Lis tes classiques (et découvre le domaine public)

lis-04J’ai eu l’occasion de me déplacer dans les médiathèques de Lorient récemment et je suis tombé en arrêt devant le projet  « Lis tes classiques » de Parallèles Editions.

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L’idée est toute simple et très efficace : une affiche, des QR codes et des classiques du domaine public. Les gens sont invités à flasher le QR code et retrouvent le texte correspondant au livre présenté sur la tranche dans leur téléphone.

La médiathèque de Lorient accueille une exposition intitulée « Parallèles éditions: rencontre entre papier et numérique » jusqu’au 10 décembre 2014. Des exemplaires de Lis tes classiques ont été disséminés dans un quartier de la ville de Lorient et les bibliothécaires en installeront à la médiathèque après l’exposition, de manière permanente!

On a là un dispositif passerelle assez simple à mettre en oeuvre. La matérialisation du numérique  est une idée qui me fascine depuis très longtemps je présente toujours la démarche comme un élément clé d’un projet de médiation numérique.

Avec Lis tes classiques on a l’équilibre parfait du dispositif passerelle de médiation numérique : un outil passerelle (le QR code), des usages perçus (flasher un QR code en mobilité) et le besoin documentaire : lire des classiques.

Je me dis que toutes les médiathèques devraient mettre une telle affiche qui pointe sur des livres dans le domaine publique, sans aucune restriction d’accès, (voilà qui coûtera bien moins cher que les livres numériques qu’on cherche à nous vendre…)

On pourrait aussi imaginer de décliner ce dispositif pour des besoins documentaires plus ciblés comme le bac de français, ou le programme de l’agrégation, ou encore, au hasard, un calendrier de l’Avent du domaine public!

Le projet des éditions parallèles est en fait projet urbain :

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Silvae

Je suis chargé de la médiation et des innovations numériques à la Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou à Paris. Bibliothécaire engagé pour la libre dissémination des savoirs, je suis co-fondateur du collectif SavoirsCom1 – Politiques des Biens communs de la connaissance. Formateur sur les impacts du numériques dans le secteur culturel Les billets que j'écris et ma veille n'engagent en rien mon employeur, sauf précision explicite.

12 réponses

  1. Karl-Groucho D. dit :

    Ah ouééééé !

    Merci la « Passerelle » nécessitant de filer le blé qu’on n’a pas à un opérateur, et de con sommer du smart aphone, etc.

    Vous êtes pour la consommation aveugle et à tout prix ou pour la lecture des classiques ?

    Réfléchissez cinq minutes, quoi ! Au lieu de vous comporter comme des mômes de cour de récré & en pleine projection.

    K.-G. D.

  2. cyrz dit :

    Je me permets de partager ici le lien pour télécharger le zip de l’affiche
    http://lis-tes-classiques.tumblr.com/
    On a pas fini de consommer du smartphone hein !-)

  3. Nicolas dit :

    A noter que c’est exactement le même dispositif que ce que l’on trouve dans certains TER (une image ici : http://www.easyvoyage.com/images/infosVoyageurs/600×400/13724.jpg )
    Seule différence : la « bibliothèque digitale » des TER propose en plus des classiques de Parallèle édition des ouvrages publiés par Storylab (fictions courtes d’auteurs contemporains).

    J’envoie un petit mail à Parallèle éditions pour voir si c’est faisable « ailleurs » 😉

    • Silvae dit :

      Ailleurs à la Bpi? 😉

      C’est eux aussi je crois qui sont dans ce truc des TER.

      C’est bien de les contacter, mais les (bonnes idées) sont de libres parcours, pas besoin de leur autorisation pour refaire la même chose hein !

  4. Karl-Groucho D. dit :

    & toc. Tout en esquivant (Ô combien habilement) toute réponse rationnelle, vous confirmez bien le comportement de môme de cour de récré & en pleine projection ;-))

    Absolument rien d’agressif (parano mais presque), simplement la constatation de faits objectifs.

    Bonsoir l’Inquisition, pas Tapon.

    Bof…

    K.-G. D.

  5. boissard dit :

    Notons qu’avec ce billet, nous assistons à la dématérialisation de la rematérialisation de la dématérialisation du livre. On attend la suite avec intérêt.

  6. B. Majour dit :

    Intéressant de l’avoir en affiche.

    En bi-face, ça nous ferait des étagères légères, légères. 🙂

    J’imagine déjà des bibliothèques vendant/prêtant leurs propres affiches. Après tout, on peut facilement déborder l’usage du domaine public.

    Par contre, ce qui serait bien, c’est d’avoir aussi l’adresse de ces bibliothèques virtuelles… pour ceux qui n’ont pas l’usage ou la possibilité du QR-code.

    Avec ça, je sens qu’on va voir sortir des oeuvres d’art spécial bibliothèque.
    Merci pour l’idée.
    B. Majour

  7. Roberta Carlos dit :

    @Silvae
    Ce que pointe du doigt Karl-Groucho D. n’est pas inintéressant et ne doit pas être vu comme de la provocation.

    Ce genre d’initiative accentue la fracture déjà énorme de ceux qui « peuvent suivre » les avancées technologiques/numériques et les autres. Le fossé se creuse encore. Et c’est toujours les mêmes -au final- qui accèdent à la culture.

    Ca pose un problème plus large > pour quels publics ? qui lis encore des classiques ? et avec un RMI, sans travail et un logement minable, voire des problèmes personnels, familiaux, psychologiques, de santé, d’addictions etc etc.. comment avoir le temps pour les livres ? les classiques ?
    Aller flasher des QR codes sur un mur en empruntant un smartphone à son conseiller Pôle Emploi après son actualisation mensuelle ?

    Une iniative pensée par des bien-assis pour des bien-assis.

  8. Carole dit :

    Un petit point noir à cette initiative intéressante : les nantis équipés de liseuses ne peuvent -à ma connaissance- profiter (rapidement en tout cas) des QR code… Et lire sur tablettes brillantes, ça fatigue les yeux.

  9. Hisoka dit :

    Initiative intéressante qui permet de diversifier l’offre.
    Même si je ne suis pas moi même possesseur de smart ou tablette.

  10. Certes, c’est une initiative qui nécessite smartphone ou tablette que tous n’ont pas. Néanmoins, pour les réfractaires aux écrans et les sans le sou, il reste les autres services de la médiathèque de Lorient, parmi lesquels l’un est parfaitement adapté aux sans-écrans (et même à ceux qui en ont – des écrans) : le prêt de livres papier. Les grincheux comme M. Karl-Groucho ont tendance à l’oublier. Diversifier les canaux est utile pour promouvoir la lecture sur tous supports et pour tous publics. Qu’un canal ne touche pas tous les publics n’est en rien un problème, puisque d’autres canaux leurs sont offerts : c’est ce que les bibliothécaires appellent l’hybridation.

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