Enquête publique de l’AFNOR sur l’évaluation des bibliothèques, participez!

Screen Shot 10-10-14 at 08.28 PMJe participe pour la Bpi au groupe CG 46-8 de l’AFNOR, l’organisme français qui élabore les normes ISO dans les domaine des bibliothèques.  En ce moment, l’AFNOR lance une enquête publique sur la future norme NF ISO 11620 « Information et documentation – Indicateurs de performance des bibliothèques « . Cette norme est ouverte aux commentaires de tous jusqu’au 7  novembre 2014. Dans ce groupe AFNOR, Thierry Giappiconi est actif depuis 25 ans pour défendre une approche raisonnée des politiques publiques dans lesquelles les bibliothèques s’inscrivent.

Mesurer la « performance des bibliothèques », voilà qui peut semble assez technique voire douteux, mais c’est pourtant essentiel. Cette norme est tout simplement de moyen de construire des indicateurs fiables pour évaluer la manière dont les bibliothèques produisent des résultats et des impacts au regard des missions de politique publiques qui leur sont confiées. J’avais écrit un long billet à ce sujet il y a quelques temps. Notamment ce schéma qui vous permet de comprendre très vite le vocabulaire de base :

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Trop souvent les chiffres de fréquentation des bibliothèques sont envoyés à des élus sans aucune mise en perspective par rapport à la démographie des villes (comme si une fréquentation de 30% d’étudiants était équivalente sur une population à desservir qui en comporte 10% et sur une population qui en comporte 50%….) Trop souvent on réinvente la poudre de l’évaluation des services sur place, trop souvent on confond allègrement les notions de demande, de besoin, de performance, de résultat, ou d’efficience… Tout ça est précisé dans la norme avec un objectif clair : définir pour harmoniser les pratiques et rendre possibles les comparaison internationales.

L’évaluation des politiques publiques est un champ incontournable pour ceux qui souhaitent que les budgets ne soient pas une fin en soi mais qu’ils soient toujours envisagés par rapport aux résultats et aux impacts qu’ils proposent. Elle est aussi indispensable pour ceux qui pensent que l’action non-marchande des services publiques ne peut se mesurer et qu’elle est donc inutile…

Voici par exemple les épineuses questions qui se posent et qui pourraient être intégrées dans la norme :

  • Quels indicateurs pour les ressources numériques? (la norme est assez pauvre à ce sujet, la participation de membres de Couperin au groupe de l’AFNOR est acquise et la fera certainement évoluer)
  • Comment redéfinir la notion de population à desservir à l’ère du numérique? Comment prendre en compte les communauté d’intérêt? Quels indicateurs de la notoriété de la présence en ligne d’une bibliothèque?
  • Quels indicateurs pour les stratégies de médiation numérique? Comment mesurer les résultats de l’action d’une bibliothèque sur le web? Sur Facebook? Sur Twitter? Comment prendre en compte le nombre de vues des vidéos d’une captation d’un événement?
  • Comment intégrer la participation des usagers à l’évaluation ?

Ces éléments ne figurent pas aujourd’hui dans la norme mais rien n’empêche de les y inclure… Attention, officiellement, la norme est déjà publiée à l’ISO cette enquête publique porte sur sa bonne traduction pour la publication prochaine en France. Je vous recommande pourtant de faire  toutes vos remarques de fond durant cette enquête, la norme devant être révisée dans les années qui viennent vos remarques seront bien prises en compte dans le groupe CG 46-8.

Enfin sachez que sur la page de l’enquête publique, l’accès à la version intégrale de la norme est libre et gratuit. La notion d’Open Data n’est pas encore arrivée jusqu’à l’AFNOR, Association reconnue d’utilité publique placée sous la tutelle du ministère de l’industrie, qui fait habituellement payer très cher les normes alors même qu’elles doivent être largement diffusées pour être appliquées… Par décret, seules les normes d’application obligatoire sont gratuites, les autres sont très chères, les recettes alimentant les « ressources propres » d’une organisation qui se dit éditrice et appose un copyright sur l’ensemble des contenus produits en grande partie par des professionnels (comme moi) non rémunérés dans l’exercice de leurs fonctions. A l’heure où la France met en oeuvre une grande politique des données ouvertes ou Météo France, l’Institut National de l’information Géographique et Forestière, ou encore la Bibliothèque Nationale de France ont abandonné les redevances sur les données pour vendre des services, il y a là de quoi s’interroger…

 Ce moment de l’enquête publique est le seul moment où l’accès à la norme est libre, profitez en pour vous intéresser à ces questions et contribuez si vous le souhaitez!

 

Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

1 réponse

  1. Jana!!! bonito nombre Bibi! me alegra mucho saber de ti y de tu peque, je,je.La explicación de la bajada con culo está hecha. A la vuelta te cuento… impresionante, en un periquete me planté de los 5.000 y pico metros a los 3.000 y pico… genial!Besotes wuapa.

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