Move commons : labelliser les projets pour tisser des liens

[nb : ce billet à fait l’objet d’une publication synchronisée sur le site SavoirsCom1]

 J’ai découvert avec enthousiasme le projet Move Commons dans le récent livre coordonné par David Bollier et Silke Helfrich qui s’intitule : The Wealth of the Commons. Voici comment le projet est présenté sur Linux.fr :

Move Commons (MC) est un système de marqueurs pour permettre à toute initiative, collectif ou organisation non gouvernementale de déclarer simplement les principes auxquels elle adhère et de les afficher. C’est un peu le principe de Creative Commons appliqué non pas aux œuvres, mais aux projets, aux organisations et à toutes sortes d’initiatives. Move Commons est encore en version alpha : le système actuel de marqueurs est appelé à évoluer en fonction des idées de chacun. 

Un des co-fondateurs du projet, Bastien Guerry présente très clairement le projet sur son site  :

Move Commons a deux missions : (1) aider les initiatives à afficher clairement leurs engagements ; (2) aider les bonnes volontés à trouver l’initiative qui leur correspond. La première mission, Move Commons la remplit en inventant un système de labels que chaque association peut afficher très simplement sur son site. Ces labels disent si vous êtes à but non-lucratif, si votre modèle de gouvernance est horizontal, si votre activité contribue aux bien communs, si vous êtes transparents sur vos procédures et aidez les autres à les reproduire.

Oui, la simplicite de Move Commons est inspirée de celle de Creative Commons. Mais il s’agit ici d’actions, pas de contenus.

La deuxième mission de Move Commons est de créer un réseau d’initiatives dans lequel les utilisateurs pourront lancer une recherche. Parce que nous croyons qu’une telle mise en réseau permettra aux utilisateurs de trouver l’initiative qui leur convient et de rendre plus visible les petites initiatives locales. « Je veux trouver dans ma ville une association à but non lucratif qui lutte contre la faim et qui ne soit pas encombrée d’une hiérarchie me rappelant le travail… » Move Commons est là pour répondre à ce besoin.

Le site du projet présente 4 marqueurs combinables qui sont les suivants :

Les implications sont présentées sur le site de manière suivante :

  • A but non lucratif / but lucratif : MC encourage les gens qui veulent s’engager (mais ne savent pas comment) et facilite leur participation car ils peuvent facilement trouver où aider en fonction de leurs compétences.
  • Reproductible / Exclusive: MC promeut les “bonnes pratiques” dans les activités d’activisme, de la même manière que la méthode scientifique incite à faire de la « bonne science » : le principe de reproductibilité est un principe scientifique élémentaire. Cependant, des initiatives préféreront pour certaines raisons (vie privé, secret ou exclusivité) garder leur travail protégé.
  • Renforcer les Biens Commons : MC impulse la protection et l’expansion des Biens Communs, et la construction d’initiatives qui suivent cette ligne dans les solutions qu’elles proposent aux problèmes de la société, dans chaque champ d’action.
  • « Grassroots » / Hiérarchique: MC promeut les activités « grassroots » mises en réseau,  conformément aux nouveaux paradigmes qui émergent comme alternatives aux hiérarchies bureaucratiques pyramidales. Mais dans cette période de transition, de nombreux collectifs préfèreront garder un certain niveau de représentativité dans leurs structures internes.

Je trouve que les critères sont clairs et bien positionnés, notamment sur la question de la gouvernance et celle de la reproductibilité des processus que l’on applique trop souvent aux données de manière exclusive. Là où l’initiative est très intéressante c’est qu’en passant par le site pour positionner un projet dans Move commons, le code fourni ajoute des métadonnées sémantiques permettant le repérage et le classement de toutes les initiatives marquées ! Le projet avance puisque Bastien Guerry m’a indiqué par mail que le projet passe en version 1.0 en novembre 2012 (avec des icones définitives) un moteur de recherche d’initiatives. Move commons a besoin d’idées, de compétences et d’argent pour se développer, vous pouvez vous rendre sur Goteo pour contribuer au projet !

J’aime beaucoup pour ma part l’idée de labelliser pour rendre lisible par les machines, à travers le web et tisser des liens avec des critères simples et efficaces qui font sens dans une communauté d’intérêt. Et si c’était tout simplement ça l’avenir du web de données ?

De plus en plus de bibliothèques utilisent les licences creative commons pour publier des supports de formation, des blogs, des ressources pédagogiques en podcast, etc. et si nous ajoutions à toutes ces contributions au web des licences move commons sur certains de nos projets, par exemple pour en souligner l’ouverture et la reproductibilité ?

 

 

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

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