avr 21
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Edit : vous retrouverez peu ou prou le même texte dans un prochain numéro du BBF qui m’avait confié la mission de faire le compte rendu de cette journée. Les supports des intervenants sont disponibles sur Cible 95. (merci aux organisateurs pour cette chouette journée et au BBF pour la proposition! :-)

Le Conseil général du Val d’Oise (la Bibliothèque départementale et la Mission Images et cinéma) et les associations Cible 95 et Ecrans VO ont organisé le jeudi 17 avril 2008 une journée professionnelle intitulée “La médiathèque dématérialisée. 2, cinéma et vidéo”. Cette journée est la seconde d’un cycle de rencontres et de débats autour des mutations amenées par le numérique et ses impacts sur l’activité des bibliothèques. (voir ici pour le compte rendu de la première journée sur la musique numérique)

Que se passe-t-il ?

D’emblée, la dématérialisation s’est imposée par l’intervention d’Alexandre Buisine de la société Smartjog, qui met en œuvre des réseaux privés et sécurisés pour le transfert des fichiers numériques destinés aux professionnels du cinéma. Car la question n’est en effet plus de savoir si les projecteurs de cinéma vont devenir numériques mais de savoir quand et comment. Si la France accuse un petit retard dans le domaine, 400 salles ont pour projet de se rééquiper et l’ensemble du secteur s’y prépare à plus ou moins long terme. Il est clair que la minute de film sous forme de pellicule brandie par Yves Bouveret en introduction est en en voie de disparition !

Mais qu’en est-il du marché de la Marché de la Vidéo à la Demande (VOD) en France ? Corisande Bonnin, chargée de mission VOD au CNC a dressé un panorama de ce secteur dynamique en France : 32 sites, 7 offres de Tvip, 7 offres de Catchup-tv), même si le profil des consommateurs reste encore assez ciblé : majorité d’hommes de moins de 30 ans, beaucoup d’étudiants, un public plutôt technophile. Mais le plus intéressant est de remarquer la grande diversité des modèles proposés. Ces diverses offres proposent du paiement à l’acte, avec ou sans gravure des films et/ou transfert sur supports nomades, d’autres proposent un modèle forfaitaire d’accès illimité à un catalogue en streaming, quand d’autres encore proposent des vidéos gratuites en accès libres en se rémunérant grâce à la publicité. On note chaque année une forte augmentation du chiffre d’affaires du secteur et un doublement de l’offre totale en un an, même si l’ensemble reste encore assez modeste : 2 500 films répertoriés sur les 7 plateformes suivies par l’Observatoire du CNC. Mais les internautes n’ont pas attendu des offres commerciales pour regarder des vidéos en ligne, comme en témoigne le succès de plateformes de vidéos communautaires alimentées par les internautes comme Daylimotion ou YouTube. Après une présentation de ces deux sites, la journaliste Anne-Lise Carlo a insisté sur l’ampleur des batailles juridiques que leur livrent les chaînes de TV, soutenues par les ayants droit….l’enjeu est bien celui du contrôle des contenus et des « tuyaux ».

Si les enjeux sont économiques, la question juridique est étroitement liée, comme l’a très clairement rappelé Yves Alix. Les bibliothèques et plus largement les organismes non commerciaux se voient contraints de manière systématique par le système de chaîne contractuelle de négocier eux-mêmes ou de passer par des prestataires spécialisés. Le récent Rapport Berthod, diversement reçu par les acteurs concernés, tente pourtant d’aménager un espace juridique plus favorable aux projections publiques non commerciales. Ceci est d’autant plus difficile que le contexte national est à la « désincitation » au piratage, à la faveur des ayant-droits, contre des millions d’internautes que la mission Olivennes a proposé de sanctionner de manière progressive. Il est à noter que la question du téléchargement illégal est loin d’être tranchée puisque que le Parlement Européen, sur proposition d’un certain Michel Rocard, vient de se prononcer à une nette majorité contre les propositions de M. Olivennes. Nuls doutes que les bibliothèques seront amenées, peut-être par la voie de L’IABD, à prendre des positions destinées à assouplir un système qui est loin de favoriser la diffusion culturelle a des fins non commerciales.

Que faisons-nous ?

