Bilbiothécaires, archivistes, documentalistes mobilisons-nous contre la “riposte graduée”!

Alors que la mobilisation se développe pour le prix unique du livre, un autre combat me semble TOUT AUTANT essentiel. Selon ce dossier de Zdnet :

Le texte du projet Hadopi doit instaurer en France la riposte graduée : un dispositif (du simple avertissement à la suspension de l’abonnement) censé dissuader les adeptes des réseaux peer-to-peer à continuer de télécharger illégalement. Il s’appuie sur les suggestions des accords Olivennes, signés en novembre dernier par les industries culturelles, les opérateurs télécoms et les fournisseurs d’accès à internet.

Pour comprendre le principe de ce projet en 3 minutes je vous recommande cette infographie publiée du le site du Monde. Vous vous demandez le rapport avec les bibliothèques? Vous pouvez lire tranquillement ce billet où j’avais tenté d’expliquer les enjeux du P2P du point de vue des bibliothécaires.

J’ai appelé dans ce billet à signer la pétition contre la loi Hadopi (ou la riposte graduée) initiée par le magazine SVM.

Si je me félicite de la signature de l’Association des Bibliothécaires Français et de plusieurs messages sur les listes ADBS et Biblio-fr ainsi que sur le blog Bambou, je pense qu’on peut aller plus loin! C’est pourquoi je pense qu’il nous faut appeler a un élargissement des signataires et à une prise de position commune de l’Interassociation Archives, Bibliothèque, documentalistes

En effet, les bibliothécaires, archivistes, documentalistes se sont mobilisés contre la loi DADVSI en 2006 dans le respect des principes suivants: La société de l’information ne permettra une meilleure diffusion du savoir et de la culture que si un équilibre est respecté entre les droits légitimes des auteurs et des producteurs et ceux, non moins légitimes, des citoyens et des usagers.

N’est-ce pas le moment de faire entendre une même voix alors même que ce projet est en discussion? Il est important que les bibliothécaires, archivistes documentalistes se montrent unis face à un projet visant à instaurer un contrôle des échanges sur les réseaux aux mépris des valeurs démocratiques d’une libre diffusion de l’information et de la culture!

C’est là une occasion exceptionnelle de montrer que les professionnels du monde de l’information/documentation entendent prendre le tournant du numérique et reconnaissent la nécessité d’une juste rémunération des ayants-droit, tout en se situant du côté des pratiques massives d’une grande partie de leurs publics.

Même si nous nous entendrons pas forcément sur une alternative, il me semble que l’aspect uniquement répressif et le premier pas vers le filtrage de ce qui circule dans les réseaux doit nous faire réagir!

Même si la période des vacances n’est pas la meilleure pour mobiliser, nous avons jusqu’à début septembre pour nous organiser, date d’examen du projet de loi à l’assemblée. Je reviendrai bien sûr dans ce blog sur ces questions. En attendant, vous pouvez consulter un argumentaire détaillé et un dossier complet sur cette question ou suivre la revue de presse sur cette question en vous abonnant au fil RSS proposé par la Quadrature du Net

Ne restons pas en dehors de ce débat! Refusons ce projet, affirmons nos valeurs!

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L’ACIM écrit au Ministre de la culture

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Je relaie après
Xavier Galaup la lettre ouverte à Mme Albanel que vous pourrez trouver en intégralité sur le site de l’ACIM. Je soutiens cette initiative et je pense qu’elle est nécessaire! Il nous reste à beaucoup expérimenter, la question est bien de voir notre rôle reconnu et de tenter des expériences dans un contexte qui le permette.

Bravo à l’ACIM pour cette initiative qui me semble utile! On attend la réponse…(rêvons d’une inquiétude légitime aussi positive pour le livre numérique…)

Face à un paysage documentaire qui ne cesse de se recomposer, il nous faudrait pouvoir dessiner avec souplesse les contours de notre activité. Face à l’abondance de l’offre numérique, il nous faudrait rechercher une abondance de solutions. Sachant que demain quelqu’un trouvera un algorithme ou écrira les lignes de codes qui vont à nouveau tout ouleverser et créer un autre modèle d’exploitation de la musique ou du savoir.

