Usages des mobiles dans les bibliothèques, quelles attentes?

Il y a presque 4 ans j’écrivais un article intitulé : de l’usage des douchettes à code barre dans les bibliothèques :

On pourrait aussi transformer les douchettes en dispositifs de médiation. Par exemple, on pourrait prêter des douchettes aux lecteurs pour scanner des titres dans le bibliothèque, sous la forme un scan = un titre + des données supplémentaires de médiation (résumé, avis, des bibliothécaires, des lecteurs, etc.). Une fois scanné, le titre serait mis en mémoire dans m’appareil et les usagers pourraient retrouver leur sélection dans le catalogue de la bibliothèque…plus simplement, je me suis toujours demandé pourquoi on ne met pas des lecteurs de code barre sur les postes de recherche dans l’OPAC. Comme au supermarché pour vérifier le prix d’un article, il suffit alors de scanner le livre pour retrouver des informations enrichies et choisir de l’emprunter ou non…

Voilà qui est toujours d’actualité, même si, bien entendu, la douchette à code-barre c’est un peu low-cost (voire has been) à l’heure où près de 1 possesseur de mobile sur 4 se connecte à internet depuis son mobile.

A la Bpi il est de plus en plus fréquent que les usagers viennent nous voir avec leur smartphone à la main en me montrant la référence sur l’écran… L’étude de Performics & ROIresearch donne des indications intéressantes sur les usages du téléphone portable et des connexions aux réseaux sociaux lors des processus d’achat en magasin. Elle incite à passer du ressenti empirique à la tendance, valable y compris dans une bibliothèque.

On note que la recherche d’information sur un moteur est une pratique importante pour 41% de l’échantillon et que le scann d’un code barre pour vérifier le prix est à 30%.

Ici on note que les avis sur les produits arrivent en 3e position, ce qui est loin d’être négligeable, si on considère que les avis sur les livres ou les documents d’une bibliothèques.

Ces tendances sont confirmées par l’enquête relayée sur le blog Assesment Librarian par Nicolas Alarcon. On y apprend que les services considérés comme utile DANS la bibliothèque :

Les services considérés comme utiles :

  • Rechercher sur le catalogue (première position). Le focus group a montré que les étudiants souhaitaient non seulement un catalogue simple et adapté aux mobiles mais aussi des fonctions avancées (recherche par titre-auteur-sujet, des vignettes pour les couvertures, disponibilité et localisation des ouvrages dés la liste de recherche)
  • rechercher sur une base de données
  • localiser un rayonnage (assez flou : une simple présentation d’information sur le rayon, des informations plus détaillées, une représentation visuelle de l’étagère ou un mix de tout ça. Durant les focus groups, les usagers ont exprimé le besoin de conseils plus détaillés sur la manière de se repérer dans la bibliothèque, les étudiants se disent parfois perturbés par l’agencement et les difficultés à localiser un rayon sans demander de l’aide. Les étudiants ont décrit la possibilité d’avoir un lien vers une carte dans une notice de document. Carte statique ou mieux géolocalisation via GPS)
  • voir son compte lecteur
  • réserver un document
  • vérifier la disponibilité des PC

Parmi les services proposés par d’autres bibliothèques (notamment NCSU), le focus group a apprécié les webcams (sujet polémique dans le groupe pour des questions de respect de la vie privée ; dans certains cas, les étudiants estimaient que cela pouvait constituer un plus), la localisation des groupes, la disponibilité des pc, la réservation des salles. Ce dernier service rencontre une grand succès et nécessite des réservations bien à l’avance. Une fonction sur mobile pour ce type de service serait très appréciée. Même constat pour les box, l’impossibilité de localiser rapidement un box disponible a poussé les étudiants à trouver des solutions en dehors de la BU (coffee shop)

 Autrement dit priorité à la recherche documentaire, donc à l’opac mobile, enrichi de données, avec des fonctions d’orientation des lecteurs dans les lieux. (342)

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Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

2 Responses

  1. * sur l’expérience de la Bibliothèque de Toulouse, une des seules bibliothèques publiques française à disposer d’une appli pour smartphone( Apple en l’occurence) voir ici ces stats : http://bibliotheque20.wordpress.com/2011/12/05/lappli-iphoen-dune-bibliotheque-retours/
    * et sur l’usage des mobiles, toujours à propos d’une bibliothèque publique : http://bibliotheque20.wordpress.com/2011/12/03/usage-mobile-evolution-des-hierarchies/ 

  2. Gilles W. dit :

    2 soucis :
    – les téléphones portables sont un aspect négatif en bibliothèque (interdiction d’utilisation pour cause de volumes sonores trop élevés (conversations, sonneries, etc.))
    – les OPAC consultables sur le Net ne sont pas encore légions et certaines sociétés viennent seulement de s’y mettre pour sortir un catalogue en ligne ergonomique (exemple : C3RB qui relie son intranet mal fichu à un joomla en consultation, ce qui donne un moteur mieux fichu en externe qu’en interne) donc patientons un peu avant de leur demander un CSS pour mobile :)
    Mais ça viendra :)

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