Pour en finir avec l’exclusivité des portails institutionnels fourre-tout

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On ne compte plus les projets de portails documentaires dans les bibliothèques, c’est même très souvent le seul élément de présence web d’une bibliothèque (avec la page facebook). Ce genre d’outil fait l’objet d’un investissement en temps et en argent (public) suffisamment important pour qu’on l’examine avec attention.

Revenons aux fondamentaux : qu’est-ce qu’un portail? D’abord nous mettons en place des portails institutionnels, pas des portails web. L’article de Wikipédia fait une différence claire :

Un portail web (de l’anglais Web portal) est un site web qui offre une porte d’entrée unique sur un large éventail de ressources et de services (…) centrés sur un domaine ou une communauté particulière. Il ne faut pas confondre le portail Web avec un site portail institutionnel. Il s’agit dans ce dernier cas d’un site servant de voie d’accès unique vers les différents sites d’un organisme (entreprise commerciale, institution publique). Le site portail permet de rediriger l’internaute vers le site de l’organisme qui correspond le mieux à ses attentes en fonction de son profil.

Ce que nous faisons donc en publiant des contenus dans un « portail institutionnel » c’est nous adresser via un site unique à la communauté locale qui fréquente la bibliothèque pour lui proposer les services de l’institution. En réalité il ne s’agit pas d’un « site portail institutionnel » car très rare sont les organismes qui gèrent plusieurs sites institutionnels. Nous nous situons donc plutôt dans le cas d’un portail web s’inscrivant dans le cadre de l’identité institutionnelle de la bibliothèque. Dans le cas du portail centré sur un domaine, la catégorie l’idée est très différente, puisqu’il ne s’agit plus d’un regroupement du point de vue de l’institution mais thématique ou communautaire (au sens de la communauté  web). D’un côté le point de vue d’une institution qui veut être lisible (population déjà desservie, et à desservir) de l’autre le fait de rendre lisible une sélection thématique pour une communauté d’intérêt (population d’amateurs). Tout l’intérêt de mon approche par identités numériques distinctes et combinables entre elles est de distinguer ces différents cas, c’est un des fondements de la démarche de médiation numérique, un socle! Les voici pour mémoire :

 

Lionel Dujol a proposé une représentation tout à fait essentielle des différentes communautés :

 

Or très souvent les bibliothécaires confondent les deux types de portails, ils positionnent le portail institutionnel comme le seul site capable de diffuser une information à valeur ajoutée. Il ne s’adressent donc qu’à une cible unique : la rouge ! Par exemple on fait un dossier documentaire sur la photographie et on le propose sur une page dédiée, une sous rubrique « dossiers documentaires » du portail. En faisant cela, le bibliothécaire fait à mon avis une double erreur  :

  1. Il propose une information à valeur ajoutée dans un endroit du portail où personne d’autre que lui ne s’attend à la trouver
  2. Il supprime quasiment toute probabilité de rencontre entre ces contenus et une communauté d’intérêt

Le point numéro 1 est facile à démontrer. Encore aujourd’hui, le portail de la bibliothèque n’a cette qualification de portail que pour les bibliothécaires. Pour les gens, il se résume à une seule grappe de 3 fonctions : informations institutionnelles (horaires, conditions de prêt, etc.), évènementiel (rencontres, expositions, etc.) et catalogue. Vous en doutez? Regardez donc les statistiques de fréquentation de votre portail! Sur le blog Des bibliothèques 2.0, pour le portail des bibliothèques de Toulouse a été publié des chiffres édifiants de ce point de vue :

 « Pages vues » les plus visualisées Le Groupe de tête 

Pas de changement par rapport à l’année dernière

- Le groupe de tête est évident et représentent 95% de l’ensemble :

Page d’accueil (30%), Liste des Résultats de recherche (22%), Page de déconnexion (15%), Notice biblio (13%), Mon compte (6%), Pas de résultat (4%), INDEFINI (4%)

- Tous les efforts sur l’opac portent donc sur un périmètre de niche (5% des pages vues), avec des chiffres anecdotiques : 

Le peloton loin derrière

Recherche multi-critères (22‰), Faire une réservation (9.6‰), Portail des nouveautés (6.4‰), Recherche par index (alphabétique) (2.3‰), Portail des suggestions (1,4‰), Portail Jeunesse (1,4‰), Bibliothèque numérique (1,3‰), Portail Ado (0.9‰), Outils 2.0 (0,8‰), Recherche par fonds (0.7‰). 

