avr 08
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Vous le savez peut-être si vous suivez mon blog, mais je suis responsable de la médiation numérique des collections au sein du réseau des médiathèques du SAN du Val d’Europe, depuis septembre 2007.

Je l’ai souvent rappelé ici, la médiation permet de mettre en œuvre des outils et des services destinés à faire de rencontrer une offre et une demande documentaire…et d’abord dans un lieu. Dans le réseau du SAN du Val d’Europe où je travaille, nous avons un projet assez innovant et ambitieux de mise en scène des collections…(voir mon billet sur le sujet)

Dans la même démarche, nous cherchons comme beaucoup de bibliothèques à proposer des contenus et de susciter des échanges. Car nombreux sont les usagers qui n’osent pas (ou ne veulent pas, hein) s’adresser à nous pour des conseils ou des recommandations en face à face…(bien qu’un face à face avec pas mal de bibliothécaires de notre équipe puisse être bien agréable, mais je m’égare)

En outre, il s’agissait de monter que :

  • Les livres, cd, dvd, etc. dans les bibliothèques ne sont pas là par hasard mais qu’ils ont été sélectionnés…! (car pour moi une bibliothèque c’est ça)
  • Sélectionnés non pas par une institution abstraite mais par des bibliothécaires qui mettent en jeu leur professionnalisme, avec une part de subjectivité. (car au Val d’Europe, on a tendance à penser qu’au delà des coups de coeurs, on fait des critiques, même négatives!)
  • Que les œuvres et documents qui sont dans la bibliothèque s’inscrivent dans une collection et qu’ils sont donc liés par leurs thématiques à d’autres documents. (la recommandation, encore)

Nous avons donc décidé de….mettre des étiquettes adhésive sur les documents. De telles étiquettes existaient déjà avant mon arrivée dans ce réseau, grâce à l’initiative bienveillante de l’indispensable Christelle, qui avait lancé l’idée de transférer les notes prises à l’occasion des réunions d’office en fiction adulte sur des étiquettes blanches, format standard. Le succès était au rendez-vous puisque les livres ainsi étiquetés sortaient plus que les autres!

A mon arrivée (septembre 2007), je suis parti de cette pratique (précieuse) pour en faire l’élément de base d’une mise en valeur de collections. Nous avons donc crée une nouvelle charte graphique et mis au point dans un groupe (baptisé le groupe étiquette) une procédure de coordination de la rédaction et de la validation desdites étiquettes. Christelle, restant la cheville ouvrière de la production des étiquettes je me charge personnellement d’en coordonner la production et d’inciter les membres du personnel à intégrer ces petites critiques dans le circuit de production des étiquettes…à l’occasion des offices, ou lors d’opérations de mise en valeur prédéfinies.

Et devinez quel est l’outil le plus adapté pour produire ce type de contenu de manière collaborative? Un wiki bien sûr! (j’y reviendrai en détail dans un prochain billet)

Mais voyez plutôt un exemple d’étiquette, par Yann (notre grand spécialiste du polar: voyez son blog!)

screenshot017.jpg

Ce genre d’étiquette est destiné à figurer sur la première de couverture, quel que soit le type de support. Elle est rédigée avec la volonté d’une subjectivité assumée. Le personnel a accepté de mettre son prénom sur les étiquettes. En outre, car tout cela, vous l’aurez compris est un éléments d’une stratégie numérique plus globale, chaque contenu ainsi imprimé sur étiquette figure aussi sur notre site web : voir l’exemple de cette notice, dans l’OPAC, puisqu’Archimed (notre prestataire) a eu la bonne idée de permettre l’insertion d’”avis de bibliothécaires” dans le catalogue. Je précise à cette étape que nous sommes en cours d’intégration des premières de couvertures dans notre catalogue, ce qui le rendra plus attractif qu’il ne l’est actuellement. (grâce aux données fournies par Electre, d’ici début mai 2008).