Le risque est grand de voir l’écart entre les bibliothèques et l’offre musicale numérique se creuser. Faisons en sorte que notre cadre juridique nous rapproche du public au lieu de nous en séparer. S’il existe des décalages temporels entre l’action publique et les pratiques numériques, il ne faudrait pas que cela nous oblige à courir derrière le changement, alors qu’il nous appartient au contraire de l’anticiper, d’en comprendre et d’en partager les enjeux.

Les bibliothèques continueraient ainsi à incarner le point d’équilibre entre les pratiques individuelles et les formes de
vie collective, à matérialiser le point de ralliement entre les pratiques culturelles numériques et l’accès physique avec une offre documentaire ou les personnes susceptibles d’en faire la médiation.

Elles sont aidées en cela par leur implantation de proximité dans les quartiers, les villes, les départements. Lieux où
elles contribuent au quotidien à la création musicale et à la démocratisation de la culture. Espaces publics de mise en présence à soi et à l’autre où l’on sculpte la musique avec des mots, des visages, des rencontres. Les bibliothèques permettraient d’ancrer la culture numérique dans l’action publique.

Les bibliothécaires pourraient ainsi jouer pleinement leur rôle de passeur, afin de poser les balises de la mémoire, de
marquer les contenus et, à l’image des marionnettistes, de tirer les fils de l’information.

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Les premiers audio-livres sans DRM!

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Je l’ai souvent dit ici, je redoute qu’il se passe la même chose pour les audio-livres (ou livres lus) et les livres numériques que pour la musique. En effet, les éditeurs, comme les majors aux débuts de la musique numérique, sont tentés de reproduire le fonctionnement industriel et commercial du monde physique dans le monde numérique. L’histoire récente montre que c’est une erreur.

Pour la musique, sous la pression des utilisateurs et des pratiques, les DRM ont été retirées. Si le mouvement est bel et bien enclenché pour les œuvres musicales, il n’en est pas de même pour les vidéos, ni pour les livres numériques…

Et pourtant….sur ce blog (aussi via Brouehaha) on apprend que Random house annonce retirer les DRM de ses audio-livres…. (lien vers l’article complet)

Pour mémoire, Random House est une des plus puissantes puissante maison d’édition américaine (donc mondiale….) est un des deux principaux éditeurs de Grande-Bretagne.

L’abandon des DRM pour la musique va-t-il se propager aux livres-audios? (to be continued, comme on dit)

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Automazic : la première borne d’écoute de MUSIQUE LIBRE en bibliothèque!

vu sur la liste Discothécaire, info envoyée par le très bien informé Xavier Galaup, voici une innovation très intéressante dans le domaine de la musique numérique libre en bibliothèque. Voici  le communiqué annonçant cette première en France sur le site dédié à Automazic:

La médiathèque et la commune de Gradignan nous ont fait l’honneur de miser sur le projet Automazic. Cette médiathèque, précurseur dans le domaine, a commandé notre premier prototype et nous a fait confiance, nous les en remercions chaleureusement. De nombreux échanges et discussions avec l’équipe de la médiathèque ont permis de le développer en l’adaptant aux besoins spécifiques de ce type de structure. Il sera conforme au modèle de série si ce n’est quelques éléments internes et l’absence de la fonction de dépôt de morceau, qui sera programmée par la suite et intégrée au prototype : la synchronisation de la borne à notre serveur de développement permettra de mettre à jour régulièrement son logiciel d’exploitation.
Automazic sera présentée pour la première fois au public le 3 novembre 2007 à 14H à la médiathèque de Gradignan, 32 route de Léognan - 33170 Gradignan

Programme de la journée “découverte borne automazic” :

14h00 : présentation et démonstration de la borne
16h00 : Concert acoustique d’Egon
17h00 : table ronde autour de la musique en ligne

On connait les déboires d’ithèque et l’impasse des DRM en bibliothèques, et j’ai toujours pensé (avec d’autres) qu’une alternative essentielle est la musique libre en bibliothèque. Cette borne (qui tourne sous linux!) est justement destinée à promouvoir la musique libre puisqu’elle émane de dogmazic, site géré par l’association "musique libre".



