avr 11


Trouvé grâce au fil RSS de @rchivesSIC cette étude d’un groupe de conservateurs de l’ENSSIB: Réflexions sur un angle mort de la bibliothéconomie : la notion de « Généralités » . Cette chouette étude
(très lyonnaise et orientée BU quand même) propose de remplacer l’impensé “généralités” (tour à tour références, usuels, etc.) par la notion de ressources d’intérêt général (rien à voir avec le service public à l’européenne…)

En substance; pour donner un corps
(un projet poldoc quoi) à une notion floue, les auteurs préconisent plusieurs alternatives dont en particulier la création d’un espace Clefs du savoir qui regroupe, outre les traditionnelles ressources à vocation encyclopédiques et celles destinées à favoriser l’interdisciplinarité, des ressources numérique.

Sous l’appellation « Clefs du savoir », on désigne les ressources à vocation encyclopédique, qui ont pour but de donner accès au Savoir, considéré comme un tout. (…) Mais c’est l’environnement numérique qui constitue certainement l’horizon le plus prometteur pour développer une collection « Clefs du Savoir ». L’encyclopédisme traditionnel, qui s’appuyait sur une organisation structurée et hiérarchique des savoirs, a été fortement battu en brèche par le développement disciplinaire des connaissances. Cependant, des outils se développent dans l’espace numérique, qui renouvèlent les modalités d’accès au savoir. On pense aux moteurs et métamoteurs de recherche, aux annuaires, et même à de nouveaux outils comme les wikis ou les fils RSS, qui permettent à chaque utilisateur de construire son propre parcours au sein du savoir en fonction de ses besoins. Une collection « Clefs du Savoir » pourrait ainsi comporter un prolongement virtuel, qui proposerait un accès raisonné à des ressources électroniques. Une telle brique documentaire pourrait contribuer à lutter contre le phénomène de « googlisation » de la société en favorisant des accès pluriels à la Connaissance.

Reste quand même à mieux définir ce domaine, qui relève à la fois des sciences de l’information, du droit, des techniques, de la sociologie, de l’économie…sans oublier les difficultés à définir la notion d’info-literacy. (d’ailleurs une nouvelle revue en anglais se lance sur le sujet)

Je note également la distinction bienvenue entre “généralités transversales” et les “généralités disciplinaires”, distinction qui pose des problèmes de gestion mais qui a le mérite de de tenter de clarifier la notion fuyante de “généralités”. A noter également la proposition d’un fonds “métier de l’étudiant” qui me semble particulièrement intéressant. Voilà pour plus je vous invite à lire cette étude!

Et pour vous c’est quoi des “généralités”? (hormis les programmes des candidats bien sûr…)

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fév 20

Petite expérience à laquelle je me suis livré: compter le nombre de formations du CNFPT dédiées aux politiques documentaires et les comparer à celles dédiées au catalogage…



Posons quelques éléments : qu’est-ce que la politique documentaire?

Définition (donnée en formation poldoc, merci Adèle Hibrustote):

Une politique documentaire est l’expression formalisée et cohérente qu’une bibliothèque de service public donne de ses choix et priorités en matière de développement et de gestion des collections, adaptée aux missions de la bibliothèque et conforme aux orientations et enjeux de politique publique de la collectivité.

Grosso modo il s’agit de répondre précisément aux questions Pourquoi? Pour  qui? Comment? A quel coût?

Au fond, l’enjeu est aussi de (ré)organiser nos établissements, en particulier pour diminuer le volume de temps consacré aux tâches techniques de catalogage et donner plus de place aux opérations de sélection et de médiation.

le Catalogage, c’est de notoriété publique désomais, est amené à reposer en paix. Par exemple, cette bibliothèque au conservateur bien connu pour ses positions sur le sujet n’en pratique plus, et il n’est pas le seul….

En quoi l’offre de formation du CNFPT reflète-t-elle cette tendance du métier?