Que retirer de tels chiffres ? Un élément essentiel, qu’il faudrait comprendre une fois pour toute : VOTRE PORTAIL DE BIBLIOTHÈQUE N’EST PAS UN MÉDIA, C’EST UN CATALOGUE, IL EST IDENTIFIÉ COMME UN OUTIL DE RECHERCHE POUR LES GENS QUI FRÉQUENTENT LA BIBLIOTHÈQUE. Pourquoi vouloir à tout prix ajouter des pages éditorialisées? Ce que je veux dire par là c’est que si vous avez 15 dossiers documentaires et 25 pages de sélections qui sont identifiées comme, justement des pages documentaires ou des sélections, vous proposez des portes d’entrées centrées sur votre travail et non pas sur les centres d’intérêts des utilisateurs… Seuls les bibliothécaires identifient ce qu’est qu’une ressource numérique ou une sélection documentaire…

Attention, cela ne signifie pas que le travail de sélection ou que le travail éditorial est inutile c’est juste qu’il est trop souvent coupé de toute chance de rencontrer un public. Tenter de résoudre le problème numéro 1 est finalement assez simple : il n’y a que deux endroits du portail où vos contenus peuvent rencontrer des visiteurs : la page d’accueil ou les résultats de recherche, c’est donc là qu’il faut les y mettre. Et les portails thématiques ? Échec, à Toulouse, et je mets mon (petit) doigt (de pied) à couper que c’est comparable ailleurs.

Opacs thématiques : Toujours sous exploités : de l’ordre de 3 pour 1000 (quand j’ai 1000 visites sur l’opac standard, j’en ai 4-5 sur l’opac enfant et 1 sur l’opac en anglais).

Abandonner l’idée même de portail ? Non, le prendre pour ce qu’il est : un catalogue enrichi avec quelques infos pratiques. Travailler sur la question de la médiation dans la bibliothèque impose de se donner les moyens d’en faire un dispositif de médiation efficace, pas un fourre-tout! C’est nos notices qu’il faut enrichir, c’est à partir de là qu’il faut rendre un service de médiation.

Il nous faut abandonner le fantasme de rendre le catalogue collaboratif, mais en faire un dispositif efficace où l’on cherche, on trouve et on découvre. L’apport des partenaires comme Babelio ou Librarything se situe bien plus dans l’enrichissement des notices que dans la participation des internautes. Puisque la page de résultat est l’endroit le plus consulté, vos dossiers documentaires ne doivent absolument par être absents de cette interface. Ils doivent s’intégrer dans des interfaces riches, dans des rebonds, être accessibles depuis des facettes, par sérendipité, tout simplement parce que le reste du web marche comme ça ! Pour illustrer ce point, j’aime beaucoup les deux images suivantes que j’utilisent souvent en formation, elles ont été proposées par Sylvain Machefert.

 

 

Sous-titres : si ça marche sur Amazon, pourquoi par dans une interface de bibliothèque ?

Pour illustrer le problème numéro 2, voici ce site, par ailleurs agréable à regarder :

Quelle est la probabilité qu’un amateur de photographie viennent consulter une page du portail qui n’est pas identifiable sur le sujet de la photographie, si elle n’a pas été portée vers lui par un travail complémentaire ? Quasi nulle! Quelle est la probabilité qu’un usager de la bibliothèque trouve ce contenu et le lise ? Quasi aucune non plus parce ce qu’il utilise lui, c’est le moteur de recherche, or à la requête photographie, il ne trouvera jamais ce contenu… la solution au problème numéro 2 est donc étroitement liée au numéro 1. A cela il faut ajouter le déploiement d’une identité numérique thématique sur la photographie, seul travail capable de mettre des contenus sur le chemin d’un internaute amateur. Si la démarche vous intéresse j’avais publié une  méthode : Médiabitus pour aider ceux qui le souhaitent à nager dans les flux :-)