Comme précisé sur le billet d’annonce sur Dogmazine elle met en oeuvre concrètement l’interopérabilité et la libre circulation de la musique, tout en rémunérant les artistes!

Elle sera installée dans les lieux publics de telle sorte que les visiteurs puissent écouter, télécharger ou déposer gratuitement des musiques en licence ouverte sur tout type de périphériques USB 2.0 (en fonction des drivers constructeurs bien sûr) et aussi sur CD/DVD RW.

Comme dit Xavier on serait curieux d’en savoir plus sur cette initiative! (Quels contenus? Quelles sélections musicales? Comment se procurer cette borne? Quel est son coût?). Bravo en tout cas aux bibliothécaires de la très belle bibliothèque de Gadignan! (dont j’adore le slogan ci-dessous!)

Voici à quoi ressemble cette borne sur le site dédié à Automazic, vous pouvez aussi consulter le dossier pdf de présentation de la borne.


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Bmol les bibliothèques musicales on line

Bmol : Les bibliothèques musicales on line (oh yeah!) est un site de valorisation numérique des collections musicales. Il fait partie du réseau des bibliothèques de Grenoble. Je vous invite à aller voir ce site car il est très chouette, même s’il manque (obstacle technique oblige) un élément qui me semble important: les renvois vers des notices du catalogue. (rectif : suite à examen, du problème, il est désormais réglé! voir dans les commentaires de ce billet)


L’initiative était hébergée sur un autre site : celui des Espaces mulimédias de Grenoble qui vaut le détour lui aussi. Qui a dit qu’il ne se passe rien dans le domaine de la médiation numérique en Rhônes-Alpes en France? ;-)

Au fait: pour en savoir plus sur les blogs et sites de médiation crée par des bibliothèques, je vous rapelle qu’il existe l’incontournable Touti frouti et l’enquête menée par l’Agence Bibliosurf

Mais peut-être connaissez vous des blogs, ou des initiatives de bibliothèques qui ne sont pas référencées sur Touti Frouti? Dans ce cas, ce serait un faute professionnelle que de ne pas les signaler… :-)

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La musique dématérialisée et les bibliothèques : Que se passe-t-il? Que fait-on?

Voici une synthèse de la journée d’étude qui a eu lieu en mai 2007, pour laquelle j’étais pigiste bénévole pour le BBF. Je publie donc ce billet, avec l’aimable autorisation (comme on dit) de cette vénérable revue et de son rédac’chef (qui, pour la petite histoire, a été majordome avant d’être conservateur de bibliothèques. Nan rien à voir avec la journée, c’est juste en passant :-)

Au fait j’ai mis les liens vers les interventions sous le nom des intervenants (lorsque qu’elles sont en ligne)

je vous invite également à lire le point de vue (iconoclaste et pertinente) de Bruno David (Bibliothèque Municipale d’Eaubonne) sur cette journée. Par ailleurs, toutes les présentations sont en ligne sur le site de Cible 95


LA MEDIATHEQUE DEMATERIALISEE; 1. LA MUSIQUE

  Cette journée organisée par le Conseil général du Val d’Oise, l’ADIAM Val d’Oise, l’association Cible 95 inaugure un cycle de rencontres et de débats autour des mutations amenées par le numérique et ses impacts sur l’activité des bibliothèques. Le découpage opportun entre deux questions : « que se passe-t-il ? » d’une part et « que fait-on ? » d’autre part a permis de bien cerner le contexte et d’aborder concrètement les expérimentations qui existent aujourd’hui. La forte affluence provocant un  changement de salle en dit long sur les attentes très fortes de la profession.

Que se passe-t-il ? 

La première intervention de Gérôme Guibert, docteur en sociologie (laboratoire Lise, CNRS-Cnam) a très bien resitué les mutations encours dans leur contexte historique. Ce que l’on a facilement tendance à qualifier de ruptures sont plutôt des continuités. Les innovations techniques sont soumises à des (ré)approprations, des détournements qui parfois les écartent des usages prévus, dans un dialogue permanent entre l’offre et la demande. Pour les œuvres culturelles, chacun « braconne » selon ses propres choix, comme l’avait formulé Michel de Certeau.  A la mort annoncée du CD, on peut ainsi opposer les usages nouveaux des disques vinyles. A ceux qui déplorent la perte du format esthétique qu’est l’album, il est bon de rappeler que son invention est toute récente (après 1968) et que les pratiques et les modes d’écoute de la musique n’ont jamais été stables dans l’histoire.  Xavier Galaup et Gilles Rettel ont d’ailleurs mis en évidence le fait que la musique se pense et se diffuse aujourd’hui comme un flux.