L’idée était de quantifier le nombre de stages dédiés aux politiques documentaires, et de le comparer au nombre de stages dédiés au catalogage. Cela doit permettre de mesurer (en essayant d’être équitable) l’adéquation de l’offre CNFPT avec l’idée que je me fais (en toute abscence de neutralité ;-) de l’évolution de notre métier.

Une quinzaine d’années après l’émergence des poldocs en France j’ai pris en compte le principal organisme de formation qu’est le CNFPT pour les personnels de la fonction publique, financé il faut le rappeler en partie par une contibution de nos collectivités. J’ai volontairement limité ma recherche à cet organisme, mais j’évoquerai un autre exemple ensuite.

Le CNFPT est donc sensé trouver un équilibre entre l’offre nécessaire pour mettre en oeuvre des politiques publiques efficaces, et la demande des collectivités. Il est donc essentiel que cet organisme ne soit pas seulement du coté de la demande, mais aussi du coté de la promotion de thématiques jugées importantes par ses instances dirigeantes.

J’ai donc interrogé le catalogue, région par région avec les termes "politique documentaire", dans tous les domaines et sous-domaines, à partir de Février 2007. Je considère que les stages sur ‘l’évaluation des collections’ sont très proches de la poldoc, je les ai donc compté. Par contre les stages sur "le désherbage", ou "l’indexation des images" relèvent d’une vision tellement partielle que j’ai décidé de ne pas les comptabiliser.

Pour le catalogage, j’ai fais la même procédure, en ne comptat que les stages "purs et durs" (du genre catalogage niveau 1, 2, 3), en excluant les stages sur le constitution de fonds partimoniaux, puisqu’un apprentissage est justifié dans ce cas. Je n’ai pas compté non plus les (rares) stages modernes dédiés explicitement à la réccupération des notices.

voilà le résultat: il me semble assez clair:






Je précise que j’ai eu d’autant moins de scrupules à faire cette petite enquête que je suis débutant-formateur au CNFPT, de manière ocasionnelle, en plus de mon activité de fonctionnaire. Mon intérêt à voir se développer l’offre en formations poldocs est donc limitée par le temps que je peux consacrer par an à faire le formateur…(autrement dit pas lourd…)

Cette structure de l’offre est confirmée par celle de Médiadix où il est facile de comparer d’un coup d’oeil l’offre en matière de poldoc et l’offre en catalogage….(il faut cependant souligner que ces stages sont fréquentés par des personnels d’Etat et notamment ceux de la Bnf qui sont bien inspirés d’apprendre le catalogage pour que le reste de la Francophonie ne l’apprenne plus…)

Notons que de manière générale, les fonctions poldoc (notamment acquisition/médiation) et catalogage sont en général confiées à des personnels de grades équivalents. L’argument de dire que le différentiel de l’offre est lié à un moindre public-visé dans un cas par rapport à l’autre ne me semble pas valide.

Les conclusions ne sont donc pas très optimistes…du moins en ce qui concerne mon hypothèse de départ. Si le CNFPT est un reflet des tendances du métier, tout cela n’est pas très positif ni pour le métier ni pour le CNFPT!

Cependant, il serait utile de faire cette étude sur plusieurs années, ce n’est qu’un petit indicateur que je présente ici, dans un domaine complexe il est vrai.

Je finirai par le détail de deux stages: un particulièrement intéressant en catalogage, et un particulièrement catastrophique en Poldoc:


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oct 24

Le groupe Poldoc propose un nouvel outil aux acquéreurs et aux gestionnaires de collections en bibliothèque, WikiPoldoc !

Comme son nom l’indique, WikiPoldoc est un wiki, donc un site collaboratif permettant de mutualiser les différents outils que chaque acquéreur constitue et conserve par devers lui (parfois sous forme de notes) . Quels outils ?

- les titres de périodiques jugés essentiels dans une discipline
- les meilleures (et les pires !) collections dans une thématique
- les bibliographies courantes les plus utiles pour les acquisitions
- les meilleurs sites Internet dans un domaine
- le plan de classement adopté pour une discipline
- les lieux ressource sur un sujet précis
- les titres à lire lorsqu’on veut suivre l’actualité des contenus dans un secteur d’acquisition
- etc.

