La pyramide d’un projet de médiation numérique

A l’occasion d’une formation j’ai essayé de représenter graphiquement les fondements d’un projet de médiation numérique.

Il me semble toujours important de partir des missions, de les lier à des besoins documentaires et seulement ensuite de réfléchir à une stratégie front-office avec des identités numériques et des outils de médiation. Il reste pour moi fondamental de ne surtout pas délier ces dispositifs du lieu qu’est une bibliothèque (ou un musée).

Ce schéma doit se comprendre en lien avec la définition de la médiation numérique à laquelle je me tiens toujours (cliquez sur l’image pour l’agrandir). Qu’en pensez-vous ?



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Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

7 Responses

  1. Renaud Aioutz dit :

    Et bien je ne peux qu’être d’accord avec la méthodologie de projet que tu proposes. Néanmoins j’apporterais bien deux compléments :
    – il me semblerait plus judicieux de dire « Quoi ? Et pour qui ? » -> « des besoins documentaires identifiés pour des publics ciblés »
    – du coup, le « Quel sujet ? » me semble plutôt implicitement contenu dans cette étape « Quoi et pour qui ? ». Je crois comprendre que le « Quel sujet ? » serait plutôt « Quelles ressources ? » ou « Quel contenu ? ». Il s’agirait plutôt du niveau de la manifestation voire du document (pour reprendre un peu le langage FRBR), d’un sujet déterminé lors de l’étape « Quoi et pour qui ? »
    enfin ce sont des questionnements !

    • Anonyme dit :

      Merci pour ta réaction. J’ai effectivement hésité à ajouter le traditionnel « pour qui », mais je ne l’ai pas fait, car je pense que c’est moins adapté pour le numérique. La réponse à cette question dépend normalement d’une analyse territoriale, qui me semble se transformer en analyse de besoins documentaires sur le web, partant d’un constat qu’un besoin documentaire correspond à une politique d’offre. C’est un des points sur lesquels l’orthodoxie Giappiconesque me semble devoir être un peu modifiée ;-).
      Quel sujet correspond à un cadre global qui se décline en contenus web et n’est pas forcément lié à, comme tu le suggères, une ressource documentaire. Par contre c’est vrai que j’aurai pu mettre quel contenu à la place de quel sujet. En tout cas merci ! :-)

      • Renaud Aioutz dit :

        Tu vas rire, je me suis posé la même question en mettant mon commentaire (et tu fais bien de parler d’orthodoxie !). Mais après réflexion, j’ai penché pour le « pour qui ? » car je crois qu’il n’est pas possible de ne pas cibler un public qd on propose une offre.

        Cela ne veut pas dire que ce public est sur un territoire physique correspondant aux périmètres traditionnels.

        Cela ne veut pas dire non plus que cette offre ne va pas rencontrer bien d’autres publics (comme pour la tangible dans nos bibs cependant, dans une moindre mesure).

        Pour reprendre ton exemple « apprendre les langues », les questions de niveaux (débutants, confirmés etc.), de motivations (voyages, études, primo-arrivants etc.) voire d’autres aspects (publics familiers du numérique ou non ? publics nomades ou dans un lieu physique ? etc.) me semblent des questions auxquelles il faut répondre pour déterminer ensuite « Qui parle ? » et « Comment » ? ». C’est une balise pour l’offre à construire à mon avis.

        Sinon, mon terme « ressource » était mal choisi : je ne pensais pas à « ressource documentaire » au sens strict mais j’avais bien compris ton optique que tu précises et je suis bien de ton avis sur ce dernier point.

        Merci de tes précisions !

        • Anonyme dit :

          Ben oui mais pourquoi alors parler de « publics » quand on ne sait pas qui ça va toucher au final mais que l’élément décisif et facilement communicable dans le bibliothèque est le niveau (débutant) comme tu l’indiques ou le besoin (motivations).

          C’est aussi un point de vue de gestion du changement : il sera à mon avis toujours plus facile de dire aux collègues : on s’adresse à des gens (indéterminés) qui peuvent avoir besoin d’apprendre les langues comme débutant plutôt que de dire « on s’adresse à des 12-25 ans parisiens et étudiants ».

          A mon avis pour que la segmentation sur le web et dans la bib soit opérationnelle il faut mettre l’accent sur des besoins documentaires exprimés ou non (politique d’offre) plus que sur une segmentation en terme de tranche d’âge ou de CSP par exemple.

          • Renaud Aioutz dit :

            A mon sens, mais j’ai peut-être une mauvaise lecture de la pensée du Pope – puisqu’il est orthodoxe dans notre fil de conversation ;-) – il me semble qu’une segmentation marketing n’est pas en contradiction avec ce que tu décris mais que tout est dans le ET (« pour qui ET pour quoi ? »).

            Sinon, on risque de passer à côté de la définition précise des besoins et donc du « comment ? ». Si je reprends la définition de la segmentation marketing de l’IFLA, il y a bien plusieurs types de subdivisions possibles en comportements ou besoins :

            « market segmentation »
            The process of subdividing a market into distinct subsets of users that behave in the same way or have similar needs. Segments for the library could be demographic (Asian); geographic (branch-level); psychographics (leisure-oriented); customer size (largest user group area); benefits (have children in the home learning to read.)
            http://archive.ifla.org/VII/s34/pubs/glossary.htm#M

            Cela ne me semble pas contradictoire donc. Un segment de public n’est pas forcément défini par des critères démographiques (une CSP + une tranche d’âge + etc.) Cela peut être en fonction d’autres critères cités plus haut dans la définition.

            Mais bon ton point de vue me fait réfléchir et douter, je continue à cogiter, à suivre…

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