fév 29

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Je me suis posé cette question l’autre jour en écoutant la radio à propos des élections américaines. Là bas on vote dans les bibliothèques.

J’avais d’ailleurs il y a quelques temps posé une question équivalente à Alain Bédouet, animateur du “Téléphone sonne” sur France-inter, pour savoir pourquoi pendant les présidentielles il organisait des débats dans des fnac et pas dans des bibliothèques…

Alors qu’on se plaint souvent que les bibliothèques ne sont pas suffisamment ancrées dans la vie quotidienne des gens, quel preuve plus chouette de leur inscription dans la vie démocratique que d’aller faire son devoir de citoyen dans la bibliothèque?

En plus souvent les maires sont très fiers de ces établissements (enfin quand ils ont investi dedans hein, c’est peut-être ça l’obstacle? mais en même temps c’est pareil pour les écoles et on vote souvent dans les écoles non?).

Bref, pourquoi est-ce que je n’ai jamais voté dans une bibliothèque? Hormis des questions de politique locale, y a-t-il un quelconque obstacle juridique ou réglementaire? Autant le site du ministère de l’intérieur décrit précisément la procédure et les outils, autant le lieu ne me semble pas imposé.

Et vous? ça vous est déjà arrivé de voter dans une bibliothèque?

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jan 15

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ceci est un vrai serpent de mer…impressionnant hein! :-)

Bon ben je vais faire dans le serpent de mer de la profession pour commencer l’année.

Ma position : Il faut que les bibliothèques soient complètement gratuites pour tous les supports et pour tous les publics!

Bien sûr le prix de l’abonnement à la bibliothèque est un choix des élus (mais nous avons aussi une fonction d’aide à la décision…); bien sûr il est faible et beaucoup de gens sont exonérés. Justement.

En général les arguments en faveur du paiement sont assez idéologiques, au mauvais sens du terme ou alors vaguement psycho-sociologiques (du type : payer ça responsabilise…ah bon? les bibliothèques gratuites ont un taux de vols et de dégradations qui explose? qui l’a montré? où sont les chiffres?)

Or J’avais retenu une démonstation d’un strict point de vue des sciences de la gestion, avancée par Thierry Giappiconi qui me semble très convaincante.

Dans la norme ISO 11620 “mesure des performances des bibliothèques” (sur laquelle dans un monde bien fait tout SIGB devrait se baser pour proposer des statistiques en un clic de souris, mais bon noël c’est fini…) figure l’indicateur suivant :

Indicateur : Coût par usager = dépenses de fonctionnement sur une année budgétaire/nombre d’usagers (efficience)

Cet indicateur mesure l’optimisation des moyens alloués en fonction du résultat qu’on veut obtenir (= efficience). Ici on dira que le résultat souhaité est un nombre d’adhérents élevés et des dépenses faibles. Autrement dit plus le coût par usager est faible et plus la bibliothèque est utilisée, donc plus l’argent public est bien utilisé, de ce point de vue.

Si l’on considère comme bien souvent que le nombre d’usager = nombre d’adhérents payants (même si l’on sait que c’est inexact, mais admettons), chacun reconnaîtra que les frais de gestion des inscriptions payantes sont élevés. En effet, il faut additionner le temps de travail passé par les bibliothécaires à inscrire les gens et à encaisser les recettes, le temps passé à gérer les caisses (faire les comptes pfffff), celui passé aux rendez-vous avec le trésor public, sans oublier le coût des primes consenties aux régisseurs et l’achat d’un coffre fort! Tout cela représente les charges de fonctionnement importantes. (et du temps passé à ne pas faire de médiation…)

Or on sera aussi d’accord pour dire que les recettes sont marginales puisque les sommes payées par chaque usager sont faibles et que beaucoup sont exonérés. (en moyenne, 30% des usagers paient si l’on retranche les exemptions)

Si l’on reprend notre indicateur d’efficience (rappel : l’efficience mesure l’optimisation des moyens alloués pour obtenir un résultat) en considérant qu’une partie des charges de fonctionnement est compensée par les recettes des insciptions, on obtient:

(charges de fonctionnement fortes) – (recettes des inscriptions faibles) = dépenses de fonctionnement fortes donc = coût par usager très important!