L’émergence du web 2.0 dont l’un des aspects est le développement des applications et du stockage en ligne de fichier, couplée à l’émergence de communautés d’amateurs parfois très pointues dans des domaines musicaux dits de « niches » n’est pas sans poser question aux bibliothèques. En effet, les modèles économiques reposent désormais non seulement sur la mise à disposition de fichiers accessibles très souvent en streaming mais également sur des fonctionnalités de recommandations et de médiation. Ainsi des sites comme Pandora ou Lastfm, pour ne citer que les plus connus, sont de véritables radios personnalisées qui s’adaptent aux préférences de leurs auditeurs et permettent de découvrir des artistes et des œuvres de manière très efficace, par capillarité ou sérendipité si l’on préfère. 

De manière globale, le temps passé sur le web prend une part de plus en plus importante au sein des pratiques numériques des français. Gilles Rettel souligne l’augmentation spectaculaire des capacités de stockage et des fonctionnalités de partage en ligne ainsi que l’émergence de nouveaux supports comme les disques durs multimédias ne nécessitant même plus d’ordinateur pour diffuser les contenus audiovisuels qu’ils stockent.

Loin d’être pessimiste, Xavier Galaup plaide pour un positionnement plus affirmé car selon lui « il n’y a pas assez de musique dans les bibliothèques », il est nécessaire de « documenter » nos fonds pour en développer la médiation. Face à des communautés très pointues sur des genres ou des courants musicaux, il lui semble important de nous positionner aussi en tant que généralistes en valorisant la découverte et l’éclectisme de nos collections auprès des publics. A nous également d’être attentifs aux problématiques de conservation des oeuvres et des supports.

Borey Sok, blogueur et auteur de " Musique 2.0 " a présenté avec enthousiasme les mutations des modes d’écoutes et les relations entre les communautés d’amateurs (ou de fans) et les artistes. Aujourd’hui, les publics jeunes sont très demandeurs d’expériences musicales, notamment en live. Les attentes se déplacent ainsi de l’œuvre en elle-même à l’adhésion à un univers, à des valeurs ou à la personnalité d’un artiste. Celui-ci trouve dans les moyens d’expression du web l’occasion de tisser de vrais liens de proximité avec son public le plus fidèle. Les blogueurs y jouent un rôle d’importance en se faisant les médiateurs des artistes qu’ils admirent et certains deviennent de véritables découvreurs de talents. Quelques exemples récents montrent qu’il est possible pour un artiste émergeant, moyennant une dose de talent, de temps et un usage intelligent des outils du web 2.0, de construire sa notoriété par ces moyens. La monétisation de ces effets de réseaux et des ces communautés est au cœur de nouveaux modèles économiques centrés sur la co-création de valeur qui exploitent ce gigantesque bouche à oreille numérique mondial.

Dans ce contexte, les bibliothèques doivent réaliser qu’elles ne sont qu’un des maillons de la chaîne culturelle (mais en a t-il été un jour autrement ?) Et qui plus est de l’extraordinaire diversité de ce que l’on trouve sur la toile. A elles de trouver des voies d’expérimentation afin de proposer une offre et d’adapter leurs outils et leurs pratiques aux attentes des publics.

Que fait-on ?

Expérimenter, c’est ce que fait la Médiathèque de Troyes, notamment grâce aux services de téléchargement de musique et de contenus numériques proposés par Ithèque que présente le directeur Louis Burle.

