait adapter cette représentation pour la médiation numérique en bibliothèque. J’avais il y a un an proposé quelques critères pour évaluer la manière dont une bibliothèque adopte ou pas un démarche de médiation numérique. Les voici sans ordre d’importance, la liste est ouverte :

  • Un plan de formation a été mis en œuvre afin de développer une “culture numérique” commune ;
  • L’activité de mise en valeur des collections et de rédaction de contenus est reconnue comme importante, aux côtés de la programmation culturelle de la bibliothèque ;
  • Cette activité de création de contenus est dévolue en premier lieu aux acquéreurs, elle est coordonnée par une personne ou un groupe de personne ;
  • L’activité de veille documentaire en information documentation et sur les domaines d’acquisition est reconnue sur les fiches de postes des agents ;
  • Les agents utilisent au quotidien certains outils numériques qui facilitent la gestion interne (agendas partagés, messagerie instantanée, wiki, etc.) ;
  • Les outils numériques utilisés par l’institution (blog, etc.) font l’objet d’un suivi attentif d’une personne ou d’un groupe de personnes ;
  • Les interactions avec les internautes font l’objet d’une modération a posteriori ;
  • L’identité numérique de la bibliothèque fait l’objet d’un débat en interne et/ou (dans le meilleur des cas) a été négociée avec le service informatique ;

Il faudrait adapter les paliers et les items à des objectifs de politique publique. Si un jour je trouve le temps de le faire, je le ferai ! 😉

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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