En attendant, les initiatives se développent et la BPI entend bien jouer son rôle de mutualisation puisqu’elle annonce la création d’un wiki consacré à la VOD qui verra le jour en Juin 208. Catherine Blangonnet a rappelé les dispositifs existants et évoqué avec Jacques Sauteron, directeur de la Bibliothèque d’étude et d’information, la partenariat permettant de diffuser dans les espaces une sélection de films documentaires, ce qui a permis de souligner l’importance de ce cinéma aux côtés des autres supports. Autre expérience que celle de la Bibliothèque de Pessac qui développe un projet culturel ambitieux autour des rapports entre cinéma et histoire en partenariat notamment avec l’INA, à qui elle achète les droits sur des heures de programmes et bénéficie de dispositifs de médiation. L’occasion de rappeler que le travail d’accompagnement des films qui sont mis à disposition est essentiel.

Car la question reste bien de savoir non seulement ce qu’on propose, mais aussi pourquoi et comment. Si l’offre d’Arte VOD, rencontre l’intérêt de la profession par la qualité du catalogue proposé, les modèles souhaités par les bibliothécaires sont très divers et le modèle économique ne permet pas un accès forfaitaire illimité. Premier contact d’Arte pour développer cette offre à destination des bibliothèques, Louis Burle, directeur du réseau troyen, regrette notamment qu’elle ne soit pas exempte de problèmes techniques et réservée exclusivement aux internautes équipés de Windows.

Où allons-nous ?

De manière globale, les prestataires et notamment RDM et VHS, s’ils préparent des offres, ont semblé quelque peu perplexes, car ils évoluent eux-mêmes dans un marché qui n’est pas stabilisé pour le grand public au moment où des mouvements tectoniques ont lieux dans le secteur. CVS semble pourtant tirer son épingle du jeu en proposant une offre dédiée aux courts-métrages. La table ronde finale a permis de bien montrer l’attachement des bibliothécaires à la sélection et à la médiation des ressources, comme en témoigne la vitalité du Mois du film documentaire présenté par Dominique Margot.

Pour conclure, Michel Melot a malicieusement tissé le parallèle entre la diffusion des films à domicile depuis la bibliothèque et le prêt de cet objet éminemment personnel et d’usage privé qu’est le livre. Mais Laissons le dernier mot à Franck Gabriel de CVS exprimant tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : « Bibliothécaires, quelque part votre métier est mort, mais ce n’est pas grave, vous allez le réinventer… ! »

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avr 08
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Vous le savez peut-être si vous suivez mon blog, mais je suis responsable de la médiation numérique des collections au sein du réseau des médiathèques du SAN du Val d’Europe, depuis septembre 2007.

Je l’ai souvent rappelé ici, la médiation permet de mettre en œuvre des outils et des services destinés à faire de rencontrer une offre et une demande documentaire…et d’abord dans un lieu. Dans le réseau du SAN du Val d’Europe où je travaille, nous avons un projet assez innovant et ambitieux de mise en scène des collections…(voir mon billet sur le sujet)

Dans la même démarche, nous cherchons comme beaucoup de bibliothèques à proposer des contenus et de susciter des échanges. Car nombreux sont les usagers qui n’osent pas (ou ne veulent pas, hein) s’adresser à nous pour des conseils ou des recommandations en face à face…(bien qu’un face à face avec pas mal de bibliothécaires de notre équipe puisse être bien agréable, mais je m’égare)

En outre, il s’agissait de monter que :

  • Les livres, cd, dvd, etc. dans les bibliothèques ne sont pas là par hasard mais qu’ils ont été sélectionnés…! (car pour moi une bibliothèque c’est ça)
  • Sélectionnés non pas par une institution abstraite mais par des bibliothécaires qui mettent en jeu leur professionnalisme, avec une part de subjectivité. (car au Val d’Europe, on a tendance à penser qu’au delà des coups de coeurs, on fait des critiques, même négatives!)
  • Que les œuvres et documents qui sont dans la bibliothèque s’inscrivent dans une collection et qu’ils sont donc liés par leurs thématiques à d’autres documents. (la recommandation, encore)

Nous avons donc décidé de….mettre des étiquettes adhésive sur les documents. De telles étiquettes existaient déjà avant mon arrivée dans ce réseau, grâce à l’initiative bienveillante de l’indispensable Christelle, qui avait lancé l’idée de transférer les notes prises à l’occasion des réunions d’office en fiction adulte sur des étiquettes blanches, format standard. Le succès était au rendez-vous puisque les livres ainsi étiquetés sortaient plus que les autres!