Mais force est de constater que cette expérimentation, si elle a le mérite d’exister, ne rencontre pas le succès escompté comme en témoigne le faible nombre d’abonnés à Troyes ou à Montpellier (environ 180…). Il est vrai que la faiblesse du catalogue et le modèle proposé aux bibliothèques par Naxos ou Ithèque, qui s’appuie sur des fichiers chronodégradables et le contrôle de l’usage par des DRM est en voie d’abandon pour les offres grand public…

A l’heure actuelle, l’absence d’offres fiables destinées aux bibliothèques laisse à penser qu’il est prématuré de proposer des offres de téléchargement de fichiers aux usagers, la filière musicale étant elle-même à la recherche de nouveaux modèles permettant notamment d’assurer un financement à la création. Yves Alix le rappelle en dressant un panorama aussi clair que possible d’une situation juridique complexe, contraignante et contradictoire vis à vis des pratiques.

Il n’en reste pas moins nécessaire, comme le souligne Louis Burle, que les réflexions soient portées à un niveau national et les efforts mutualisés pour faire émerger des offres plus satisfaisantes.

En attendant, d’autres voies sont possibles, notamment en ce qui concerne l’écoute de musique sur place. C’est un des services présenté par Marie-Christine Jacquinet, directrice de la bibliothèque municipale de Viroflay (78) à partir d’une réflexion sur le nomadisme et l’examen de services similaires mis en œuvre dans le domaine de l’hôtellerie. Dans l’enceinte de la bibliothèque, sont prêtés aux usagers des casques sans-fil permettant l’écoute à la carte de programmes musicaux sélectionnés par les bibliothécaires.

Nicolas Blondeau de la médiathèque de Dole présente quant à lui un projet de borne de téléchargement de fichiers sur supports numériques à partir de sites sélectionnés. Ce dispositif permettra d’approfondir le service de « photocopieuse numérique » qui existe déjà à Dole de manière indirecte : le personnel de la bibliothèque fournit in situ des contenus libres ou en libre accès sur les supports numériques (clés USB, CD, etc.) que lui confie les usagers.

Ces projets illustrent une des tendances à l’œuvre, celle de faire de la bibliothèque un lieu d’expérience musicale. A l’heure où les pratiques donnent une place très importante au « live » et à la mobilité, il est intéressant de repenser le rôle et les moyens de la bibliothèque comme lieu et source de l’écoute sur place.

En matière de médiation via les sites Internet, Nicolas Blondeau présente le blog Médiamus, outil permettant d’éditorialiser les contenus musicaux et à faciliter la veille des usagers comme des équipes. La valorisation des artistes locaux et le soutien au spectacle vivant est la voie explorée par le projet E-music box initié par l’Espace culture multimédia et construit avec la médiathèque de Limoges et présenté par Manuela Geirnaert. Destiné à mieux faire connaître des groupes émergeants, ce site comporte là encore un aspect éditorial important.

Au final, cette passionnante journée aura montré l’ampleur de mutations à l’œuvre et tracé quelques voies d’avenir. S’il fallait en citer deux, il s’agirait de la bibliothèque comme lieu d’expérience musicale et de la bibliothèque comme un des nœuds du réseau, où la musique est documentée. Laissons les derniers mots à Dominique Lahary affirmant que là où le braconnage et la dissonance sont de rigueur : « A nous de revenir aux politiques publiques pour mieux les réinventer. »

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Musique numérique : LA référence



S’il n’y avait qu’un seul document à lire pour comprendre les enjeux de la musique numérique et mieux appréhender ceux à venir de la VOD ce serait le rapport de la Fondation Internet Nouvelle Génération intitulé :
Musique & Numérique : la carte de l’innovation

Le panel qui a participé à ce projet est plutôt très large…jugez par vous-mêmes:

Cette initiative de la FING, soutenue par l’Adami et la Spedidam, a réuni pour la première fois les majors et les indépendants, les organisateurs de concerts, les acteurs de l’internet, les activistes de la musique, les représentants des artistes, etc. : Acsel, CLCV, Fédurok, Geste, Qwartz, SNEP, UFC Que Choisir, UPFI ainsi qu’une centaine d’acteurs de la musique et du numérique, sans compter les contributions des internautes sur le site http://musique.fing.org.

Le rapport est dispo en plusieurs formes; en pdf, en html ou encore en podcast, une synthèse en 4 pages existe également (en pdf ou en html), mais je vous recommande vraiment d’imprimer les 52 pages de l’intégrale (sans les annexes) et de lire ça tranquillement, sur papier (ça fait partie de la thérapie)

Les réflexions sont les plus intéressantes que j’ai lue depuis bien longtemps sur ces questions. Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer quelques morceaux choisis.