La seconde étiquette porte sur les liens d’un document avec d’autres. Cette forme d’étiquette est destinée à figurer sur la quatrième de couverture, ou a défaut à l’intérieur du boitier DVD lorsqu’elle masque trop d’informations. L’idée est ici de favoriser des recommandations fondées sur les choix des bibliothécaires et leur connaissance de la collection. Ces recommandations sont purement subjectives et assumées comme telles, elle peuvent intervenir sur tous types de supports à conditions qu’il soit présent dans le réseau des médiathèques.

Comme la question des objectifs des recommandations se pose, nous nous gardons la possibilité de “thématiser les recommandations” en ajoutant une phrase de type : “sur le même thème”, “pour approfondir”, etc. Notre système informatique ne nous permet pas de reproduire ces informations sur le catalogue pour l’instant.

recommandatioin.jpg

Voici quelques principes retenus pour ces étiquettes :

  • On parle bien de critiques qui peuvent être positives et/ou négatives à condition d’être mesurées et argumentées, dans tous les cas…car le résumé de l’histoire est sur la 4e de couverture ou encore dans la notice en provenance d’Electre, que l’on paie fort cher pour intégrer ces éléments. Point n’est donc besoin de recommencer….. Dans le cas où le débat fait rage en interne nous mettons deux étiquettes! (une pour et une contre)
  • Les étiquettes sont petites (les critiques sont limitées à 53 mots pour être exact) mais l’avis intégral (plus long) peut être intégré dans le portail. Il est donc demandé aux rédacteurs deux versions : une courte et une longue.
  • Les étiquettes représentent l’avis d’une personne, elles sont permanentes (en effet, au nom de quoi supprimer décoller l’étiquette après une période donnée ?)
  • On peut avoir un avis sur tout type de document : livre, cd, dvd, livre-cassette, documentaires aussi ! Sur notre site, il existe un système de notation de 1 à 5 avec des étoiles. Les notes sont les mêmes sur le portail et sur l’étiquette.
  • Pour les critiques sur les documentaire jeunesse : il est demandé de conserver un ton neutre dans l’expression : c’est-à-dire d’employer de préférence des tournures impersonnelles : pas de tutoiement ni de vouvoiement…(lien au choix local de mélanger les documentaires adultes et jeunesse)
  • Pour la fiction jeunesse : Nous avons décidé de nous adresser aux enfants sur l’étiquette l’idée est rédiger une phrase d’accroche sur l’histoire. En revanche, il est possible de développer un point de vue plus destiné à un adulte dans la « version portail » de l’étiquette. (et évoquer les qualités éditoriales, par exemple de tel livre.)
Des précisions pour finir : il est bien sûr trop tôt pour mesurer l’impact réel de cette initiative. (j’y reviendrai, mais c’est trop tôt). Elle n’en demeure pas moins une manière de susciter les réactions des usagers de notre territoire et au delà, puisqu’il est prévu de pouvoir diffuser à l’avenir ces critiques au sein de réseaux sociaux pré sélectionnés. Bien sûr nous envisageons aussi de pouvoir valoriser d’une manière ou d’une autre les avis de nos usagers, qui peuvent d’ores et déjà aujourd’hui en toute liberté mettre leurs avis dans notre catalogue…Encore faut-il en premier lieu proposer du contenu pour qu’il aient envie de le faire, où encore mieux : le proposer là où ils ont des chances de les voir, nos avis….mais ce sera la seconde étape. Tous vos retours sont les bienvenus sur cette initiative.

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mar 25

Bon tout la bibliosphère le recommande, et elle a raison la bibliosphère! La présentation d’Olivier Ertzscheid aux Polyphonies du livre est excellente, brillante, passionnante, enfin recommandable, hautement. A voir donc, à écouter aussi et à méditer enfin. Ceux qui pensent que nous n’avons pas d’avenir dans le grand tout de la recommandation industrialisée comme ceux qui pensent que les bibliothèques 2.0 ce n’est QUE facile, fun et fashion remettent les pieds sur terre. On avance! (et on attend les présentations des autres intervenants aussi)


By rob

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mar 20
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euuuh oui c’est Taz, de Tasmanie! (j’ai pas résisté, j’adore ce personnage!)