Deux conseils pour résumer :

  • Arrêter de croire qu’il suffit d’écrire des contenus et les publier dans une rubrique pour que les usagers aient une chance de les croiser dans votre portail. A minima indexer ces contenus et les rendre lisibles dans les rebonds du catalogue de la bibliothèque par rapport aux notices du même domaine.
  • Élaborer des identités numériques réfléchies permettant de rendre identifiables auprès d’une communauté d’intérêt un contenu rédigé ou sélectionné par des bibliothécaires en créant des sites thématiques, des blogs ou des pages facebook, etc.

En somme il nous faut passer de l’ère du portail institutionnel comme guichet unique indifférencié à l’ère du catalogue enrichi et des écosystèmes de contenus ciblés… Qu’en pensez-vous ?

 

 

 

 

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Auteur : Silvae (1100 Posts)

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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About Silvère Mercier

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.
  • Thomas Schumpp

    Très intéressant, y compris pour un non-bibliothécaire :-)
    Je n’ai pas si souvent croisé de texte qui mèle aussi bien les problématiques concrêtes de terrain (les auteurs, leurs jobs, leur tâches, leurs envies ou défauts, leurs productions, etc.) et des enjeux plus « profond » (identité numérique, pratique d’internaute ou d’institution, …).
    Bravo ! Ca fait réfléchir.

    • Anonyme

      Merci beaucoup pour votre commentaire :-)

      2012/2/1 Disqus

    • Anonyme

      merci :-)

    • Anonyme

      merci :-)

  • Aurélia Cointre Mazni

    J’ajouterais dans le 2ème conseil qu’il est possible de signaler nos sélections aux blogueurs reconnus dans leur domaine. S’ils les trouvent intéressantes, ils les relayeront sans problème et leurs donnerons ainsi de la visibilité.
    D’autre part, plutôt que d’héberger nos sélections uniquement sur le serveur de la collectivité (service pérenne), pourquoi ne pas aussi l’héberger sur des sites (type calaméo, scribd…) qui bénéficient d’un bon référencement, d’une large communauté et qui permettent d’intégrer ces publications dans nos sites sous des formes plus ludiques qu’un simple lien vers un PDF.
    Pour ma part, je trouve très intéressante la question des sites/blogs thématiques, mais il reste toujours le problème d’avoir l’aval de nos collectivités qui n’y voient pas forcément l’intérêt. Imaginons tout de même que cela soit possible, il me semble important que ces blogs/sites viennent en complément de ce qui existe déjà. Si tous les bibliothécaires décident de se lancer dans un blog sur la littérature jeunesse, quel intérêt ? Ne doit-on pas réfléchir à une collaboration entre bibliothèques sur ce type d’outils (comme le propose ziklibrenbib…) ? Enfin, il faut tout de même se poser la question : « quelles thématiques apporteraient une réelle plus-value à nos usagers internautes ? », car pour qu’un site soit utilisé, il doit répondre à un besoin (un intérêt) et séduire par la forme et le fond.

    • Anonyme

      Toutes vos remarques sont très pertinentes! Pour la collaboration entre bibliothèques, c’est une de nos réflexions à la Bpi.

    • Anonyme

      Toutes vos remarques sont très pertinentes! Pour la collaboration entre bibliothèques, c’est une de nos réflexions à la Bpi.

  • Anne Sophie Pascal

    Bonjour, merci pour cet article qui tombe à pic en plein dans nos cogitations sur la rénovation de notre site Internet et de notre présence sur Internet en général.
    Je ne comprends pas la phrase: « nous mettons en place des portails institutionnels, pas des portails web ». En effet, selon la définition wikipédia, portail institutionnel = porte d’entrée unique vers plusieurs sous-sites ; portail web = porte d’entrée unique sur des ressources et services centrés sur une communauté particulière. Il me semble que les bibliothèques proposent bien des portails web et pas des portails institutionnels (rares sont les établissements qui gèrent plusieurs sites Internet), même si tu n’es pas d’accord avec la façon dont les établissements définissent la « communauté particulière » à laquelle ils s’adressent, et que tu remets en cause son efficacité en terme de médiation. 