Sur les DRM et le contrôle de l’usage :

La question qui se pose alors est de savoir s’il est souhaitable et possible d’imaginer des dispositifs de gestion numérique des droits qui s’intéressent prioritairement à la circulation de la valeur économique (lorsqu’il y en a une) le long de la chaîne, ainsi qu’à l’intégrité de l’œuvre (lorsque ses ayants-droits souhaitent la préserver), sans pour autant imposer aux utilisateurs finaux des restrictions d’accès et d’usage. De tels systèmes pourraient inclure :

  • A minima, l’identification et l’expression des œuvres, des auteurs, des droits, d’une manière lisible par tous ;
  • Le suivi de la circulation d’une œuvre, notamment dans les circuits commerciaux (ventes, diffusions publiques…), sans suivi des usages finaux qui posent d’évidents problèmes de respect de la vie privée ;
  • Le contrôle d’accès, non pas à l’œuvre, mais par exemple à des services associés à l’œuvre et réservés à des utilisateurs ayant acquitté un droit d’accès.

Par exemple, on peut recourir à des DRM pour analyser le nombre d’écoutes d’un titre sur un site financé par la publicité, calculer les droits à reverser par le site, et pourquoi pas, plus bas dans la chaîne, informer les auteurs, interprètes, éditeurs, etc., de ce qui leur est dû par divers intermédiaires - sans pour autant limiter d’aucune façon les possibilités d’écoute ou même de copie dont bénéficie l’utilisateur final.

Sur la longue traîne :

Que finance la "longue traîne" ?

D’autre part, la théorie de la longue traîne ne dit rien de l’essentiel (dans le contexte de notre réflexion), à savoir : que vend-on, à qui, contre quoi ? Par exemple, si, comme on le pressent plus haut, la vente unitaire de fichiers musicaux est vouée à une quasi-extinction, la forme de la courbe importe peu, c’est son n niveau qui compte…

Si le niveau moyen des ventes au sein de la "longue traîne" reste très faible (même en supposant qu’il monte un peu), alors beaucoup des enregistrements qui pourraient trouver leur petit public ne seront tout simplement pas produits faute d’investisseurs. Et si les "hits" très profitables sont moins nombreux, les maisons de disque auront moins la possibilité de prendre des risques sur des artistes inconnus. Hervé Rony, Directeur général du SNEP, signalait également que "pour un label, en termes de rentabilité et de trésorerie, 20 disques vendus à 50 000 exemplaires et un disque vendu à 1 000  000 d’exemplaires, ça n’a rien à voir !"

Pour le dire autrement, la "longue traîne" est une théorie avant tout destinée et adaptée à des distributeurs qui gèrent un stock et de nombreuses références. Elle montre, par exemple, qu’il est économiquement intéressant pour eux d’exploiter leur fonds de catalogue. Mais cette théorie ne dit rien du destin d’un artiste individuel, ni même d’un label qui promeut un petit nombre d’artistes. Elle décrit un phénomène qui se vérifie sans doute dans certains domaines, mais ne suffit pas à prescrire des actions susceptibles de produire cet effet.

Ainsi, lors des discussions en ligne sur la "longue traîne", Guillaume Champeau[3] indiquait : "De mon point de vue, la longue traîne n’est pas perçue simplement dans le nombre d’œuvres ‘consommées’ mais aussi dans le nombre de diffuseurs de ces œuvres. Plus il y a de diffuseurs, plus la longue traîne est "pure". La meilleure façon pour développer le potentiel économique de la longue traîne est de développer les réseaux sociaux qui interconnectent les niches et leurs ‘habitants’." Ce qui constitue une manière de dire que la diversité musicale n’est pas le produit mécanique de la numérisation et de la mise en réseau, mais celui de la diversité de l’offre, de la multiplicité des canaux et des formes d’exposition des œuvres, ainsi que de l’existence de relais et médiateurs, professionnels ou amateurs. La "longue traîne" serait alors le résultat d’une dynamique vertueuse, plutôt qu’une théorie explicative…

Sur les risques de "la prise de contrôle par l’aval":

Une prise de contrôle de l’industrie musicale par l’aval, par l’intermédiation, n’est-elle pas nécessairement une bonne nouvelle pour la création et la diversité musicale. Elle pourrait au contraire aboutir à un financement de la création entièrement piloté par l’analyse des goûts de segments solvables de la clientèle - autrement dit, à l’industrialisation et la systématisation des dérives régulièrement dénoncées de l’industrie musicale d’aujourd’hui.