WikiPoldoc peut être ainsi la boîte à outils personnelle de chaque acquéreur qui y inclut ses notes, listes et réflexions, et ce peut également être le moyen de tirer parti des notes, listes, etc. des autres acquéreurs dans le même domaine, donc de partager et d’échanger.

Chacun peut écrire dans WikiPoldoc, mais 3 points méritent d’être soulignés :

L’objectif n’est en aucun cas d’aboutir à des références ou listes idéales : chaque outil est évidemment construit dans le contexte particulier de la bibliothèque où il a été élaboré. Il convient donc d’une part de ne pas modifier sur le fond les articles des autres (sinon à la marge : précision d’adresse, de prix, etc.) mais plutôt de proposer ses propres références dans un nouvel article, d’autre part de toujours expliquer en tête d’article le contexte dans lequel l’outil a été élaboré (type de bibliothèque, voire niveau de spécialisation ou nature de public, ou….).

Nul n’est besoin de rédiger des articles soigneusement pesés et construits : de simples listes, des notes, voire des liens sur d’autres sources (articles, listes, etc.) font tout à fait l’affaire. Mieux vaut des notes rapidement jetées et tout de suite utilisables, plutôt que de merveilleux articles… jamais écrits faute de temps !

La structure de WikiPoldoc propose d’assigner à chaque ‘article’ deux ‘catégories’ (descripteurs sommaires ?), une catégorie désignant un Contenu et une catégorie désignant un type d’ Outil, de façon à disposer d’une double entrée pour accéder aux articles. Ces catégories sont listées en page d’accueil : elles peuvent être jugées insatisfaisantes dans leur précision, mais n’oublions pas qu’il ne s’agit que de ‘boites de rangement’, non d’indexation au sens strict (oublions les classifications pour une fois !) ; si certaines catégories vous semblent vraiment manquer ou être inadéquates, merci de lancer le débat dans l’onglet ‘Discussion’ de cette page d’accueil, sans effectuer des modifications à la hâte !

WikiPoldoc a été mis en place avec l’enssib. Nous espérons que cet outil rendra service à tous les collègues gestionnaires de collections (matérielles et numériques) !

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sept 21

En ce moment, je prépare une intervention directement liée à Bibliobsession dans une  prochaine journée d’étude…(vous en saurez plus bientôt, mais le buzz est lancé ;-))…ce qui explique l’irrégularité de la parution des billets.




La revue Vacarme à consacré un numéro aux bibliothèques joliement intitulé Bibliothèques, entre les lignes malgré une couverture pariculièrement laide. (bibliothèque = couverture triste?)

A noter ce bon article de Benoît Tuleu, Sélectionner, proposer, prescrire, qui est une introduction claire et complète aux politiques documentaires. (Bien que je reste toujours sur ma faim quant à la transposition de la notion de "collection" telle qu’elle est envisagée dans les espaces physiques, à très grande échelle et dans l’environnement numérique et hybride mais bon…j’y reviendrai) L’article s’adresse à des non-bibliothécaires (ou servira de révision à ceux qui préparent l’oral d’assistant qualifié ;-) (allez Julie on y croit!)

Je remarque cette chouette mise en relation de "l’économie de l’attention" et de l’économie de traîne" ce qui n’est pas sans faire penser à l’obsession du bibliobsédé, à savoir la longue traîne. (faut toujours que j’arrive à le placer, ça va devenir pathologique :-0)

citation :

Les bibliothèques oscillent ainsi entre une « économie de l’attention » (au marché, aux attentes du public) et une « économie de traîne » (valorisant les documents ayant un nombre restreint de lecteurs), auxquelles correspondent deux vitesses de renouvellement des collections : rapide dans l’économie de l’attention (ce que les bibliothécaires appellent aussi les « collections courantes »), plus lente et même immobile pour les collections de référence, d’étude et surtout les collections patrimoniales. Tension insoluble, sans doute, mais dans laquelle se met en œuvre le « pluralisme » cher aux bibliothécaires.