A mon arrivée (septembre 2007), je suis parti de cette pratique (précieuse) pour en faire l’élément de base d’une mise en valeur de collections. Nous avons donc crée une nouvelle charte graphique et mis au point dans un groupe (baptisé le groupe étiquette) une procédure de coordination de la rédaction et de la validation desdites étiquettes. Christelle, restant la cheville ouvrière de la production des étiquettes je me charge personnellement d’en coordonner la production et d’inciter les membres du personnel à intégrer ces petites critiques dans le circuit de production des étiquettes…à l’occasion des offices, ou lors d’opérations de mise en valeur prédéfinies.

Et devinez quel est l’outil le plus adapté pour produire ce type de contenu de manière collaborative? Un wiki bien sûr! (j’y reviendrai en détail dans un prochain billet)

Mais voyez plutôt un exemple d’étiquette, par Yann (notre grand spécialiste du polar: voyez son blog!)

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Ce genre d’étiquette est destiné à figurer sur la première de couverture, quel que soit le type de support. Elle est rédigée avec la volonté d’une subjectivité assumée. Le personnel a accepté de mettre son prénom sur les étiquettes. En outre, car tout cela, vous l’aurez compris est un éléments d’une stratégie numérique plus globale, chaque contenu ainsi imprimé sur étiquette figure aussi sur notre site web : voir l’exemple de cette notice, dans l’OPAC, puisqu’Archimed (notre prestataire) a eu la bonne idée de permettre l’insertion d’”avis de bibliothécaires” dans le catalogue. Je précise à cette étape que nous sommes en cours d’intégration des premières de couvertures dans notre catalogue, ce qui le rendra plus attractif qu’il ne l’est actuellement. (grâce aux données fournies par Electre, d’ici début mai 2008).

La seconde étiquette porte sur les liens d’un document avec d’autres. Cette forme d’étiquette est destinée à figurer sur la quatrième de couverture, ou a défaut à l’intérieur du boitier DVD lorsqu’elle masque trop d’informations. L’idée est ici de favoriser des recommandations fondées sur les choix des bibliothécaires et leur connaissance de la collection. Ces recommandations sont purement subjectives et assumées comme telles, elle peuvent intervenir sur tous types de supports à conditions qu’il soit présent dans le réseau des médiathèques.

Comme la question des objectifs des recommandations se pose, nous nous gardons la possibilité de “thématiser les recommandations” en ajoutant une phrase de type : “sur le même thème”, “pour approfondir”, etc. Notre système informatique ne nous permet pas de reproduire ces informations sur le catalogue pour l’instant.

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Voici quelques principes retenus pour ces étiquettes :

  • On parle bien de critiques qui peuvent être positives et/ou négatives à condition d’être mesurées et argumentées, dans tous les cas…car le résumé de l’histoire est sur la 4e de couverture ou encore dans la notice en provenance d’Electre, que l’on paie fort cher pour intégrer ces éléments. Point n’est donc besoin de recommencer….. Dans le cas où le débat fait rage en interne nous mettons deux étiquettes! (une pour et une contre)
  • Les étiquettes sont petites (les critiques sont limitées à 53 mots pour être exact) mais l’avis intégral (plus long) peut être intégré dans le portail. Il est donc demandé aux rédacteurs deux versions : une courte et une longue.
  • Les étiquettes représentent l’avis d’une personne, elles sont permanentes (en effet, au nom de quoi supprimer décoller l’étiquette après une période donnée ?)
  • On peut avoir un avis sur tout type de document : livre, cd, dvd, livre-cassette, documentaires aussi ! Sur notre site, il existe un système de notation de 1 à 5 avec des étoiles. Les notes sont les mêmes sur le portail et sur l’étiquette.
  • Pour les critiques sur les documentaire jeunesse : il est demandé de conserver un ton neutre dans l’expression : c’est-à-dire d’employer de préférence des tournures impersonnelles : pas de tutoiement ni de vouvoiement…(lien au choix local de mélanger les documentaires adultes et jeunesse)
  • Pour la fiction jeunesse : Nous avons décidé de nous adresser aux enfants sur l’étiquette l’idée est rédiger une phrase d’accroche sur l’histoire. En revanche, il est possible de développer un point de vue plus destiné à un adulte dans la « version portail » de l’étiquette. (et évoquer les qualités éditoriales, par exemple de tel livre.)
Des précisions pour finir : il est bien sûr trop tôt pour mesurer l’impact réel de cette initiative. (j’y reviendrai, mais c’est trop tôt). Elle n’en demeure pas moins une manière de susciter les réactions des usagers de notre territoire et au delà, puisqu’il est prévu de pouvoir diffuser à l’avenir ces critiques au sein de réseaux sociaux pré sélectionnés. Bien sûr nous envisageons aussi de pouvoir valoriser d’une manière ou d’une autre les avis de nos usagers, qui peuvent d’ores et déjà aujourd’hui en toute liberté mettre leurs avis dans notre catalogue…Encore faut-il en premier lieu proposer du contenu pour qu’il aient envie de le faire, où encore mieux : le proposer là où ils ont des chances de les voir, nos avis….mais ce sera la seconde étape. Tous vos retours sont les bienvenus sur cette initiative.

