Le capitalisme linguistique est une économie de l’expression, par Frédéric Kaplan

J’ai eu la chance de participer aux Entretiens du nouveau monde industriel qui se sont tenus en décembre au Centre Pompidou. Parmi les nombreuses interventions de qualité, je retiens tout particulièrement celle-ci de Frédéric Kaplan, Professeur de Digital Humanities à l’EPF à Lausanne
et directeur du Digital Humanities Lab.

Il y affirme un point de vue orignal et particulièrement fin : les algorithmes de Google mettent en oeuvre un capitalisme linguistique puisque toute la régie publicitaire du géant n’est autre qu’une gigantesque place de marché pour les mots. Ce qu’on qualifie très souvent d’économie de l’attention est selon lui une économie de l’expression parce « qu’il ne s’agit pas tant de capter des regards que d’être un médiateur de l’écrit ».

Autrement dit, à chaque fois que Google corrige une expression entrée par un internaute il « rectifie la langue » pour la rendre exploitable. L’hypothèse est alors qu’une nouvelle créolisation est en cours, sous l’influence des contraintes d’un langage reconnaissable par les machines. Fredéric Kaplan énonce trois axes de recherche qui me semblent passionnants :

  • Modéliser l’évolution de la lange commerciale en produisant des dictionnaires du « Googlish » ou du « Bingish » par rapport à l’English
  • Modéliser les nouveaux dialectes algorithmiques, construire des algorythmes pour les reconnaître
  • Détecter et documenter les phénomènes des créolisation

Voici le support de son intervention, il est très lisible n’hésitez pas à le visionner !

;

; (612)

This work, unless otherwise expressly stated, is licensed under a Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 France License.

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

4 Responses

  1. tex_el dit :

    Merci pour ce lien, la présentation de Kaplan est claire et mérite qu’on s’y attarde.

  2. tex_el dit :

    Merci pour ce lien, la présentation de Kaplan est claire et mérite qu’on s’y attarde.

  3. Alysis dit :

    Merci pour la présentation de Kaplan qui est intéressante (surtout la page 43).

    Par ailleurs, vous avez écrit : » Modéliser l’évolution de la lange commerciale » : je pense que c’est la langue commerciale qui est concernée, simple coquille.
    Bonne année à Savoirs1com,

  1. 6 mai 2013

    [...] encore, car le numérique s’articule de plus en plus autour d’un « capitalisme linguistique« , dont les moteurs de recherche et leurs adwords nous ont déjà donné un [...]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>