    • Anonyme

      Effectivement j’ai confondu, votre remarque est très juste, j’ai modifié le texte du billet pour en tenir compte :-)

    • Anonyme

      Effectivement j’ai confondu, votre remarque est très juste, j’ai modifié le texte du billet pour en tenir compte :-)

  • http://twitter.com/Deuziogc Deuzio

    Très bon article et même constat sur les comportements des lecteurs face à un site de bibliothèque qui majoritairement reste en effet de cet ordre : »Est-ce qu’ils ont le livre que je recherche ? Ah il est dispo ! C’est ouvert à cette heure-ci ? ». Une petite suggestion sur le moyen d’indexer ces contenus: soit on a à disposition un méta_moteur qui sera exploiter des mots matières, genre (sur les notices) et des tags sur les articles pour mouliner le tout et rendre un résultat à facettes pertinent… soit (à mon sens plus simple à mettre en place) on considère le dossier documentaire comme une ressource documentaire à part entière et on le catalogue dans son bon vieux SIGB ! Sans omettre l’ajout d’url vers des blogs, et un paramètre des API pour pointer sur un champs ‘auteur concerné’ ‘sujet du dossier’ etc… et ce qui n’empêche pas une petite bafouille en page d’accueil ou un joli flux RSS sur les derniers dossiers catalogués…

    • Anonyme

      Oui c’est exactement ça! :-)

  • Raymonde Wicky

    Ceci n’est pas un commentaire et je ne sohaite pas qu’il soit publié. Je voulais juste vous signaler qu’il manque un mot duans la phrase « Ce que nous faisons donc en publiant des contenus un portail c’est nous
    adresser à la communauté locale qui fréquente la bibliothèque pour lui
    proposer les services de l’institution.  » Il faudrait ajouter « dans » un portail (ou « sur » un portail), mais la localisation reste difficile, car la plupart du temps, on passe en fait « par » les portails ;-) bon, là il s’agit d’un « site portail », alors « dans » sera correct.
    Je vais réfléchir à votre article qui a priori me paraît pertinent, mais jel’ai lu trop rapidement pour le moment ! Merci en tout cas

  • http://twitter.com/julanimtic julien devriendt

    Merci pour cet article qui arrive à formaliser nos réflexions en cours sur la création de notre site. Bon au moins on avait prévu de mettre dans notre catalogue nos dossiers. Il ne reste plus qu’à mettre en place des espaces thématiques et convaincre les collègues de leur intérêt …

  • http://twitter.com/LeMoujik Stéphane NOÉ

    POUR EN FINIR AVEC LA RÉCUPÉRATION DES NOTICES
    J’aime beaucoup cette idée d’un portail de
    bibliothèque limité aux fonctions essentielles, où les contenus
    éditoriaux sont rendus visibles directement dans les résultats de
    recherche ou à l’intérieur des catalogues, plutôt que sur des pages
    dédiées.

    Par ailleurs, je déplore tout le temps
    perdu que nous autres bibliothécaires consacrons à dupliquer, à
    reprendre, à compléter de simples notices sans valeur ajoutée – dans
    chaque établissement – pour alimenter nos propres catalogues, au
    détriment du temps que l’on devrait précisément employer à enrichir les contenus et à les mutualiser.

    Le cloud computing devrait nous permettre
    de constituer un grand réservoir central dans lequel seraient hébergées
    toutes les notices, celles-ci pouvant être à posteriori améliorées
    (corrigées, enrichies, actualisées)
    par l’ensemble des professionnels des bibliothèques, à la manière d’un
    article Wiki. Chaque contribution profiterait en temps réel à l’ensemble
    des usagers, d’un bout à l’autre du territoire, plutôt qu’à une
    communauté au sein d’un établissement donné. Cette solution apporterait
    un gain de « temps et d’argent (public) » supplémentaire, une plus grande
    diversification des contenus et une plus large dissémination.