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juin 27

vu sur
Biblioforum ce qui risque d’arriver lorsque l’on a pas de politique documentaire dans sa bibliothèque:



Bonjour !

A la Médiathèque où je travaille actuellement, je suis chargé de créer un fonds de DVD.
J’ai donc tout naturellement passé une première commande… Il se trouve que mon élu à la culture a souhaité voir cette liste et a rayé des titres sous prétexte que soit disant ils n’avaient pas leur place dans une bibliothèque publique.
De plus il souhaite faire valider cette liste par le conseil municipal. La commande est actuellement bloquée chez le fournisseur.

Voici une petite liste des films à titre d’exemple que je dois supprimer :
- Coup de foudre à Bollywood
- Crocodile Dundee
- La Firme
- Coup de foudre a Notting Hill
- Les films de Stanley Kubrick
- Kill Bill


Ma Directrice cautionne les choix de l’élu et me demande de revoir ma commande.

Pour ma part je trouve tout d’abord que c’est un non respect de mon travail. J’ai fait preuve du plus grand pluralisme pour établir la liste et d’une très grande déontologie.

Quel est votre avis sur la question ???
Que dois-je faire ? Je n’ai personnellement jamais été confronté à ce genre de problème !


Attention hein je dis pas qu’une Poldoc formlisée c’est la panacée ! Mais il faut reconnaître que dans un cas comme celui-là, on peut rapeller utilement les élus aux choix effectués dans une Charte des collections ou un Plan de développement qu’ils ont eux-mêmes validé….

Et puis il n’y a pas si longtemps (environ 10 ans) , ce sont des ingérences similaires (quoique plus idéologiques) d’élus frontistes dans quelques tristes villes du Sud qui ont incité la profession à mettre en place des politiques documentaires.

Même si celles-ci sont de plus en plus mises en oeuvre, il est quand même parfois utile de rappeler qu’aujourd’hui en 2006 il est encore nécessaire d’expliciter et de formaliser nos choix et nos pratiques. Ca ne règle pas tous mais bon sang que ça fait du bien de faire le point à un moment donné!






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juin 26

Me voilà de retour avec un chouette schéma publié dans le livre de Thierry Giappiconi.


Dans ce schéma; on retrouve tout ce qui fonde notre action de bibliothécaires (bibliothèques publiques), en tant que membres d’une collectivité oeuvrant pour l’intérêt général. Je le trouve vraiment clair parce qu’il pose théoriquement ce que nous faisons tous les jours: parier sur des impacts que la bibliothèque peut avoir sur le corps social…!

Je dis parier car ce n’est pas si facile de mesurer les impacts des bibliothèques dans leur volonté de "changement social" (belle idée non?). Tout au plus, et ce n’est déjà pas si mal, peut-on opérer quelques mesures avec une norme comme celle-ci : La norme ISO 11620, Information et documentation Indicateurs de performance des bibliothèques.

Je vous invite d’ailleurs à consulter les documents issu de cette journée d’étude "Deux normes essentielles : le « Records management » et les indicateurs de performance des bibliothèques" qui a eu lieu le Jeudi 8 juin 2006 - 9 h 30 - 17 h 30 à la Bibliothèque nationale de France


Derrière tout cela, il y a tout la question de savoir à quoi nous servons et pourquoi nous sommes là. Mais cela peut être bien cruel parfois…. et si la réjouissante enquête du crédoc n’était que de la poudre aux yeux?

C’est la question que pose Thierry Giappiconi dans le débat virtuel de la BPI :

In extenso :

"Il semble que l’on se félicite du fait que la bibliothèque "a aujourd’hui l’image d’un lieu culturel familier, dans la proximité immédiate du lieu de résidence". Mais peut-on s’en satisfaire ?