Via l’excellent Librariesinteract, on apprend que la bibliothèque de l’état de Tasmanie utilise les tags de Librarything dans son catalogue. Vous pouvez tester ça ici avec cette recherche sur le journal de Bridget jone’s. (faut aller voir dans similar/other/tag)

Alala si seulement Librarything était suffisamment développé dans le monde francophone! (ça viendra hein)

Séance de rattrapage : “si vous vous demandez : mais de quoi qui me cause le bibliobsédé”, ben allez d’abord là puis . Pis après, vous revenez mettre un commentaire, tout ébahi que vous êtes de que vous venez d’apprendre. Non non, de rien. :-)

A voir aussi : Via Lafeuille et Nicolas Morin, Google recherche de livre à met en oeuvre une API sur ses services . Elle permet une intégration d’un lien vers la version numérisée du livre dans les catalogues de bibliothèques. Des exemples? c’est là et .

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oct 26




Une fonction vraiment intéressante dont j’ai déjà
beaucoup parlé est celle qui permet d’afficher à l’OPAC : "les lecteurs ayant emprunté ce livre ont aussi emprunté" elle repose sur le bouche-à-oreille, version numérique! (j’adore l’image ci dessus, même si elle fait plus téléphone-arabe que bouche-à-oreille, mais bon…)

J’avais écrit il y a presque deux ans un billet qui faisait (du moins le croyais-je alors) un sort à l’objection spontanée (et légitime) suivante : "mais si on recommande c’est qu’on réccupère l’historique des prêt et ça c’est des données personelles et la CNIL l’interdit!"

En fait la
CNIL ne l’interdit pas puisque dans l’article 2 de la NORME SIMPLIFIEE, DELIBERATION N° 99-27 du 22 avril 1999:

Les traitements doivent avoir pour seules fonctions :
- de fournir des informations individuelles pour la gestion financière des prêts et la récupération des ouvrages ou supports prêtés ;
- d’éditer des états statistiques dépersonnalisés pour les besoins de gestion et d’amélioration des services rendus (nature des ouvrages les plus souvent consultés, nom des oeuvres et des auteurs ou références des documents d’archives, etc.)

On aura compris que ces données peuvent être conservées si elles sont anonymes. Soit. Or, Paul Poulain, consultant indépendant en logiciels libres et responsable de Koha, m’a montré dans un échange de mails que les choses ne sont pas si simples: (merci à lui :-)

En effet, l’article 4 du même texte indique (j’aurai dû mieux lire le texte il y a 2 ans!) :

Les informations relatives à l’identité des emprunteurs sont conservées tant qu’ils continuent à participer au service de prêts. La radiation peut être demandée par l’emprunteur lui-même.
Lorsque celle-ci n’est pas demandée par l’emprunteur, elle doit intervenir d’office et dans tous les cas à l’issue d’un délai d’un an à compter de la date de fin de prêt précédent.
Les informations concernant chaque prêt sont conservées jusqu’à la fin du quatrième mois suivant la restitution de l’objet du prêt. Au-delà de ce délai, les informations sur support magnétique sont détruites ; elles ne peuvent être conservées sur support papier que pour les besoins et la durée d’un contentieux éventuel.

On passera sur le "support magnétique" remplacé par le numérique, tant il est vrai que ce type d’usage était hors de propos en 1999 à l’heure de la rédaction de cette norme…En revanche la CNIL a bel et bien bien prévu dès 1999 une limite de conservation des données de prêts : 4 mois!