CQFD.

A l’inverse, si l’on supprime les coûts de fonctionnement des inscriptions et que l’on refait un calcul global : le coût par  usager est beaucoup plus faible, et la bibliothèque en tant qu’investissement d’intérêt général (et non d’intérêt municipal ce qui justifie souvent une discimination communale dans la tarification qui alourdit encore plus les coûts de fonctionnement) est utilisée par un nombre plus important d’usagers. (ce qui n’est pas une fin en soi hein, mais un bon début quand même!)

Voici des exemple issu de la liste biblio-fr lors d’un des innombrables débats sur ce sujet (mais je n’ai pas la référence exacte des messages)

  • La BM d’Autun est passée de la gratuité à la tarification en janvier 1988. Elle a perdu 30% de ses inscrits
  • BM de Tours (123 820 habitants, recensement 1999) : La municipalité a fait le choix de la gratuité totale à partir de janvier 2001. Le nombre d’inscrits adultes et enfants est passé de 25000 à 35000, (passage de 20% à 28% de la population), le nombre de prêts a doublé en 3 ans

Voilà qui sonne comme une sorte d’appel en ces temps de campagne municipale….:-) A bon entendeur.

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avr 19
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regardez bien ce téléphone…c’est du rétro-marketing, il est sans fil!

En ces temps de campagne électorale je souhaite soumettre à votre sagacité le fait suivant : France-inter (dont je suis un auditeur modeste et génial, et dont j’espère que vous savez qu’on peut podcaster toutes les émissions) s’est déplacé au total 5 fois à Marseille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Lille, pour son émission grand public et à une heure de grande écoute : “le téléphone sonne“, présenté par Alain Bédouet. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un forum radiophonique avec des appels et des mails d’auditeurs et des réponses des invités sur un thème. C’est une émission d’opinion qui me semble avoir son utilité.

Pourquoi ces déplacements? A chaque fois, il s’agit pour France-inter de se rendre visible et d’aller “au contact” des auditeurs.

Ce qui m’interroge c’est le lieu où sont effectués ces déplacements : dans les 5 cas France-Inter s’est déplacé dans des Fnac. En bon Bibliobsédé je me demande donc pourquoi, la Fnac a été choisie plutôt que les grandes bibliothèques de ces villes! Ca peut paraître bibliocentré comme question mais il me semble qu’à l’heure où on s’interroge sur notre place dans l’espace publique, ce genre d’opération est à même de rendre visible notre action d’une manière plutôt intéressante et de montrer que les bibliothèques sont aussi là pour aider à comprendre les enjeux du monde contemporain….

C’est vrai quoi: question technique j’imagine que c’est tout à fait gérable pour une grande bibliothèque comme l’Alcazar ou la Part-Dieu, ou la BPI non? Alors Radio France a-t-elle un accord d’exclusivité avec la Fnac? c’est probable, mais dans ce cas là, qu’est-ce qui justifie que ce soit la Fnac (critères), sur quoi porte l’accord et après tout pourquoi une radio de service public passe-t-elle de tels accords?

Bon ben comme j’ai envie d’en savoir plus, j’ai écrit un mail à Alain Bédouet. J’attends la réponse (sans trop me faire d’illusions hein) et que vous en tiendrai informé. (m’en fiche si j’ai pas de réponse, je met ma question sur le Guichet du savoir et ce sera à eux de chercher…mééé non je plaisante de tout façon il vont m’éjecter si je fais ça ;-) (j’ai eu une réponse elle est ci-dessous!)

voici en substance le mail envoyé:

Bonjour M. Bédouet

J’ai une question simple à vous poser. Je souhaite savoir en tant que simple auditeur de votre émission et par ailleurs bibliothécaire (et auteur d’un blog sur les bibliothèques) pourquoi les émissions qui ont eu lieu en province se sont déroulées dans des FNAC. Pourquoi la Fnac? s’agit-il d’un accord commercial avec eux? Sur quelles bases de donnant donnant avec France inter?
Avez vous pensez à organiser de tels forums dans des bibliothèques? de très beau lieux existent dans les villes où votre émission s’est arrêtée et auraient à mon avis été tout à fait à même (y compris techinquement) d’accueillir votre émission.
Symboliquement organiser votre émission dans les bibliothèques aurait été intéressant pour montrer que vous traitez de l’actualité chaude et des questions de société quand nous autres bibliothécaires proposons à nos publics les moyens de mieux comprendre et de s’informer. Nous sommes complémentaires et dans le domaine public…
Je vous remercie par avance de vos réponses à mes questions.

Bien cordialement et merci pour vos émissions.
Bibliobsession, un bibliothécaire blogueur

Mise à jour : Réponse d’Alain Bédouet, reçue par mail le 19/04/2006 à 14h15:

La décision (d’organiser des “Téléphone sonne” en public dans plusieurs grandes villes : Lille, Strasbourg, Bordeaux, Lyon, Marseille) a été prise très vite. Les auditoriums des Fnac étaient disponibles, à la différences d’autres lieux selon les villes. Il ne s’agit pas d’un accord “commercial” avec la Fnac. Nous retenons l’idée de demander leur accueil aux bibliothèques municipales, sous réserve qu’elles puissent nous accueillir entre 19 et 20 heures, avec une surface nécessaire pour permettre la présence du public.
Cordialement
“Le Téléphone sonne”

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mar 27

J’ai parlé la semaine dernière du Projet Université Numérique en Région Bretagne (PUNRB, en pdf ici). Une autre dimension concerne la mise en place de point étude.


En clair, il s’agit de proposer aux étudiants bretons des points d’accès distants (des extranets en fait) à leur Espace Numérique de Travail (ENT). Il en existe une douzaine aujourd’hui principalement dans des bibliothèques municipales.


Un espace d’étude gratuit près de chez vous :
Le Point Etude est un lieu aménagé pour l’étude dans un espace collectif et public (Centre Multimédia / Médiathèque) où vous pouvez accéder gratuitement à votre Espace Numérique de Travail (ENT), hors des campus universitaires.

Un réseau régional "Pilote" :
Vous êtes loin du campus et vous n’avez pas Internet chez vous ?
Vous disposez désormais d’un réseau régional de "Points Etude" : 12 communes réparties sur les 4 départements de la région Bretagne se sont engagées dans cette démarche pour mettre à votre disposition les moyens d’accéder à votre ENT.

Le public ciblé est ainsi le public étudiant, qui n’a pas forcément d’accès à Internet à la maison et qui peut ainsi travailler dans des lieux publics en retrouvant des ressources adaptées à ses besoins. Ce dispositif me semble une très très bonne idée puisqu’il s’agit de répondre à la fois à des besoins documentaires, mais aussi de développer les liens en les lieux bibliothèques municipales, les ressources numériques, et les "centres multimédias", le tout en prennant en compte les problématiques d’accessibilité, d’un point de vue territorial.

A l’heure où la question est sans cesse posée du lien entre le numérique et les territoires, il s’agit d’un dispositif vraiment intéressant (et je suis curieux de connaître les détails techniques…) d’ailleurs bien relayé comme le montre cette revue de presse bien fournie sur ce projet.

Rêvons un peu à des projets régionaux similaires, permettant une véritable mutualisation du travail mené par Couperin via l’accès à des ressources dans les bibliothèques municipales…pourquoi d’ailleurs ne pas imaginer des collaborations avec des entreprises qui mettraient à dispositions un extranet de ce type dans des lieux publics…à voir la montée en puissance du télétravail, je me demande si ce serait pas une piste à creuser…des usagers passionnés pourraient alors créer un site comparatif des meilleures bibliothèques pour travailler avec des critères comme l’accueil, les horaires, le confort, la qualité du wifi…un peu sur le modèle de Café-wifi à Paris (oui je sais je fais de la territoriale-fiction, et alors? ce blog est un espace de rêve professionnel je vous l’avais dit!)