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mar 31

Le trio d’Angers a crée récemment une des campagnes de communication les plus originales que j’ai vue dans une bibliothèque francophone…et c’est très bien!

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On l’a dit, notre métier souffre d’une image négative qui n’a jamais fait l’objet d’une prise en charge associative au niveau national, du moins dans la lecture publique, au moins depuis cette chouette campagne de l’ADBS

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J’ai déjà eu l’occasion de le dire ici, mais ce serait vraiment utile de mener une campagne de communication au niveau national (euuuh quelqu’un du Bureau National de l’ABF lit ces lignes?)

Bon en attendant je vous propose de jeter un oeil à celle que propose clés en main OCLC. Une seule affiche est traduite en français, mais le positionnement me semble très bon. Il part de l’usager pour montrer que ce que les bibliothèques peuvent apporter. L’occasion aussi de repositionner les bibliothèques comme des acteurs à part entière non pas seulement du domaine culturel, mais aussi dans le domaine de la formation professionnelle et de l’emploi…A quand une telle campagne en France?

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mar 27
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C’est le titre d’un article paru sur le blog de Del.icio.us, (euuuuuh c’est quoi del.ico.us?) vous savez le système de folksonomie…L’article est en anglais et il liste des initiatives de bibliothèques anglophones directement liées à ce service web 2.0. A voir la liste très large des bibliothèques qui utilisent cet outil, on se dit qu’on a encore du chemin à faire pour faire disparaître nos sacro-saintes listes de signets…A commencer par la Bnf qui pourrait faire évoluer ses signets vers une liste collaborative nationale, avec un système de tags coordonnés …

Pour mémoire, vous trouverez quelques exemples francophones ici, il y en a sûrement plein d’autres. Reste à mon avis trois éléments décisifs pour développer l’adoption de ce système par les bibliothèques :

  • la traduction de Del.icio.us en français
  • l’évolution de son interface vers une plus grande clarté et ergonomie
  • la popularisation de l’excellente extension delicious complete sous firefox

(Merci Fabien!)

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mar 20
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euuuh oui c’est Taz, de Tasmanie! (j’ai pas résisté, j’adore ce personnage!)

Via l’excellent Librariesinteract, on apprend que la bibliothèque de l’état de Tasmanie utilise les tags de Librarything dans son catalogue. Vous pouvez tester ça ici avec cette recherche sur le journal de Bridget jone’s. (faut aller voir dans similar/other/tag)

Alala si seulement Librarything était suffisamment développé dans le monde francophone! (ça viendra hein)

Séance de rattrapage : “si vous vous demandez : mais de quoi qui me cause le bibliobsédé”, ben allez d’abord là puis . Pis après, vous revenez mettre un commentaire, tout ébahi que vous êtes de que vous venez d’apprendre. Non non, de rien. :-)

A voir aussi : Via Lafeuille et Nicolas Morin, Google recherche de livre à met en oeuvre une API sur ses services . Elle permet une intégration d’un lien vers la version numérisée du livre dans les catalogues de bibliothèques. Des exemples? c’est là et .

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mar 17
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Contra Costa County Library est un réseau de 26 Bibliothèques aux USA, en Californie. Il a développé un projet original et qui me semble très intéressant. Il s’agit d’une e-carte de bibliothèque. (via Libsuccess)

En effet, on considère souvent les “usagers numériques” comme inexistants. La conception même de certaines solutions informatiques pour bibliothèques fonde toute l’approche d’identification sur les cartes de lecteurs, les non-abonnés sont très mal gérés, qui plus est les “usagers numériques”

Nous sommes ici dans une contradiction (apparente) entre la bibliothèque territoriale et la bibliothèque déterritorialisée..