L’inconvénient principal est que les algorithmes qui permettent les recommandations sont d’autant plus efficaces que les données qu’ils gèrent sont importantes. Autrement dit, plus on conserve des données longtemps et/ou plus on traite une base de données importante, plus les recommandations ont des chances d’être pertinentes.

A l’heure où les prestataires affutent leurs armes 2.0 pour nous vendre des logiciels et des OPAC, il est largement temps d’être au clair sur ces questions, d’autant que les enjeux politiques sont essentiels en termes de protection de la vie privée

Cela semble imposer deux solutions.

On demande l’assentiment de chaque lecteur, à l’occasion de l’inscription ou du renouvellement d’inscription afin de conserver les données plus longtemps. C’est ce que propose Paul Poulain :

En ce qui me concerne, je pense que la seule manière de faire (et qu’on va essayer d’implémenter dans Koha), c’est de permettre aux lecteur, à l’OPAC, d’explicitement demander que l’on conserve ses données. Avec une option pour effacer immédiatement tous les emprunts. Choix inaccessible aux bibliothécaires, ce sont des données privées.

Inconvénient : le système est lourd et il n’est pas sûr que beaucoup de lecteurs optent pour que leurs données soient conservées….(posez vous la question : vous accepteriez en tant qu’usager?)

Une autre solution (non exclusive de la première) pourrait être de travailler sur ces données pendant 4 mois. Mais alors :
à partir de quel volume de données les recommandations peuvent-elles être suffisamment pertinentes ?

Réponse de Paul Poulain (attention c’est un peu technique):

Voilà une excellente question. A mon avis, c’est une question de support : pour les "blockbuster", 4 mois sont tout à fait suffisants. Mais justement, tout le monde connait les blockbusters !

L’intérêt est pour la longue traine. En fait, on pourrait aboutir à quelque chose si l’on part de l’hypothèse suivante : l’intérêt est concentré dans le temps

Exemple : "je m’intéresse à la culture des tomates en milieu méditerranéen". Sur 3 mois je vais prendre un max de documents sur le sujet. Le système peut alors enregistrer que, "quelqu’un" a emprunté A et B "en même temps". Information qui peut être totalement anonyme.On stocke les "doublons". J’emprunte par exemple : (A) "tomates mode d’emploi", (B) "tout réussir dans son jardin" et (C) "Harry potter et l’ordre du phenix" (qui n’a rien à voir, nous sommes d’accord ;-) )

On stocke : AB = 1, AC=1, BC=1. Si d’autres, sur le même délai de 4 mois empruntent AB, nous faisons AB=2, AB=3 … Ainsi, AB a un gros indice, AC restera surement un faible indice. Et nous pourrions, sans limite de temps afficher "tomates mode d’emploi" => "tout réussir dans son jardin".

La seule limite à l’algorithme, c’est qu’il ne marche que si on s’intéresse à un sujet fortement pendant un laps de temps "court". Parce que si j’emprunte A en janvier et B en septembre, "AB" ne sera pas du tout mis à jour (puisqu’on n’a jamais l’info A/B en même temps dans la base)

On aura compris que le système n’a des chances de fonctionner de manière satisfaisante qu’avec des tailles critiques de catalogues importantes…la question est alors : Quelle taille? Il est important  à cet égard de ne pas construire des cahiers des charges exigeant ces fonctions pour de trop petites structures. Paul Poulain on compte sur vous pour nous tenir au courant hein! :-)

Encore une fois je suis sûr que c’est le logiciel libre en bibliothèque qui va être le premier à innover sur ces fonctionnalités. Il y a des chances que ça se passe au SAN Ouest Provence qui vient d’installer Koha dans son réseau de 6 bibliothèques. Qui plus est parce que ce SAN salarie 3 développeurs dont le travail, en plus de bénéficier aux usagers, bénéficiera à tous les utilisateurs des futures versions de Koha ! (merci les contribuables du sud de la France!)