N’aurait-il pas convenu de tenter d’aller plus loin, c’est à dire d’évaluer les effets et les impacts de la politique de développement des bibliothèques dans l’esprit d’une démarche d’évaluation des politiques publiques qui, selon la circulaire du 28 décembre 1998 : "Vise à comparer les résultats d’une politique aux moyens qu’elle met en oeuvre qu’ils soient juridiques, administratifs ou financiers et aux objectifs initialement fixés [et qui] se distingue du contrôle et du travail d’inspection en ce qu’elle doit aboutir en un jugement partagé sur l’efficacité de cette politique et non à la simple vérification des normes administratives et techniques »

Cette question nous renvoie à la question de savoir si l’objectif était seulement la fréquentation, voire la banalisation de la bibliothèque, ou bien si cette attente de résultats n’était qu’une composante de la mesure des effets et les impacts de cette fréquentation à partir d’un certain nombre de problèmes de société préalablement identifiés, puis au regard d’objectifs pertinemment définis

J’aurais par exemple été intéressé de savoir, de même que sans doute la plupart de mes collègues et les responsables des collectivités locales, ce que traduisent ces résultats au regard des missions de la bibliothèque.

Même « les objectifs initialement fixés » peuvent être très variables d’un établissement à l’autre il pourrait par exemple être intéressant de savoir :

- Quel est l’impact (social, économique) de l’action des bibliothèques sur la lecture des oeuvres artistiques et scientifiques au regard de la diffusion commerciale ? - dans quelle mesure la bibliothèque publique contribue t-elle à la lutte contre l’échec scolaire à l’école et dans le premier cycle universitaire (problématique qui regarde, rappelons, le 65% d’une classe d’âge), et par effet induit à l’insertion sociale ? - dans quelle mesure la bibliothèque contribue t-elle à la formation permanente, et par effet induit au développement économique et à l’emploi ? - dans ces deux derniers questionnements, quelles sont les parts respectives de la sélection documentaire, de la fonction de médiation et des équipements ?

Il ne s’agit là que de quelques exemples de questions dont les réponses me sembleraient précieuses pour la conduite du développement des collections et des services et pour le nécessaire dialogue entre les professionnels des bibliothèques, les décideurs politiques et la population."

Ces questions sont justes non?

NB: Thierry Giappiconi participait à un atelier intitulé "
La bibliothèque, un outil au service de la collectivité" au dernier congrès de l’ABF. Quelqu’un y a assisté? et veut bien faire un compte rendu?

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mai 23


La British library a décidé de lancer une grande réflexion/consultation autour de sa politique documentaire. La principale idée du document sobrement (!) intitulé “The British Library’s Content Strategy – Meeting the Knowledge Needs of the Nation” présente le passage d’une stratégie de "développement des collections" à une "Content strategy" que je traduis par "une politique d’accès à des contenus", définie à partir du contexte actuel de modifications des pratiques et de développement de bases de données dans de nombreux domaines.

Quelle est la rupture soulignée? La collection disparaît-elle au profit de "contenus"? S’agit-il d’un nouveau paradigme pour la politique documentaire? Après lecture attentive de ce document, je pense quant à moi que la vénérable institution prend la mesure de la nécessité d’acquérir des nouveaux supports et de s’orienter vers l’usager. Mais selon moi la notion de collection reste essentielle, les acquisitions électroniques et les accès sont l’une de ses composantes (preuve en est d’ailleurs l’adoption du Conspectus dans la démarche de la BL).

Parler de rupture est donc pour le moins exagéré, je préfère parler de l’adjonction des notions de services et d’accès à celle de constitution des collections; les deux points de vues se nourrissant l’un l’autre.

Plutôt que de commenter les choses trop longuement  j’ai réalisé une carte heuritique de ce que j’ai compris du document pdf livré par la BL aux commentaires de tous (et même avec des questions style Lagarde et Michard genre "commentez ce paragraphe là en répondant à cette question là"…).