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Une nouvelle offre de musique en ligne pour les bibliothèques…mais restons prudents


Je vous invite bien sûr à lire l’excellent article intitulé : De l’usage des médiathèques pour les musiques actuelles déjà signalé sur toutes les listes de diffusion de la profession. On y apprend des choses vraiment intéressantes, on accède à un guide pratique pour réaliser une "démothèque"’ et en plus on peut le transférer l’article à ceux qui croient qu’on fait un métier totalement has been

A cet égard, une petite remarque en passant : ça me gêne toujours lire "le métier de discothécaire" (ou encore pire: de vidéothécaire)…pourquoi pas tout simplement le métier de bibliothécaire? (bon à la limite "bibliothécaire musical" ou plutôt "bibliothécaire spécialisé musique"…mais c’est plus long) Pour moi, il n’y a qu’un seul métier et des spécialisations par domaines du savoir(ou pour la jeunesse, et encore, ça peut se discuter…) et puis "disco" c’est le disque alors que fait-on de la musique imprimée (partitions) et de la musique assistée par ordinateur…? Le terme Bibliothécaire à l’avantage, contre son étymologie, d’être universel…déjà qu’on parle pas souvent des bibliothécaires en dehors des bibliothèques alors si quand on en parle on les spécialise…on s’en sort pas non?

Bref, cette petite remarque effectuée, je vous invite à ne pas rater l’annonce suivante: (d’ailleurs vous pouvez pas la rater puisque la voici!)

Le label indépendant Prikosnovénie existe depuis 15 ans maintenant, et nous travaillons depuis une dizaine d’années avec les discothécaires de France. Nous allons proposer un nouveau service aux discothécaires à partir de janvier 2008 : il s’agit d’une plateforme numérique Prikosnovénie, avec une page personnalisée pour toutes les médiathèques et bibliothèques adhérentes. Tous les abonnés des structures adhérentes pourront venir y écouter et/ou télécharger gratuitement quelques titres de nos albums. L’adhérent pourra se connecter sur notre plateforme et entrer sur la page personnalisée de sa médiathèque avec les conseils et chroniques de ses discothécaires, la liste des disques du label Prikosnovénie qui sont disponibles à la médiathèque… C’est l’occasion pour le discothécaire de se proposer en tant que prescripteur des nouveaux médias musicaux, en offrant un outil facile d’accès et d’utilisation, avec un catalogue original et varié, sur lequel il peut être conseillé. C’est un outil supplémentaire pour lui, pour faire connaître les disques de son fonds musical indé et de mettre en avant la créativité musicale actuelle.

Personellement je me félicite que ce marché existe enfin pour les labels, surtout les indépendants…mais je suis réservé sur cette annonce…Quid des DRM sur une telle "plateforme"? S’agit-il vraiment d’une "plateforme" si elle n’a qu’un seul label? Quel intérêt pour la bibliothèque si le catalogue est juste celui du Label?

Présenté comme cela, je me dis que c’est une sorte de page de publicité pour Prikosnovénie alors que la notion de collection transcende bien évidemment tout label particulier…D’autant que je vous rapelle que, selon l’excellentissime billet de Xavier Galaup sur son blog, il est possible a priori de diffuser de la musique non-libre et de la proposer en téléchargement, moyennant finance, et avec un extrait maxi de 45 secondes ou 20% du titre…aux conditions suivantes proposées par la SACEM:


Une redevance proportionnelle aux recettes réalisées, avec un taux de 12% ramené, à titre provisoire, à 8 % du prix HT payé par le consommateur. Elle est assortie d’un minimum garanti de : 0,07 € par téléchargement et/ou écoute à la demande à l’unité 0,70 € par téléchargement et/ou écoute à la demande d’un album dans la limite de 15 titres. Lorsque le service permet aussi un accès aux oeuvres sous forme de pré-écoute d’extraits, la rémunération mensuelle est de 100 € HT.