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jan 23



Hubert guillaut dans  cet excellent billet sur Internet Actu,part du constat que les recommandations ne sont pas toujours pertinentes et proposent souvent des éléments que l’on aurait trouvé tout seul. Il en appelle à des outils véritablement pertinents permettant de mettre en oeuvre une véritable sérendipité.

Poursuivant la réflexion, Hubert Guillaut nous livre ensuite ce commentaire particulièrement intéressant:
 

Je viens d’avoir une très intéressante conversation avec Raphaël Labbé, l’un des développeur de U.lik, un moteur de recommandation justement, qui m’expliquait la différence entre le Collaborative Filtering (du type Last.fm) et le Content Based filtering (utilisé par Pandora notamment), qui sont un peu les 2 systèmes qui président aujourd’hui au monde de la recommandation. Il me racontait également que si les résultats d’Amazon sont aussi peu pertinents, ce serait dû au bridage volontaire du système : la recommandation doit servir un achat d’impulsion. L’utilisateur ne doit pas réfléchir, mais consommer. Il est donc plus simple en effet de proposer un autre titre de Michael Moore qu’un titre plus différent comme The Take de Naomi Klein par exemple, mais qui devrait plaire aux mêmes amateurs.

Il a évoqué également le travail réalisé sur U.lik où le profiling permet de mettre en avant, quand vous êtes connectés, ce qui dans les profils des autres est le plus proche de ce qui vous plaît ou vous ressemble. Il évoquait également Findory, le moteur de recherche développé par Greg Linden, l’auteur du moteur de recommandation d’Amazon, qui personnalise ses résultats à mesure que vous l’utilisez. Et me racontait que celui-ci expliquait souvent l’importance de garder de l’ouverture dans un moteur de recommandation pour conserver de l’intérêt : et ainsi de ne pas hésiter à faire apparaître des informations qui n’étaient pas de votre opinion politique - même si vous l’aviez renseigné dans votre profil - pour laisser libre cours à la surprise et renouveler l’intérêt.

Dans les fonctionnements de ces moteurs, il y a aussi une dichotomie Actif/Passif : je renseigne mon profil vs. le moteur détermine mon profil en fonction de mes actions.

Tout cela me semble-t-il pose la question de la confiance que l’on peut accorder à des systèmes techniques de prescriptions de ressources. Que signifie la notion de pertinence? Quels critères permettent de la déterminer, et surtout vers quel but elle tend ?

Si ce qui est dit plus haut est vrai, les enjeux se déplacent-ils de l’opposition basique Tête de gondoles et best-seller vs biblio-diversité à des enjeux subtils du type sérendipité-sans-risque (on propose des titres très proches sans "faire découvrir" des éléments radicalement différents) / sérendipité-risquée (on fait découvrir des élements très différents ?

J’émets quant à moi quelques doutes sur la validité d’une telle opposition, il me semble que le moteur de recommandation efficace, surtout s’il repose sur la longue traîne, doit être un savant mélange des deux…

En tout cas,  si un jour les recommandations professionelles (c’est à dire entrée par le personnel qui acquière par domaines) du type "vous avez aimez vous aimerez" sont présente sur nos Opac, encore faudra-t-il clairement définir les objectifs poursuivis par ces recommandations puisqu’il s’agira d’un outil de  "médiation numérique des collections" (je reviendrai sur cette notion plus tard…). Cette activité sera donc liée très fortement aux politiques documentaires que nous aurons mises en place. Il nous faudra donc là encore répondre aux questions Pourquoi? et pour qui?

 

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déc 11

FutureLib est un Wiki anglosaxon oeuvrant à dessiner le futur des bibliothèques. En furetant dans la section "Next generation catalogs", je suis tombé sur ce prototype :  National Library of Australia Lucene Demonstrator

Il s’agit, si j’ai bien compris le billet de Figoblog, d’indexer un grand nombre de données à la fois primaires (texte intégral) et secondaires (notices bibliographiques), le défi étant comme toujours d’en ressortir des données exploitables.