Soyez indulgent, c’est ma toute première carte heuristique et j’y prend goût ma foi. (réalisée avec MindManager). (au fait c’est quoi une carte heuristique?)

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avr 20


title-z est un service permettant de monitorer des titres, mais aussi des auteurs ou des sujets dans une perspective purement commerciale: une sorte de liste des meilleurs ventes de Livres-Hebdo mais en plus dynamique. le marché ciblé est celui des professionnels du livre. Pour les titres, ceci ne saurait bien sur constituer un outil d’acquisition unique pour les bibliothécaires…En revanche, pour les sujets, cet outil peut permettre de repérer quelques tendances éditoriales. A noter que la base prise en compte est celle d’Amazon.

(merci Fabien)

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avr 10




Scène ordinaire de la vie d’un réseau de bibliothèques: la "réunion office" est l’occasion d’examiner une soixantaine de romans parus dans le mois (pas que des meilleures ventes de Livre Hebdo quand les marchés publics sont bien faits). Chaque acquéreur rédige une fiche écrite, (crayon de papier ou stylo bille) permettant de raconter à ses collègues la trame du récit et d’avancer quelques éléments d’analyse littéraire. Il présente ensuite ces éléments oralement à ses collègues. L’objectif est de déterminer l’intérêt de la présence du titre dans les bibliothèques du réseau. Une réunion d’acquisition quoi. Ce comité de lecture professionnel est de grande qualité, on sent que les bibliothécaires y voient une des richesses du métier.

Quelques bouquins se voient décerner le label "coup de coeur". Ils gagnent alors leur place dans des étagères dédiées. Leur avenir est alors assuré, c’est l’élite des livres récents. La crème. Environ 10 titres. 0,0000001 % des sorties du mois. Dans le cas d’espèce que j’ai observé, il s’agit d’un réseau qui bénéficie de services centraux, ce qui, circonstance aggravante, signifie que l’organisation et le personnel assez nombreux permettent de partager l’analyse d’un nombre conséquent de titres chaque mois (environ 60 rien qu’en fiction adultes).

Hé ben savez vous ce que deviennent les fiches d’analyse des 60 titres ? Hé ben RIEN justement, elle viennent gentiment grossir les archives des administrations françaises. Tout le travail de ce comité de lecture professionnel part directement à la poubelle pour ainsi dire! D’où la question: les bibliothécaires sont-ils égoïstes?!

Comment comprendre en effet que notre bien aimée corporation, toujours première à vanter les mérites de la médiation-prescriptive-auprès des-publics se contente de ça? Comment comprendre que les catalogues de bibliothèques soient aussi secs et pauvres en information "qualifiantes" : critiques, analyses? Que les listes imprimées des acquisitions récentes soient des pavés ISBD avec une cote? Que les bibliothèques se contentent de mettre quelques coups de coeur sur des étagères? (et puis c’est quoi cette idéologie du "coup de coeur", les bibliothécaires ont pas le droit de faire leurs "critiques" au vrai sens du mot, comme tout le monde le fait sur le web, c’est à dire de dépasser un tant soit peu le ‘j’aime/j’aime pas ?)

Imaginons à partir de ce cas pratique un autre monde avec des pistes simples (et pas un délire technologique à la 2.0 ;-)  Imaginons quelques pistes adaptables là tout de suite pour nous tourner mieux vers l’usager…

Nouvelles règles pour la fiction adulte:

1. TOUTES les fiches d’analyses sont produites par les acquéreurs sous forme électronique. Si ce n’est pas possible pour des questions d’équipement informatique, une personne (secrétariat) se charge de saisir les données.

2. Ces fiches sont produites selon un modèle type fournis par le responsable de la politique documentaire : 1500 signes, caractères compris soit 10 lignes pour  l’histoire et  1200 signes pour l’analyse. Chaque critique comporte le nom et l’email de son auteur, et la bibliothèque dans laquelle il travaille. La médiation est personnalisée.