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mar 09

Dans la série "celui qui aimait les library et les bars", voici Java Wally’s @ RIT Library, cette fois il ne s’agit pas d’un bar avec une déco cosy type bibliothèque Sainte-Geneviève, mais d’un bar volontairement situé DANS la bibliothèque!

Avec Wifi gratos à volonté et ouvert 7/7 et 24/24, ya de quoi avoir envie d’aller étudier là-bas. (quand je pense que Paris va mettre du wifi gratuit dans toutes les Bibliothèques d’ici quelques mois, mais que les accès seront désactivés aux heures de fermeture (si, si!), je me dis que si une première étape est franchie, on est encore loin du compte…)

En France, à Toulouse, il existe une médiathèque associative et alternative (avec quand même 17 000 disques) mais bon c’est pas pareil….

Peut-être y-a-t-il d’autres exemples français similaires que j’ignore? (des exemples de bibliothèques-café hein, pas de cafés-bibliothèques, et encore moins ouverts avec une telle amplitude horaire, ça on est sûrs de pas trouver en France….)

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mar 08

Voilà l’endroit rêvé pour rencontrer toute la Cage aux bibliothécaires! Si un jour je passe par Boone, Caroline du Nord, pour sûr je m’arrête dans cette Library si délicieusement adaptée au besoin d’une certaine catégorie de public…! ;-)

Ne manquez pas l’animation flash en livre, très réussie et mention spéciale aux animations de chargement…

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juin 26

Me voilà de retour avec un chouette schéma publié dans le livre de Thierry Giappiconi.


Dans ce schéma; on retrouve tout ce qui fonde notre action de bibliothécaires (bibliothèques publiques), en tant que membres d’une collectivité oeuvrant pour l’intérêt général. Je le trouve vraiment clair parce qu’il pose théoriquement ce que nous faisons tous les jours: parier sur des impacts que la bibliothèque peut avoir sur le corps social…!

Je dis parier car ce n’est pas si facile de mesurer les impacts des bibliothèques dans leur volonté de "changement social" (belle idée non?). Tout au plus, et ce n’est déjà pas si mal, peut-on opérer quelques mesures avec une norme comme celle-ci : La norme ISO 11620, Information et documentation Indicateurs de performance des bibliothèques.

Je vous invite d’ailleurs à consulter les documents issu de cette journée d’étude "Deux normes essentielles : le « Records management » et les indicateurs de performance des bibliothèques" qui a eu lieu le Jeudi 8 juin 2006 - 9 h 30 - 17 h 30 à la Bibliothèque nationale de France


Derrière tout cela, il y a tout la question de savoir à quoi nous servons et pourquoi nous sommes là. Mais cela peut être bien cruel parfois…. et si la réjouissante enquête du crédoc n’était que de la poudre aux yeux?

C’est la question que pose Thierry Giappiconi dans le débat virtuel de la BPI :

In extenso :

"Il semble que l’on se félicite du fait que la bibliothèque "a aujourd’hui l’image d’un lieu culturel familier, dans la proximité immédiate du lieu de résidence". Mais peut-on s’en satisfaire ?

N’aurait-il pas convenu de tenter d’aller plus loin, c’est à dire d’évaluer les effets et les impacts de la politique de développement des bibliothèques dans l’esprit d’une démarche d’évaluation des politiques publiques qui, selon la circulaire du 28 décembre 1998 : "Vise à comparer les résultats d’une politique aux moyens qu’elle met en oeuvre qu’ils soient juridiques, administratifs ou financiers et aux objectifs initialement fixés [et qui] se distingue du contrôle et du travail d’inspection en ce qu’elle doit aboutir en un jugement partagé sur l’efficacité de cette politique et non à la simple vérification des normes administratives et techniques »

Cette question nous renvoie à la question de savoir si l’objectif était seulement la fréquentation, voire la banalisation de la bibliothèque, ou bien si cette attente de résultats n’était qu’une composante de la mesure des effets et les impacts de cette fréquentation à partir d’un certain nombre de problèmes de société préalablement identifiés, puis au regard d’objectifs pertinemment définis

J’aurais par exemple été intéressé de savoir, de même que sans doute la plupart de mes collègues et les responsables des collectivités locales, ce que traduisent ces résultats au regard des missions de la bibliothèque.