    Plutôt que d’importer des notices et les héberger sur nos propres
    serveurs, chaque établissement pourrait alors se constituer son propre
    catalogue – en fonction de ses collections – en appelant les notices du
    réservoir central et en y ajoutant simplement ses données d’exemplaire
    et de localisation.

    Cette conception du catalogue s’inspire largement du site
    http://www.senscritique.com (je ne remercierai jamais assez Silvère pour cette
    découverte !), mais j’imagine que notre profession a déjà expérimenté de
    tels outils et je serais curieux de les découvrir.

    • Anonyme

      oui c’est un créneau sur lequel le prestataire le plus avancé n’est pas (malheureusement) la Bnf mais OCLC pour l’instant : http://www.oclc.org/worldcatlocal/default.htm

      Ravi que SensCritique vous convienne j’aime beaucoup ce site aussi :-)

    • Anonyme

      oui c’est un créneau sur lequel le prestataire le plus avancé n’est pas (malheureusement) la Bnf mais OCLC pour l’instant : http://www.oclc.org/worldcatlocal/default.htm

      Ravi que SensCritique vous convienne j’aime beaucoup ce site aussi :-)

  • http://twitter.com/LeMoujik Stéphane NOÉ

    POUR EN FINIR AVEC LA RÉCUPÉRATION DES NOTICES
    J’aime beaucoup cette idée d’un portail de
    bibliothèque limité aux fonctions essentielles, où les contenus
    éditoriaux sont rendus visibles directement dans les résultats de
    recherche ou à l’intérieur des catalogues, plutôt que sur des pages
    dédiées.

    Par ailleurs, je déplore tout le temps
    perdu que nous autres bibliothécaires consacrons à dupliquer, à
    reprendre, à compléter de simples notices sans valeur ajoutée – dans
    chaque établissement – pour alimenter nos propres catalogues, au
    détriment du temps que l’on devrait précisément employer à enrichir les contenus et à les mutualiser.

    Le cloud computing devrait nous permettre
    de constituer un grand réservoir central dans lequel seraient hébergées
    toutes les notices, celles-ci pouvant être à posteriori améliorées
    (corrigées, enrichies, actualisées)
    par l’ensemble des professionnels des bibliothèques, à la manière d’un
    article Wiki. Chaque contribution profiterait en temps réel à l’ensemble
    des usagers, d’un bout à l’autre du territoire, plutôt qu’à une
    communauté au sein d’un établissement donné. Cette solution apporterait
    un gain de « temps et d’argent (public) » supplémentaire, une plus grande
    diversification des contenus et une plus large dissémination.

    Plutôt que d’importer des notices et les héberger sur nos propres
    serveurs, chaque établissement pourrait alors se constituer son propre
    catalogue – en fonction de ses collections – en appelant les notices du
    réservoir central et en y ajoutant simplement ses données d’exemplaire
    et de localisation.

    Cette conception du catalogue s’inspire largement du site
    http://www.senscritique.com (je ne remercierai jamais assez Silvère pour cette
    découverte !), mais j’imagine que notre profession a déjà expérimenté de
    tels outils et je serais curieux de les découvrir.

  • Jc Houpier

    Merci Silvère pour cet article qui formalise à point nommé des notions importantes au moment où nous sommes entrain de construire une présence web pour les BU de la nouvelle université de Lorraine !

  • http://bibliotheques.wordpress.com/ Lully

    Après avoir intérieurement validé tous les principes ci-dessus après une première lecture, j’en viens finalement à considérer que ce peut aussi être un faux problème : finalement, qu’importe parfois où certains dossiers, expositions virtuelles, etc. sont stockées ? pourvu que l’institution ne considère pas que leur diffusion est assurée par le fait que ces pages sont hébergées sur leur site web.

    Je veux dire par là que ma navigation sur Internet me ramène toujours aux mêmes sites.
    Quand je tombe sur des sites nouveaux, ce n’est plus (ou plus beaucoup) après une « recherche sujet » sur Google, mais pour avoir suivi un lien trouvé sur Twitter ou dans mon agrégateur (mais ce pourrait aussi bien être sur Facebook ou Google+).