3. Ce modèle type est adaptable sous une forme imprimable négociée avec le service communication (non pas "fait maison", ou alors avec une charte graphique moderne) pour produire deux types de documents imprimés:

  • La liste des nouveautés avec les critiques des biliothécaires en intégralité. Ce document est édité chaque mois avec un large tirage.
  • Des marques pages sur lesquels ont peut lire l’avis des bibliothécaires : un par critique produite et par exemplaire des titres acquis. Ils sont systématiquement glissés dans les ouvrages lors de leur équipement. Pas seulement pour les coups de coeur mais pour tous les titres examinés par le comité de lecture. Le coup de coeur n’est plus du zèle d’un collègue passionné mais doit être une véritable pratique professionnelle.

4. Capitalisation des fichiers des critiques qui sont conservées dans des dossiers partagés sur l’intranet, afin de pouvoir être consultés par tous.

5. Des règles sont mises en place afin d’indexer la fiction. En effet, quand les bibliothécaires mettent en avant un aspect documentaire marqué pour un roman, ils  indexent le roman avec le mot-clé correspondant. Si ces ouvrages sont critiqués, autant prendre 5 minutes de plus pour leur donner des mots-clés non? Les bibliothécaires sont certes des bases de données ambulantes, cela ne doit pas nous empêcher de le rendre lisible…Tant qu’à faire, il serait aussi souhaitable d’indiquer dans le catalogue quelques url de critiques sur le titre.

6. Faute de système informatique suffisant pour intégrer les données produites par le comité au catalogue du réseau, un blog de la bibliothèque
est crée. Il est alimenté avec les critiques produites chaque mois par les professionnels. Du site institutionnel du réseau, on accède ainsi au blog de la bibliothèque sur lequel les lectueurs peuvent commenter les avis des bibliothécaires. Chaque professionnel doit entrer chaque mois ses critiques sur le blog et assurer la modération des commentaires.

Avec ça on devrait alimenter le petit ruisseau qui un jour fera que de grandes rivières de recommandations/critiques de bibliothécaires seront visibles par des gens…parce que la bibliothèque 2.0 se fera pas toute seule!













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avr 03

Je m’intéresse en ce moment à une pratique spatiale dans notre vaisseau commun vers l’intelligence territoriale (la bibliothèque). Il s’agit du décloisonnement des sections adultes/jeunesse.

De quoi s’agit-il?

Très vite: Présenter dans un espace commun les documentaire adultes et jeunesse, hors fiction et petite enfance, pour faire en sorte que les adultes puissent profiter de la qualité de ce secteur de l’édition, et que les ados n’aient plus à franchir cette satanée frontière. Et pour cause: elle n’existe plus.

Je ne vais pas peser le pour et le contre ici puisque je pense que cette idée est non seulement nécessaire mais utile! Pas convaincus? Vous Pouvez lire cet article du BBF, publié en 1999 par Hélène Jacobsen.

Lancée dès 1987 au sein du réseau du SAN du Val Maubuée, cette idée a depuis été appliquée à tous les établissements de ce SAN et aussi par ceux du SAN voisin, le Val d’Europe. Même la récente médiathèque de Montpellier a appliqué ce principe dans ses espaces, démontrant que ça n’est pas réservé qu’aux petits établissements.

J’ajouterai le corrolaire nécessaire mais pas systématique du décloisonnement des responsabilités documentaires. C’est fini le temps du CAFB adulte et du CAFB Jeunesse! Pourquoi un acquéreur en histoire ne pourrait pas acquérir des documentaire jeunesse en histoire? A mon avis, non seulement il le peut, mais en plus c’est le mieux placé pour le faire…ce qui ne veut pas dire que ces compétences spécifiques ne sont pas nécessaire pour la jeunesse…

C’est aussi ce que pensent la direction du SAN Ouest Provence (décidément c’est la fête des SAN) et de la bibliothèque de Fresnes qui appliquent ce principe. Comme quoi de l’étagère au management et à la poldoc il n’y a qu’un pas!

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