Le résultat va très très loin dans les suggestions post recherche (ou le Service Après Recherche Initiale) puisque les réponses possibles sont clusterisées pour affiner la recherche par sujets, mots matières, dates, auteurs, formes, etc. Tous sont bien sur liés d’une manière ou d’une autre à la recherche initiale. On trouve aussi dans ces catégories un schéma des années d’éditions (particulièrement intéressant pour suivre le rythme de désherbage sur un sujet…) mais aussi le domaine conspectus ainsi que l’indice de classification.

En fait, ce que l’on apelle la "clusterisation", (affreux anglicisme!)  "c’est partitionner une base de données en un petit nombre de sous-bases". C’est donc très utile pour les recommandations.

Bon je serai bien incapable de rentrer dans les détails techniques sur comment tout ça fonctionne, mais voici ce que ça donne lorsqu’on fait une recherche, par exemple Landscape :

Si ça vous intéresse de creuser le modèle conceptuel d’organisation de l’information bibliographique qui est derrière tout ça je vous invite à lire ce billet sur les FRBR, sujet complexe que personne d’autre n’explique mieux que Figoblog.

Questions que je me pose sur tout ça:

  • La "clusterisation" destinée à affiner d’une requête est-elle de la même nature que la recommandation de type "sérendipité" (celle qui permet d’exploiter la longue traîne)?
  • Comment différencier clairement ces différents niveaux de "suggestions" dans l’interface?
  • A quel moment la recommandation tue la recommandation?
  • Qu’est ce que je vais bien pouvoir demander au  Père Noël?


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nov 14


Critéo est un moteur de recommandation prédictif…mais rassurez vous rien à voir avec l’astrologie!


Comme tout service web 2.0 qui se respecte, il s’appuie sur les données envoyées par les utilisateurs. Ceux-ci ont la possibilité d’évaluer des films et de les commenter. Les profils des utilisateurs enregistrés sont ensuite comparés et "algorythmés" pour indiquer à l’utilisateur la "probabilité" qu’il apprécie
d’autres films, en fonction de ses choix précédents, du parcours de l’usager et des parcours des autres utilisateurs. En gros plus le pourcentage annoncé est fort et plus vous devez aimer! Si vous aimez pas, ben c’est pas grave vous le dites au moteur qui revoie sa copie…

Critéo est donc plus qu’un moteur collaboratif, il s’agit d’un moteur "prédictif" dont le modèle économique est basé sur l’exploitation de la longue traîne. Dans cet article de Zdnet on peut voir qu’Allociné en fait un des axes de sa stratégie commerciale…

Ce service ne ressemble pas à un 2.0 comme on en voit tant éclore sur la toile, ses fondateurs sont des entrepreneurs chevronnés, un partenariat avec Youtube a été annoncé et à l’heure où j’écris ce billet il existe tout de même 1 517 212 évaluations sur criteo et 183 750 membres!

Je ne résiste pas à vous livrer une bonne partie d’un billet
qui précise le modèle économique (publié sur le blog de l’entreprise) :


On peut proposer une quantité quasi infinie de produits (puisque le coût des linéaires virtuels est presque nul pour le commerçant). Avec un bon moteur de recherche pour indexer son catalogue, le cyber marchant arrive à des résultats spectaculaires. Ainsi, plus de 60% des livres vendus par Amazon sont des tirages très faibles, introuvables dans les librairies traditionnelles.  

Le paradoxe de cette stratégie d’exhaustivité est que cela tue l’achat d’impulsion. Pour naviguer dans ces catalogues géants, il faut taper des mots clés très précis. De fait, le client final n’achètera que ce qu’il est venu chercher. Au final, le Long Tail se fait au détriment de l’achat d’impulsion.