Apparente, car on l’a déjà dit, ici, il est temps de considérer que les gens qui non seulement ne sont pas inscrits à la bibliothèque mais qui en plus ne le seront peut-être jamais et qui plus est n’y mettront jamais les pieds sont susceptibles d’utiliser quand même nos services! (surtout si nos sites sont de plus en plus “éditorialisés” et proposent des contenus en ligne…).

En France, le réseau de bibliothèque qui a compris ça, c’est le réseaux des bibliothèques municipales de la ville de Lyon, avec notamment le Guichet du Savoir ouvert à tous les internautes.

La e-carte de bibliothèque permet donc un accès sécurisé aux services de la bibliothèque : principalement aux bases de données payantes et au téléchargement de livres lus ou de contenus audios. Il s’agit en fait d’un certificat de sécurité géré de manière informatique qui est valable 3 ans sur inscription. Évidemment, l’idée est de faire en sorte qu’une partie des “e-usagers” deviennent des “full-access usagers” et puissent à terme obtenir une carte de prêt des documents physiques de la bibliothèque, ou pas.

Finalement on peut se dire que le traditionnel service de prêt et l’accès au lieu reste central et devient même valorisé par ce genre de pratique. En effet, il y a coexistence de 2 services un “service numérique de base” et un “service premium” intégrant le prêt ! (les deux peuvent même être gratuits hein…).

La bibliothèque comme lieu loin d’être dévalorisée est au contraire rendue plus attractive…et les chiffres le montrent. Selon cet article de Computer in libraries, après quelques mois (lancement en juillet 2006, les chiffres datent a priori de mai 2007) 3 500 personnes se sont inscrites pour avoir une e-carte et 25% a finalement opté pour une “full-access card”




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mar 04
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Bon ok vous vous doutez bien que je n’aurai jamais posé une telle question. (les bibliothèques n’ont pas à être sauvées, de même que bon nombre de choses aujourd’hui, nous devons “juste” repenser et adapter les modèles, pas les “sauver”)

C’est néanmoins la question qui sert de fil conducteur à ce très intéressant voyage dans l’architecture des bibliothèques (signalé sur Slashdot et envoyé par Fabien, merci beaucoup pour la trouvaille!).

Il s’agit donc d’un Photo-essay (un diaporama commenté, en anglais hein) qui tente de répondre à la question suivante : comment construire des bibliothèques à l’ère du numérique?

Sous forme de boutade, il est précisé sur Slashdot que les bibliothèques sont inscrites sur cette chronologie de 1950 à 2050 qui anticipe ce qui doit disparaître….et la mort des bibliothèques est programmée pour 2019!

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fév 21
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Voici en exclusivité un article à lire attentivement pour tous ceux qui se posent la question des logiciels open source en Bibliothèques!

Il s’agit du récit complet, argumenté, circonstancié et chiffré de l’implantation du logiciel open source Koha au sein du réseau des médiathèques du SAN Ouest Provence, dont vous pouvez admirer au passage adimrer la version pas encore tout à fait “web 2.0″ du portail. en effet, la version 3.0 de Koha arrive sous peu…ça s’annonce très très prometteur!

Il s’agit d’une communication de Jérôme Pouchol (chef de projet Koha pour la médiathèque Intercommunale Ouest Provence) réalisée lors du pré-congrès satellite de l’IFLA à Dakar (14-16 août 2007) et en cours de publication dans la série IFLA/Sauri.

Vous pouvez télécharger le document dans la colonne de droite de mon blog (rubrique à télécharger avec box.net ou le lire avec Issuu (voir ci-dessous)!

J’ai envie quant à moi de tirer un grand coup de chapeau à l’ensemble de l’équipe dont l’aventure sera utile à la communauté internationale des Bibliothèques! La version 3.0 de Koha sera donc pour une large part redevable au SAN Ouest Provence et nous pourrons désormais tous avoir le choix de bénéficier d’un logiciel largement aussi performant (et même mieux et moins cher) que pas mal de solutions propriétaires! Voilà qui fait avancer les choses dans le bon sens! BRAVO!