Même « les objectifs initialement fixés » peuvent être très variables d’un établissement à l’autre il pourrait par exemple être intéressant de savoir :

- Quel est l’impact (social, économique) de l’action des bibliothèques sur la lecture des oeuvres artistiques et scientifiques au regard de la diffusion commerciale ? - dans quelle mesure la bibliothèque publique contribue t-elle à la lutte contre l’échec scolaire à l’école et dans le premier cycle universitaire (problématique qui regarde, rappelons, le 65% d’une classe d’âge), et par effet induit à l’insertion sociale ? - dans quelle mesure la bibliothèque contribue t-elle à la formation permanente, et par effet induit au développement économique et à l’emploi ? - dans ces deux derniers questionnements, quelles sont les parts respectives de la sélection documentaire, de la fonction de médiation et des équipements ?

Il ne s’agit là que de quelques exemples de questions dont les réponses me sembleraient précieuses pour la conduite du développement des collections et des services et pour le nécessaire dialogue entre les professionnels des bibliothèques, les décideurs politiques et la population."

Ces questions sont justes non?

NB: Thierry Giappiconi participait à un atelier intitulé "
La bibliothèque, un outil au service de la collectivité" au dernier congrès de l’ABF. Quelqu’un y a assisté? et veut bien faire un compte rendu?

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mar 27


Une table ronde a eu lieu au salon du livre sur le thème de la bibliothèque comme lieu de formation continue. Olivier Chourrot de la BPI, a insisté avec raison sur la nécessité de se positionner sur les question de formation tout au long de la vie et de regarder du coté des "learning center" anglo-saxon. Bien que ce principe soit mentionné dans notre bible ;-) qu’est la charte de l’UNESCO, il a énuméré les
puissants freins qui nous empêchent de considérer la bibliothèque comme telle chez nous. Plutôt que de rappeler les freins en question (compte rendu de la journée sur Tribune Libre), je préfère quant à moi voir le verre à moitié plein.

Bernard Corbineau, qui est chercheur consultant et propriétaire d’un gîte rural si j’ai bien compris, me permet de le faire en positionnant les bibliothèques comme outils d’intelligence territoriale (j’aime bien la formule en plus on a l’air intelligent quand on la cite;-)

Il définit, dans un style quelque peu ampoulé, trois conditions pour aller dans ce sens:

"La première ne concerne pas les médiathèques mais la nécessaire acculturation des décideurs, autant
les cadres que les élus, à la société en réseau et subsidiairement aux TIC. Sensibilisation et formation
sont nécessaires, plus aux enjeux d’ailleurs qu’aux outils. Il est nécessaire de reconstruire des
représentations de l’action locale dans le contexte global, de comprendre les porosités nouvelles des
territoires dans ce contexte de globalisation, d’admettre que les territoires ne sont plus clos mais à
géométrie variable, de penser en terme de flux et non simplement de lieu.

[note de bibliobsession: c’est à dire supprimer la discrimination communale dans la tarification de l’accès aux services par exemple ou prendre en compte les axes de transports dans l’analyse des territoires]

La seconde réside dans la prise en compte des médiathèques comme acteur territorial. Ceci est loin
d’être une priorité des élus et cadres des collectivités territoriales, ni même des directions des
médiathèques. L’idée n’est souvent même pas émise. Au plan municipal certaines médiathèques
récentes ont été conçues en prenant en compte les TIC et , dans une mesure certaine, l’évolution
sociétale contemporaine. Des études sur les raisons de cette non prise en compte des médiathèques
semblent nécessaires.