Pour avoir (enfin !) le beurre (le Long Tail) et l’argent du beurre (l’achat d’impulsion), les sites cherchent donc à mettre en avant des produits auxquels l’internaute n’aurait pas pensé spontanément.  

L’ennui est que dans la majorité des cas, ces mises en avant ne sont pas pertinentes. D’où des taux d’achat d’impulsion très faibles (moins de 2% des visiteurs en moyenne). L’enjeu de demain consiste donc à savoir personnaliser ces mises en avant. En collant aux attentes spécifiques de chaque client, on arrive à démultiplier la taille du caddie.


Voilà ça à le mérite d’être clair! Le modèle de la longue traîne se voit ici traduit économiquement. Et de constater que pour la première fois dans l’histoire des bibliothèques (et dans l’histoire tout court); le modèle de diffusion et de conservation historique qui est le nôtre fait l’objet d’un marché économiquement exploitable et exploité.

S’en effrayer? Je crois que c’est inutile. Se poser des questions sur notre futur positionnement? c’est notre métier! (que l’on soit bibliothécaire 2.0 ou pas!).

Nous avons surement à trouver des convergences avec ces méthodes pour les appliquer à nos politiques publiques. Critéo est le premier moteur de ce type en france mais il en existe d’autres aux USA.

A ce rythme là d’innovations il faudra peut-être un jour se poser (et répondre à) la question des "partenariats" à mettre en oeuvre entre les bibliothèques et les acteurs de ce marché ; par exemple autour de la valorisation de nos collections et de nos compétences.

Cela pose en réalité la question de la manière dont nous pourrons utiliser des web services et/ou les données de nos catalogues (voire de nos usagers), une fois libérées comme le rapelle très justement Bernard Strainchamps dans biblio-fr.

En effet, sur ce marché des biens culturels ces mêmes données vont devenir la première source de rentabilité.

Lors de la consultation ministérielle Livre 2010, Olivier Ertzscheid a récemment pointé la nécessité absolue et urgentissime de « servicialiser le catalogue » (= y mettre du RSS, l’ouvrir aux utilisateurs, donner des extraits et non simplement des notices catalographiques, etc.).
Ce à quoi
Denis Bruckmann de la BnF lui a répondu qu’un chantier de réflexion était en cours et que de tels services étaient effectivement à l’étude.

Je serai curieux d’en savoir plus! En même temps je me dis que ce qu’il nous faudrait en fait c’est un service qui ait l’ambition de Worldcat. On peut rêver non? Je renvendique quant à moi le fait d’être un rêveur professionnel. ;-) En attendant, c’est bien OCLC via Openworld Cat qui prend des positions en Europe…bon ben en attendant je vais aller consulter mes prédictions culturelles
moi!

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nov 06
[mise à jour : J’ai publié une version reloaded de ce diaporama mis à jour le 14/04/2008]


J’ai le plaisir de vous présenter dans ce billet le fruit d’un travail assez long…mais passionnant. :-)

Il y a quelques semaines, il m’a été demandé, par Diane Le Hénaff que je remercie ici pour la pertinence de sa veille ;-) , de présenter une synthèse des réflexions et repérages que j’effectue pour ce blog à l’occasion de la journée d’étude Nouveaux usages d’accès et de diffusion de l’information le 6 novembre 2006, organisée par le groupe recherche de l’ADBS

Lorsque j’ai crée ce blog octobre 2005, je me suis vite rendu compte en effet que l’émergence du web 2.0 représentait (et représente toujours) une évolution majeure, plus qu’un effet de mode. Les bibliothèques ne peuvent rester à l’écart de ce phénomène.

De fil (rss) en aiguille (dans une botte de foin), vous le savez bien si vous êtes abonnés au fil rss de Bibliobsession, les réflexions autour des services web qu’ils soient 2.0 ou non mais toujours liés aux bibliothèques, sont devenues un des axes des billets que je publie ici.