    Donc l’hébergement des pages devient en quelque sorte indifférent : la réflexion doit surtout porter sur la manière de toucher la communauté des personnes potentiellement intéressées. Il n’est pas nécessaire d’assumer soi-même la charge de constituer et animer cette communauté, pourvu qu’on sache comment la solliciter à l’occasion.

    • Anonyme

      Les deux vont de pairs mais il y a un point technique qui plaide pour les fils thématiques aussi : avoir des fils rss dédiés non pas par sélection ou dossiers, mais thématique permet d’en faciliter grandement la dissémination. Savoir solliciter les communautés oui, mais également se donner les moyens de créer des habitudes de lecture en dehors du portail…

  • Melanie Merienne

    Bonjour,

     

    Je viens de découvrir votre article et comme le site que je
    gère (Bibliothèques valentinoises) y est mentionné, je tenais à réagir.  Vous évoquez, à juste titre, la difficulté des
    lecteurs à accéder aux dossiers web conçus par la bibliothèque. A ce propos, je
    suis parfaitement en accord avec vous, un accès via le catalogue serait effectivement
    beaucoup plus efficace. Je dois cependant apporter une précision pour éclairer
    notre démarche.

    Vous semblez dire que nous ne sommes pas visibles dans les
    moteurs de recherche. Or si vous tapez « réseaux sociaux » dans
    Google, vous vous apercevrez que le dossier web des bibliothèques valentinoises
    sur les réseaux sociaux s’affiche en toute première page, sixième  position ! Sur un thème aussi  large, je trouve que c’est plutôt un succès.
    Concernant le dossier sur la retouche photo, en effet le référencement est plus
    laborieux et la requête « retouche photo » ne renvoie pas rapidement
    au dossier. En revanche, la requête « histoire de la retouche photographique »
    par exemple (plusieurs fois indiquée dans nos stats) nous place en 1ere position.
     Il n’y a pas qu’une seule façon de
    chercher sur Google, il y en a des tas, et certaines requêtes renvoient bien vers
    nos travaux.

    Les sources de trafic via les moteurs de recherche sont de
    47% pour le dossier Retouche photo et de 90% pour le dossier Réseaux sociaux.
    Le but n’est pas en effet de « ranger nos contenus éditoriaux » là où
    personne ne pourrait les trouver mais bien de susciter une rencontre, parfois
    improbable, avec un internaute qui chercherait une info sur un moteur. C’est
    vraiment ce vers quoi nous tentons d’aller, même si c’est ardu, même si nous
    rencontrons parfois des échecs. 

    J’espère que ces informations alimenteront votre réflexion
    par ailleurs fort intéressante. 

    • Silvae

      Oui bien sûr je ne parlais pas du référencement dans mon billet mais du positionnement éditorial, et vous avez raison de rappeler que la nuance est réelle par rapport aux effets du référencement, même s’il ne faudrait pas qu’il empêche un positionnement en terme de communauté d’intérêt, qui a des implications aussi bien managériales que de lisibilité, au delà du référencement ! Bravo pour vos succès, pour les réseaux sociaux, c’est une belle performance c’est très clair!

      • Melanie Merienne

        Mais en fait nous sommes d’accord ! La visibilité des contenus sur un site de bibliothèque est un vrai problème. Le principe de communauté d’intérêt dont vous parlez est à mon avis très important, je vous rejoint là-dessus. Ce qu’il manque pour mettre ce type de médiation en place, c’est clairement du temps, du personnel, l’implication réelle des équipes qui n’en comprennent pas encore toujours les enjeux…

    • Silvae

      Oui bien sûr je ne parlais pas du référencement dans mon billet mais du positionnement éditorial, et vous avez raison de rappeler que la nuance est réelle par rapport aux effets du référencement, même s’il ne faudrait pas qu’il empêche un positionnement en terme de communauté d’intérêt, qui a des implications aussi bien managériales que de lisibilité, au delà du référencement ! Bravo pour vos succès, pour les réseaux sociaux, c’est une belle performance c’est très clair!

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