Couperin rejette l’offre de Numilog : bonne nouvelle !

biblio_DRM_1L’information est déjà passée sur les réseaux sociaux et sur Actualitté, mais je ne peux manquer de la relayer ici : COUPERIN vient de refuser l’offre de Numilog, ce qui revient à la désavouer pour l’ensemble des bibliothèques adhérentes, soit plus de 230 établissements. Ce choix signifie que l’ensemble des membres de COUPERIN dit NON à un modèle pour lequel l’expérience de l’utilisateur est catastrophique. Extrait de l’article d’Actualitté :

Le tarif des offres n’est pas la seule donnée prise en compte : Couperin se réfère ainsi aux 10 commandements établis par sa Cellule ebook, qui intègrent notamment l’interopérabilité, les usages pédagogiques, ainsi que l’évolution des offres en fonction de l’usage. La liste réserve également une place aux DRM, ces mesures techniques de protection qui, en espérant éviter le piratage des fichiers, encadrent strictement les conditions d’utilisations des documents numériques :

Enfin, en termes d’usages, il est essentiel que :

 Les offres éditoriales s’affranchissent des logiciels et des matériels propriétaires à cause des restrictions d’usage imposées par les mesures logicielles de protection (DRM);

 Dans le cas contraire, les DRM devront faire l’objet d’un affichage clair de la part du fournisseur, qui précisera les matériels et logiciels requis pour consulter les documents qu’il fournit;

 Les éditeurs proposent plusieurs possibilités de lecture sur écran, ainsi que des solutions de téléchargement sur tablette de lecture;

 Il soit possible d’imprimer des extraits ou la totalité de l’ouvrage;

 Les possibilités de prêt entre bibliothèques, d’exportation et d’impression des documents, qui manquent souvent de clarté, soient explicitement indiquées;

 La possibilité de choisir les documents titre à titre;

 Pour les offres en abonnement, la possibilité de modifier la liste de ces titres à tout moment ou au moins une fois par an soit proposée.

Comme le signale la page consacrée aux négociations relatives à l’offre Numilog, ce sont bien les DRM qui ont coûté une recommandation au distributeur-diffuseur. Ces mesures techniques de protection «empêchent le prêt entre les bibliothèques, requièrent l’ajout d’un plug-in Microsoft Silverlight pour la lecture en streaming, et l’installation du logiciel Adobe Digital Edition pour la lecture hors ligne », nous précise Laurent Lhuillier, chargé des négociations avec l’opérateur. Par ailleurs, le fichier est chronodégradable, et pourra être consulté par l’usager pendant 3 semaines uniquement.

Voilà qui me semble une décision importante et un vrai signal envoyé aux éditeurs. J’en profite pour rappeler que CAREL a publié des recommandations sur le livre numérique qui sont assez claires sur la question des DRM.

Contrairement à Hervé Bienvault je pense que ce n’est pas une mauvaise nouvelle du tout pour l’offre de livres numériques en bibliothèques, mais que la décision questionne très justement un modèle inadapté au moment même ou le projet Prêt numérique en Bibliothèque est en discussion.

Comme le note Calimaq, il est significatif que Denis Zwirn, PDG de Numilog dans la réponse qu’il apporte à Couperin  emploie l’expression suivante : « cet usage, techniquement et légalement obligatoire des DRM« . C’est dire à quel point le DRM est mental. Non seulement les DRM ne sont pas une obligation légale, mais en plus ils sont une contrainte technique à la fois pour les usagers et les bibliothécaires, au détriment de la circulation des idées… Quant à dire qu’il n’y pas d’alternatives, c’est juste faux, l’offre de L’immatériel aux bibliothèques le montre.

Il est essentiel de construire un marché du livre numérique en respectant les droits des lecteurs. C’est tout autant une question économique qu’une question politique.

Et si quelque chose était en train de changer ?

 

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