Grâce à la communauté des biblio-blogueurs qui met en oeuvre la sérendipité dans notre domaine et grâce à cette chouette invitation, voilà donc une pette synthèse de l’activité principale de ce blog depuis sa création!

J’ai choisi de partir de la notion de “Bibliothèque 2.0″. Il va sans dire qu’il ne s’agit pas de promouvoir un nouveau paradigme idéal, mais de présenter ce que pourrait signifier ce concept, via plein d’exemples, histoire de donner un aperçu des tendances actuelles.

Voici la présentation effectuée à cette journée d’étude sous plusieurs formes :

  • Vous êtes pressés? Juste en dessous vous pouvez faire défiler manuellement le diaporama, grâce à SlideShare. Il est possible de cliquer sur certaines copies d’écran pour visiter les sites d’où j’ai tiré les exemples. Vous pouvez également visualiser le diaporama avec mes commentaires écrits sur chaque diapo sur le site de Slideshare
  • Vous avez un peu de temps? vous pouvez voir la vidéo du diaporama ci-dessous avec mes commentaires audio, grâce à Dailymotion….(si si la voix de Bibliobsession pour la première fois sur le web!) (environ quarante-cinq minutes)
  • Vous voulez le fichier? Je vous propose de le télécharger dans la colonne ci-contre (format pps) NB : ce document est sous licence creative commons by-nc-sa

Comme toujours, n”hésitez pas à réagir! En plus, vous pouvez désormais être informés par mail des réponses à vos commentaires…à vos claviers donc!


By rob

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mai 03




Vous pouvez dès maintenant réserver sur Amazon ou auprès de votre libraire favori le livre de Chris Anderson intitulé :
The Long Tail: The Radical New Shape of Culture And Commerce . Le livre sera disponible dans quelques mois (juillet 2006) et j‘espère qu’on aura pas trop longtemps à attendre pour la version française (pas plus d’info à ce sujet, mais je vous tiendrai au courant)

Chris anderson est l’auteur de l’inoubliable article traduit par Internet Actu sous le titre : La longue traîne

L’occasion de signaler aussi :

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avr 24


Fred Cazzava a souligné il y a quelques temps sur son blog une amélioration du "filtrage collaboratif" chez Amazon US. Il avait déjà dans un billet précédent remarqué l’avalanche de nouvelles fonctionnalités collaboratives. Les commentaires sur ce billet font d’ailleurs remarquer à juste titre la facilité de biaiser les commentaires et avis critiques sur les titres pour augmenter les ventes…

Une raison de plus pour que les éditeurs français de SIGB développent de telles fonctionnalités….à condition qu’on le leur demande et je rejoins ici Nicolas Morin qui précise les Choses sur son site perso en essayant de comprendre pourquoi les sites web des bibliothèques françaises sont pourris.

(…) Les bibliothécaires françaises sont, très largement, du mauvais côté de la fracture numérique. Nous souffrons globalement, en tant que corps professionnel et sans vouloir généraliser à chaque bibliothécaire pris individuellement, d’une inculture informatique qui nous empêche d’imaginer des solutions et nous livre impuissants à des sociétés commerciales. Je trouve significatif, par exemple, que les bibliothèques américaines, si elles sous-traitent de nombreuses choses, sous-traitent cependant rarement la gestion de leur site web comme nous le faisons. Mais en France, une société comme Archimed répond parfaitement aux attentes de la clientèle : nous ne savons pas ce que nous voulons, c’est exactement ce qu’ils nous donnent.
La réponse politique découle partiellement de la première : le site web n’est (presque) jamais une priorité politique pour l’établissement. Même s’il faudrait être plus nuancé sur ce point, on pourrait dire que dans l’imaginaire des bibliothécaires, le site web reste fondamentalement une extension du guide du lecteur. Or, tant que les bibliothécaires n’ont pas conscience des services qu’ils peuvent rendre à leurs usagers par le web, ils ne feront pas réellement de sites web.
 (…)

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