[note de bibliobsession: ça s’apelle le développement des politiques documentaires et c’est vrai que ça prend pas mal de temps à se diffuser!]

La troisième condition est la prise en compte de la médiathèque dans le maillage du territoire dans son
aménagement, pour la penser comme acteur non seulement du territoire et de son intelligence, mais
aussi comme un élément d’un réseau de connaissance et de services. Ceci est particulièrement
nécessaire dans les territoires en voie de désintégration sociale comme certains quartiers suburbains et
certains territoires ruraux. Quelle est la place des médiathèques comme non seulement comme portail
ouvert au monde mais comme lieu de vie, combinant la recherche de ressources numériques, la
création collective ou individuelle de connaissances par le numérique mais aussi par d’autres voies
plus traditionnelles et par l’échange de proximité.
"

[note de bibliobsession: ça s’apelle le développement de projets culturels et de partenariats en réseau
]

Pour conclure: y a du pain sur la planche pour plusieurs générations!

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mar 08


Lu sur biblio-fr les propos du mystérieux Bernard Majour (mais qui est-il?) concernant la tarification des bibliothèques pour les usagers "hors commune" :



Et là, je me demande au nom de quoi, de quelle obscure raison, les tarifs
pour les gens de l’extérieur sont souvent le double ou même le triple de
ceux pratiqués pour les habitants de la commune. Alors même que beaucoup se
plaignent d’avoir une baisse de fréquentation, on continue cette politique
de discrimination communale. Qui n’existe pourtant pas avec les autres
établissements "culturels" de la commune ! Cherchez l’erreur, cherchez
l’illogisme.


Je suis entièrement d’accord avec lui! Et M. Majour de rapeller que pour le théâtre ou toute autre activité culturelle on ne fait pas la différence entre les bons contribuables et les méchants profiteurs qu’il faut décourager d’arriver jusque là!

J’ajouterai qu’en plus, une bibliothèque est construite pour être utilisée c’est la raison d’être de cet investissement public. Or plus elle est fréquentée, plus l’investissement est efficace puisqu’il tend vers ce pourquoi il a été construit. C’est aussi un argument pour supprimer toute barrière tarifaire à l’accès à la culture. Rétorquer à cela que l’investissement est fait pas une commune, c’est tomber dans une conccurence entre collectivités qui n’a rien d’une saine émulation.









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jan 24


Localiser une bibliothèque c’est ce que propose
Library411.com. (via Librarian in black).

 De quoi savoir où on met les pieds en cas de déménagement ou de voyage…aux Etats-Unis évidemment (soupir).

Mais ne nous y trompons pas. Ce genre d’outils cartographiques (SIG pour systèmes d’information géographiques) représentent un intérêt certain pour nous autres bibliothécaires. Cet article du BBF intitulé Les nouveaux outils de l’urbanisme au service de la bibliothéconomie prospective explique d’ailleurs les vertus du rapprochement entre l’urbanisme et la bibliothéconomie.


Plus fondamentalement sans doute, il s’agit de tirer les leçons d’un rapprochement entre deux métiers, deux savoir-faire, deux compétences, deux domaines d’intervention aussi. Celui des bibliothèques et celui de la ville. Nous sommes ici à une croisée de chemins, entre sciences du territoire et sciences des bibliothèques, plus modestement sans doute à décrire les enseignements qu’un bibliothécaire trouverait à faire incursion dans le domaine de l’urbaniste, du cartographe, de l’arpenteur, du géomètre, de l’aménageur, en lui empruntant ses méthodes de travail, ses moyens d’analyse et de prospective, ses outils aussi. Comme si l’art de bien administrer une bibliothèque ou plus exactement un réseau de bibliothèques devait désormais intégrer celui de bien connaître et de bien désigner les territoires pertinents pour elle.


Concrètement: la BDP des Yvelines a mis en oeuvre un tel rapprochement et s’en explique ici. avec bien sûr quelques cartes à l’appui.

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