Voici le résumé officiel histoire de vous donner un avant goût:


Neuf mois après la mise en service du logiciel Koha au sein de son réseau de Lecture Publique, la Médiathèque Intercommunale Ouest Provence dresse un premier bilan de son projet : bilan en terme d’exploitation du produit et de service offert aux utilisateurs, bilan également en terme de choix stratégique et d’organisation. Car le “libre”, c’est aussi cela, un pari et un enjeu qui dépassent les seules potentialités techniques et fonctionnelles du progiciel. En dépit de l’instabilité inhérente à la mise en production d’une version provisoire, cet état des lieux est déjà positif et à bien des égards porteur de promesses, celles d’offrir notamment les conditions d’une relation nouvelle à l’outil de travail, une relation partagée et constructive.



En complément, pour ceux qui lisent en anglais : voici aussi un livre qui doit être très intéressant : Open-Source Software for Libraries

Enfin, souhaitons bonne chance dans ses nouvelles fonctions à Nicolas Morin qui vient d’intégrer BibLibre, dont un des fondateurs n’est autre que Paul Poulain, le plus précieux contributeur au projet Koha!



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fév 14

Vu sur Saamarande, cette trouvaille : les fauteuils robotisés! (pour le site du projet c’est là!). D’après ce qu’on voit dans la vidéo les fauteuils vous suivent gentiment à partir du moment où ils sont activés par une carte probablement équipée d’une puce…

A la fin de la vidéo on découvre aussi l’avantage logistique que représente ce genre d’innovation! Blague à part, je pense vraiment que des réflexions peuvent être menées sur de tels objets communiquants, voir intelligents, ou du moins contextualisés….

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fév 05

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Bernard Strainchamps est le weblibraire responsable de Bibliosurf, librairie exclusivement sur le web. Il a animé le site Mauvais genres, bien connu des bibliothécaires. Lui -même bibliothécaire en détachement, il assure des formations et des prestations informatiques auprès des bibliothéques. J’ai voulu lui poser quelques questions pour en savoir plus sur son parcours atypique et recueillir son regard sur ce monde du livre en pleine mutation numérique.

Bernard Strainchamps a aussi eu la gentillesse de m’aider à migrer mon blog de dotclear à wordpress, et m’héberge également merci à lui, en échange d’une bannière de pub qui est la seule et unique de ce blog.

A propos, j’en profite pour dire que j’ai remis en ligne l‘interview d’un autre Bernard, Bernard Majour qui avait disparue suite à la migration de mon blog sous Wordpress. Désolé pour cette disparition momentannée Bernard!

Mais c’est l’autre Bernard qui est à l’honneur aujourd’hui :

Bernard Strainchamps, j’ai ouï dire que vous avez eu une autre vie avant d’être un weblibraire…parlez nous de votre parcours dans le monde des bibliothèques ?

Je me considère toujours comme un bibliothécaire. Je suis juste détaché !-; J’ai greffé la vente en
ligne sur une expérience de médiation, c’est tout. En 1995, j’ai découvert l’informatique en bibliothèque – en cuisine (mon premier métier), ce n’est pas encore nécessaire de programmer - puis Internet, en 1997. Ce fut untremplin, une géniale découverte … mais qui a aussi compliqué mon parcours en bibliothèque. Lors de mon premier poste, j’ai créé un système pour envoyer les lettres de rappel semi-automatiquement. Imbécile heureux, je pensais que mes collègues apprécieraient. J’ai été poussé vers la sortie. Deuxième poste, j’ai créé Mauvais genres. A chaque article qui paraissait dans un journal, j’étais convoqué pour un entretien houleux… Lors de mon troisième poste, j’ai créé un intranet, quand le directeur pratiquait la division et disait à l’un une chose à l’autre une autre sans jamais rien écrire. Le quatrième poste, j’ai été embauché pour fermer des cartons…


Quel regard portez vous sur l’expérience Mauvais Genres, rétrospectivement?

Ce fut 6 ans d’expériences. Un laboratoire… avec les mains dans le cambouis. J’ai appris énormément des autres, et
je reste assez fier d’avoir su créer un site qui fédérait tous les professionnels du livre et les lecteurs. C’était une
belle toile d’araignée tissée avec passion et sans aucune technique de marketing. Et les centaines de personnes qui participaient ne contribuaient pas pour avoir un nombre grandissime d’amis au compteur.


Vous avez désormais un regard extérieur sur le monde des bibliothèques…comment celui-ci vous apparait-il?

