avr
15
2010
0

Des bains communautaires, l’alternative nomade 4/12

Triple mouvement : Hier avec cette citation d’André Akoun :

« Par cette lecture (du journal), en effet, je ne recueille pas des messages mais je prends un bain communautaire ; je plonge en quelque sorte dans la baignoire communautaire pour me retrouver en participation avec l’ensemble de la société. »

Aujourd’hui, avec cette citation de Thierry Crouzet :

Le problème n’est pas tant de lire beaucoup que de rencontrer les textes qui nous transforment. Plus nous avons de textes à notre disposition, mais aussi d’images, de vidéos, de musiques, plus nous avons de chances de pêcher des pierres précieuses. Si plutôt que de nous coltiner avec un corpus officiel, nous abordons la culture avec une attitude de nomade, nous avons toutes les chances de devenir un lecteur/auditeur/spectateur unique, différent… et nous faisons ainsi un pas vers notre individuation.

Nos amis, par leurs actions conjointes, structurent l’information et la filtrent. Ils nous suggèrent parfois des articles de journaliste ou de blogueur, parfois d’universitaire ou d’artiste, parfois de simples messages dans les forums. Nous allons à l’information directement, souvent même nos logiciels l’aspirent pour nous et la mettent en forme sans que nous ayons besoin de nous rendre à la source. La signature de l’auteur ou le nom du média compte moins que la parole donnée par nos connaissances. Nous faisons confiance à celui qui nous conseille puis nous jugeons le contenu lui-même. Dans les réseaux sociaux, la relation de confiance empêche d’abuser du temps des autres. Collectivement, nos amis forment le comité de rédaction de notre média personnalisé. Par le passé, nous avions tous le même rédacteur en chef. C’est terminé. Plus personne ne lit le même journal. La diversité des propulseurs garantit la diversité des informations qui nous parviennent.

Prémices pour demain Mars 2010 avec cet article des Echos :

Pour la première fois sur une semaine complète, Facebook a devancé Google en termes de trafic, devenant ainsi le site web le plus visité aux États-Unis

Ce billet fait partie de la série de 12 billets qui seront autant de courtes citations commentées au fil de ma lecture du livre l’alternative nomade de Thierry Crouzet, disponible chez Publie.net.

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mar
29
2010
0

La lecture en réseau, l’alternative nomade 3/12

Suite de la série de 12 billets qui seront autant de courtes citations commentées au fil de ma lecture du livre l’alternative nomade de Thierry Crouzet, disponible chez Publie.net.

Arrêtons de penser blanc noir, opposant la lecture idéalisée à la lecture besogneuse. Une mère londonienne parle de son fils de dix ans : « Il est en train de lire un livre. Il le pose et va sur le site du livre. Il regarde ce que les autres lecteurs écrivent dans le forum, parfois laisse lui-même un message, puis reprend le livre. Il pose le livre à nouveau et google une requête qui lui est venue à l’esprit. » Ce garçon a pris la mesure du Flux. Pour lui, lire est une expérience totale. Il manifeste sa présente au monde dans l’échange incessant de la lecture en réseau.

Connexion avec ce que dit Alain Giffard à propos des lectures industrielles :

L’acte de lecture numérique est compliqué et difficile. Ces difficultés, soulignées par les psychologues et les cogniticiens, sont de tous ordres: la visibilité du texte sur l’écran, la typographie et la mise en page, le détournement de l’attention par les bifurcations de l’hypertexte, l’absence d’intégration des opérations de lecture qui empêche le lecteur de projeter son modèle de compréhension du texte lu. Le lecteur doit en permanence recadrer son idée du texte au risque d’oublier les versions antérieures, et donc de couper le fil de lecture. Les principales conséquences de ces insuffisances technologiques sont la surcharge cognitive, fondamentalement opératoire, et la désorientation du lecteur.

Le lecteur doit en permanence recadrer son idée du texte au risque d’oublier les versions antérieures, et donc de couper le fil de lecture. Les principales conséquences de ces insuffisances technologiques sont la surcharge cognitive, fondamentalement opératoire, et la désorientation du lecteur. Ce point est crucial parce qu’il explique que le lecteur de la lecture numérique, à la différence du lecteur de la lecture classique, a aujourd’hui la tâche et la responsabilité, au cours de l’opération de lecture, de faire advenir une sorte de technologie-mouvement, opération qui ne peut évidemment que surcharger la lecture.


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mar
24
2010
2

Les trois états du flux et l’attention, l’Alternative nomade 2/12

Suite de la série de 12 billets qui seront autant de courtes citations commentées au fil de ma lecture du livre l’alternative nomade de Thierry Crouzet, disponible chez Publie.net.

Comme l’eau, l’information a elle aussi cette propriété de se fluidifier plus ou moins. L’absence de liens, ou la difficulté de les suivre comme lorsque nous discutons, caractérise l’état gazeux. Des liens en nombre fini, et difficiles à suivre comme dans un texte imprimé, caractérisent l’état solide. Les liens démultipliables et faciles à suivre caractérisent l’état liquide propre au Flux. (…) Nous devons prendre conscience que notre attention vaut de l’or. Nous devons la diriger et non pas la laisser aux mains des voleurs de vie.

Être bibliothécaire aujourd’hui c’est trouver des dispositifs pour articuler ces trois états de l’information, tout en essayant de faire le pas de côté qu’exigent les politiques publiques sur la voie marchande du monde en propulsant la qualité de notre attention.

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mar
16
2010
4

Propulser dans les flux, l’alternative nomade 1/12

J’inaugure aujourd’hui une série hebdomadaire de 12 billets qui seront autant de courtes citations commentées (il y aurait beaucoup à dire sur la citation à l’ère du Flux) au fil de ma lecture du texte l’alternative nomade de Thierry Crouzet, célèbre propulseur à l’idéalisme concret avec lequel je trouve nombre d’échos à ma pratique du web. J’ai donc décidé de propulser le propulseur auprès de vous, espérant que ces idées vous inspireront à votre tour ! Vous pouvez vous procurer ce texte, chez Publie.net bien entendu ! Notez au passage que contrairement à d’autres, la forme et le mode de diffusion du texte n’entrent pas en contradiction avec ce qui est énoncé. J’inaugure un tag sur ce blog pour retrouver cette série.

Plus qu’un territoire, le Flux est, pour reprendre l’idée de Chardin, une sphère, un écosystème : une planète où se déroule sans fin un processus alimenté par une énergie extérieure. La planète, c’est le réseau de liens. Le processus, c’est la circulation des informations, des idées et des émotions. L’énergie, c’est nous qui l’insufflons lorsque nous propulsons, c’est notre vie.

Comment s’y prennent les propulseurs ? Ils se connectent les uns avec les autres. Ils se passent le mot de bouche à oreille. Ils se passent l’info de la main à la main. « On propulse en se connectant. On se connecte en propulsant. » Pour propulser, il faut pouvoir transmettre à des destinataires, être connectés avec eux, être un des fils qui sous-tend le Flux, une ligne de vie. Il ne suffit pas d’injecter des contenus dans le Flux et de les laisser vivre seuls. Ils auraient toutes les chances de se scléroser. Mais pour se connecter, taper sur l’épaule de quelqu’un n’a pas beaucoup d’effet. Mieux vaut lui apporter quelque chose, au moins un bonheur passager. « Tiens, lis ça. C’est absolument génial. »

En lisant ce texte je me rends compte que la médiation numérique est en vérité une propulsion numérique faite par des bibliothécaires… :-)

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