[Commentaire de Xavier Galaup] : Je suppose que les extraits sont aussi limités à 45 secondes. Ce qui veut dire qu’en l’absence de recettes réalisées, nous sommes dans le minimum garanti. Pour 1000 téléchargements à l’unité, cela revient à 70 Euros et idem pour 100 albums téléchargés… Cela ne me paraît pas exorbitant.

On le voit les conditions sont quand même super contraignantes!

Pour résumer, dans l’état actuel, il est donc faisable de proposer de manière systématique la pré-écoute de titres d’artistes dont les droits sont gérés via la SESAM (sous réserve des accords des droits voisins détenus par les éditeurs phonographiques : démarche à chaque fois nécessaire auprès de la SPP, hors SESAM!).

Cela permet, au conditions tarifaires énoncées ci-dessus, d’effectuer un lien, par exemple via le champ 856$u vers un fichier numérique proposant un maximum de 45 secondes de chaque titre de notre catalogue…(l’usine à gaz est très proche là…)

Pour les artistes libres, rien n’oblige la bibliothèque à rémunérer ni à prévenir les artistes de leur diffusion, sauf bien entendu une politique de soutien aux artistes qui font ce choix. Ce dernier point est une vraie question. A ce sujet, je vous renvoie aux commentaires du billet de Xavier Galaup.

Pour conclure provisoirement on peut se permettre de pousser un gros : "pfffff pas gagné tout ça"…avant de s’y remettre.

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La Burn station, un outil de diffusion des contenus libres dans les médiathèques?




Voici ce à quoi ressemble une station libre-service de gravage de cd! Même si sur le dessin ça ressemble plus à une pompe à essence ;-) , je vous invite à aller voir de plus prêt ce dispositif qui, une fois installé, par exemple dans une médiathèque, permettrait de diffuser des contenus sous licences libres comme les creatives commons, sur des cd traditionnels. Il s’agit d’un système client-serveur qui fonctionne sous GNU/Linux et est publié (évidemment) sous la licence GPL. Il doit exister également des bornes USB peut-être plus adaptées à la diffusion de contenus sur baladeurs mp3.

En tout cas, la Burn Station est l’une des propositions relayée par le commentaire de Claude-Marin Herbert (que je remercie! :-)) dans mon précédent billet sur les questions de musique en ligne, où je posais la question des alternatives à des offres DRMisées comme Ithèque et consorts…

Ce commentaire m’a fait découvir l’article très intéressant de Dana Hilliot (musicien, philosophe, fondateur du label another-record.com) dont voici un extrait qui me semble tout à fait pertinent et pose les bonnes questions.

 "Les médiathèques (…) ont-elles vocation à proposer des services en ligne, à l’image des plates formes de téléchargements qui se développent sur internet ? Mais ne risquent-elles pas en s’engageant dans cette voie faire simplement double emploi avec les outils existant déjà sur le web ? L’investissement nécessaire en vaut-il la peine ?
La médiathèque n’est-elle pas d’abord un "lieu", un certain espace au sein de la cité, propice aux découvertes et aux rencontres ? En se dédoublant en quelque sorte, sous la forme d’une entité immatérielle, sur internet, ne risque-elle pas de perdre cette qualité spécifique : la création de liens sociaux autour des oeuvres ?
Il existe déjà des outils qui seraient bien adaptés à l’organisation des médiathèques : ainsi la borne de diffusion usb pour les baladeurs numériques et autres cléf usb a déjà été expérimentée dans certains lieux. La burn station qui permet de graver son propre cd est utilisée ponctuellement à l’occasion de manifestations. Par le biais d’une connexion internet, la mise à jour des catalogues pourrait se faire en temps réel et donc permettre un accès quasi instantané à toutes les musiques sous licence libre.
Il n’en reste pas moins que la raréfaction probable des supports tangibles dans les années à venir (disques, cds, vinyls etc…) ainsi que la croissance des connexions haut débit, met en question la nature même de l’offre des médiathèques. (Il ne faudrait pas que les bacs des salles de consultation deviennent à terme des "musées" pour nostalgiques du support tangibles)."

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