Il est sans doute différent. Je travaille avec des bibliothécaires qui font appel à moi. Je n’ai plus l’angoisse de savoir ce que va devenir le métier de bibliothécaire et ce que je vais devenir dans une structure fermée. Bibliothécaire est un métier en pleine évolution. Je pense qu’il va de plus en plus se confondre avec celui de journaliste et d’éditeur. L’ autonomie des lecteurs encouragée par le développement du libre accès au document est devenu une réalité grâce à Internet. On assiste en direct à la bibliothéconomisation de la société !

J’espère surtout que les collègues vont développer des compétences plus culturelles que techniques et résister
au discours ambiant et trop facile qui veut transformer l’usager en client. Autrement, ce sera la fin. Au moins des bibliothèques
publiques.


Comment êtes vous alors devenu weblibraire? Pourquoi avoir choisi la librairie-en-ligne et pas une boutique?

Libraire, c’est un métier. Et ouvrir aujourd’hui une boutique à Paris avec 10 000 exemplaires, c’est du domaine de
l’impossible pour quelqu’un qui n’a pas une fortune de côté. Et sans doute vain. La librairie virtuelle, c’est un premier pas qui n’engage à rien. Et qui ouvre mille perspectives.


Comment la vie d’un weblibraire se passe-t-elle au quotidien?

Imaginez ! En moins d’un an, j’ai saisi 7500 notices dans la base, sans fournisseur ! C’est un vrai travail de fourmi qui prend énormément de temps. Or je devrais consacrer moins d’un mi-temps à la librairie. Car ce qui permet aujourd’hui de me payer, de payer les charges et l’expert comptable, c’est la création de sites internet et la formation professionnelle. Dans le cahier des charges, j’ai prévu 20 jours de formation par an et 4 sites internet. Alors que je ne pensais pas atteindre les 20 000 euros de prestation de service, je vais les dépasser sans problème, sans avoir même à prospecter.

Une journée de libraire, c’est saisir des données, indexer des flux rss, repérer des articles, modérer des forums, interviewer des auteurs (il y a plus de 100 interviews sur Bibliosurf), créer des guides de lecteur. Je suis d’ailleurs très fier du petit dernier. Répondre aux clients, aller à la SFL, poster les colis, ça prend
à peine une douzaine d’heures par semaine.


Pensez vous que l’avenir de la librairie est en ligne? et de quelle manière? serez vous associé aux projets de portails de librairies?

Je n’ai jamais été contacté par le SLF. Un jour, « on m’a dit » qu’un libraire sur Internet, c’est un simple gestionnaire de catalogue. Du coup, j’ai un peu déliré autour de ce thème sur le blog des libraires de Libération. En fait, je veux bien répondre à cette question… mais comme conseiller rémunéré !-;

Je ne crois pas au guichet unique si ce n’est un système qui dit que le titre est disponible et propose ensuite au client d’opter pour une librairie proche de chez lui. Le portail des libraires, ce devrait être Dilicom, une base des librairies et quelques lignes de code en php programmées par un gamin de 15 ans. C’est tout.


Une récente polémique oppose le Syndicat de la livrairie française et Amazon à propos des frais de ports…que
pensez vous de cette question?

J’en pense rien de bon. Amazon cherche l’étouffement. Il contacte toutes les librairies de France pour proposer ses services. Même moi, ils ont osé. J’ai été heureux de la condamnation d’Amazon. La livraison gratuite que je pratique contraint et forcé me divise ma marge brute par deux.

Quel regard avez vous sur l’évolution de la chaîne du livre à l’heure du numérique?

DRM. Guichet unique de téléchargement ? Ce sont des options régressives qui ne sentent pas bons. Le papier est un support qui n’a pas dit son dernier mot. Et contrairement, à ce que certains écrivent, il est plus écolo.

Le numérique, c’est une nouvelle voie. Et je ne suis pas sûr qu’il faille appeler ce support papier électronique. Ce sont les quotidiens, les premiers touchés par les précédentes révolutions technologiques dénommées radio, télé et Internet, qui vont s’emparer de ce support. Ce sera la revanche. Mais tout reste à inventer ! En tout cas, il n’est pas difficile de prévoir que ce support entraînera de grands bouleversements dans la gestion des fonds en bibliothèque. Sera-ce le cauchemar du bibliothécaire? Bien sûr que non si ce n’est pour les décideurs qui pensent encore comme en 1995.

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