Gooogle scholar citation : élément clé de l’identité numérique des chercheurs

Google vient de rendre publique Google Scholar Citation, outil de mesure de l' »influence des chercheurs » par la fréquence de leur citation. L’aspect intéressant (et intéressé pour Google) est de permettre à chaque chercheur de mettre à jour ses articles, d’en ajouter ou d’en retirer de la liste. Il est également possible d’ajouter son avatar et d’indiquer des éléments de présentation pour qualifier sa présence en ligne en tant que chercheur.

Voilà le profil d’un jeune chercheur qui monte : Albert Enstein ;

La mesure est basée sur le h-index : qui se définit par :

L’indice h (ou indice de Hirsch) est un indice essayant de quantifier la productivité scientifique et l’impact d’un scientifique en fonction du niveau de citation de ses publications. Il peut aussi s’appliquer à un groupe de scientifiques, tel qu’un département, une université ou un pays.

Que l’on soit d’accord ou pas avec la bibliométrie, elle me semble illustrer la nécessité pour les bibliothécaires de BU de proposer des formations et des accompagnements au développement de la présence en ligne des chercheurs, en plus des formations à la recherche documentaire ou à l’utilisation des bases de données.

Olivier Erztscheid résume magistralement une tendance à l’écriture de soi dans laquelle nous fait entrer le numérique :

L’homme est un document comme les autres (démonstration). Et entrer dans le numérique équivaut à entrer en documentation de soi. Si notoriété et affluence sont les deux mamelles de la société du spectacle, autorité et influence sont celles de la documentation, qui donnèrent naissance à la bibliométrie. A ce titre, l’avènement de ces indicateurs participe de la même logique de redocumentarisation que celle qui fit de chacun d’entre nous des documents comme les autres. Elle en est la suite logique. Une fois constituée une collection de profils, un pan-catalogue de profils

Il ne s’agit pas là d’un domaine strictement réservé aux chercheurs, le premier guide pratique du Quantified Self (mesure de soi) est à paraître chez Fyp Editions. Hubert Guillaud dans une passionnante série de 3 articles parue sur InternetActu en fin d’année dernière pose très bien l’enjeu d’un domaine très ambivalent, à la fois formidable promesse et terrifiant par les dérives potentielles :

Comme le faisait remarquer Gary Wolf, le QS vise à “utiliser l’informatique utilement”. C’est un processus actif de réflexivité qui mêle informatique et données. L’informatique vise à comprendre et contrôler le monde par le calcul et le retour sur soi vise à lui donner une autre dimension, plus humaine, plus personnelle. “Les quantifiés sont souvent “embrouillés” par eux-mêmes”. La technologie leur sert à y voir plus clair sur eux-mêmes. “Ils utilisent leur empathie avec les outils techniques pour apprendre à mieux dormir, à avoir meilleur moral ou meilleure humeur… Ce sont des gens qui cherchent à améliorer leur rapport à eux-mêmes en inventant de nouveaux usages et de nouveaux outils”. Améliorer, le terme qui pose question est lâché. Car entre diagnostiquer, soigner, réparer et améliorer… Il n’y a qu’un pas que certains franchissent sans se poser de questions. Pour beaucoup, le QS reste avant tout une quête de soi qui finalement, cherche à rendre l’informatique personnelle encore plus personnelle, puisqu’elle vise à se connecter, non plus au village global, mais à ce que l’on a de plus intime : son corps.

(merci Stéphane)

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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